Les premières découvertes de Marie Curie - Épisode 2

Durée: 20m23s

Date de sortie: 22/04/2020

durée : 00:20:23 - Les Odyssées - Marie réalise son rêve et étudie les sciences à Paris. Très prise par ses recherches, elle en rêve même la nuit. Avec son mari, Pierre Curie, elle fait d'immenses découvertes en travaillant sur les rayons d'uranium et la radioactivité. Des expériences scientifiques qui lui vaudront le très prestigieux prix Nobel de physique !

A. 1891
Depuis 6 mois maintenant, Maria vit à Paris.
Elle est inscrite à la prestigieuse université de la Sorbonne,
où elle suit des cours de physique et de mathématiques.
Elle se fait désormais appeler « Marie ».
Il faut dire que les Français ne sont pas tous très doués
en matière de prononciation polonaise.
La preuve.
Tu m'as entendu dans le premier épisode ?
Mais oui, enfin, eux. Bon, bref.
Maria vit une toute petite chambre sous les toits,
dans le quartier latin.
C'est minuscule, quasi réquiqui.
Le poil ne marche pas toujours bien, il fait en froid d'eux.
Heureusement, avant de quitter la pologne,
elle a glissé dans ses valises quelques bons chandails
en laine de moutons des carpates.
Si elle en enfie le trois ou quatre, l'un sur l'autre,
franchement, ouais, ça passe.
De toute façon, tout cela n'a aucune importance.
Des difficultés, Marie, elle en a affronté bien d'autres.
Et puis, à 25 ans, elle réalise enfin son grand rêve,
étudier les sciences.
Tu verras, quand ça arrive dans la vie,
ouah, ça file une pêche d'enfer !
Les cours à la Sorbonne sont tout à fait passionnants.
Mais, ouh, pétard, ce n'est pas facile.
Le niveau des élèves est très élevé,
et les professeurs parlent très vite.
Marie ne comprend pas toujours ce qu'elle dise.
Elle qui pensait bien parler le français,
bonjour la douce froide !
Dans ces conditions, la seule solution pour se maintenir à flot,
c'est un mot pas toujours agréable,
qui commence par un T et se finit par un R.
Alors, tu as deviné ?
Oui, c'est ça !
Travailler !
C'est bien simple, Marie ne fait plus que ça.
Du matin au soir, le jour et la nuit, elle étudie.
Elle apprend par coeur des centaines,
oh, que dis-je, des milliers de formules,
et les caractéristiques de tous les éléments qui sont en train de se faire.
Souvent, lorsque le clochet de l'église d'en face
sonne les trois cadres au 5 heures du matin,
elle est encore de peau.
Enfin, je veux dire, assise à sa table.
C'est à peine si elle trouve le temps de déposer une bise
sur les jours de Bronnia et de son mari Casimir,
tous les deux étudiants en médecine.
Sa sœur d'ailleurs est très inquiète.
Marie ne s'arrête même pas pour manger.
La plupart du temps, elle l'oublie.
Alors, bon, oui, c'est vrai, elle est un petit peu palote et maigrichonne.
Mais la passion fait briller ses yeux,
oh, on dirait, deux mini-chataniers électriques.
La bonne nouvelle dans tout ça, c'est que tout ce travail finit par payer.
En juillet 1893, deux ans après avoir quitté la Pologne,
Marie obtient sa licence de physique.
Oh, la main en plus, c'est la première de sa classe.
Elle a la mention très bien.
Bravo Marie, c'est véritablement excellent.
La jeune étudiante saute de joie, elle est si fière.
N'empêche, elle a aussi parfois quelques bons gros coups de blanche.
La nuit, elle rêve les yeux ouverts.
Devant la fenêtre de sa petite chambre, elle pense à la Pologne.
Et alors, oh, ce ne sont plus les toits de Paris qu'elle aperçoit sous les étoiles
et la lune ronde comme un fromage.
