Les petites rolls, qui pourquoi quand comment ?
Un pote casse de sud-ouest pour les enfants.
Bonjour Marine.
Bonjour Picou et bonjour à toi qui nous écoute.
Tu es prêt à venir découvrir le sud-ouest avec nous ?
Aujourd'hui, on va se régaler en parlant d'un fruit du Pays Basque qui relève les plats du sud-ouest.
Le piment de spelette.
Aïe aïe aïe ! Mais ça pique le piment.
Pourquoi tu veux qu'on parle de ça ?
Ça pique un peu, c'est vrai.
Mais le piment de spelette, lui, c'est un piment très doux.
Il n'est pas plus fort que le poivre.
Et on en parle parce que c'est l'un des produits les plus connus du sud-ouest.
Il pousse au Pays Basque, autour du village d'espelette qui lui a donné son nom.
Mais il se vend dans le monde entier.
On le retrouve dans toutes sortes de préparations.
Les plats de viande, de poisson, les sauces, mais aussi plus étonnants, dans le chocolat, le caramel ou le vin.
De nombreux chefs cuisiniers utilisent le piment de spelette pour son goût très fin et prononcé, qui sent bon le sud.
Pourtant, cette épice délicieuse a bien failli disparaître.
Et oui, avant de s'appeler le piment d'espelette, cette variété de piment rouge poussait au Mexique.
Mais à partir du XVIe siècle, les grands explorateurs ont ramené des épices du monde entier en Europe pour les faire connaître.
Lorsque le piment est arrivé au Pays Basque, en 1650, les femmes ont décidé de commencer à le cultiver.
Car c'était un bon moyen de remplacer le poivre, qui coûtait très cher à l'époque.
Mais ça restait une toute petite culture locale.
Dans les fermes, les femmes se transmettaient ce savoir-faire de mères en fille.
Elles récoltaient juste ce qu'il fallait pour assaisonner les plats et conserver les charcuteries.
Il a fallu attendre plus de 300 ans en 1983 pour que les cultivateurs du Pays Basque choisissent de vendre leur piment à l'extérieur des terres.
Ils ont alors décidé de se regrouper et de créer ce qu'on appelle une coopérative, une entreprise à plusieurs.
Mais les débuts ont été difficiles et la coopérative a fini par fermer.
On cultivait de moins en moins de piments et la tradition risquait de mourir.
Heureusement, le piment d'Espelette n'avait pas dit son dernier mot.
Les producteurs passionnés, qui refusaient d'abandonner leur culture, se regroupèrent à nouveau quelques années plus tard.
Et bingo ! Cette fois ça a marché !
De grands chefs cuisiniers les ont aidés à présenter leurs produits partout en France et même dans le monde.
Le bouchard-oreille a fonctionné et très vite, le piment d'Espelette est devenu la star des épices.
Il faut dire que son goût puissant, fumé et légèrement sucré est apprécié par beaucoup de monde.
On le consomme la plupart du temps séché et broyé en poudre.
Mais il peut aussi se vendre frais ou bien attaché en cordes de plusieurs fruits.
D'ailleurs, si tu te promènes au pays basque à l'automne, tu verras sûrement de nombreux cordes de piment accroché contre les murs blancs des maisons pour sécher au soleil.
Le piment d'Espelette se récolte frais entre août et décembre.
Mais il faut plusieurs semaines pour le rendre tout sec avant de le réduire en poudre.
Et tu vas voir, il y a toute une technique pour cultiver, récolter et conserver le piment.
L'interview des p'tits drôles
Bonjour, je m'appelle Andrea et j'ai 6 ans et demi.
Bonjour, je m'appelle Elisa et j'ai 11 ans.
Bonjour, Andrea et Elisa. Vous allez pouvoir poser vos questions à Andi et Rosebert.
Il vit au pays basque près d'Espelette et ses parents font pousser du piment depuis qu'il est petit.
Comment on fait pousser du piment ?
Tout commence par la graine du piment d'Espelette.
En fait, on voit de mars qu'on réalise ce qu'on appelle les semis.
C'est-à-dire qu'on met en terre les semens, ce qu'on a sélectionné durant la récolte précédente.
On les met en terre sous une serre et quelques semaines plus tard, on va voir apparaître des petits plans de piment.
On va alors réaliser ce qu'on appelle le repicage.
On va prélever délicatement chacun de ces petits plans pour les replanter ensuite dans des gaudées remplies de terreau.
Les plans vont rester environ deux mois à l'abri sous la serre. Ils vont grandir.
Et ensuite, en général, au mois de mai ou en juin, on les plante dehors en pleine terre dans un champ.
Le plan va grandir et donner des fleurs petit à petit.
Et c'est de ces fleurs que sortent les piments d'Espelette.
Comment on sait qu'un piment est mur ?
Alors, c'est facile. Le piment, au début, il est vert.
Et on sait qu'on doit le ramasser dès qu'il devient rouge.
Et ce qu'elle que soit sa taille. En général, les piments commencent à rougir en août.
C'est là que débute la récolte pour les producteurs et elle dure jusqu'à fin novembre.
Alors une fois qu'on les a ramassés, nous on les nettoie, on les trie.
Certains utilisent les plus jolies piments pour en faire des cordes.
Sinon, la plupart des piments, on les transforme en poudre.
Et pour ça, on doit les laisser sécher durant minimum deux semaines.
Ensuite, on les écute, c'est-à-dire qu'on le renlève la queue.
