Sarah Bernhardt la première star mondiale

Durée: 14m9s

Date de sortie: 04/02/2025

durée : 00:14:09 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Actrice, peintre, sculptrice née il y a 180 ans, idolâtrée par ses fans au point d’être comparée à une divinité. Ardente, impétueuse, libre et sacrément en avance sur son temps, rien ne pouvait stopper l’élan de la "divine", pas même une jambe en moins !

...
Bababie babou !
Bababie babou !
Bababie babou !
Un, deux, un, deux...
L'heure, c'est quand tu veux.
Oh ! C'est à moi ?
Euh, ok, ok, j'y vais.
...
S'il est une présence au soleil
Qui enchantait le monde
S'il est une voix plus claire encore que nous !
Oui !
...
Oh, oui, ça va, ça va, j'ai compris.
Je joue comme une patate comparée à elle.
Hey ! Ma foi, c'est Sarah Bernard !
...
Dans les années 1890,
la comédienne Sarah Bernard et la reine de Paris
que disent du monde entier !
De Sydney, Harry ou de Giannero,
elle électrisent les foules et met le feu à la scène !
J'espère que vous avez prévu les extincteurs, Lord,
parce que ça va chauffer !
Ardente, impétueuse.
Rien ne peut arrêter Sarah Bernard,
qui ne renonce jamais !
Mon désir est plus vaste que l'univers.
Le théâtre est ma raison de vivre, mon public, ma moussole.
Sarah Bernard veut aussi être libre.
Elle trace sa route comme un bulldozer
pour se forger un destin à sa mesure.
Mais si vous allez voir, ça va passer quand même !
Boustez-vous !
Passionnée, excessive, excentrique,
toujours entourée de bois, de caméléons, de guépards,
elle fascine au scandalise,
une chose est sûre, elle ne laisse personne indifférent.
Voici l'odyssée de celle qui a fait de sa vie une légende
et dont le coeur s'embrasse pour toutes les nobles causes.
La première vedette mondiale,
l'urésistible, l'éternel,
la divine Sarah Bernard !
Nous sommes à Paris, c'est l'année 1860.
Je parle d'une tempête,
des boisses que pareil, on n'en voit jamais dans la capitale !
Et pour cause, ce n'est pas la nature qui se déchaîne,
mais Yule, la mère de Sarah Bernard,
qui pique une colère monstre !
Sa fille, 16 ans, refuse de se marier.
Je remuse ciel et terre pour te trouver un mari riche et toi,
tu craches dans la soupe !
Mais qui va se venir à tes besoins, hein ? Qui ?
A l'autre bout du salon, Sarah agite ses boucles rousses
et roule ses grands yeux bleus au ciel. Enfin, au plafond.
Ah mais je rêve !
Et depuis quand elle s'intéresse à mon avenir ?
Yule, sa mère, et ce qu'on appelle familièrement une cocotte.
Connue dans le beau monde, elle fréquente des artistes
et se fait entretenir par des hommes riches et puissants.
Ses enfants, enfin, la pâle tendre s'en occuper.
Ma mère m'a confié des manaisances à une nourrice en Bretagne.
Bon, ça, à la rigueur, c'est assez commun.
Le problème, c'est qu'elle m'a oublié pour de vrai, pour de bon,
un an, deux ans, trois ans oublié !
Dès lors, Sarah emploie toute sa fantastique énergie
et se fait remarquer.
Au couvent où elle est envoyée plus tard,
elle terrorise les bonnes sœurs
qui la croient poussée des pâtes de dieuves !
Une autre fois, oui, enfin, ça, c'est moins drôle.
Elle frôle la mort en se jetant d'une fenêtre.
N'empêche que je tiens toujours de bourg.
Et je vais le répéter pour ceux qui se réduirent de la feuille
hors de question que je vive sous la coupe d'un homme.
J'ai décidé de devenir nonne.
Nonne ?
À moins que...
Oui, le Duke de Morni,
l'un des protecteurs de Yule,
silencieux mais présent depuis le début,
a tout à coup une idée.
Cette voix, ce feu qui jaillit de ses yeux,
cet enfant, il te faut la mettre au conservatoire !
L'école ou les acteurs apprennent leur métier ?
Bingo !
Oui, le théâtre !
C'est à moi, là.
Mon père, c'est ça de vous troubler,
vous m'aurez mon aide.tri.
Quand vous commanderez, vous serez...
A sa sortie du conservatoire,
Sarah est engagée à la comédie française,
l'un des plus préstitiutes théâtres de Paris.
Elle y donne quelques représentations...
Oui...
Franchement, gâte à son vide.
Oh, c'est l'enfer, ici !
On nous oblige à reproduire les mêmes gestes
que les acteurs il y a 300 ans !
Au secours !
J'étouffe !
Un soir, Sarah gifle une collègue comédienne.
Entre nous, elle l'a bien cherché, la vieille Bic.
Scandal à la comédie française,
Sarah est renvoyée.
Qu'importe les graisseux, j'y arriverai quand même !
Et ma foi, il se pourrait bien qu'elle ait raison.
Oh, l'un d'eux-bas !
Oh, purée ! Tous les journeaux parlent d'elle !
Là, là, là !
C'est écrit noir sur blanc !
Sarah Bernard est une actrice de caractère !
Et une actrice de caractère doit trouver des rôles à sa mesure.
Ce qui finit par arriver...
Enfin, 5 ans plus tard !
Plutôt mourir que de ne pas devenir
la plus grande actrice du monde !
Yofu !
Cette femme-là envoie du bois !
Engagée par le théâtre de l'Odéou,
où souffle alors un vent de nouveauté,
Sarah joue dans plusieurs pièces intense,
qui lui permettent de libérer
le tourbillon de sentiments qui s'agit au fond d'elle.
Le public, pendu à chacun de ses mots,
applaudit à tout rompre !
Étant dit que sa carrière d'école,
le pays s'embrase à coups de boulet de canons.
En 1870, Napoléon III,
l'empereur de France, entre en guerre
contre un grand royaume voisin qui s'appelle Alain Laprus.
Très vite, l'empereur capitule.
Les troupes ennemies assiègent la capitale.
Sarah transforme le théâtre de l'Odéon
en hôpital militaire.
C'est parti ! Pour les soldats et pour la France !
Jour et nuit, elle soigne les blessés
qui arrivent de plus en plus nombreux.
Ah bon, y'a plus de place sur scène ?
Mettez-les dans ma loge !
Pour remplir tous ces ventres,
elle élève même des oies et des poules
dans sa salle de bain !
La paix en fin revenue,
la France ravagée a besoin de retrouver des couleurs.
Le grand écrivain Victor Hugo
va bientôt donner Rue Blas
l'une de ses plus belles pièces.
Et c'est Sarah Bernhard,
la seule lunique qui est choisie
pour incarner les roïnes de son drame.
La première, en février 1892,
est un triomphe que dit
Sarah Bernhard,