Non, ce sont les rues de Varsovie, les lacs gelés, les bords de la Vistule.
Oh ma Pologne, chérie, oh papa, quand vous revirez.
Ce deux mentelles.
Parfois, son cœur est si lourd qu'elle sent le sol se dérober sous ses pas.
Tout doucement, elle se laisse glisser par terre.
Oh, mais je te rassure, bien plus élégamment qu'un sac de pommes de terre.
Heureusement, Marie a du courage et de l'énergie à revendre.
Oh les cœurs, chaque fois, elle se rend plus fort.
Elle relève, elle sèche ses larmes et après avoir avalé en bombol de tes polonais,
fils à fils à, elle se remette au boulot.
L'année suivante, en 1894, elle décroche sa licence de mathématiques.
Elle finit deuxième.
Oh, encore bravo Marie.
Enfin, un soir, elle se décide à sortir de sa tanière.
Elle se rentre à une soirée chez un grand savant polonais.
La jeune diplômée lignore, mais allait sur le point de faire une rencontre
qui, à jamais, va bouleverser sa vie.
En entrant dans l'appartement, tout de suite, elle aperçoit la silhouette d'un homme debout,
assez grand, dans l'embrazure de la fenêtre du salon.
Il a les épaules un peu voûtées, comme s'il portait sur le haut du corps
tout le poids de sa timidité.
Il s'appelle Pierre Curie, c'est un scientifique déjà reconnu.
Très vite, la conversation s'engage.
Toute la soirée, il parle de physique, de grande découverte et de théories passionnantes.
Ils ne sont pas toujours d'accord sur tout, mais leur échange est infiniment stimulant.
Il est assez drôle, ce type.
Pense Marie en rentrant chez elle.
Il a 35 ans et il vit encore chez ses parents.
Mais ses recherches, waouh, c'est sacrément intéressant.
Pendant plusieurs mois, les deux scientifiques se revoient.
Ils se promènent dans les rues de Paris ou dans la forêt.
Ensemble, ils ne voient jamais le temps passer.
Et pourtant, oh, Dieu sait qu'il passe le temps.
Il ne fait d'ailleurs que ça.
Une après-midi, Pierre fait une annonce qui déchire le ciel
comme un puissant coup de tonnerre.
Marie, je t'aime et je veux t'épouser.
Marie fait de grands yeux.
Une demande en mariage de Pierre.
Elle ne s'y attendait pas du tout.
Et puis le mariage, mince, quoi.
Oh, ça ne faisait pas du tout partie de ses plans.
Pierre, c'est vrai, elle aime.
Mais elle est poussée.
Cela voudrait dire rester en France et abandonner la Pologne.
Or, tu te souviens, ce qu'elle veut depuis le début, c'est apprendre,
puis rentrer dans son pays pour aider les Polonais en leur transmettant son savoir.
Alors, que faire ?
Elle y voit tout flou.
Elle est totalement perdue.
Marie hésite.
LONTANT
Très longtemps.
Enfin, elle finit par dire oui.
Pierre saute de joie.
La future épouse aussi.
Du don, à eux deux, il pourrait presque faire un double à la corde à sauter.
Le couple se marie à la fin du mois de juillet 1895.
À la sortie de la mairie,
ils enforchent leurs deux bicyclettes flambant neuves.
Ils filent direction la forêt de Chantilly.
Oh, je dois dire qu'ils ont fier à l'ur.
À cette époque, les vélos sont tout nouveaux tout chauds.
Et oui, c'est la dernière invention à la mode.
Tu vois, les curies, oh, ils sont sacrément dans leur temps.
À leur retour, Pierre et Marie se remettent vite au travail.
La science les appelle.
Ils ont ça dans la peau.
Pierre est professeur de physique.
Marie, elle, décide de commencer une thèse.
C'est un travail de recherche qui dure plusieurs années.
