Bonjour à tous, bonjour les enfants.
Aujourd'hui, je vais vous raconter une nouvelle histoire.
Ça s'appelle « Scandal à l'école ».
Une histoire imaginée en collaboration avec la DILCRA,
la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme,
l'antisémitisme et la haine anti-LGBT,
et avec le ministère chargé de lutte contre les discriminations
à l'occasion des assises de lutte contre l'antisémitisme.
Petite précaution les enfants.
Cette histoire n'est pas adaptée au tout petit,
car il y a certains passages qui pourraient vous faire un peu peur,
et d'autres qu'il faut expliquer, contextualiser.
Idéalement, vous pouvez l'écouter à partir de 6 ans,
et si possible, en l'écoutant une première fois avec vos parents,
pour avoir ensuite une discussion ensemble.
Cette histoire a été écrite par Benjamin Miller,
elle est racontée par Céline Kalman,
la musique et la réalisation sont signées Alexandre Ferréra.
Scandal à l'école, épisode 1, c'est parti.
Chapitre 1, la police dans l'école.
Alors, t'es au courant ?
Au courant de quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?
Ah oui, donc tu ne sais pas.
Eh bien, l'école a été vandalisée cette nuit.
Apparemment, il y a des vies de cassée, des bureaux retournées,
des affaires volées, et il y a même des inscriptions sur les murs.
Oh arrête, je ne te crois pas. Viens, on va voir.
Ben, on ne peut pas entrer. Regarde, il y a la police.
En ce lundi matin, Simon et Alicia sont surexcité,
et en même temps apparaît.
Qui a bien pu faire ça dans leur école ?
Ou d'habitude, tout est plutôt calme ?
La police est présente.
Plusieurs voitures sont stationnées sur l'autre toit,
juste devant la grille d'entrée.
On se croirait dans un film.
Quand on a dix ans comme eux, forcément, ça impressionne.
Et on a envie d'en savoir plus.
Surtout que Simon et Alicia sont tous les deux très curieux.
Et l'aventure, l'action, ils adorent ça.
C'est d'ailleurs comme ça qu'ils sont devenus amis.
Ils ont la chance de faire partie d'un groupe de sport,
où ils pratiquent aussi bien l'escalade que la boxe,
mais aussi la gym et le football.
Les deux amis ne tiennent jamais en place.
Et ce matin, ils sont comme des fous,
et veulent absolument en savoir plus.
Alicia, qui est arrivée la première sur place,
a réussi à récolter des informations,
grâce à la dame de l'accueil Bernadette.
C'est elle qui a découvert les dégâts.
L'école a été saccagée.
Mais surtout, lui a dit Bernadette,
des inscriptions horribles ont été peintes sur les murs.
« On sait ce qu'il y a décrit ? » demande Simon.
« Bah, pas encore. »
Les minutes passent,
et un attraupement se forme devant l'école.
Les parents arrivent pour déposer leurs enfants,
mais la grille reste fermée.
Simon et Alicia, eux, se sont rendus à l'école tout seul,
comme des grands.
Ils sont en CM2.
Et depuis le début de l'année scolaire,
ils ont eu l'autorisation de se rendre à pied en classe.
Après mille recommandations de leurs parents.
« Tu fais bien attention en traversant, hein ! »
« Et puis si le petit bonhomme est rouge au passage piéton,
tu attends quand même, même s'il n'y a pas de voiture. »
De toute façon, un agent de la ville est là
pour assurer que les voitures respectent bien le passage piéton.
Et ça, c'est très rassurant pour tout le monde.
En ce lundi matin, donc,
les deux amis comprennent tout de suite que cette journée
ne va pas être comme les autres.
À 8h30, la sonnerie de l'école retentit.
Mais les grilles restent désespérément fermées.
Et surtout, la police est toujours là.
Certains parents commencent à perdre patience.
« On peut savoir ce qui se passe ? »
Cri l'un d'entre eux.
