
franceinfo junior. Devoirs, professeurs... Quelle place pour l'IA à l'école ?
Durée: 7m6s
Date de sortie: 10/02/2025
durée : 00:07:06 - franceinfo junior - Alors que le Sommet pour l'action sur l'IA se tient à Paris lundi et mardi, les jeunes journalistes de franceinfo junior parlent de la place de l'IA à l'école. Pour leur répondre : Colin de la Higuera, professeur à Nantes Université, titulaire de la chaire Unesco Relia.
L'intelligence artificielle au coeur de cette journée spéciale sur France Info et donc
dans France Info Junior puisque les adolescents ont beaucoup d'interrogations aussi à ce
sujet.
Bonjour Colin de la Iguera.
Bonjour.
Vous enseignez à Nantes Université titulaire de la Chaire UNESCO, ressources éducatives
libres et intelligences artificielles.
Merci donc d'être avec nous pour répondre à des questions authentiquement humaines,
je le précise, posées par des élèves de 5e du collège Émile Malle.
C'est dans l'Allié à Commenterie et nous commençons avec Naïm.
Quel est Lial la plus fiable ?
On va pour chercher une réponse quelconque.
Beaucoup des réponses que vous allez trouver vont dépendre de la qualité de la question.
Si vous posez une bonne question, vous avez des bonnes chances d'avoir une bonne réponse.
Mais le fait qu'elle ne soit pas fiable, c'est plutôt une bonne nouvelle.
Ça veut dire qu'il faut qu'on fasse attention, qu'on ne doit pas juste prendre la réponse
et puis la recopier.
Donc on a besoin de faire quelque chose qui s'appelle exercer l'esprit critique.
Une question dit Liana.
Est-ce que Liana pourrait remplacer les professeurs ?
Alors vous vous semblez dire que non.
Liana ne peut pas remplacer un professeur parce qu'un professeur n'est pas là juste
pour t'apporter de la connaissance.
Le professeur il est là aussi pour t'apprendre à apprendre, pour te donner envie d'apprendre.
Et exercer cet esprit critique que vous citez à l'instant.
Et exercer cet esprit critique à prendre à l'exercer.
Donc même s'il y a des connaissances, il y a aussi tout le reste.
Et ça, c'est les humains, c'est les professeurs qui le font très bien.
Est-ce que certains professeurs toutefois utilisent des systèmes d'intelligence artificielle
dans la préparation de leur cours par exemple ?
Pas assez. Un professeur sur cinq seulement.
Et pourtant il faudrait vraiment le faire parce qu'en face les élèves sont en train de l'utiliser.
Donc le professeur doit comprendre comment font les élèves.
On pourrait penser qu'il faut plutôt freiner cette pratique-là.
Vous vous dites au contraire qu'il faut que d'une certaine manière chacun se pousse vers davantage
d'intelligence artificielle que les élèves poussent les professeurs et les professeurs poussent les élèves ?
À partir d'un certain moment, en cinquième, c'est peut-être encore tôt.
Mais au lycée, c'est évident que oui.
Les élèves, même au collège, sont en train d'utiliser l'intelligence artificielle.
Il faut que quelque part, la discussion, le dialogue est lieu avec les professeurs.
Une question de Marceau.
Pour moi, c'est comme si on faisait les recherches sur Internet parce que c'est une partie d'Internet.
Alors depuis le début, on parle d'intelligence artificielle comme de logiciels auxquels on pose des questions
et qui nous apporte des informations.
Il y a toutes sortes d'autres intelligences artificielles.
Mais est-ce que c'est aussi anodin comme système de recherche qu'une recherche Internet ?
Vous avez raison de dire qu'il y a d'autres y a d'autres intelligences artificielles.
Alors d'abord, on n'interroge pas.
On a une conversation.
C'est-à-dire, on doit apprendre à poser des questions.
Alors que pour utiliser un moteur de recherche, il y avait des techniques,
mais ce n'est pas la même chose que de savoir poser des questions.
Et important, c'est que quand vous faisiez une recherche sur Internet,
on vous donnait quelque chose qui existe vraiment.
Lorsque on demande à LIA, c'est quelque chose qui a été reconstruit par LIA.
Donc peut-être que ce n'est pas quelque chose qui existe vraiment.
Mais reconstruit à partir de donner que LIA capte déjà sur Internet.
