D'où est-ce Roy ?
Là on est en train de se rapprocher de ce glacier de fou, qui s'appelle Nordensholtblän.
Je pense que c'est un des glaciers préférés chez Oswald Barn.
C'est un des glaciers qui est les plus crevacés par ici.
Et c'est fou, c'est que le glacier change ultra rapidement ici comme tu le sais.
C'est trop beau.
D'où est-ce Roy ?
C'est l'histoire d'une fille, né au cœur des Alpes, dans un petit village tout droit sorti du livre,
Heidi.
Ça tombe bien car notre nouvelle héroïne s'appelle Heidi.
Coincidence ? Tu le décorera par toi-même.
Heidi est une petite fille émerveillée par la nature qui l'entoure.
Et de cet émerveillement, naîtra une vocation,
celle d'éveiller les consciences et les mettre en action pour sauver les glaciers,
sauver la vie sur Terre, sauver nos vies.
Salut toi ! Je suis Céline Steyer, celle qui murmurent mes oreilles,
des récits d'aventures insolites, d'engagement féministe et de dépassement de soi,
à travers des histoires vraies de femmes qui ont osé faire de leur rêve une réalité.
Des histoires pour t'aider à grandir en confiance et trouver ton propre chemin.
Bienvenue dans le monde surprenant des nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes
Il était une nouvelle héroïne, Heidi.
Heidi comme Heidi des montagnes ?
Heidi, petite fille des montagnes
C'est exact. Heidi doit son prénom à cette Heidi qui a bercé mon enfance
et celle de tes parents. La maman de Heidi est ébibliothécaire.
Alors tu penses bien que les livres avaient accoussant poussière,
elle aimait ça et particulièrement celui de cette héroïne des montagnes suisses.
La Heidi de notre histoire a grandi dans le village de Gruffy.
Gruffy, mais ce pourrait être un nom de Yeti non ?
Sans doute. Pourtant c'est un village niché au pied de la montagne du Semnose,
en haute savoir, peuplée de 400 fontaines et autant d'habitants.
400 fontaines ? Ben oui, il faut bien ça.
Chaque maison bénéficie d'autres sources qui coulent tout naturellement de la montagne.
Si Heidi vit dans les glaciers, c'est la neige ?
Oui c'est un peu ça. Le matin, libéré des livrets de son sommeil au saut du lit
et avant que le soleil ne chauffe les cimes des massives environnants,
Heidi se dépêche de sortir de la maison pour aller explorer la nature.
Il croisait un cerf, un chevreuil,
écoutait le crispement de ses pas sur la neige en hiver,
et sentit à plein poumon la rosée et l'herbe haute au printemps.
Sa maman de cette haute guerre des escapades buissonnières de sa fille
avant de rejoindre les bancs de l'école.
Sa maman était une grimpeuse et avait gravie les plus hauts sommets comme le mont blanc.
Elle avait décidé de raccrocher les crampons après avoir vu tomber,
sous ses yeux, un compagnon alpiniste.
Heidi, grandi dehors, entourée de cette nette surfasonnante
et, dedans, parmi les livres dont les couvertures qui jalonnaient l'imposante bibliothèque du salon
lui faisaient des appels du pied de la montagne.
Quand elle ne court pas dans les hautes herbes,
Heidi apprend la table des matières derrière son bureau d'écolière
avec un 20 sur 20 en timidité.
Dès que la clinche retentit pour sonner l'ami du midi,
Heidi embarque ses copains dans une exploration émerveillée.
Sa mission préférée, construire des cabanes.
Dans cette nature qu'elle connaît par coeur, Heidi nature mène la danse.
Encore plus petite que pas trop grande,
Heidi s'en va régulièrement en vacances chez sa grand-mère,
dans un village alpin voisin, la cruzah.
Sa grand-mère habite dans un chalet perché à 1300 mètres d'altitude
et pour y accéder, pas question de garer la voiture après le portail.
Ce chalet, si arponnait, était toute une épopée.
Que je te passe entre les sapins et paix,
que je te creuse des tunnels sous la neige,
que je te descende la pente en rappel
pour enfin arriver à frapper à la porte du chalet.
Au chalet de sa grand-mère, Heidi aime s'y évader,
autant qu'elle aime feuilleter les albums de montagne de son yarrière grand-mère.
