Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Envolé Comté, le podcast d'histoire engagé
pour les enfants. Aujourd'hui, vous allez écouter le premier épisode de notre 28e histoire,
Autonne et la Voie de la Forêt. Pour cette histoire, nous vous emmenons dans une forêt
rebelle, interdité, surtout pleine de magie. Et pour vous faire découvrir les incroyables
du pouvoir des arbres, nous avons demandé à l'un de nos amis, passionné par le sujet,
de nous en dire plus sur les forêts et leurs écosystèmes. Nicolas est guide de moyenne
montagne et docteur en physique. Il propose des randonnées pour échanger, réfléchir et
apprendre en marchant. Que ce soit sur les sciences, les maths, la littérature ou même
la philosophie, Nicolas emprunte des chemins différents pour transmettre autrement. Ces
randonnées sont des moments hors du temps, à partager avec grands et petits. Si vous
avez envie d'en savoir plus, nous vous invitons à aller faire un tour sur son site. Marche
à l'hôpital.wordpress.com. Et maintenant, je vous laisse avec Autonne. Bonne écoute !
Et les coeurs des milliers d'arbres battant à l'unisson. Santé ce parfum de sévœuf
fraîche, de mousse et d'aventure. Couré, sauté, vivé, au rythme de la forêt.
Autonne se laisse glisser le long du grand au bougant. Le métal est chose ou ses doigts.
Et pendant quelques secondes, elle a l'impression de voler emporté par la pente. Le vent s'engouffre
dans son cou et fait voler ses cheveux châteins. Elle sent ses petits poils qui se hérissent
sur sa peau pâle. Le bitume se rapproche de ses pieds. Elle prend appui sur ses mains
et saute le plus loin possible. Elle lève la tête et voit le ciel se teinter de rose.
Le soir approche et enveloppe la ville de Yumigari d'une brume orangée.
Au tour d'elle, la cour de l'orphelinat résonne de dizaines de voix d'enfants qui crient,
chantent et jouent. D'aussi loin qu'elles se souviennent, Autonne a toujours vécu là,
dans ce petit orphelinat coincé entre deux grands immeubles. Les autres enfants qui ont été
recueillis comme elles sont devenus ses frères et soeurs et elle est heureuse de grandir entouré
de plein d'autres enfants. Un petit monsieur au large sourire tape dans ses mains. Sector,
le directeur de l'orphelinat. Autonne course à soir dans la ronde qui se forme en milieu de la
cour. Elle sourit à la fille à la pommade ses eaux longs cheveux bouclés qui prend place à ses côtés.
« Ça va Billy ? » Son ami hoche la tête. Un garçon au cheveux roue et au visage constelé de tâches
de rousseurs se glisse dans la ronde en souriant. C'est Noa, lui et Billy sont les deux meilleurs amis
d'Autonne. « Bon, maintenant que tout le monde est là, nous allons pouvoir faire un petit tour de
paroles pour que chacune et chacun d'entre vous puisse parler un peu de sa journée. Mais avant que
le soleil ne se couche et comme tous les soirs, il faut que nous nous rappelions les trois grands
principes de notre belle ville de Yomigari. » Autonne lève les yeux au ciel. Elle sait très bien
ce qui va suivre. Chaque personne qui vit dans la ville de Yomigari connaît les trois principes par
coeur. Elle ne comprend pas pourquoi tout le monde doit les répéter chaque jour. Hector se met à réciter
d'une voie monocorde. « Principe numéro 1. Il est formellement et absolument interdit de franchir
le mur qui entoure la ville et qui nous sépare de la forêt. Principe numéro 2. Il est formellement et
absolument interdit de planter des graines, des bulbs ou quoi que ce soit d'autre de végétales.