On les passe dans un grand four pour qu'il sèche complètement et qu'il devienne craquant.
Et c'est là qu'on les brouhie pour en faire de la poudre, la poudre de piment d'espelette qu'on utilise en cuisine.
Est-ce que tous les piments d'espelette ont le même goût ?
Alors, j'ai envie de dire, c'est un peu comme la tomate.
La tomate a un goût particulier. Si tu la manges les yeux fermés, tu vas reconnaître que c'est une tomate.
Et pourtant, chaque tomate a un goût unique.
Et certaines sont vraiment meilleures que d'autres.
Et bien pour le piment d'espelette, c'est pareil.
Il y a des caractéristiques communes.
Il doit être picant.
Si le piment d'espelette ne pique pas un minimum, c'est que ce n'est pas du piment d'espelette.
Et il doit aussi avoir un goût légèrement amère et sucré.
Par contre, on va trouver des différences en fonction des producteurs.
Certains piments sont plus ou moins sucrés, plus ou moins amères, plus ou moins picants.
En fait, ça dépend de beaucoup de choses.
Et notamment de la qualité de la terre dans laquelle on a cultivé le piment.
Ou encore du niveau d'exposition au soleil.
Pourquoi est-ce qu'on fait pousser beaucoup de piment au Pays Basque ?
Alors, le piment, c'est une épice ancestrale.
Et quand il est arrivé ici au Pays Basque, il a trouvé un microclimat propice.
C'est-à-dire qu'on se situe ici entre montagnes et océans.
Il y a des pluies abondantes au printemps et des températures douces l'été.
Et tout ça, c'est favorable pour le développement du piment.
Et c'est pour ça qu'on a cultivé beaucoup plus au Pays Basque qu'ailleurs en France.
Au fait, est-ce que vous aimiez le piment quand vous étiez enfant ?
Alors moi, j'avais 13 ans quand mes parents ont commencé à produire du piment d'espelette.
C'était au tout début de la création de la océan l'an 2000.
Au début, je trouvais pas ça forcément très bon.
Je trouvais ça très fort.
Mais petit à petit, je me suis habitué parce que ça relève bien les plats et ça ajoute du goût.
Aujourd'hui, j'en utilise très souvent dans ma cuisine.
Le piment d'espelette appartient au Pays Basque.
Et attention, il est interdit d'en produire ailleurs.
Pour éviter que des marches en vant de tout et n'importe quoi, le produit est protégé par la loi.
On dit que c'est une AOP, une appellation d'origine protégée.
Pour avoir le droit de vendre son piment avec une étiquette piment d'espelette,
il faut forcément qu'il ait poussé dans l'un des 10 villages autorisés
et qu'il respecte plusieurs règles très strictes.
Chaque année en octobre, le petit village d'espelette organise la fête du piment.
Pendant tout le week-end, des milliers de visiteurs peuvent venir déguster et acheter des produits au piment,
mais aussi assister à des concerts ou des démonstrations de danse basque,
jouer à la pelote et visiter le marché de producteurs locaux.
Pour pouvoir classer les piments par degré de piquant,
un scientifique américain a inventé une échelle de mesure,
l'échelle de Scoville.
Elle va de 1, pas piquant du tout, à 10 explosifs.
Le piment d'espelette lui n'est qu'à 4.
Mais certains autres piments, comme le pepper X,
sont si forts qu'il est impossible de les goûter sans pleurer ou vomir.
Le piment d'espelette se reconnaît à sa belle couleur rouge,
mais elle n'apparaît que lorsqu'il est mur à point.
Avant ça, il est ouvert.
C'est un peu comme le poivron qui appartient à la même famille de fruits.
Et dans les Landes, pas très loin du pays basque,
on cultive ce piment vert doux et on le conserve dans du vinaigre
pour le manger avec des plateaux de charcuterie comme des cornichons.
Miam, miam !
As-tu bien tout retenu ?
Qui a commencé à cultiver le piment d'espelette ?
Les grands explorateurs, les femmes du pays basque,
ou les chefs cuisiniers ?
Ce sont les femmes du pays basque.
Lorsque les explorateurs ont ramené le piment du Mexique,
ces femmes ont décidé de le cultiver chez elles
pour remplacer le poivre qui coûtaient trop cher.
Le piment d'espelette peut se cultiver partout.
Vrai ou faux ?
C'est vrai et c'est faux.
En pratique, on peut planter du piment dans son jardin
et essayer de le faire pousser si on veut.
Mais pour avoir le droit de vendre du piment
avec une étiquette piment d'espelette,
il faut obligatoirement qu'il est poussé
dans l'un des 10 villages autorisés par la loi.
Comment s'appelle l'échelle qui mesure le piquant des piments ?
L'échelle de Scoville, l'échelle de Vaudville,
ou l'échelle du feu ?
C'est l'échelle de Scoville.
Elle permet de classer les piments du monde entier,
du moins fort, au plus fort.
Et pour jouer les gros durs,
depuis quelques années,
des producteurs essayent de créer des piments
toujours plus piquants,
pour monter le plus haut possible sur cette échelle.
Et gare à celui qui les gutera.
Piquou, non, non, ne goutte pas ça, non, non !
Ah ! Ça brûle !
Voilà, cet épisode est terminé.
Merci Marine.
Merci Piquou.
On espère que tu as passé un bon moment avec nous
et que tu as appris plein de choses.
On se retrouve très vite pour un nouvel épisode des petits drôles
et d'ici là, amuse-toi bien dans le Sud-Ouest.
Salut !
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