Mais la reconstruction peut être bien faite ou pas.
Une remarque du go.
Est-ce que LIA est bénéfique ou, entre guillemets, maléfique pour les enfants ?
C'est un peu le bilan de tout ce qu'on vient de dire.
Oui, c'est important comme question.
En fait, les deux.
D'accord, LIA n'est ni maléfique ni bénéfique,
mais elle peut être bénéfique.
Et c'est aujourd'hui le cas pour la médecine.
Par exemple, il va y avoir des maladies.
Il y a déjà des maladies qui sont guérissables grâce à LIA.
Donc ça, c'est formidable.
En agriculture, on va pouvoir dépenser moins d'eau,
moins de produits qui ne sont pas très bons pour la terre,
grâce à LIA.
Mais pour l'école.
Alors pour l'école, quand on apprend à s'en servir
et quand on l'utilise pour des bonnes choses,
donc pas pour faire les devoirs,
mais pour aller plus loin, pour explorer,
pour aller chercher les réponses aux questions
qu'on n'a pas eu le temps de poser,
ça, c'est absolument très bien.
Par contre, si le but, c'est juste de faire les devoirs
pour ne pas se fatiguer, c'est une mauvaise chose.
D'accord, quand tu fais tes devoirs avec LIA
et en fait, tu n'as pas appris,
en fait, tu es en train de tricher,
mais tu n'es pas en train de tricher par rapport au professeur,
tu es en train de tricher par rapport à toi-même.
C'est surtout sans péché d'avoir la possibilité d'apprendre.
Ceux qui s'opposent ou qui ont des craintes
au sujet de l'intelligence artificielle
disent que plus on va l'utiliser,
plus on nourrit la bête en quelque sorte
et qu'au fond, on ne sait pas, en nourrissant la bête,
ce que ces systèmes vont devenir.
Est-ce que c'est une inquiétude légitime ?
C'est une inquiétude légitime.
Si nous sommes en train de parler aux enfants,
certains ont peut-être vu un film
de Walt Disney, l'apprenti sorcier,
dans lequel Mickey se met à utiliser la magie
pour ne pas travailler, pour monter des sodos.
Et petit à petit, la magie lui échappe
et soudainement, il se retrouve inondé
avant d'être sauvé par le sorcier.
C'est des scénarios comme ça qui sont possibles.
Ce sont des techniques qui sont très, très puissantes,
qui sont formidablement puissantes.
On a envie de dire formidablement,
ça veut dire que ça peut faire plein de bonnes choses,
mais il ne faut pas se retrouver comme Mickey
à ne plus savoir ce qu'on est en train d'en faire.
J'en reviens à cette question précédente.
Est-ce que dans ce cas,
il ne vaut pas mieux freiner l'usage des intelligences artificielles
plutôt que de se désoler qu'il n'y ait qu'un cinquième des profs
qu'il utilise actuellement ?
Le fait est que le un cinquième des professeurs
doit être accompagné du fait qu'il y a 100% des élèves,
en tout cas au lycée.
Donc on ne peut pas accepter cette asymétrie
dans laquelle les élèves l'utilisent
et les profs ne savent pas très bien ce qui se passe.
Si les élèves s'en servent pour apprendre,
en fait ils peuvent s'en servir pour apprendre bien,
mais il faut qu'ils soient accompagnés
et le rôle de l'enseignant va être de l'accompagner.
Sinon, on aura un problème d'iniquité.
On va avoir quelques élèves qui vont s'en servir très bien
et vont en profiter et faire des choses vraiment intéressantes
avec, et on a beaucoup d'exemples comme ça.
Et d'autres exemples, d'autres élèves,
peut-être ne s'en serviront que pour faire les devoirs
et éviter d'apprendre, ce qui serait dommage,
puisque le rôle de l'école, c'est aussi d'apprendre
et de nous apprendre à apprendre.
Merci Colin de la higuerra.
Je rappelle que vous êtes professeur à Nantes,
université titulaire de la chair UNESCO,
ressource éducative libre et intelligence artificielle.
Merci aux élèves du collège Emil Malle de Commenterie dans l'Allié.
Et à Estelle Fort qui a recueilli leur question France Info Junior,
c'est à retrouver sur franceinfort.fr.
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franceinfo junior du mardi 11 février 2025