« Vous allez ouvrir ou non ? Je dois partir au travail, moi ? »
Sainte y a une maman.
Alors que Simon et Alicia observent perplexe la scène,
ils sont rejoint par Sami, le troisième membre de leur bande.
« T'as vu ça, Sami ? »
demanda Alicia.
Sami est arrivé à l'école peu avant ses amis.
Et il a des informations à leur livrer.
Comment les as-ils obtenues ?
C'est très simple.
Son papa travaille dans cette école.
Il s'occupe de la bibliothèque.
« Ouais, je suis au courant et franchement, c'est hallucinant ce qui s'est passé. »
Mon papa m'a dit que… que… que quoi ?
« Le presse, Simon. »
Que beaucoup de choses ont été cassées.
Une porte, des vitres,
les vestiaires de sport ont été couverts de peinture,
et surtout, devant l'entrée de la cantine,
il y a eu des inscriptions.
« Mais oui, mais on est au courant pour les inscriptions, mais…
tu sais ce qu'il y a décrit, alors ? »
« Bon, c'est horrible. Il y a une croix gamée. »
Cette information glace le sang des deux enfants.
Il n'est plus du tout question de rigoler,
ou d'être excité par l'enquête policière.
« Oh ! Mais c'est très grave ce qui vient de se passer !
Dans notre école !
Mais qui a bien pu faire ça ?
Et pourquoi ? »
Ce lundi, l'école restera fermée.
« Les explications en classe »
Le lendemain matin, après l'agitation de la veille,
l'école rouvre ses portes.
Les élèves sont installés en classe,
mais l'atmosphère est lourde.
Simon et Alicia échangent des regards inquiets.
Ils se doutent qu'ils vont parler de ce qui s'est passé.
C'est inévitable.
M. Lambert, leur professeur, se redresse
et s'appuie contre son bureau.
D'habitude, il commence toujours la journée
avec une blague ou une devinette.
Mais cette fois, pas question de rigoler.
« Je sais que ce qui s'est passé hier vous a tous choqué,
et il est important d'en parler ensemble. »
Dans la classe, seul le cliqueti des crayons manipulés
nerveusement par les élèves vient briser le silence pesant.
« Est-ce que quelqu'un veut prendre la parole ? »
dire ce qu'il ressent.
Un garçon au fond de la classe lève timidement la main.
C'est Hugo, un élève discret.
« Monsieur, je… je comprends pas bien.
C'est quoi une croix gamée ? »
Un frisson parcourt la classe.
Certains ouvrent de grands yeux.
D'autres baissent la tête.
M. Lambert ajuste ses lunettes et répond.
Eh bien la croix gamée, c'était un symbole du parti nazi allemand.
Le chef des nazis, Adolf Hitler,
a pris le pouvoir en Allemagne en 1933.
Et il a commis des crimes horribles, inimaginables,
principalement contre les personnes de confessions juives.
6 millions de personnes en Europe ont été tuées.
6 millions de Juifs.
C'est ce qu'on appelle un génocide.
Simon et Alicia se regardent, troublées.
Ils connaissaient déjà cette terrible époque de l'histoire.
Mais entendre leur professeur l'expliquer de cette manière,
leur donne des frissons.
« Mais… »
C'est Eva, une fille assise juste derrière eux.
Elle osse les épaules et poursuit.
« Mais c'est juste un dessin, non ?
Je veux dire, ça fait longtemps tout ça.
Peut-être que c'était juste pour faire une blague. »
Simon se sent bouillir de l'intérieur.
Il se retourne brusquement vers Eva et lui lance.
« Blague ! Tu trouves ça drôle, toi ? »
« Bah je dis juste que c'est peut-être pas aussi grave qu'on le dit. »
Alicia ne peut s'empêcher d'intervenir également.
La voie tremblante.
« Mais c'est très grave, Eva.
Ce genre de messages, ça veut dire quelque chose.
Quelqu'un a voulu faire passer un message de haine.