Principe numéro 3. Chaque personne qui serait témoin d'une vie végétale devrait immédiatement la
détruire. » Hector reprend de sa voie douce et chaleureuse. « Voilà. Et maintenant, qui veut
raconter sa journée ? » Les mains se lèvent autour d'autonne, mais elles ne les voient pas. Son
regard est attiré par une minuscule tâche verte entre ses pieds. Elle cligne des yeux trois fois
pour être sûr que son imagination ne lui joue pas des tours. Mais non. C'est bien un brin d'herbe,
un tout petit brin d'herbe, à peine plus épais qu'un cheveu, qui pousse de travers dans une minuscule
fente d'ubitume. Autonne l'observe, fascinée. Elle sait que c'est un brin d'herbe, car on lui a pris
à les reconnaître pour qu'elle puisse les arracher si jamais elle en voyait. Mais pour l'instant,
elle se contente de le regarder. Et tout à coup, c'est comme si tout avait disparu autour d'elle,
et qu'il ne restait plus que ce brin d'herbe qui aussi doucement dans la brise du soir. Elle observe
la tige verte qui s'élance vers le soleil. Sa forme un peu penchée. La fine rainure blanche au
milieu qui la sépare en deux parties parfaitement égales. Elle la frôle du bout des doigts et
elle sent comme un petit picolement dans sa main. Un cours en chaud la traverse. Elle aimerait pouvoir
rester à six-là pour observer cette petite trace de vie végétale. Mais elles sentent qu'on
lui touche l'épaule. D'un geste réflexe, elle pose délicatement sa main au-dessus de l'herbe
pour la protéger. « Hé, Oton, tu viens ? C'est l'heure du repas ? »
C'est Noah qui l'appelle. Oton lève les yeux vers son ami et lui fait signe de se pencher. Elle
lève doucement sa main. Noah est tout fin créé de stupeur. « Qu'est-ce que c'est ? Ça l'heure une herbe ! »
Souffle Billy qui s'épancher à son tour. Chut ! Intime Oton en recouvrant le brin d'herbe une nouvelle
fois pour le cacher au regard. Billy saute sur place, les yeux écartillés. « Je ne pouvais pas
croire que je pouvais l'envoi un jour. Vas-y, montre-la encore ! » Chuchotte-elle d'une
voix surexcité. « D'accord, mais vous ne criiez pas. Ne t'inquiète pas. Tous les autres sont déjà
rentrés pour le repas. » Observe Noah en jetant un coup d'œil à la cour de leur fenineur qui émette
non vide. Les trois enfants observaient l'herbe en silence pendant quelques instants.
« Qu'est-ce qu'on fait ? » demande Billy. « C'est le troisième principe. On doit la détruire. »
Réponds sombrement Noah. Oton fronce les sourcils. « Or de question. Je n'arracherai pas ces terbes.
Elle a quasiment dû percer le goudron pour sortir de la terre et se frayer un chemin vers la lumière
du soleil. » Billy hoche la tête. « Je suis d'accord avec Oton. Les sourcils terbes tranquilles. Et
puis d'abord, d'où viennent ces principes ? Qu'est-ce qui peut se passer si on respecte pas le principe ? »
C'est vrai ça. Je ne me suis jamais posé la question avant. « Quel danger peut nous
faire courir un minuscule brin d'herbe ? Pourquoi est-ce qu'on nous répète qu'on doit détruire les végétaux ?
Ne surtout pas en faire pousser et ne pas franchir le mur ? » Les trois enfants se regardent,
mais la voix d'hectore qui les appelle depuis la fenêtre de la salle à manger les rappel à la réalité.
Oton, Billy et Noah jettent un dernier coup d'œil au brin d'herbe et rejoignent les autres à l'intérieur de
leur feline. La soirée se déroule tranquillement, semblable aux autres soirs, et Oton monte se
coucher dans sa petite chambre sous les toits. Elle ouvre la fenêtre. La nuit est tombée sur la
ville et le bourdonnement incessant des voitures, des trames et des bus, c'est un peu atténué.
Oton se penche à la fenêtre, se dresse sur la pointe des pieds et tourne la tête vers le sud.
Un gigantesque mur de béton s'élève derrière les immeubles, en cerclant la ville. Mais derrière
ce mur, elle peut apercevoir du coin de l'œil une immense masse vers sombre qui s'étale à perte
la forêt. Oton ferme les yeux et se concentre. Elle ne sait pas si c'est parce que le vent vient du
sud ce soir-là ou si c'est parce que la ville est particulièrement calme, mais elle peut l'entendre.
Une mélodie grave et lente, aussi profonde qu'un battement de cœur, aussi profonde que des milliers
de battements de cœur tambourinant à l'unisson. Elle sourit et se laisse bercer par cette musique
qui résonne en elle. « Cela faisait longtemps. » Pense-t-elle. Car depuis qu'elle est toute petite,
Oton entend parfois cette musique. Lorsque le vent vient du sud et que la ville cesse de rugir,
elle l'entend. « Oton, est-ce que tout va bien ? » Une voix frais et un peu chevretante interrompent
la musique. C'est Moira. Moira est la grand-mère de l'Orphelina et tous les soirs,
elles passent dans la chambre de chaque enfant pour lui dire un mot gentil ou lui faire un calan si l'enfant en a besoin.