Une photo attire son attention à chaque fois qu'elle s'y faufile.
Celle de cette arrière-grand-mère, Pauline,
posant devant la mer de glace en 1916,
avec une montagne majestueuse
que dessinent des blocs de glace figés au reflet cristallin.
De cette photo, j'ai eu des pocs où le temps semble suspendu,
capturé par les glaces éternels.
Un témoignage intemporel,
d'une beauté naturelle qui doit perdurer à travers les générations,
et qui doit perdurer au gré des générations.
Pourtant, cette photo renvoie à Heidi
à son propre souvenir de la mer de glace.
À l'âge de 12 ans, plus adolescente que beaucoup moins petite,
Heidi découvre pour la première fois
l'un des plus grands glaciers de France
à bord du train du menton vert.
Toutefois, ce train l'emmène à un glacier
qui ne ressemble en rien à la photo de sa grand-mère.
Pour y accéder, Heidi doit descendre des centaines de marches
encore inexistantes il y a 80 ans.
Pourquoi ?
Quelle est la raison de ce phénomène
qui ne laisse pas de glace notre Heidi
encore ignorante du dérèglement climatique
dont la mer de glace allait devenir un triste symbole ?
Cette découverte fait tilt dans l'esprit d'Hidy
qui retourne sur les bancs du lycée
pour perfectionner sa bosse des mathématiques,
son esprit scientifique,
sa passion pour la biologie et les mécanismes de dames nature.
Quand un appât les yeux rivés sur les équations algébriques,
elle se passionne comme sa maman
pour les livres et récits biographiques d'alpinistes
comme premier de Cordée ou la grande crevasse.
Heidi est bien la fille de sa mère,
la petite fille de sa grand-mère
et l'arrière petite fille de son arrière-grand-mère.
Chaque exercice de mathématiques terminée
est une parfaite occasion d'évasion
dans le parc de la vanoise,
un bonheur pour celle qui adore marcher
au cœur de cette nature.
Son goût de l'alpinisme grandit autant qu'Hidy s'épanouit.
Alors un jour, Heidi participe à un casting pour l'émission
« Passe-moi tes jumelles ».
Dans les caméras,
s'apprête à suivre une équipe de randonneurs
rejoignant la ville française de Chaminie
à la ville suisse de Zermatt,
à 1600 mètres d'altitude.
Elle a 16 ans.
Elle y fait la rencontre d'un guide de Haute-Montagne, Hubert.
Et tel saint Hubert des Glaciers,
il explique pendant dix jours au groupe
la vie des Glaciers qu'il traverse.
Lors d'une conversation,
Heidi avoue sa passion depuis toute petite
pour ses majestés de glace.
Alors de sa grosse voix, Hubert lui ouvre la voix.
C'est-tu que des personnes gagnent leur vie en étudiant les Glaciers ?
Attends Hubert, il existe un métier pour étudier les Glaciers ?
Oui, le métier de glaciologue.
Reca, c'est ce que je veux faire toute ma vie.
Pour Heidi, il n'y a pas de plan B.
Son métier sera glaciologue au rien.
Elle passe son baccalauréat avec en option Biologie
et intègre l'université pour passer une licence de géographie physique.
Au fond de notre héroïne,
les appels au secours des Glaciers étaient déjà entendus
du fin fond de leur cœur de glace
et poussaient à Heidi à les sauver au plus vite.
Comme si sur cette photo, Pauline,
son arrière grand-mère lui chaussait les crampons
et l'armée d'un piolet pour grimper en tête
et braver les nevés.
Soft whitey, soft whitey, soft whitey.
Toutes ces voix dans cette mer de glace,
elle a l'apporté vers son nouveau métier.
Mais comment faire pour les sauver ?
Comment faire et déjà comment fait-on pour les étudiants
quand il n'y a pas d'école de glaciologie en France ?
Lors d'une randonnée dans le massif des aiguilles rouges,
Heidi parle de son projet de métier avec ses coéquipiers.
Comment fait-on pour devenir glaciologue ?
Il n'y a vraiment aucune école qui propose cette spécialité en France ?
Ou même ailleurs ?
A-tu déjà entendu parler du Svalbard ?
Du quoi ?
Ni d'un, ni deux, mais bien à plusieurs doigts,
Heidi tape frénétiquement,
Svalbard, pour qu'Internet lui affiche à l'appel
et même au tractopel des images de paysages de glace à la beauté rare.