Et ça, bah c'est jamais un audat. »
Lucas, un autre élève, prend alors la parole.
« Mon papa m'a dit que c'était pas si grave.
Que fais pas besoin d'en faire tout un plat ?
C'était des vieilles histoires, tout ça.
C'est du passé. »
Alicia est à deux doigts d'exploser.
Le professeur qui sent l'attention lève la main pour établir le calme.
« Eva, Lucas, je comprends que vous ne mesuriez pas encore la portée de ses actes.
Mais sachez que ces symboles sont interdits en France.
Parce qu'ils rappellent une période terrible de notre histoire.
« Rien de ce qui s'est passé n'est anodin.
Et c'est très bien qu'on en parle ce matin.
« Oui, mais peut-être que ceux qui ont fait ça
se rendent pas compte à quel point c'est grave. »
Ajoute alors Eva.
« Peut-être, répond M. Lambert.
Mais pour autant, on ne peut pas laisser passer cela.
Et pour nous, c'est l'occasion de parler de ce qui s'est passé,
à ce moment de notre histoire.
Nous n'avons pas le droit d'oublier.
« Pourquoi ?
Pour que plus jamais de tels actes ne se reproduisent. »
Lucas baisse la tête, gêné.
Simon et Alicia, eux, fulminent encore.
« Comment pouvez-on prendre cela à la légère ? »
D'autant qu'Alicia connaît cette période très sombre de l'histoire.
C'est l'histoire de ses arrières-grands-parents.
Le père de son grand-père était juif.
Et pendant la guerre, il a été fait prisonnier.
Heureusement, un jour, il a réussi à s'échapper.
Chapitre 3 Une enquête qui piétine
À la récréation, Simon et Alicia rejoignent Sami près du préau.
« Ça avance l'enquête ? » demanda Alicia.
Sami se coula tête.
Mon père dit que la police n'a pas trouvé grand chose.
Pas de caméra qui monte quelque chose, pas de témoin.
Ils savent même pas comment les coupables sont entrés dans l'école.
« Simon fronce les sourcils. »
« Il faut qu'on trouve quelque chose, nous.
C'est pas possible que personne ait rien vu. »
Alicia croise les bras et réfléchit.
Puis elle a une idée.
« Les inscriptions ont été faites devant la cantine, non ?
Si on allait voir, s'ils restent des traces.
Quelque chose que la police aura peut-être raté ? »
Les trois amis échangent un regard complice.
Ils sont déterminés à trouver qui a fait cela et pourquoi.
Ils attendent la fin de la récréation pour discrètement s'approcher de la cantine.
La peinture a depuis été nettoyée,
mais le mur garde quelques traces.
Ils scrutent les alentours.
Rien.
Jusqu'à ce que Sammy pointe du doigt un détail.
« Regardez, là, sur le grillage ! »
Simon et Alicia se penchent et distinguent un petit morceau de tissu rouge et blanc,
coincé dans le grillage, qui se trouve à quelques mètres.
« C'est quoi ? »
Murmeur Alicia.
Simon examine l'indice.
« On dirait un morceau de chemise.
Peut-être que celui qui a fait cela s'est accroché au grillage et a déchiré son vêtement.
» À son tour, Alicia note ceci.
« Elle était peinte en quelle couleur cette croix gamée ? »
« En bleu, pourquoi ? » répond le cas.
« Parce qu'il y a de la peinture ici au sol.
Regardez, des toutes petites tâches ! »
« Là où les personnes en ont visiblement fait tomber en repartant de l'école. »
Sammy déclara alors.
« Après la classe, je demanderai à mon père de venir avec nous,
pour regarder s'il n'y a pas d'autres traces dans la rue.
Et qui sait, cela nous mènera peut-être vers les coupables ! »
Voilà, c'était Scandal à l'école, épisode 1.
L'épisode 2 sera mis en ligne la semaine prochaine.
Histoire écrite par Benjamin Müller, raconté par Céline Kalman,
Musique et réalisation signé Alexandre Ferréra.
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