Nouvelles Héroïnes
Salut toi, Nouvelles Héroïnes. Je suis Céline Steyer, celle qui murmure à tes oreilles des récits d'aventures insolies,
d'estimes de soins et de destins extraordinaires à travers des histoires vraies, de femmes qui ont osé faire de leur rêve une réalité.
Des histoires pour t'aider à grandir en confiance et trouver ton propre chemin.
Bienvenue sur Nouvelles Héroïnes, le podcast des filles qui éhose rêver grand.
Nouvelles Héroïnes
Il y a des histoires qui te prennent au tripe.
Des histoires qui te font pleurer toutes les larmes de ton corps.
Et des histoires qui te révolent,
des histoires qui ne doivent plus jamais exister.
Dans cet épisode, je vais te narrer le récit d'une femme qui a traversé les ombres de l'histoire.
Une survivante de la Shoah, à peine plus âgée que toi à l'époque.
Mais son histoire ne s'arrête pas là.
C'est aussi le parcours d'une combattante pour les droits des femmes,
pour la liberté de choisir son destin.
Un droit essentiel, fondamental pour toutes.
Elle est celle dont la vie s'est tissée avec celle de millions d'autres.
Aujourd'hui, je partage son histoire dans ce podcast pour qu'elle résonne à travers les âges.
En tant que femme, maman et citoyenne,
il est de mon devoir de te transmettre son courage et sa lumière.
Ne l'oublie pas.
Si tu as moins de dix ans, je t'invite à écouter cette histoire accompagnée d'un adulte de confiance.
Car certains chapitres peuvent être poignants et difficiles à entendre.
Sommet
Nous sommes à Nice, dans le sud de la France, la veille du 14 juillet en 1927.
Simone vient de Naid.
Son papa André est architecte
et sa maman Yvonne a abandonné ses études de chimie pour s'occuper de sa famille.
Simone complète ainsi la fratrie de la famille Jacob,
avec Madeleine, consulant Milou, Denise et Jean.
Dans cette famille, la bergiamie Simone, jouée d'une enfance très serelle.
Elle est proche, très très proche de sa maman.
Même si elle trouve son papa sévère, elle chérie les instants passés avec lui.
A la maison, il est interdit d'écouter de la musique,
mais les enfants adorent tourner les pages des livres qui jalonnent les étagères de la bibliothèque
des Comptes de Pérot, aux Fables de la frontière.
Seul Simone tient tête à son papa, et c'est tel que l'on en voit discuter quand il faut obtenir quelque chose.
Papa, lis-nous l'histoire du Chaboté.
Oui Simone, après le bain.
André et Yvonne sont juifs, élaïques.
Ils ne pratiquent pas cette religion, et Simone ne connaît pas les rituels,
comme par exemple le Chabat, le vendredi.
Ce jour de repoil de madère dans le judaïsme, marquant le 7e jour de la semaine juive.
Ils commencent au coucher du soleil, le vendredi soir,
et se terminent après la tombée de la nuit, le 7e d'histoire.
Le Chabat est un temps sacré pour la prière, la réflexion et la convivialité au sein de la famille.
Les activités quotidiennes, comme le travail, l'écriture, l'utilisation de l'électricité,
ou la conduite sont interdites pour permettre une véritable déconnexion des soucis matériels,
et vraiment un recentrage sur la spiritualité.
André a combattu durant la Première Guerre mondiale.
Il est profondément patriote et nourrit un amour sincère pour la France.
Si la guerre n'avait pas ravivé certains sentiments d'appartenance,
j'aurais sans doute complètement oublié mes origines juives.
André a moins de travail.
Et face aux difficultés financières de la famille, les Jacobres restent très souder.
Les enfants adorent jouer sur la plage de Nice lors des ballades dominicales.
Simone, elle, ne lâche pas la main de sa maman.
Encore petite et pas encore trop grande, à cinq ans, Simone joue dans la cour de récréation,
quand une caméra a de l'huile.
Ma pauvre, j'y es juive, ta mère prûlera un enfer.
Maman, qu'est-ce que ça veut dire ?
Dans l'atmosphère des années 30, des nuances de sombre présage commencent à se dessiner.
Beaucoup plus grandes que petites, à l'âge de dix ans, Simone rejoint les éclaireuses,
un groupe laïque de scouts féminins, comme une lueur d'espoir dans une période de plus en plus sombre.
On la surnomme « lièvre agité » et elle devient très copine avec trois autres jeunes filles.
Ensemble, elles explorent les rues de la ville, les champs et les forêts avoisinants.
Sa maman Yvonne prend soin de confectionner les cravates des éclaireuses.
Et une année, Simone est même choisie pour orner le calendrier du groupe.
Sur les bancs de l'école, Simone n'est pas la première de classe,
mais elle montre beaucoup, beaucoup de curiosité et de passion dans tout ce qu'elle entreprend.
Pendant ce temps de l'insouciance, de l'autre côté du Rhin, en Allemagne,
un homme vient de prendre le pouvoir.
Il s'appelle Adolf Hitler et est arrivé à la tête du pays avec son parti, le parti nazi.