Ce cache là-bas, dans ses déserts blancs au cœur de l'article,
un centre universitaire le plus au nord du monde.
Oui, je vais aux Svalbard pour devenir glaciologue.
L'université se trouve dans une ville au nom imprenonsable,
sur l'île du Spitzberg à l'est du Groedland entre la mer de Barens et le Pôle Nord,
imprenonsable tout autant qu'insolite.
En raison de sa proximité avec le Pôle Nord,
cette ville connaît en effet une période de nipolaire en hiver
où le soleil ne se lève pas pendant plusieurs mois,
suivie d'une période de jour polaire en été,
avec le soleil ne se couchant pas pendant plusieurs mois.
Les températures ne sont pas souvent clémentes
et peuvent frôler les moins quarante.
Bouh !
Heidi, jusque la timide et pereuse, envoie e-mail,
appelle professeur pour avoir des recommandations
afin d'avoir une chance d'intégrer cette université.
Impossible n'est pas Heidi.
A 20 ans et pour la première fois,
elle quitte les Alpes de son enfance pour le Pôle Nord.
Du hublot de son avion,
elle est scotchée par la beauté de plus en plus blanche neige
et bleu-sérac des glaciers qui avancent vers elle.
Elle débarque à l'université aux Albert,
sans parler parfaitement anglais et sans te savoir à qu'à s'attendre.
Elle étudie à l'université la plus au nord du Nord du monde
dans une région où 60% des sols sont recouverts de glace.
Ce sont des zones dominées par la neige,
les glaciers et la banquise.
Mais face à la beauté de ces paysages
qui fascinent notre Heidi,
une tragique réalité se dresse.
Et il me faut te la compter.
Les glaciers sont les meilleurs baromètres du changement climatique
et cette région se réchauffe 6 à 7 fois plus vite
que le reste de la planète.
Pourquoi ça se réchauffe plus vite au Pôle Nord, me dira-tu ?
Au Pôle Nord, il y a la banquise, qui est blanche,
et qui recouvre une partie de l'océan glacia-alertique.
Plus on a de surface blanche,
plus elles vont réfréchir le rayonnement solaire vers l'espace
et ainsi renvoyer la chaleur.
Cette région a perdu 40% de sa banquise en 40 ans.
Le blanc réfléchissant de la glace a été remplacé
par la couleur sombre de l'océan
qui capture la chaleur et réchaufflo.
Quand Heidi arrive à l'université,
l'ambiance est plus polaire qu'à l'auberge espagnole.
Elle doit se préparer à vivre dans des conditions extrêmes et dangereuses.
Pendant une semaine, elle nage dans l'eau glacée des fiordes,
apprend à monter des tentes en pleine campette,
à se protéger des ours, à marcher sur les glaciers
et à faire des sauvetages en avalanche.
Oui, apprendre à devenir glaciologue
ne se fait pas avec un plaide posé sur le banc en bois de l'université.
Face à un grand tableau noir, ça ne s'improvise pas.
Pendant ses études, Heidi rejoint des expéditions en Himalayas et au Groenland.
Mais son cœur, pas de glace,
l'a conduit toujours aux reusses Valbard
où elle vit pendant 4 ans pour écrire une thèse
sur la dynamique des surges glacières.
Maître Capelou,
tu finis la glace à la fraise et tu nous expliques à Capela la surge ?
Pour sûr, mon enfant, la surge glacière est une sorte de poussée glacière.
Les glaciers ne sont pas si différents de nous
et parfois, ils ont des périodes où ils se réveillent soudainement
et se déplacent très rapidement pendant un certain temps,
presque comme s'ils jouaient à cache-cache avec la montagne.
Cette période très rapide où ils bougent beaucoup s'appelle une surge glacière.
C'est un moment spécial et énergique dans la vie du glacier,
presque comme s'il y avait eu un accès de joie.
Le travail d'Idi, lui vaut la couverture du prestigieux magazine Science en 2017,
sorte d'Oscar pour les scientifiques.
Depuis le jour, Idi a découvert sa passion pour les glaciers.
Elle n'a pas cessé d'avoir l'objectif de les sauver.
Elle multiplie les expéditions scientifiques sur les glaciers de l'Antarctique,
de l'Arctique et même en Colombie pour étudier les glaciers tropicaux.
