Les petites histoires.
Aujourd'hui, Karine Arnaud vous va vous raconter une nouvelle aventure du refuge du
volpil.
Elle s'intitule « L'héritage empoisonné ».
C'est enfin les beaux jours dans le parc des Sévennes.
Les quatre cousins, Hélodie, Zora, Bashir et Théo, profitent d'un jour ferrier pour
aller pique-niquer.
Évidemment, Karamel les accompagne.
Très vite, le groupe s'éloigne des sentiers battus pour se rendre près du gardon, en
pleine forêt, dans une petite clérière sernée d'amars aux cheux qu'ils connaissent
bien.
Qu'il fait bon à l'ombre des arbres.
Tandis qu'Hélodie et Bashir se disputent la dernière fraise, Théo rappelle sa sœur
qui s'éloigne.
Mais Zora, où est-ce que tu veux comme ça ?
Je vais essayer de voir les loutres.
Vera m'a donné un carnet pour que je note si je vois des traces de leur passage.
Tu savais qu'elles ont disparu du parc pendant des décennies ?
Ouais, mais elles se sont bien réinstallées et peut-être j'aimerais même les photographier.
Attends, on vient aussi.
Sur un casque, il y a beaucoup plus d'yeux pour en les repérer.
Les enfants remontent le cours d'eau en essayant de ne pas faire trop de bruit, malgré
Karamel qui saute partout.
Arrête Karamel, tu vas leur faire peur.
Je vous avais bien dit de les laisser à la maison.
Oh ben non, le pauvre, pour une fois qu'on a une journée entière pour l'emmener se
remener, il aurait été triste.
Ouais, ben c'est moi qui suis triste de ne pas pouvoir me baigner.
Regardez comment elle est claire.
Ça donne tellement envie de se tremper les pieds.
Tu plaisantes ?
Elle doit être glacée.
Ah moi ça me dérange pas, hein.
Mais Diego, il a dit qu'il fallait pas y aller en ce moment.
Il a même dit de te faire attention à ce que Karamel, il en boeuf pas.
Alors ça, c'est bizarre.
Et tu sais pourquoi il a dit ça ?
Non.
Je ne peux pas pas s'en lui demander.
En tout cas, c'est dommage, hein.
Il a peut-être juste peur qu'on attrape une pnomonie.
T'as raison, Bâchir, il fait chaud.
Mais pas assez pour faire trempette.
En plus, tu sais comme le temps change vite en cette saison.
Souviens-toi à l'orage de la semaine dernière.
Bah, mouiller pour mouiller, euh...
C'est alors que Zora se mette à crier.
Karamel, non !
Vilain, sien !
Reviens ici, Karamel !
Théo bondit à la suite de sa petite sœur.
Avec ses grandes jambes, il a vite fait de la rejoindre un peu plus loin près de la rivière.
Hélo dit et Bâchir arrivent essoufflé juste derrière.
Non mais ça va, pas de lui crier dessus comme ça !
Qu'est-ce qu'il a fait ?
Il allait faire fuir la loutre.
Pour une fois que ce peut en voir une de près, regardez elle est là-bas près du sapin.
Et en effet, entre les racines de l'arbre indiquées,
une loutre semble renifler le sol inconsciente de leur présence.
Karamel tire sur son collier en gémissant, mais Zora tient bon.
Oh là là là là, les six mignons !
Qu'est-ce qu'elle cherche à votre avis ?
De la dentreture peut-être.
Ou bien un endroit pour creuser son terrier.
Pas aussi loin du gardon, banane.
Les loutres elles restent à proximité direct de l'eau.
Elles font même leur terrier dans les berves.
Mais alors c'est le la, qu'est-ce qu'elle fait là ?
Aucune idée.
Tiens Karamel, Théo, fais-la prendre en photo.
Mais Théo ne réagit pas assez vite.
Dès qu'il sent qu'il est libre, Karamel s'élance.
La loutre ne tente même pas de fuir et se contente de reculer et de siffler vacillante.
Oh mon...
Karamel, au pied, c'est moi ou tu dirais que cette loutre elle est malade ?
Bah chier a raison.
Elle va pas bien du tout, du tout, oui.
Et regardez, on a l'impression qu'elle a du mal à se tenir debout.
Il y a quelque chose qui tourne pas wrong.
Tu crois que ça cause de Karamel ?
Non, il l'a pas toussé.
Ça doit d'autres sauts, hein.
Allons voir.
Les enfants se rapprochent et la loutre tente de s'éloigner.
Mais elle a du mal à garder son équilibre et tombe sur le côté.
Oh là là, mais qu'est-ce qu'elle a ?
Il faudrait peut-être la mener à Vera, hein.
Ouais, tu t'as raison.
Je vais t'aider à l'attraper.
Les enfants parviennent sans mal à immobiliser la loutre
et à l'enmitoufler dans la veste d'Elaudie.
Là, pauvre, elle tremble de partout.
Je me demande aussi à les blesser ou malade.
Je dirais de malade.
Venez voir un peu ça.
Curieux, les cousins se rapprochent de la rivière
et Théo leur montre un fossé proche
dans lequel croupit une eau orange vif.
Un petit filet en déborde jusqu'à rejoindre les eaux du gardon.
Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
C'est pas normal du tout, hein.
Comment ça se fait que cette eau, elle est orange ?
En plus, elle va droit dans le gardon, c'est de la pollution.
Mais on est très loin de la route la plus proche.
Comment cette eau orange est-elle arrivée là ?
Quelqu'un voit des bidons quelque part ?
Les quatre cousins scrutent les sous- bois, mais ne trouvent rien.
Pas de traces de pneus, ni de bidons.
