Pourquoi les rois de France s'appellent presque tous Charles, Philippe ou Louis ?

Durée: 2m11s

Date de sortie: 02/06/2025

À première vue, cela pourrait sembler monotone. Louis IX, Louis XIV, Charles V, Philippe Auguste, Henri IV… La monarchie française semble s’être limitée à une poignée de prénoms, répétés encore et encore pendant plus de mille ans. Mais derrière cette apparente routine se cache une véritable stratégie politique, religieuse et symbolique.


Tout commence au haut Moyen Âge. Les rois mérovingiens, puis carolingiens, portaient déjà des prénoms issus de leur lignée, mais c’est avec les Capétiens, à partir de 987, que s’installe une logique durable de recyclage dynastique des prénoms. Le but ? Ancrer le pouvoir dans la continuité. En répétant les mêmes noms, les rois affirment qu’ils sont les héritiers légitimes de leurs prédécesseurs et qu’ils incarnent une même autorité royale, au-delà des générations.


Prenons Louis, par exemple. Ce prénom devient central après le règne de Louis IX, plus connu sous le nom de Saint Louis, canonisé en 1297. À partir de là, porter le nom de Louis, c’est revendiquer une dimension sacrée, presque divine, du pouvoir. C’est se présenter comme un roi pieux, juste, protecteur de la foi et du royaume. Il n’est donc pas étonnant que ce prénom ait été attribué à 18 rois de France.


Charles renvoie quant à lui à Charlemagne (Carolus Magnus), figure fondatrice de la royauté chrétienne en Occident. Un roi nommé Charles invoque donc l’image d’un conquérant, d’un unificateur, d’un empereur. Ce n’est pas anodin si Charles VII est celui qui met fin à la guerre de Cent Ans, ou si Charles V est surnommé “le Sage”.

Le prénom Philippe, popularisé par Philippe Auguste, roi capétien du XIIe siècle, connote l’autorité forte, la centralisation du pouvoir, et l’expansion du territoire royal. D’autres Philippe suivront, en écho à cette figure d’un roi bâtisseur.


Quant à Henri, il s’impose à la Renaissance et renvoie à Henri IV, premier roi bourbon, artisan de la paix religieuse et du renouveau monarchique après les guerres de Religion. Là encore, reprendre son prénom, c’est s’inscrire dans cette image de réconciliation et de renouveau.


Ce choix de prénoms n’a jamais été laissé au hasard. Il s’agissait d’une forme de “branding” royal avant l’heure, une signature politique destinée à rassurer le peuple et les élites : le roi qui monte sur le trône n’est pas un inconnu, c’est un nouveau chapitre d’une même histoire.


Ainsi, la répétition des prénoms royaux en France n’est pas une routine, mais un acte de pouvoir. Une manière de dire que le roi n’est jamais vraiment un individu, mais un rôle, une fonction, un héritage incarné.


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Pourquoi les rois de France s'appelaient presque tous Charles, Philippe ou Louis ?
Alors, à première vue, c'est vrai, c'est un peu monotone.
Louis IX, Louis XIV, Charles V, Philippe Auguste, Henri IV, la monarchie française,
semble s'être limitée à une poignée de prénoms, répétés encore et encore, pendant plus de mille ans.
Comment l'expliquer ?
Eh bien, pour le comprendre, il faut souligner que tout commence au « au Moyen-Âge ».
Là, les rois mérovingiens puis carolingiens portaient déjà des prénoms issus de leurs lignées.
Mais c'est avec les Capétiens, à partir de 987, que s'installe une logique durable,
une logique de recyclage d'ynastique des prénoms.
Pourquoi ? Pour ancrer le pouvoir dans la continuité.
Oui, voilà l'explication.
En répétant les mêmes prénoms, les rois affirment qu'ils sont les héritiers légitimes de leur prédécesseur,
et qu'ils incarnent donc une même autorité royale, au-delà des générations.
En prenant un exemple, peut-être Louis.
Ce prénom devient central après le règne de Louis IX, c'est-à-dire Saint-Louis.
À partir de là, porter le nom de Louis, c'est revendiquer une dimension sacrée, presque divine du pouvoir.
C'est se présenter comme un roi pieux, juste protecteur de la foi et du royaume.
Donc il n'est pas étonnant que ce prénom ait été attribué à 18 rois de France.
Quant à Charles, il renvoie à Charlemagne, la figure fondatrice de la royauté chrétienne en Occident.
Un roi nommé Charles, invoque donc l'image d'un conquérant, d'un unificateur, d'un empereur.
Ce n'est donc pas anodin si Charles VII est celui qui met fin à la guerre de cent ans,
ou si Charles V est surnommé le sage.
Quant à Henri, il s'impose à la Renaissance et renvoie à Henri IV, le premier roi bourbon,
l'artisan de la paix religieuse et du renouveau monarchique après les guerres de religion.
Là encore, reprendre son prénom, c'est s'inscrire dans cette image de réconciliation et de renouveau.
Voilà, on comprend le choix des prénoms n'a jamais été laissé au hasard,
il s'agissait d'une forme de branding, on dirait aujourd'hui, un branding royal avant l'heure,
une signature politique destinée à rassurer le peuple et les élites.
Le nouveau roi n'est pas un inconnu, c'est un nouveau chapitre d'une même histoire.

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