
Une aventurière sur les routes de l’Himalaya : Alexandra David-Néel
Durée: 17m45s
Date de sortie: 16/12/2019
durée : 00:17:45 - Les Odyssées - En 1924, une femme pénètre, déguisée en mendiante, dans Lhassa, la mystérieuse capitale du Tibet. Alexandra David-Néel est la première étrangère à entrer dans la ville interdite. L’aventurière a exploré des terres très lointaines et a rencontré une vision d'un monde : le bouddhisme.
Tu as peut-être entendu parler de ce jeune Tintin et de son grand voyage au Tibet, mais
connais-tu Alexandra David Nel ?
En 1924, cette française intrépide traverse le monde et brave tous les dangers.
Déguisé en m'enduante, le visage couvert de cendres, elle entre dans l'assa, la mystérieuse
capitale du Tibet à l'époque, totalement interdite aux étrangers.
Combien plus découvrir ses yeux lorsqu'elles se sont posées pour la première fois sur
cette ville sacrée que les Tibetains appellent ?
La terre des dieux.
Sans doute les magnifiques toits d'or du grand palais du Potala, les drapeaux multicolores
du temple de Jokang, et puis la neige, la neige qu'on trouve partout en petit tas,
en gros paquets et en flocons, pures et blancs, tout juste descendus du ciel.
Car le Tibet, c'est un pays immensement loin et très froid, perché sur la plus grande
montagne du monde, les Malayas.
Pour y parvenir, Alexandra a parcouru 2000 km à pied et probablement aussi un peu à
dos de yak.
Elle a affronté le vent, la glace, la fin, les brigands et bien d'autres dangers.
Et tu prêts à repousser toutes les limites et à grand Pessio qu'on pourrait presque
toucher les étoiles ?
Si oui, alors, oublie les charanthèses bébés et mettez ton bonnet.
On part au Tibet.
Alexandra Davinelle, nait en 1868, près de Paris, une nuit d'orage et de tempête,
les volets clacent contre la fenêtre.
Enfant, elle n'aime qu'une chose, se sauver.
Dès qu'elle le peut ou qu'elle se trouve, elle prend la poudre des scampettes.
À cinq ans, un matin, elle s'enfuit dans les bois.
Pourquoi elle veut être seule, au milieu des bleuées, des herables rouges et des marronniers ?
Là, silencieuse et immobile, elle regarde l'herbe, les feuilles, les branches.
Elle a l'impression de parler à des dieux.
Alexandra a grandi, elle observe le monde.
Quelque chose la chagrine.
À son époque, les femmes ne sont pas libres, elles ne peuvent pas décider de leur vie.
Et ça, oh, ça la met dans tous ses états.
Oui, elle est indépendante, oui, elle veut vivre comme ça lui chante.
Alexandra est féministe.
En 1889, elle a 21 ans, elle se trouve à Paris.
Hong Song Hu, son ami coréen, lui donne rendez-vous au Musée Guimais, le Grand Musée des Arts de l'Asie.
Cet endroit, oh, elle sent tout de suite qu'il a quelque chose de magique.
Au centre de la Grande Bibliothèque, elle découvre une immense statue d'or, au visage doux et très calme.
C'est un bouddha géant, une représentation de Siddhartha, l'homme qui a fondé le bouddhisme,
une religion très ancienne et extrêmement sage, pratiquée dans les pays d'Asie comme l'Inde, la Chine, le Népal ou le Tibet.
Alexandra est bouleversée, elle vient de rencontrer un nouveau monde en vous tend et mystérieux.
L'Orient
Quelques mois plus tard, elle devient bouddhiste.
Et puis elle part, toute seule.
Elle fait son premier grand voyage, il dure plus d'un an, elle va jusqu'en Inde et puis elle rentre.
Quand on est une fille libre et indépendante, il faut gagner sa vie. Alexandra devient chanteuse d'opéra.
Pendant plusieurs années, elle se régale.
Elle part en tournée aux quatre coins du monde, elle chante en Grèce, au Vietnam et à Tunis, la capitale de l'Inde.
