
"Dans le pays des Bleu-Vert et des Bleu-Turquoise" de Marie Modiano (En concert)
Durée: 15m55s
Date de sortie: 22/04/2025
durée : 00:15:55 - Une histoire et... Oli - Marie Modiano est comédienne et autrice. Elle raconte ici l'histoire de deux villages qui vivent en parfaite harmonie jusqu'au jour où...
C'est Oli en concert, avec des vrais musiciens.
La bibliothèque des petits.
Je suis pas benis.
Bonjour, je m'appelle Marie Modiano
et je vais vous raconter l'histoire des bleus verts et des bleus turquoise.
Oli.
Il y a fort longtemps dans un pays lointain,
vivait en toute harmonie des hommes et des femmes bleu vert et d'autres bleus turquoise.
Vous connaissez-vous la différence entre la couleur bleu vert et la couleur bleu turquoise ?
On pourrait dire que le bleu vert est un peu plus vert que bleu
et que le bleu turquoise est, quant à lui, un peu plus bleu que vert.
Certains vous diront peut-être le contraire, alors surtout ne soyez sûrs de rien.
En fait, ces deux couleurs font partie de la même famille et se ressemblent beaucoup.
Un mélange de bleu et de vert ou de vert et de bleu, comme vous préférez.
Et puis, après tout, cela n'a que plus d'importance.
Vous le comprendrez plus tard, grâce à l'histoire que je m'apprête à vous raconter.
Le pays des bleu vert et des bleus turquoise est un endroit magnifique.
Il est bordé à l'ouest par une mer aussi limpide et calme qu'un lac.
Au nord se trouvent des paysages de haute montagne
dont les sommets vous donnent l'impression qu'ils chattouillent les nuages flottants dans le ciel.
A l'est, c'est tant un désert de sable blanc,
où il y a de si belles oasis qu'on les confond souvent avec des mirages.
Pourtant, elles sont bien réelles et c'est là que viennent se désaltérer
et se reposer les chamots et leurs maîtres, ainsi que tous les voyageurs venus d'ici et d'ailleurs.
Dans ce pays composé de tant de merveilles, les bleu vert et les bleus turquoise étaient jadis à nous.
Ils vivaient paisiblement sur la même terre et s'entraient d'elles les uns avec les autres.
Quand les parents bleu turquoise ne pouvaient veiller sur leurs propres enfants,
c'était les parents bleu vert qui prenaient le relais vis-vers-saint.
Les enfants bleu vert allaient à l'école et jouaient avec les enfants bleu turquoise.
Ils leur arrivaient parfois de se chamailler.
« Tu n'es pas assez bleu, entendait-on alors. »
Ou encore « Tu es aussi vert qu'un toiro ».
Mais c'était plus des taquineries que des méchancetées et tous se réconciliaient vite,
car les bleu vert et les bleus turquoise étaient heureux et vivaient en paix ensemble.
Jusqu'au moment où après un seul stis d'été,
le pays des bleus turquoise et des bleus vert fut traversé par une gigantesque tempête.
Le vent et la pluie balayèrent tout au passage.
Les maisons furent détruites et inondées.
La mer monta si haut que les plages disparues remportaient par les vagues.
Les récoltes furent perdues.
Les enfants n'euraient plus d'endroits pour se réunir, apprendre et s'amuser.
Les bleu vert et les bleus turquoise se retrouvaient sans toi ni nourriture suffisante.
Une période de grande souffrance débuta.
Tous les hommes et les femmes du pays qu'ils soient bleus turquoise ou bleu vert furent plongés dans le malheur.
Ils se replièrent chaque jour un peu plus sur eux-mêmes.
Les bleu vert commençaient à accuser les bleus turquoise de voler le peu de vivre qu'ils restaient.
Les bleus turquoise accusaient les bleus vert de s'approprier les rares maisons qui avaient résisté à la tempête.
Petit à petit, deux clans bien distincts se formèrent.
Ils ne s'adressèrent plus la parole.
Les enfants ne jouèrent plus ensemble.
Des années passèrent ainsi.
Le pays était désormais en guerre.
Certaines terres étaient peuplées par les bleus turquoise d'autres par les bleus vert.
Et ceux qui jadis avaient été amis étaient désormais ennemis.
Ils se battaient sans répit les uns contre les autres.
Mais heureusement, par un bel après-midi de printemps,
le destin qui nous joue si souvent détour prit une toute autre direction.
Il y avait à quelques kilomètres de la plage de l'Ouest,
un petit village qui s'appelait Oas.
Il était divisé en deux.
D'un côté vivait les bleus turquoise, de l'autre les bleus vert.
Frid, une petite fille bleu turquoise de 8 ans,
vivait avec sa famille dans une maison en bordure de la route,
celle qui mène à la mer.
Depuis son plus jeune âge,
elle avait toujours entendu ses parents se plaindre des bleus vert.
Il fait mauvais aujourd'hui, encore un coup des bleus vert.
Les moustiques nous ont dévoré cette nuit, c'est la faute des bleus vert.
Frid ne comprenait pas pourquoi
tout ce qui n'allait pas dans leur vie était lié au bleu vert.
Elle avait l'interdiction formelle de leur adresser la parole et ignorer tout d'eux.