Un diplôme très important,
lorsqu'on mène, comme elle, une vie de scientifique professionnelle.
Pour réussir une bonne thèse, tu t'en doutes.
Il faut réunir plusieurs ingrédients.
À commencer par un bon sujet.
Oh, ça tombe bien.
L'époque de Marie fourmille de grandes inventions.
Voyons, voyons.
Sur quoi va-t-elle bien pouvoir travailler ?
Le cinéma, dont la première projection publique
vient d'avoir lieu à Paris grâce aux frères Lumière.
Oh, c'est vrai que c'est tantant.
Mais enfin bon, eufff, ce n'est pas tout à fait son rayon.
Ah, tiens, d'ailleurs, en parlant de rayons,
de récentes trouvailles intéressent particulièrement Marie.
Tout d'abord, il y a les rayons X.
C'est le grand physicien allemand Wilhelm Rontgen,
qui les a découvert en 1895.
Ces rayons, générés par une décharge électrique,
sont très puissants.
Ils peuvent traverser les matières molles.
Et, croit-moi, oh, ce n'est pas de la blagounette.
Je parle du bois, du ventre des ponaises ou des lamas,
des pantoufles et même des parties molles du corps humain.
Mais, attention, ils sont absorbés par les parties dures, comme les eaux.
C'est pour cela qu'on arrive à les photographier.
Wow, impressionnant, n'est-ce pas ?
Et surtout très utile, lorsque...
Ah, ouille, on se casse un petit peton.
Un an plus tard, en 1896, Henri Becquerel,
un grand savant français, fait, lui aussi, une super découverte.
Il se rend compte qu'un métal lourd appelé uranium,
émet tout seul, spontanément, sans aucune stimulation extérieure,
une autre sorte de rayon invisible et très puissant.
Ça, c'est vraiment intéressant.
Ce dit, Marie.
Des rayons qui se fabriquent tout seul.
Mais comment est-ce possible ? D'où peuvent-ils provenir ?
Bingo !
Marie a trouvé son sujet.
En décembre 1896, elle commence sa thèse
sur les fameux rayons d'uranium découverts par Becquerel.
Bon, Pierrot annonce la scientifique en se remontant les manches.
J'ai du pain sur la planche.
Grâce à Pierre, Marie déniche un laboratoire.
En fait, c'est plutôt en vie en gare, tout manche et très humide,
mais franchement, qu'importe le lieu, pourvu qu'on ait la science.
Enfin, les choses sérieuses peuvent commencer.
En bonne chercheuse, la première chose que Marie se demande, c'est...
Y a-t-il, dans la nature, d'autres éléments,
en dehors de l'uranium, qui produisent eux aussi ces drôles de rayons.
Pour le savoir, elle teste toutes sortes de minerais,
grâce à un électromètre, un super outil avanté par Pierre il y a quelques années.
En avril 1898, elle travaille sur une roche sombre
au nom bizarre et, allons-y franchement, carrément rigolo.
La pêche blande.
Oh, pardon, excuse-moi, chaque fois que j'entends ce mot, ça me fait bien marrer.
Tiens, c'est bizarre.
Ça, par exemple ?
Remarque la scientifique, tout absorbé à sa tâche.
La pêche blande produit des rayons encore plus puissants
que ceux découverts par Bécrel.
Tout de suite, elle appelle Pierre qui, fortement intrigué, vient voir.
Pierre, regarde, c'est complètement fou, t'es d'accord ?
La pêche blande doit forcément contenir un élément nouveau,
inconnu, encore plus actif que l'uranium.
Mais qu'est-ce que ça peut être ?
Pour en avoir le coeur net, il faut chercher.
La question est tellement passionnante
que Pierre abandonne ses propres travaux pour aider Marie.
Ils travaillent désormais ensemble.
Les deux chercheurs doivent trouver, à l'intérieur de la pêche blande,
l'élément qui produit ces rayons super puissants.
