Rosalind Franklin, la femme qui a découvert le secret de l'ADN

Durée: 16m46s

Date de sortie: 19/10/2022

durée : 00:16:46 - Les Odyssées - Décidée des 12 ans à faire une carrière scientifique, Rosalind Franklin devra se battre pour s'imposer. A l'époque la Science est encore considérée comme une affaire d'homme. L'Histoire lui a volé la célébrité qu'elle méritait, les Odyssées corrigent le tir !

Le corps humain est constitué de centaines.
Ha ha ! Cudiges de milliers de milliards de cellules.
Le noyau de chacune d'entre elles renferme en véritable trésor.
La, dé, en, l'artichaut.
Démoniac né aux Elendais.
Oh mais non mais... Qu'est-ce que je raconte ? Ha ha !
L'acide. Désoxyrit. L'acide. Désoxyrib...
L'acide. Désoxyribonucliac ! Oui ! Ça y est ! Je l'ai dit !
La DNA contient le code génétique de chaque être vivant.
De génération en génération, c'est lui qui transmet la couleur des yeux, des cheveux, la taille, ou même la forme des orteils.
La DNA détient le secret de la vie. Ça alors... Mais comment est-ce possible ?
Qui dit secret dit découverte ?
Pour comprendre le fonctionnement de cette molécule infiniment mystérieuse, encore faut-il savoir à quoi elle ressemble.
Le 10 décembre 1962, la neige tombe sur Stockholm.
Dans la grande salle de la Maison des Conçais, il y a foule.
Sous les flashs qui crépitent, le roi de Suède, en personne, remet le prestigieux prix Nobel de Média.
Francis Crick, James Watson et Maurice Wilkins.
Ils ont les yeux qui pétillent, ils sourient, ils sont si fiers et ma foi, c'est bien normal !
Nos trois gaillards ont découvert la structure de l'ADF.
Grâce à leur maquette en trois dimensions, le monde entier s'est désormais à quoi ressemble la molécule de l'homme.
La molécule de la vie.
L'ADN est une sorte d'échelle qui s'enroule sur elle-même.
On dirait un escalier en colimasson. Ou encore une double élice.
C'était incroyable ! C'était pousse tout flanc, génial ! Bravo ! Bravo à vous ! Bravo messieurs !
Oui, euh... Évidemment que c'est super.
Mais ce que l'histoire ne dit pas à ce moment-là, c'est que leur grande découverte, c'est d'abord une femme qui l'a faite.
Rosalind Franklin.
Rosalind Franklin est une scientifique exceptionnelle.
Disant plus tôt, en mai 1952, elle réussit une proeste technique.
Photographier, l'ADN.
Sur le célèbre cliché 51, on voit très distinctement une croix noire.
Là, sur un fond blanc, la fameuse structure en double élice.
Sans cette incroyable photo, Francis Crick, James Watson et Maurice Wilkins auraient-ils réussi à découvrir la structure de l'ADN ?
Oh non ! Ha ha, sûrement pas.
Comment Rosalind Franklin a permis l'une des plus grandes découvertes du 20e siècle ?
Et comment trois lascars se sont débrouillés pour lui voler son travail ?
Pardis, mais c'est la grande enquête de cet audicez !
Lorsque Rosalind Franklin travaille dans son laboratoire, rien ne peut la déconcentrer.
Le monde autour d'elle disparaît. Ces gestes sont précis, assurés.
Et puis, hé hé, il ne faut pas lui chercher des noises.
Rosalind a un caractère bien trempé. Drôle, direct, tenace, elle est précise et sacrément perfectionniste.
Comme tous les êtres humains, Rosalind a une enfance. Elle se passe à Londres dans les années 1920.
Nous voici au 5th Pembridge Place devant une maison blanche, à trois étages.
Les fenêtres sont grandes, les murs couverts de rosier.
Allez viens, approche, n'est pas peur, regarde.
Tu vois la jeune enfant brune avec des lunettes ? Là, devant la quatrième fenêtre du deuxième étage.
C'est Rosalind.
Nous sommes en plein mois d'août. Au lieu de jouer avec ses frères, elle fait des calculs.
La petite incision et elle passe ses vacances à additionner, multiplier, sous-straire.
Et elle ne se trompe... Jamais !
Rosalind est d'une intelligence inquiétante.
Écrit sa grand-mère. Inquiétante est surtout hors du commun.
Dans le monde bourgeois dans lequel grandir Rosalind, les femmes ne travaillent pas.
Elles vont à l'école, au lycée.
Et puis on leur demande de tout arrêter pour devenir de bonnes épouses et de bonnes mères.
Ce ne sera pas la vie de Rosalind.
Dès l'âge de 16 ans, elle sait qu'elle consacrera sa vie à la science.
Elle aime passionnément la chimie, la physique et les mathématiques.
Tout tourne autour de ça, c'est son refuge, son bonheur, sa seule quête.
Mais problème.
Les femmes à cette époque ne sont pas les bienvenus dans le monde scientifique.
C'est même carrément laverse. On les méprise, on les croit incapables.