et Bluissante,
renverse le monde !
Victor Hugo,
ton bâche jeûne devant terre.
Vous serez désormais,
pour moi et pour toujours,
une voix d'or.
Un voix d'or ne mérite-elle pas un salaire en or ?
Invisiblement, pas pour ces grosses pince de l'odeon,
ils refusent de m'augmenter.
Du coup, je retourne à la comédie française.
Chou !
Là où ça sent la poussière !
Pas d'inquiétude, j'importe mon balai.
À 30 ans,
Sarah Bernhard est devenue la reine de Paris.
Elle vit dans le luxe,
et enchaîne les succès.
Aussi à l'est en les rôles de femmes que d'hommes,
elle n'ose jouer comme personne avant-elle.
Je m'aime !
Première, à jeter son corset à la poubelle,
son corps libéré peut exulter sur scène.
Hermanie, de mon coeur !
Oui, comme une torche flamboyante,
elle hypnotise les spectateurs.
Elle sait aussi les captiver
par mille eccentricités !
Fascinée par la mort,
Sarah Bernhard se fait photographier
à l'intérieur d'un cercueil tapissier de satin blanc
dans lequel, paraît-il,
elle dormirait.
Elle vit entourée de lésards,
de singes, de péroquettes, de panthères,
ou encore de tortues,
dont les carapins sont certes y de pierres précieuses.
A la comédie française,
le tourbillon Sarah Bernhard, Agas,
oui, exasperé !
Cette fois, j'en ai ma claque, t'es rabougrie !
Adios, les ringardos !
En 1880,
la comédienne embarque pour une folle tournée
à travers le monde.
Ah, la liberté, ça n'a pas de prix !
C'est-à-dire que, si, justement,
entre nous,
j'espère bien renflouer mes caisses.
Je vous ai parlé de mon fils Maurice.
Son père, un prince du Nord,
n'a jamais voulu s'en occuper.
Eh bien, j'en ai fait un prince, quand même !
Résultat, il dépense toute ma fortune au casino.
Oh, regardez !
La Statue de la Liberté !
Aux États-Unis,
le phénomène Sarah Bernhard fait sensation.
Partout, la foule est en dali !
Pour échapper aux journalistes,
la comédienne fait semblant de s'évanouir.
Oh, je me sens mal !
Tout le monde veut l'approcher,
toutes les femmes vont lui ressembler.
Sarah vend des savons, des gants, des cigars à son nom.
Tu veux en allumer un, Aligaga ?
Aligaga, c'est son croco adoré.
Depuis qu'elle a sauvé à la Nouvelle-Orléans,
il la suit partout, au théâtre,
ou au restaurant.
Les années passent,
et Sarah continue de parcourir le monde.
En Australie, en Egypte, en Russie,
la comédienne fait sale comble !
Alors évidemment,
elle attise les couvertis !
Aux États-Unis,
des brigands tentent de décrocher
un wagon de son train.
À nous les pépettes de la frénchette !
Un rio de Gennaro,
assommé par des somnifères glissées dans son verre,
la diva découvre, plus petit matin,
qu'une partie de son mago a disparu.
Mouh !
Mouh !
Épuisé par toutes ces tournées,
Sarah refuse pourtant de se ménager.
Chaque seconde !
Je me donne entièrement à mon public.
Soit après soir, elle boudit,
se cogne et chute,
si le rôle l'existe.
Son genou,
blessé,
l'a fait atrocement souffrir.
Je t'ai dit de marcher, petit genou,
alors tu vas marcher !
C'est à nous dans 15 secondes !
Allez !
Ah ça !
Elle a le feu sacré !
Première star mondiale,
Sarah n'oublie pas pour autant son pays.
En 1914,
lorsque la première guerre mondiale éclate,
elle joue pour les soldats sur le front,
avant de retourner aux États-Unis
pour tenter de convaincre le président d'Édée la France.
N'ayons pas peur de remuer si elle était...
Ah ah ah ah !
Ça fait mal !
Je vais m'asseoir depuis une seconde.
Son genou,
oh là là,
est désormais gravement infecté.
Toujours maîtresse de son destin,
Sarah décide de se faire amputer.
Lorsqu'on a conduit en salle d'opération...
Oh ma dieu !
Le jour de gloire et de bâtard !
Oh mais c'est pas vrai !
Elle entame la marseillaise !