Ces longs cheveux blancs sentent une odeur incroyable et ses mains sont toujours aussi douces malgré ses
89 ans. Oton dort dans la dernière chambre au bout du couloir alors souvent Moira reste avec
elle un peu plus longtemps. Elle lui raconte des histoires et même parfois des bêtises qu'elle
faisait quand elle était petite et qu'elle était aussi orpheline entre ses murs. « Oui, oui, ça va. »
Répondent Oton. La musique résonne encore un peu dans sa tête. Moira pose sa main sur celle d'Oton,
sourit et se met à fraudonner doucement. Oton écoute et ne revient pas. La mélodie de Moira ressemble
note pour note à l'air qu'elle entendait par la fenêtre. Et pourtant, elle croyait qu'elle
était la seule à l'entendre. Elle en avait bien parlé une fois à Billy et Noah, mais ses deux amis
l'avaient regardé avec des urons. « Tu l'entends aussi ? » Moira secoue la tête. « Oh non,
cela fait bien des années que je ne l'ai pas entendu, mais c'est resté gravé en moi. »
Sourit la vieille dame. « Quel étranger et belle musique n'est-ce pas ? »
« Mais d'où vient-elle ? Et pourquoi les autres ne l'entendent pas ? »
« Je n'en sais rien. Je sais seulement que je l'entendais quand j'avais ton âge. Et je n'étais pas la seule.
Mais aujourd'hui, plus personne ne semble l'entendre. À l'époque, on disait que c'était… Enfin bref,
tout ça n'est qu'une vieille légende. » « Quoi ? Quelle légende ? »
Moira la regarde de ses grands yeux persants et sourit.
« La forêt ? Cette musique pourrait venir de la forêt. On l'entend quand le vent nous vient des arbres.
Comme pour nous inviter à la rejoindre. »
« Rejoindre la forêt ? Mais c'est interdit. »
« Hum, la légende dit qu'il y a des années et des années, nous habitions la forêt.
Nous vivions parmi les arbres et ils étaient nos frères. Nous parlions le même langage.
Et puis, un jour, nous avons commencé à couper les arbres, à vouloir mettre notre ordre dans la forêt.
Et la forêt ne s'est pas laissée faire. »
« Alors nous avons construit cette ville et ce mur qui nous sépare des arbres.
Et nous avons érégé ces principes pour nous interdire de les approcher. Le végétal est devenu maudit. »
Un petit silence s'installe dans la chambre.
« Mais est-ce que c'est vrai ? »
« C'est une légende. À toi de décider si tu as envie d'y croire, Oton. »
Oton se mort la lèvre.
« Moira, j'ai vu une herbe dans la cour aujourd'hui. »
« Ah oui ? Et tu es sûre ? »
« Viens avec moi ! »
Moira tire doucement le petit rideau jaunis devant la fenêtre et Oton retient un cri.
Devant elle, plantée dans un petit pou en terre, une plante tout fût surmontée de fleurs violettes se dresse.
« C'est une lavande et elle est en fleurs en ce moment. Sans cette odeur ! »
Oton s'approche et se penche au-dessus de la plante.
Aussitôt, une odeur à la fois douce et pétillante vient lui châtouiller les narines.
« Ouah ! Ça sent tellement bon ! Mais ça sent… tes cheveux ? »
« Eh oui ! Je frotte souvent les fleurs sur les pointes de mes cheveux. Cette odeur m'apèse ! »
Répond moira en étouffant un petit rire. Puis elle redevient sérieuse.
« Ma petite Oton, je crois que je dois te donner quelque chose. »
Elle ouvre le tiroir de sa table de chevet et en sort un long collier de perles au bout duquel pond un drôle de pendentif.
« Te raconter comment j'ai trouvé ce collier serait une trop longue histoire, mais je sais qu'il est en lien avec la forêt.
« Toi qui entend encore la musique de la forêt dans ton cœur, tu sauras quoi en faire ? »
Oton prend l'objet. Le pendentif est en bois. Un bois doux et lumineux. Il est tout rond et la forme de nabre est gravée dessus.
Elle le sert contre son cœur.
« Merci moira. »
Elle ne saurait pas dire pourquoi, mais elle sent au fond d'elle-même que ce collier est important.
« La première fois que je suis en train de faire un tour, je suis en train de faire une tour de la paix.
« La première fois que je suis en train de faire une tour, je suis en train de faire une tour de la paix.
« La première fois que je suis en train de faire une tour, je suis en train de faire une tour de la paix.
« La première fois que je suis en train de faire une tour, je suis en train de faire une tour de la paix.
Vous venez d'écouter une histoire d'envoler comté, une création originale écrite par Lucille Petit.
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À très vite !
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