La petite va devoir s'accrocher et se battre.
En 1938, Rosalind a 18 ans.
Elle entre à l'université de Newnam, à Cambridge pour étudier la chimie.
Le jour de la rentrée, assise au premier an, elle compte les autres filles.
Une, deux, trois, quatre, quatre sur une classe de 60 élèves, c'est tout !
Bon bah ça plompe le décor.
Lorsqu'elles ont le malheur d'arriver en retard,
les étudiantes se font siffer par un camarade qui leur jette des boulettes de papier.
Bonjour l'ambiance.
Les femmes sont tolérées mais en réalité, elles ne font pas vraiment partie de l'université.
La preuve ? Écoute bien, tu vas voir.
Bonjour Monsieur Franklin.
Bonjour. Par contre, je m'appelle Rosalind. Je suis une femme.
Bonjour Monsieur Franklin.
Euh, pardon mais vous êtes boucher ou charcutier ?
Oui, et bien ici, à l'université, on appelle tout le monde monsieur. C'est comme ça.
Allez, maintenant, ouste du balai.
Rosalind ne se laisse pas décourager.
Elle travaille beaucoup, elle fait du vélo, du squash et du tennis pour se dérouler.
Ah !
Elle suit aussi de très près la situation politique.
Nous sommes en 1938.
En Allemagne, Adolf Hitler au pouvoir depuis quelques années a commencé à persécuter les Juifs.
Rosalind, également juive, est extrêmement inquiète.
Ici Londres.
Veuillez écouter tout d'abord quelques messages personnels.
Un an plus tard, lorsque l'Angleterre entre en guerre, la jeune femme décide d'aider les soldats sur le front.
Elle se met à étudier le charbon.
Le charbon ? Mais pourquoi faire ?
Eh bien, il est utilisé dans la fabrication de masque à gaz.
Oui, viens jouer Rosalind !
Des heures durant, la jeune chimiste observe, fascinée, la roche noire au microscope.
C'est magnifique toutes ces petites alvéoles.
La roche, c'est de la matière.
La matière est constituée d'atomes et de molécules.
Comment ces éléments s'organisent les uns par rapport aux autres ?
C'est ça qui passionne Rosalind.
Évidemment, tout ceci est invisible à l'œil nu.
Il faut plonger, toujours plus profond, au cœur de la matière.
En 1945, à la fin de la guerre, Rosalind obtient son doctorat de chimie, Olaman.
Olaman ? Poudrapan ? La maîtresse en maillot de bain ?
Euh oui, euh, bon, je m'égare.
Et maintenant, que faire ?
À Paris, dans un laboratoire tout près de Notre-Dame,
se pratique une technique qui permet d'étudier la structure des roches.
La cristallographie, oreilleau X.
Bien plus puissante que le microscope.
Cette nouvelle science permet d'atteindre, grâce aux mondes électromagnétiques,
l'infiniment, infiniment, infiniment, infiniment, infiniment, infiniment, infiniment, infiniment, infiniment, infiniment.
Petit.
À 26 ans, Rosalind quitte l'Angleterre, direction Paris.
La jeune femme fait partie d'une équipe de 15 scientifiques.
Très vite, elle impressionne ses camarades.
Ah, vous avez vu les techniques qu'elle maîtrise ?
Elle peut conduire toutes sortes d'expériences,
surtout les plus délicates.
Oui, Rosalind est un as de la science.
Le laboratoire, c'est son domaine.
L'analyse des roches, sa spécialité.
Et pâté, et non pas.
Et fromage.
Le directeur du laboratoire, Jacques Meering,
décide de lui enseigner sa fameuse technique de cristallographie au rayon X.
Regardez Rosalind.
Le faisceau de rayon X est envoyé à l'intérieur de ce tube, sur les chantillons de roches.
Les rayons X traversent la roche,
puis les ondes sont répercutées sur une plaque photographique,
la caméra s'enclenche,
et ainsi on obtient des clichés de l'intérieur des roches.
C'est incroyable.
Cette méthode révolutionnaire permet d'observer les atomes.
C'est que Stasië Rosalind.
La jeune femme ne ménage pas ses efforts.
Réussir une expérience demande du travail.
Et puis, c'est aussi très physique.
Il faut monter et démonter le matériel.
Rosalind passent en temps à quatre pattes le visage couvert de traces noires.
Nous sommes dans les années 1950,
une question en particulier d'arrots de l'es scientifique.
Comment les informations comme la couleur des yeux, des cheveux,
ou encore la taille, passent-elles des parents aux enfants ?
Comment l'ADN transmette-t-il l'information génétique ?
C'est là que Rosalind entraîne.
Si elle arrivait en utilisant sa technique de cristallographie au rayon X,
à obtenir une photo de l'ADN, que découvrera-t-on alors ?
Oh, à cossures, des merveilles !
A condition, évidemment, que personne ne lui mette de bâtons dans les roues.
En 1950, à l'âge de 30 ans,
Rosalind obtient une bourse pour rejoindre le laboratoire de recherche du King's College,