Oui, de la Tunisie.
Elle reste quelque temps dans cette jolie ville bordée par la Méditerranée.
Est-ce à cause des délicieuses pâtisseries? Est-ce à cause des sublimes couchées de soleil?
Eh bien non, Alexandra fait une rencontre.
Un type, pas comme les autres.
Philippe Nel de Saint Sauveur
Entre nous, c'est surtout lui qui est amour d'elle.
Cela dit, elle doit quand même bien l'aimer, car elle accepte de l'épouser.
Le temps passe. Alexandra s'ennuie.
La vie des pouces décidément, ce n'est vraiment pas pour elle.
Et puis, tu t'en doutes, elle n'arrête pas de penser à l'Inde, à la Chine, au Japon et surtout au Bouddhisme.
Un matin, elle n'y tient plus, elle fait ses bagages, elle s'en va direction l'Asie.
Elle a 43 ans.
Le 9 août 1911, sur le gros pas de beaux qu'il emporte à l'autre bout du monde,
Alexandra voit s'éloigner la coute tunisienne et Philippe, qui agite, son tout petit chapeau.
Elle pense partir quelques mois, elle ne rentrera pas avant 14 années.
Commence alors un grand, en fabuleux voyage.
Alexandra se rend au Sri Lanka, en Corée, en Inde, au Tibet et au Népal.
Dans chaque pays, elle séjourne dans des monastères bouddhistes.
Elle lit tous les textes sacrés, elle apprend à parler tibétain, elle récite des mantras.
Ce sont d'étranges chants comme des formules magiques.
Les moines l'appellent désormais, lampes de sagesse.
Alexandra n'a jamais été aussi heureuse.
Elle aime chaque son qu'elle entend, chaque paysage qu'elle découvre.
Les montagnes, les fleuves, les risières, les déserts, la lumière qui est si belle.
Et partout, le silence.
Ah oui, c'est vrai que ça fait du bien parfois.
Mais attention, ça ne l'empêche pas de faire d'incroyables rencontres comme Yongden,
un jeune moine tibétain qui devient son compagnon de route, puis son fils adoptif.
Avec Yongden, Alexandra sillonne la Chine-Deste en Ouest pendant plusieurs années.
Un jour, il pousse la porte du monastère de Kumbum au Tibet,
un lieu hautement sacré qui abrite de drôles de trésor comme...
Oh, je suis sûre que tu ne devineras jamais.
Des sculptures en beurre de yak.
Yongden et Alexandra y restent trois ans.
Durant toutes ces années, elle n'oublie pas d'écrire à Philippe,
surtout quand on a besoin d'un petit peu d'argent.
Alexandra, à 56 ans, elle se dit qu'il serait peut-être temps de rentrer.
Mais elle sent un petit vent frais lui chattouiller les pieds.
Ce vent vient des plus grandes montagnes du monde, du froid, de la neige.
Bref, des plus hauts sommets de l'Himalaya.
Il lui dit...
Viens Alexandra, viens de rendre visite et marcher sur nos chemins.
Ce petit vent, visiblement, connaît bien l'exploratrice,
car voilà des mois qu'elle a en rêve, entrée dans l'assa.
Tu te souviens ?
C'est la mystérieuse et surtout très secrète capital du Tibet,
car totalement interdite aux étrangers.
Interdite ?
Franchement, est-ce que tu crois que cela va suffire à l'arrêter ?
Non.
Évidemment que non.
Alexandra a un plan.
Un plan en bêton armé.
Il est très simple, c'est le meilleur du monde.
Réussir.
L'exploratrice sait exactement comment elle va pouvoir traverser le Tibet
et atteindre l'assa sans se faire repérer Turanquilou Bilou, incognito.
Yondan et elle vont se déguiser, oui, exactement comme au Carnaval ou à Mardi Gras.
Durant tout le voyage, les 2000 km qu'ils vont devoir parcourir à pied,
ils auront des rôles.
Yondan sera un moine Tibetain en pèlerinage
et Alexandra, sa vieille et misérable mère.