Dès lors, des lois ont été inscrites contre les Juifs,
qui ont justifié des vagues de persécution antisémites.
L'antisémitisme est une forme de préjugé et de discrimination dirigée contre les Juifs,
en tant que groupe ethnique et religieux.
Les Juifs furent alors l'Allemagne et trouvent refuge en France.
Ils veulent en accueil certains sous leur toit.
Simone prend alors conscience de la gravité de la situation, mais elle est impuissante.
Le 1er septembre 1939, alors que Simone a tout juste 12 ans, Adolf Hitler envahit la Pologne.
Rapidement, la tension monte et, deux jours plus tard, la France déclare la guerre à l'Allemagne nazi.
Mais le conflit prend une tournure inattendue et le 22 juin 1940,
la France du Maréchal Pétain signe l'armistice avec le 3e Reich, l'Allemagne, d'Adolf Hitler.
Tu sais, Émilot, nous sommes convaincus de notre victoire,
mais les Allemands sont tout aussi sûrs de gagner.
En octobre 1940, un nouveau statut pour les Juifs est décrété.
Les familles juives, dont les Jacob, sont contraintes de se rendre au commissariat
pour faire apposer la lettre J sur leur papier d'identité.
En dépit de l'angoisse, André Jacob se soumet à la loi, espérant protéger sa famille de conséquences plus graves.
Les restrictions s'intensifient rapidement.
André est interdit d'exercer son métier et Yvonne redouble d'efforts pour subvenir aux besoins de la famille.
Face à cette menace, plus si fantôme, les Jacob décident de dissimuler leur identité juive.
Simon Jacob devient ainsi Simon Jaquiet sur les documents officiels.
Un jour de novembre 1943, Simon écrit dans son cahier pendant un cours de français.
Elle est en classe de terminée.
La porte s'ouvre.
Simon Jaquiet, venez me suivre dans mon bureau.
Ce qu'elle ne sait pas encore, c'est que deux élèves du lycée viennent d'être arrêtés parce qu'ils sont juifs.
Simon, je crains pour la sécurité du lycée que vous devriez rester à la maison.
Profondément affecté et se sentant rejeté, Simon regagne son domicile, bien décidé à ne pas se laisser abattre.
Elle s'attelle à la préparation du baccalauréat seul chez elle.
Le 29 mars 1944, Simon est âgé de 16 ans.
Elle passe son bac avec sa carte d'identité, consciente des risques encourus.
Après avoir passé les preuves, elle rejoint ses amis le lendemain pour célébrer.
Sur le chemin, Simon et ses amis sont arrêtés à Nice par des policiers français qui collaborent avec les nazis.
Elle est ensuite livrée à la Gestapo et interrogée à l'Hôtel Excelsior.
Tandis que ses amis sont libérés, Simon, elle, est retenue.
Elle parvient à faire passer un message discrètement à un ami pour qu'il aille prévenir sa famille.
Mais la Gestapo suit son ami libéré qui se rend là, au vie Simon, et où, par le plus grand des hasards, se trouve sa mère, son frère et sa sœur Milo.
Les trois sont alors arrêtés et rejoignent Simon à l'Hôtel.
Après une semaine de réclusion dans un lieu où de nombreux juifs sont détenus, les quatre membres de la famille Jacob sont transférés au camp d'internement de Drancy, situés au nord-rest de Paris.
Peu après, Simon, sa mère Yvonne et sa sœur Milo sont contraints de se séparer de gens et sont dirigés vers un endroit appelé Sipoy,
un nom cryptique utilisé par les déportés pour désigner une destination inconnue.
Le 13 avril, les trois femmes sont amenées à la gare de Bobigny, où elles sont forcées de monter dans un wagon à bestiaux du convoi numéro 71, qui transporte 1 500 déportés.
Sans aucune idée de leur destination finale ou de la durée de leur trajet, elles font face à des conditions de voyage épouvantales.
Elles sont entassées les unes contre les autres, ne peuvent ni boire ni manger et sont contraintes de satisfaire leurs besoins physiologiques devant tout le monde.
Simon, Milo et Yvonne parviennent à rester ensemble durant cette épreuve.
Le 15 avril 1944, après deux jours et demi de voyage, le train s'immobilise finalement et les portes s'ouvrent brusquement.
Elles découvrent qu'elles sont arrivées en Pologne, au camp de Schwitz, Birkenau.
A peine les pieds mis à terre, une voix, au milieu du broie à et du trumulte, demande discrètement à Simon son âge.
« Tu es quel âge ? Seze ans et demi. Dis que tu as 18 ans. »
Lorsqu'un cesse demande son âge à Simon, elle répond alors.
18 ans. Simon, sa mère Yvonne âgée de 44 ans et sa soeur Milo âgée de 21 ans, sont regroupés dans la file des femmes jugées aptes au travail.
Tandis que les enfants, les personnes âgées et les malades sont dirigées vers une autre file.
Simon franchit ainsi l'étape de la sélection et entre dans le camp d'Oschwitz, Birkenau.
Les femmes sélectionnées sont contraintes de remettre aux officiers tout ce qu'elles possèdent. Argent, bijoux, montrent.