Il y a 200 000 glaciers dans le monde
et leur fonte est accélérée par le réchauffement climatique
provoquée par les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Pour te donner un exemple,
1 kg de CO2 émis équivaut à 16 kg de glaciers qui font.
Cela n'a rien à voir avec la poudreuse de Perlin-Pimpin.
Quand un glacier font,
ce sont des milliards de litres d'eau qui s'écoulent
et qui vont participer à élever le niveau des océans.
Oui alors, tu vas me dire,
oui enfin, qu'est-ce que je risse moi en France ?
Je suis loin des glaciers.
Eh ben en fait, pas si loin que ça.
Tu retrouves des glaciers dans les Alpes et les Pyréneaux,
les glaciers sont la première source d'eau potable.
3,5 milliards d'humains sur Terre dépendent de ces taux.
L'eau des glaciers est serre aussi à l'agriculture,
à l'hydroélectricité et encore à refroidir les centrales nucléaires.
Aujourd'hui, Heidi Sevestre multiplie ses actions de sensibilisation
auprès de ta génération et des autres générations,
de ton âge à celui de tes grands-parents.
Pour Heidi, tout le monde va comprendre ce qui se passe.
C'est une scientifique passionnée et elle veut le transmettre.
Elle part chaque année en expédition avec d'autres scientifiques
pour enrichir la documentation
et s'inviter à la table des décideurs politiques pour bouger les lignes.
Elle a une chronique à la radio et est présentatrice de plusieurs reportages,
notamment pour le National Geographic.
Alors chers, nos vals héroïnes, entre deux voyages,
entre la COP28 et le Zoual Bard,
Heidi m'a laissé ce message pour toi sur mon répondeur.
Je voulais pouvoir dire à la jeune génération
que c'est vraiment en sortant de sa zone de confort
que la magie opère.
Quand j'étais petite, j'étais une jeune fille très timide.
Je n'osais à peine aller à la boulangerie pour acheter du pain.
Et c'est à partir du moment où on m'a un peu bousculé,
où on m'a offert l'opportunité de sortir de mon petit cocon
que je me suis rendue compte, que finalement,
toutes les barrières que j'avais, elles étaient surtout dans ma tête.
Je leur souhaite doser, doser rêver, d'avoir l'audace
de rêver grand et de sortir de leur zone de confort.
Parce que c'est vraiment là où on grandit,
où on apprend beaucoup de choses sur nous et sur les autres
et qu'on peut devenir quelque chose que l'on rêvait être,
mais qu'on n'osait pas toucher du doigt.
Je leur souhaite aussi de continuer à nous bousculer,
nous les adultes,
qui n'hésitent vraiment pas à penser un petit peu plus
à nous remettre dans le bon chemin,
à remettre en question les choses telles que nous, les adultes,
nous les faisons, surtout par rapport au climat
et au changement climatique et la biodiversité.
On a vraiment besoin des jeunes pour nous dire
les choses que l'on fait bien, les choses que l'on fait pas bien
et que j'espère aussi que l'on puisse continuer à travailler ensemble.
La lutte contre le changement climatique,
elle ne se fera pas toute seule.
Aujourd'hui, elle divise beaucoup des générations entre elles.
On oppose souvent les adultes, des jeunes, des enfants, des adolescents,
alors que finalement, c'est en travaillant tous ensemble qu'on va y arriver.
Donc je leur souhaite de continuer en tout cas à nous bousculer,
mais aussi de nous tendre la main
et qu'on puisse avancer tous ensemble.
Voilà, c'était l'histoire au début de la grande histoire d'Idi Sves.
Glaciologue est engagé pour sauver les glaciers.
C'est à présent l'heure du générique.
L'histoire est écrite par mes soins et tirée de l'histoire vraie d'Idi Sves,
que je remercie pour sa confiance.
Mise en son par studio module
et les petites voix sont celles de Madeleine et Nicolas.
Pour soutenir le podcast, parles-en autour de toi et à ton école
et cerise sur le micro, demanda tes parents, grands-frères et grand-sœurs
de mettre cinq étoiles et un avis sur les plateformes Apple Podcast et Spotify.
Ça me fera très très plaisir.
Et comme ça, je pourrais te dédicacer une prochaine histoire.
Je compte sur toi.