Pourquoi le bonnet rouge est-il le signe de ralliement des Bretons révoltés ?

Durée: 2m23s

Date de sortie: 26/05/2025

Symbole de rébellion, de résistance et d’attachement aux libertés locales, le bonnet rouge est devenu un signe emblématique en Bretagne. Mais cette coiffe de feutre n’a pas toujours été associée aux radars routiers ou aux taxes écologiques, comme lors du mouvement des Bonnets rouges en 2013. Pour comprendre son origine, il faut remonter au XVIIe siècle, et plus précisément à l’année 1675.


À cette époque, la Bretagne est plongée dans un climat social explosif. Le royaume de Louis XIV est en guerre contre la Hollande, et pour financer ce conflit, la monarchie multiplie les impôts. Parmi ces nouvelles taxes, certaines frappent de plein fouet la Bretagne, pourtant dotée d’un statut particulier : la province bénéficiait de privilèges fiscaux garantis par le traité d’union de 1532, qui avait scellé son rattachement à la France.


Mais en 1675, ces engagements sont bafoués. Le roi impose sans concertation plusieurs nouveaux impôts : une taxe sur le papier timbré, indispensable pour les actes juridiques, une autre sur le tabac, et même une taxe sur la vaisselle d’étain. C’est la goutte de trop. De nombreuses villes se soulèvent : Rennes, Nantes, Quimper, Carhaix... et surtout les campagnes du Léon et de Cornouaille.


C’est là que le bonnet rouge entre en scène. Les paysans insurgés, armés de fourches, de bâtons et de haches, se rassemblent sous une même couleur : celle de leur bonnet. Le rouge est alors courant chez les gens modestes, en particulier chez les marins et les paysans. Il devient un signe de ralliement autant qu’un symbole de colère. Ces hommes rejettent l’injustice fiscale mais aussi l’autoritarisme royal et la remise en cause des droits bretons.


La révolte, qu’on appellera plus tard la Révolte du papier timbré, est sévèrement réprimée par la monarchie. Des villages sont incendiés, les meneurs exécutés ou envoyés aux galères, et les privilèges bretons sont encore plus réduits par la suite. Mais dans la mémoire populaire, l’image du bonnet rouge demeure.


Au fil des siècles, il est ressorti à chaque époque où les Bretons se sentent trahis, méprisés ou menacés dans leurs identités ou leurs droits. C’est ainsi qu’il a refait surface en 2013 lors du mouvement contre l’écotaxe, porté par des entrepreneurs, des agriculteurs et des citoyens bretons. Le bonnet rouge, vieux de plus de trois siècles, restait ce qu’il a toujours été : un symbole de révolte enraciné dans l’histoire et le sol breton.


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Pourquoi le bonnet rouge est-il le signe de ralliement des Bretons révoltés ?
Si je vous propose aujourd'hui d'aborder cette question, c'est que cette coiffe n'a pas été toujours associée au radar routier ou au taxe écologique.
Non, et pour comprendre son origine exacte, il faut remonter au XVIIe siècle, plus précisément à l'année 1675.
Pourquoi donc ? Et bien parce qu'à cette époque, la Bretagne est plongée dans un climat social explosif.
Le royaume de Louis XIV est en guerre contre la Hollande, et pour financer ce conflit, la monarchie multiplie les impôts.
Et parmi ces nouvelles taxes, certaines frappent de plein fouet la Bretagne.
La Bretagne, alors, quelle est dotée d'un statut particulier pourtant ?
Oui, la province bénéficiait de privilèges fiscaux garantis par un traité, le traité d'union de 1532, qui avait scellé son rattachement à la France.
Mais vous l'avez compris, en 1675, ces engagements sont bafoués.
Le royaume pose, sans concertation, plusieurs nouveaux impôts, en lesquels une taxe sur le papier timbré, indispensable pour les actes juridiques,
et puis une autre sur le tabac, et même une taxe sur la vaisselle d'Etin.
Et là, c'est la goutte de trop, de nombreuses villes se soulèvent, comme Rennes, Nantes ou Quimper, et puis surtout c'est les campagnes qui sont concernées.
Et c'est là que le bonnet rouge entre en scène.
En effet, les paysans insurgés, armés de fourches, de bâtons et de haches, se rassemblent sous une même couleur, celle de leur bonnet.
Il faut savoir que le rouge est alors assez courant chez les gens modestes, en particulier chez les marins et les paysans.
Il devient un signe de ralliement autant qu'un symbole de colère.
Ces hommes rejettent ainsi l'injustice fiscale, mais aussi l'autoritarisme royal, et la remise en cause des droits bretons.
Alors cette révolte, qu'on appellera plus tard la révolte du papier timbré, est sévèrement réprimée par la monarchie.
Des villages sont incendiés, les meneurs exécutés, ou envoyés aux galères.
Et les privilèges bretons sont encore plus réduits par la suite.
Mais dans la mémoire populaire, rien n'y fait. L'image du bonnet rouge demeure.
D'ailleurs, au fil des siècles, il est ressorti à chaque époque où les bretons se sentent trahits, méprisés ou menacés dans leur identité ou leur droit.
C'est ainsi qu'il a refait surface en 2013, lors du mouvement contre les cotacs, portés par des entrepreneurs, des agriculteurs et des citoyens bretons.
Et là, le bonnet rouge, vieux de plus de trois siècles, restait, ce qu'il a toujours été, un symbole de révolte enraciné dans l'histoire et le sol breton.

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