Crois-moi, oh, ce n'est pas de la tarte,
et encore moins de la tartiflette.
La substance qu'ils cherchent est infiniment petite.
Durant des semaines, ils travaillent comme des fous.
Il y a de la poussière partout.
Ils ont souvent de grosses quintes de taux.
Oui, j'aime bien le riment, oh !
Enfin, quelques semaines plus tard, surprise !
Ils découvrent non pas un, mais deux nouveaux éléments.
Le premier, on l'appelle polonium,
en hommage au pays de naissance de Marie.
Le second prend le nom de radium.
Il est, tiens-toi bien, 900 fois plus actif que l'uranium.
Cette propriété naturelle et fascinante
qu'ont le polonium et le radium de produire tout seul des rayons,
Marie l'appelle radioactivité.
D'où vient ce phénomène ?
Eh bien, la scientifique a sa petite idée.
Il doit se passer quelque chose à l'intérieur de l'atome.
L'atome, c'est le cœur de la matière, c'est infiniment petit.
Qu'il se produise une réaction à l'intérieur de cet infiniment petit.
C'est tout simplement époustouflant.
Marie et Pierre le savent, ils viennent de faire une grande,
une immense découverte.
Mais s'ils veulent faire reconnaître officiellement ces deux nouvelles substances,
il leur faut une preuve.
Ils doivent maintenant extraire du polonium et du radium pur.
C'est Marie qui sera en charge de cette nouvelle aventure.
Pierre, de son côté, continue d'étudier les rayons.
Mais problème, pour obtenir rien qu'un tout petit peu de radium,
disons par exemple un milligram,
il faut traiter une tonne de pêche blande.
C'est énorme !
Marie ressentait là, comme une pointe de découragement en fond de son cœur.
Ah oui, ah oui, c'est probable.
Heureusement pour l'humanité, il l'en faut plus pour l'arrêter.
La scientifique se lance dans un véritable travail de titan.
Marie passe et journée les mains dans la pêche blande.
Ah, c'est véritablement épuisant.
Elle la transporte dans de grands récipients qui, chargés, pèsent dans les 20 kilos.
Elle la réduit en poudre, elle la dissoudant de l'acide, puis elle la fait fondre.
Ensuite, elle la remue pendant des heures en chauffant le mélange,
elle l'effectue, oh, bien d'autres opérations.
Toutes ces tâches, elle les accomplit sans masque, ni gants, ni protection.
Ce travail éprouvant dure, 3 ans.
Nous voilà en 1902.
C'est la nuit, Marie, oh, victoire,
a enfin réussi à produire un décigramme de radium pur.
Dans les tubas essaies, les solutions de radium
il lumine tout le laboratoire d'une magnifique couleur bleue.
C'est un spectacle d'une beauté époustouflante.
Pierre et Marie ne disent pas un seul mot.
Ils regardent, ils sont extrêmement émus.
Quel est fascinant et étrange, cette nouvelle substance qu'ils ont réussi à produire.
Un an plus tard, le 10 décembre 1903, Marie et Pierre reçoivent,
avec le professeur Bécrel, le très prestigieux prix Nobel de Physique.
Youpie ! Leurs travaux sur la radioactivité sont récompensés.
Et franchement, oh ben oui, c'est templement mérité.
Les deux scientifiques sont heureux, ils ont fait progresser la science.
Mais attention, pas question pour eux de se reposer sur leur l'orier.
Il reste tant de choses à découvrir sur le radium.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
C'est-tu pourquoi Wilhelm Röntgen a appelé ses rayons les rayons X ?
Lorsqu'il les découvre en 1895, ils ne les connaissent pas.
Bah oui, logique.
Ils sont donc inconnus.
En mathématiques, l'inconnu est symbolisé par la lettre X.
C'est pourquoi c'est 7 lettres que le physicien.
Il y a un choix.

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