Elle gardait depuis longtemps un rêve enfoui en elle,
celui de se rendre sur la plage de l'Ouest,
où elle n'avait jamais mis les pieds,
car cet endroit-là était interdit à tous les bleus turquoise.
Elle aurait tant voulu voir la mer,
découvrir son bleu profond qu'elle avait si souvent t'imaginer derrière ses paupières clauses.
Elle avait l'impression que tous les problèmes s'envoleraient,
si elle parvenait à plonger son regard vers l'horizon,
à la frontière du bleu du ciel et du bleu de la mer,
là où l'avenir est teinté d'espoir.
Alors, par un matin du mois de mai,
elle décida de s'enfuir de chez elle.
Ce jour-là, Fride quitta sa maison à l'aube,
sans faire de bruit et s'engagea seul sur la route.
Tout était calme, le soleil se levait à peine,
on entendait les premiers chants des oiseaux.
Soudain, elle aperçut à quelques mètres devant elle
une petite fille bleu-ver qui marchait d'un parapide.
Fride eut d'abord un mouvement de recul,
mais peu après, elle se dépêchait pour la rattraper.
Les deux petites filles étaient maintenant l'une à côté de l'autre.
La bleu-ver sur ce tas, et s'immobilisa en découvrant Fride.
Son regard se fixa sur elle quelques secondes
avant de se remettre en marche.
Attends, lui crie à Fride.
L'autre petite fille ne s'arrêtait pas.
Attends-moi, lui dit à nouveau, Fride.
Je ne vais pas te faire de mal.
La petite fille bleu-ver se retourna.
Je n'ai pas le droit de parler au bleu turquoise.
C'est de votre faute, s'il avait si triste.
Fride lui répondit.
Moi, on m'a interdit d'adresser la parole au bleu-ver.
Vous êtes, d'après ce qu'on m'a toujours dit, la cause de tous nos malheurs.
Mais aujourd'hui, nos chemins se croisent et je n'ai personne à qui parler.
Je m'appelle Fride et j'ai huit ans.
Quel est ton nom ?
Luce, j'ai huit ans, moi aussi.
Où vas-tu ainsi de si bon matin ?
Sur la plage de l'Ouest, je veux voir en vrai ce qu'on appelle l'horizon.
Là où le bleu de la mer touche le bleu du ciel.
Mais tu n'as pas le droit d'y aller.
La plage de l'Ouest est interdite au bleu turquoise,
de même que les montagnes du Nord nous sont interdites à nous, les bleu-ver.
Je sais, murmure à Fride les yeux baissés.
Luce la regarda et fut traversée par une vague de tristesse, mêlée à de la colère.
Elle se dit à elle-même, c'est injuste.
Je ne suis pas d'accord.
Nous sommes tous pareils, nous sommes tous des enfants.
Puis s'adressant à Fride,
je voulais moi aussi aller sur la plage pour contempler l'horizon
et imaginer un monde meilleur.
Veux-tu m'accompagner ?
J'ai besoin d'une amie.
Les deux fillettes se prirent par la main et continuèrent à marcher ensemble.
Une fois arrivées, elles s'assirent toutes deux côte à côte sur le sable
et se mirent à chanter d'une seule et même voix.
Dans le bleu du ciel, dans son infini,
il y a, il y a, tous les bleus réunis.
Le vert, le turquoise, le marine et même le canard.
Le clair et le roi dans le bleu lago.
Il y a, il y a, le bleu horizon, celui qu'aujourd'hui nous contemplons.
Grâce à l'amitié, grâce à la lumière, nous retrouverons la paix,
la paix pour l'éternité.
Tout à coup, quelque chose de magique se produisit.
Le champ de Fride et de Lus résonna tellement fort à travers tout le pays
qu'il fit trembler la terre.
Leurs mélodies faisaient vibrer les plaines et les montagnes,
danser les feuilles sur les arbres, fréter toutes les fleurs,
même celles qui se faufillent parmi les ruines.
Et cet imme d'espoir s'empara du cœur de tous les bleus verts
et de tous les bleus turquoise,
ils coururent les uns vers les autres et se serèrent dans les bras.
Depuis ce jour, la paix est enfin retrouvée dans le pays des bleu verts et des bleus turquoise.
Les années ont passé et les différentes nuances de bleu sur ces habitants
se sont petit à petit destompées pour faire place
à ce qu'il y a de plus boue et de plus fragile en ce monde.
La bonté et la bienveillance de l'homme pour ses semblables,
ce qu'on appelle l'humanité.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, Oli.
Non, une autre.
Oli, un concert.
Avec les musiciens de l'orchestre.
Filaments.
Monique.
De radio France.
Amandine Laix et Florent Brannance jouent du violon.
Marie-Emeline Chappantier jouent de l'alto.
Armand Skerro jouent du violon sel.
Anne-Sophie Neves jouent de la flûte.
Victor Bourrice jouent de la clarinette.
Jean-François Ducrénois jouent du basson.
Nicolas Lamotte jouent des percussion.
Grégoire Hetzel a composé la musique et jouent du piano et du celista.
Musicien metteur en monde.
Cyprien Matto.
prise de son laverie lavalard.
Valérie lavalard.
Post-production Lucas de Rod.
Sur une idée de Cécile Covemanegre,
producteur délégué,
léonarbio.
Réalisation Le Lacoste Antenné.
Episode suivant:
Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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