Avec panache, Lord !
Avec panache !
En 1915,
Sarah Bernard a 61 ans
et une jambe en moins.
On la croit finie.
Erreur,
grosse erreur,
la divine annonce son retour !
Le soir de la première de son nouveau spectacle,
la foule curieuse se presse sur le boulevard.
Comment va-t-elle faire son entrée ?
Avec des béquilles,
une jambe de bois ?
Loupée,
et encore loupée !
Lorsque Sarah Bernard se montre sur scène ce soir-là,
elle apparaît
à une grande reine orientale,
sublime et triomphante,
assise sur une saisin porteur.
Les spectateurs,
subjugés,
applaudissent à tout ron !
Sarah se lit sa lore
sur son unique jambe
pour saluer
d'angeste tendre
et reconnaissant
son public adoré.
Merci !
Merci !
Comédienne,
mais aussi diréteriste de théâtre,
peintrescultrice ?
Sarah Bernard, artiste totale,
a secoué et y enchanté le monde
comme une tempête force 10 !
Au but d'où...
Ha ha !
Oui, force 10 000 !
On l'appelait
la divine,
et ma foi,
il est bien vrai que les déesses
ne meurent jamais.
Jamais !
Jamais !
Jamais !
Jamais !
Jamais !
Jamais !
Attendez Sarah,
on va la refaire.
Peut-être,
pouvez-vous être un peu plus...
un peu moins ?
Euh... du don, Clore.
Euh... oui, euh...
oui, j'ai compris.
Ha ha !
Grand bisous !
Derrière cet épisode,
Il ya
Fanny Le Roi,
Alice Rouet,
Marion Lolaix,
Laurent Baudoin,
Baptiste Collion,
Marine Baousson,
et moi,
Laure,
Grand Besançon.
Vous vous souvenez
d'Ali Gagas,
mon croco adoré ?
Eh bien,
le pauvre Lass
n'a pas survécu
à une overdose de champagne.
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