Quelques heures après leur séparation, du reste de leur famille, les femmes commencent à s'interroger, avec beaucoup d'angoisse sur le soeur de leurs proches.
Que se passent ils, que se passent ils ou se font diluit ?
Que se passent ils ou se font diluit ?
Que se passent ils ou se font diluit ?
Pour leur répondre, les policiers leur montrent la fumée s'échappant d'énormes cheminées. Quand elles voient cette fumée, elles comprennt, qu'elle vient, d'échapper, à la mort.
Simon prend conscience de la gravité de la situation lorsque le numéro 78651 est
attaqué de force sur son bras gauche.
À cet instant, elle réalise qu'elle n'est plus vue comme un être humain, mais réduite
à l'état de bétail.
Dès leur arrivée, les détenus jugés inapte au travail sont immédiatement exécutés,
tandis que ceux capables de travailler sont assignés à des tâches épuisantes.
Simon est contraint de se dévétir complètement en présence des gardes et des autres prisonnières,
pour une douche, après quoi lui remet des vêtements usagers, mal assortis et infestés
de parasites.
A la différence de nombreuses autres détenus, venant de divers convois, Simon échappe à
l'humiliation de se faire aser intégralement la tête, lui permettant ainsi de maintenir
un semblant d'humanité dans ce contexte profondément déshumanisant.
Au camp d'Oshwitz Birkenau, Simon est contrainte au travail forcé.
Les journées débutent souvent par un appel matinale qui peut s'étirer pendant des heures
dans le froid glacial, avant de céder la place à douze heures de labeur et puisant,
consistant à transporter des pierres et creuser des tranchées sans jamais en comprendre l'objectif.
À midi, une brève pause de trente minutes est accordée, durant laquelle les détenus
partagent une souple.
Les repas se prennent, sans cuillère.
Simon Yvonne et Milou se partagent la même gammelle.
Un jour, une responsable du camp nommé Stena, remarquant la jeunesse et la beauté de Simon,
lui propose une échappatoire.
Elle lui dit qu'elle mérite mieux que de mourir dans ce lieu sinistre et lui propose
un autre camp.
Simon accepte, à condition que sa mère et sa soeur puissent l'accompagner.
En juillet 1944, les trois femmes Jacob, accompagnées de deux autres françaises, sont transférées
à Beaubrec, un autre camp d'Oschwitz-Birkenau, abritant une usine Siemens.
Là-bas, bien que toujours sous alimentée, les conditions de vie sont moins violentes.
Simon y reste jusqu'en janvier 1945.
Au même moment, les forces alliées commencent à approcher et l'Allemagne nazie ordonne
une évacuation rapide pour effacer toute trace du camp d'Oschwitz-Birkenau.
Tout s'accélère et les détenus exténués sont plus aucune force, sont contraints à
une longue marche de la mort à travers la neige et le froid glacial, battus par les
gardes SS s'ils manifestent le moindre épuisement.
Après une marche de 70 km et un voyage en train de 8 jours, son nourriture, Nio, Simon,
sa maman et sa soeur atteignent le camp de Bergen-Belsen.
Là-bas, Simon découvre un paysage d'horreur.
Une fin de la guerre qui a été épovantable parce que là, les SS étaient complètement
dépassés par la situation et les derniers mois de Bergen-Belsen n'étaient pas dormis
pratiquement parce qu'ils n'avaient pas d'endroit pour dormir.
J'avais l'impression d'être folle de ne pas dormir, une espèce d'angoisse permanente,
d'une espèce de situation où je dormais debout.
Au même moment, une épidémie de typhus ravage le camp, aggravant encore la détresse des
prisonniers.
C'est dans ce contexte que Yvonne Jacob, la maman de Simon, succombe au typhus en mars
1945.
Maman, maman, j'ai t'aime tellement.
Milou, elle, gravement affaiblie, survit jusqu'à l'arrivée des forces alliées.
Les camps sont peu à peu libérés et le 23 mai 1945, Simon et sa sœur Milou sont
rapatriés en France parmi les 2500 survivants des 76 000 Juifs déportés depuis la France.
Elles apprennent que leurs pères et leurs frères ont été déportés en Lituanie où
la plupart des prisonniers ont été tués, sans avoir la certitude de leur mort.
A Paris, Simon est une survivante de la Shoah, le terme qui désigne l'extermination de
6 millions de Juifs par le régime nazi, mais elle a l'impression de déranger et a du
mal à affronter le regard des autres.
Il est très difficile d'échanger avec ceux qui n'ont pas connu les camps.
Ceux-ci ne veulent pas trop savoir et comprennent mal leur traumatisme.
Ou alors, c'est l'inverse et leur curiosité est malsaine.
Lors des réceptions, Simon se cache derrière les rideaux et ne parle à personne.
Dans sa chambre, elle dort par terre pendant un mois ayant perdu l'habitude de dormir dans un lit.
Une bonne nouvelle vient enfin sonner à sa porte.
Simon apprend qu'elle a eu son bac.
Son rêve enfouie par la force du passé revient à la surface.
Elle veut devenir avocate.
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Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org