Pas de bouteilles, rien.
Vous pensez que quelqu'un
a mis des produits chimiques dans le gardon ?
Si c'est ça, il faut qu'il soit puni.
Mais s'il est venu, c'était y'a longtemps, hein.
Y'avait aucune trace près du fossé.
Pas d'emprunte, ni de trace de pneus, rien du tout, hein.
C'est pas croyable.
Cette eau n'est quand même pas arrivée là toute seule.
Zorazora, ne touche pas !
Je suis pas complètement idiot.
Je prends des photos pour les montrer à Diego.
Quoi qu'il se passe ici, va falloir le prévenir.
Ouais, tu as raison.
Donne-moi ton carnet, je vais noter où on se trouve
pour qu'on puisse retrouver l'endroit.
En tout cas, c'est sans doute ça qui a rendu la loutre malade.
Eh, va de moins en moins de mien.
Est-ce qu'on devrait pas rentrer au refuge maintenant ?
Si, si, y'allons-y.
De toute façon, c'est dangereux de rester ici.
On sait pas ce qui est arrivé à la loutre
et que ça pourrait nous rendre malade, nous aussi.
Pfff, dire que tu voulais te baigner, Basio.
Mais on est dans un parc naturel !
Je m'attendais pas à ce que le gardon soit pollué, moi !
Les quatre cousins prennent bien garde de repérer
l'endroit exact de la flac orange
avant de rentrer au refuge le plus vite possible.
Vera est bien surprise de les voir revenir si vite.
Eh bien, les enfants déjà de retour ?
Y'a un problème ?
Oui.
En remontant le gardon pour observer l'autre,
on en a trouvé une qui avait pas l'air bien,
alors on te l'a ramenée.
Vraiment ?
Oui, et c'est pas tout, eh.
À côté de l'endroit où elle se trouvait,
y'avait une flac d'eau orange.
Est-ce que t'as une idée de ce que ça pourrait être ?
C'est ça qui a pu rendre malade ?
Aussitôt, Vera fronce les sourcils et enfile des gants.
Oh non !
Vous n'y avez pas touché, hein ?
Et Caramel, il n'en a pas bu.
Maman, pas du tout.
On s'est dit que c'était ça qui avait rendu la loutre malade,
alors on n'y a pas touché du tout.
Et Caramel, non plus.
Ah, m'entend mieux.
Posez-la sur la table de travail que je vois si je peux l'aider.
Hélo dit « Pose la loutre qui respire avec difficulté ».
Et Vera commence à l'osculter.
Dis-moi, tu sais ce que c'était, Vera ?
Je suis pas certaine, mais vous devriez en parler à Diego.
Il doit être dans la grange.
Si vous avez vraiment vu une flac orange,
il va vouloir savoir où elle se trouve.
Allez lui expliquer tout ça, d'accord ?
Moi, je vais prendre soin de notre petite amie
et voir si je peux la remettre sur patte.
Conte sur nous, Vera !
Aussitôt, les quatre enfants rejoignent Diego.
Comme prévu, il est en train de réparer la porte de la grange.
Dès que les enfants lui expliquent ce qu'ils ont vu,
ils se mettent en colère.
Mais quelle catastrophe !
Je suis pas étonné, hein.
Avec la tempête de la semaine dernière,
je me doutais que ça risquait d'arriver.
Mais tu sais ce que c'est, alors ?
Quelqu'un a pollué le gardon ?
Ah, c'est exact.
Mais, par récemment,
le responsable a fait ça il y a plus de 50 ans.
50 ans ?!
Bah ouais.
Avant que cet endroit ne devienne un parc naturel,
c'était une zone où on trouvait beaucoup de mines.
Les industriels extrayaient toutes sortes de métaux,
du plomb, du zinc, de l'arsenic.
De l'arsenic ?!
Mais c'est super dangereux, c'est l'arsenic !
Ouais, ouais, ouais, ouais.
Et puis toutes ces mines ont fini par fermer dans les années 70.
Mais ça fait si longtemps,
comment ça se fait que la pollution arrive que maintenant ?
Eh, parce qu'il reste des terres polluées.
Certaines sont stockées pour empêcher l'eau de ruicellement
de les emporter, mais d'autres ne sont pas protégées.
Et c'est pour ça qu'il est important de trouver
toute trace de pollution et d'être déclaré.
On espère forcer les gens qui possèdent des limites
à nettoyer le sol qu'ils ont pollué.
Alors là, tu vas être content de nous, Diego.
Il y a pris plein de photos.
Et moi, j'ai noté l'emplacement exact
où nous avons observé l'eau bizarre.
Avec la loutre malade,
ça fait une preuve de plus
que c'est dangereux pour les animaux du parc, non ?
Si avec tout ça, on les force pas à nettoyer,
bah moi, je comprends plus rien.
Bravo, les enfants.
Vous avez raison.
Ces éléments suffisent largement à engager une action.
On va appeler la gendarmerie et faire constater la pollution.
Et après, on prépare un article dans le journal local, d'accord ?
Ah ouais ! Et on pourra témoigner dedans.
Et mettre mes photos ?
Et raconter l'histoire de la loutre ?
Bien sûr, les enfants.
À nous tous, on réussira bien à leur faire nettoyer le site
et à empêcher la pollution du gardon.
Avant l'été, comme ça, il n'y a plus de danger.
Et on pourra peut-être faire comme les loutres.
Et si baigner cette fois-ci ?
Voilà, l'histoire est finie.
Qu'en avez-vous pensé ?
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En plus, maintenant, je peux vous répondre directement.
Trop bien, non ?
J'ai hâte de vous lire.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.
Les petites histoires !