Avant de partir, ils enfilent de vieux vêtements,
ça, les tout troués, puis ils se battent déjà un nevisage de suie.
Sous ces aillons, Alexandra a pris soin de glisser en petits revolvers
au cas où ils rencontreraient des bandits.
Pour ne pas intérer l'attention, ils n'emportent avec eux qu'une tente et quelques maigres provisions.
Ils partent aux orores, dans le soleil rouge et doré du matin.
Ils marchent et ils marchent, tous les jours, douze heures presque sans s'arrêter.
Ils ont à peine de quoi boire et pour ne pas gaspiller les provisions,
ils ne mangent qu'une fois par jour.
La journée, quand ils ne neige pas,
le soleil fait sentir la signe des montagnes comme des diamants.
Mais la nuit, le froid est glacial.
Les températures tombent bien en dessous de zéro.
Lorsqu'ils se réveillent le matin, ils ont parfois du mal à ouvrir les yeux, car leurs cils...
ont gelé.
C'est dur. Terriblement dur.
Mais Alexandra a un moral d'acier.
Chaque fois qu'elle sent que c'est trop, qu'elle va peut-être craquer.
Elle tourne ses yeux vers les sublimes montagnes de l'Imalaya.
C'est un endroit du monde, tu sais, à la beauté époustouflante.
Je dirais même plus.
En sorcelante.
Les sommets des montagnes percent les nuages comme des doigts dans la barbe à papa.
On se croirait sur une autre planète.
Parfois Alexandra et Jungden se perdent, ils doivent rebrousser chemin.
Pas grave, ils continuent.
Tu imagines le courage, la résistance et l'obscination qui leur font?
Car ceci est leur vie, leur quotidien pendant 8 mois.
Lui long, moi froise et blanc, a marché dans les montagnes de l'Imalaya.
Enfin, le 24 février, Alexandra aperçoit Lassa, perché au loin sur un haut plateau.
Des larmes coulent sur ses joues.
Mais, juste avant qu'ils arrivent devant la porte de la ville, une tempête de sable se lève.
Ce qui n'est pas très agréable, c'est vrai, mais extrêmement pratique.
Tous les tibétains se couvrent le visage pour se protéger.
Lorsque Jungden et Alexandra passent devant les gardes, ces derniers n'y voient que du feu.
Ils entrent, ni venu, ni connu.
La vie, il est aussi belle qu'Alexandra l'a vite imaginée.
Nos deux voyageurs de l'extrême y passent deux mois, merveilleux.
Puis, vient le temps de rentrer.
Tu sais, c'est comme ça la vie des grands explorateurs.
Une fois qu'ils ont accompli leurs exploits, il faut bien qu'ils reviennent pour tout nous raconter.
Et c'est ce que fait Alexandra.
Le 10 mai 1925, elle est de retour en France. Jungden l'accompagne.
Après ça, elle écrit des livres et elle continue de voyager.
À 100 ans, elle renouvelle son passeport, car elle a encore envie de parcourir le monde
et d'aller loin, le plus loin possible.
Voilà qui, ma foi, est très inspirant.
« Peu à la main »
Au début de l'Odyssée, je t'ai parlé du palais du Potala.
Dis-moi, est-ce que tu l'as déjà visité ?
Le palais du Potala est un immense bâtiment blanc et rouge surmonté de toi d'or.
C'est la résidence d'hiver d'un homme très important, le Dalaïlama.
Tu as peut-être déjà entendu parler de lui, c'est le chef spirituel des Tibetans.
À Lhasa, il y a un autre bâtiment très important, c'est le temple de Joconde.
J'en ai également parlé au début de l'Odyssée.
C'est le premier temple bouddhiste construit au Tibet.
Aujourd'hui, le Tibet vit une situation dure et compliquée.
Le pays est sous le contrôle de la Chine et le gouvernement tibétain a été obligé de fuir.
Le Dalaïlama depuis 1959 n'est plus jamais retourné dans son palais.
Personnellement, j'espère vraiment qu'il pourra y retourner un jour et le plus vite possible.
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