à Londres.
Le projet qu'il attend est très ambitieux,
mais son nouveau directeur de recherche lui a garantie.
Les moyens seront au rendez-vous, et puis vous aurez le champ libre.
Hélas, le bonhomme est un sacré filo.
Ce qu'il a oublié de dire à Rosalind, c'est qu'il a promis à un autre chercheur du laboratoire,
Maurice Wilkins, qu'elle serait son assistante.
Son assistante ? Il est malade ou quoi ?
Rosalind, pou !
En plus, elle méprise Wilkins, qu'elle trouve totalement incompetent.
Qu'il retourne à ses microscopes, celui-là !
Très vite, il ne l'aurait plus possible de travailler ensemble.
Au même moment, dans un autre laboratoire, Francis Greak et James Watson
travaillent eux aussi sur l'ADN.
Une folle course vient de commencer.
Qui percera le secret de l'ADN en premier ?
Maurice Wilkins ? On est bien James Watson.
Petit à petit, il se rapproche des deux chercheurs.
Les trois hommes échangent à propos de Rosalind de drôles de commentaires.
Rosalind Franklin est peut-être doué en matière d'expérimentation,
mais elle n'a pas du tout le niveau théorique pour analyser ses résultats.
Pendant ce temps, Rosalind poursuit son objectif.
Un jeune étudiant, Raymond Gosling, l'assiste désormais dans ses recherches.
Tanté d'obtenir une photographie de l'ADN n'est pas facile.
Il faut essayer, réessayer, régler le matériel chaque fois différemment.
Cette fois, la caméra était trop chaude. Ça a perturbé l'expérience.
Ils prennent une photo, deux photos, trois photos,
cinq, neuf, dix, vingt, trente, trente et un.
Les jours, les semaines, les mois passent. Ils ne se laissent pas décourager.
47e, 48e, 49e, 50e et à la 51e photo.
Hallelujah !
Une petite grognoire se dessine sur un fond blanc.
Nous sommes en même 1952.
Rosalind et son étudiant Raymond viennent d'obtenir la première photo note de l'ADN.
Youhou ! Le mystère de sa structure est enfin dévoilé !
Avoir une image, c'est bien. C'est même excellent.
Mais Rosalind, vous êtes sûr d'elle.
Il faut améliorer la qualité de la photo. Elle doit être absolument parfaite.
Sans quoi, nous ne pourrons tirer aucune conclusion.
De leur côté, Crick et Watson poursuivent eux aussi leur recherche.
Ils suivent, de très près, les avancés de la scientifique.
Un matin, en 1953, Rosalind sort furibonde de son bureau.
Qui a tenté ici en mon absence ? Qui a les menottes sans mon autorisation ?
C'est quelqu'un, c'est Wilkins.
Lorsqu'il découvre le cliché 51, il n'hésite pas à le montrer à Francis Crick et James Watson.
Wilkins vient de voler le travail de Rosalind.
Grâce à cette photo exceptionnelle, Crick et Watson parviennent à construire une maquette de l'ADN en trois dimensions.
Grâce à sa structure en double lisse, explique Crick.
L'ADN s'auto-duplique à l'identique.
Et c'est comme ça que les informations génétiques se transmettent d'une génération à une autre.
Il publie un article dans la prestigieuse revue scientifique Nature ? Nature ? Nature ? Nature quoi ?
Pour annoncer leur fabuleuse découverte.
Leur fabuleuse découverte ? Mais c'est une blague !
Et pourtant, c'est ce que tous les scientifiques pensent à ce moment-là.
Crick et Watson n'indiquent à aucun moment combien le cliché obtenu par Rosalind les a aidés.
Les deux compères trafiquent la vérité scientifique.
Et ce n'est pas tout.
Très vite, Rosalind est écarté.
En 1953, elle quitte le laboratoire du Kings College.
Mais ses aventures, je te rassure, ne s'arrêtent pas là.
Rosalind poursuit ses recherches dans un autre laboratoire, où elle étudie cette fois les virus.
Pendant des dizaines d'années, le rôle capital de Rosalind Franklin dans la découverte de l'ADN a été oublié.
Ce n'est pas la seule femme scientifique à qui ce genre de mésaventure est arrivé.
Nombreuses sont celles qui ont été écartées ou rayées de l'histoire au profit de leurs collègues masculins.
Heureusement, le monde a un peu changé.
Et la science partit, elle aussi a besoin des femmes.
Alors, enlight versez- skirt tout juste, hein.
Vous m'accuses d'avoir toutes ces premières épisodes,
ici, à l'inter 1991,
la première série est,
Quoi une pièce avec탁nobles,
d' vain Conservative predictions,
Pour rendre hommage à Rosalind Franklin, l'agence spatiale européenne a donné son nom à un robot martien.
Cette astromobile de type Rover est en cours de fabrication.
Lorsqu'il sera prêt, il sera chargé d'explorer le seul martien.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org

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