Nouvelle séroïne.
En fait, essayer d'entrer dans les cases,
essayer de faire comme les autres,
ça apporte pas grand-chose,
en fait, ça nous rend pas heureux.
Alors, ok, on est plus discret.
Mon cerveau, il envoie des fausses informations
à ma jambe, ce qui me fait mal.
Nouvelle séroïne.
Je suis Céline Steyer,
celle qui murmure à tes oreilles
des histoires d'aventures insolites
et de dépassements de soie
à travers des histoires vraies,
de femmes super inspirantes
qui ont osé faire de leur rêve
une réalité.
Des histoires portées d'agrandir
en confiance et trouvées
ton propre chemin.
Bienvenue dans le monde surprenant
des nouvelles séroïnes.
Il était une fois
une nouvelle séroïne.
Petite m…
Non, non, non.
Il était deux fois
une nouvelle séroïne,
Alice et Anna-El.
Bah non, pas d'accord.
Il était une fois
deux nouvelles séroïnes,
Alice et Anna-El.
Oui, mais alors petite m…
Il était trois fois
une nouvelle séroïne.
Mais non, sûrement pas.
Pour bien commencer le compte,
reprenons le compte.
Je reprends.
Il était une fois
trois nouvelles séroïnes,
Alice, Anna-El et petite m…
Alice est née
en 1996.
Non pas au pays des merveilles,
mais à Lyon.
Alors qu'Alice pousse son premier cri,
Anna-El pointe le bout de son nez
la même année à la montagne.
Non, pas à la montagne des Alpes,
du côté de Grenoble.
La montagne est un village
sans collines prédonnantes
tout proche de l'océan Atlantique.
Dans la famille d'Annel,
on parle fort
et on dépense beaucoup, beaucoup d'énergie.
Mais c'est surtout beaucoup de bruit pour rien.
Beaucoup de bruit pour rien,
c'est aussi le titre d'une pièce
du grand William Shakespeare,
le poète anglais.
Assez rigolo quand on ne réfléchit un peu.
Comment William
a-t-il pu passer à la posterité
avec un titre qui d'entrée annonce la couleur ?
Venez voir ma pièce !
Beaucoup de bruit pour rien.
Pas grand chose à raconter
et en plus, elle va vous casser les oreilles.
William aurait-il un peu menti sur son titre ?
Technique d'auteur baratineur ?
À la bonheur !
Mais revenons à Califorchon,
à nous m'tons, bref, poursuivons.
Encore plus grande que mortel Adelaide à huit ans,
un événement vient bouleverser
la vie d'Annel.
Sa grand-mère vivait des moments difficiles.
Tout à l'intérieur d'elle-même
raisonnait creux.
Ainsi tourmentée, jusqu'au tété,
elle prit une décision très malheureuse.
Une décision irrémediable.
Une décision pour laquelle
même le diable ne peut rien.
La grand-mère d'Annel se porte à grâce
d'un coup sec et s'affimale.
Du jour au lendemain,
Annel ne vit plus sa grand-mère.
Ses parents décidèrent de cacher Annel
la vérité de la disparition de sa grand-mère.
Rendre invisible les mots qui la tourmentaient.
Les parents le savent pourtant bien
que mentir n'est jamais une bonne solution.
Ils n'arrêtent pas de répéter ce prétextant
responsable d'éducation.
Tautat, la vérité surgit au grand jour
et s'ensuit des pleurs et beaucoup de tristesse.
Ceux qui est encore plus douloureux.
À l'école, Annel s'ennuie.
Alors elle passe son temps à dessiner
sur les couvertures de ses cahiers.
Ça lui occupe les mains et l'esprit.
Ses professeurs ne lui entaignent pas rigueur.
Annel a l'excellente note.
La même année, de l'autre côté du rône,
Alice passe une enfance paisible
avec ses parents et son petit frère.
Si paisible qu'elle préfère
ne pas être trop visible, surtout à l'école.
Cachée derrière son pupitre,
elle ne répond pas aux professeurs
quand elle est interrogée
et garde les yeux rivés sur la grande pendule
de la classe qui ritme les journées.
...
Enfin, la sonnerie qui retentit.
Alice rentre sage,
faire ses devoirs à la maison.
Cette même année,
de l'autre côté, de l'autre côté du rône,
Annel s'amuse à tester plein d'activités
et mêle nez aussi.
...
Ses jambes à la gymnastique
et ses doigts sur sa guitare.
Mais beaucoup de bruit
pour de tout petit Rikiki,
car rien ne supplante son ennui.
Annel va même jusqu'à changer les meubles de sa chambre
pour tenter de briser la monotonie des jours.
Oui, Annel a la boujotte.
Elle y débêdait,
peut même avouer qu'elle passe ses journées plongées
dans cet univers coloré,
laissant son imagination s'envoler de case en case.
Et chaque soir, après les devoirs dans son lit,
Annel s'endort avec sa bande dessinée
et rêve d'être un jour
l'autrice et la dessinatrice d'une histoire à case.
...
Alice, elle, préfère quand les histoires sont plus animées.
Son plaisir, c'est le week-end,
quand elle se blottit contre sa maman
dans le grand fauteuil moelleux du salon
pour visionner le dernier long métrage du moment.
Et elle s'endort en se rêvant réalisatrice de films
comme Jane Campion,
montant les marches du festival de Cannes,
son doux-doux se métamorphose en palme d'or.
Nous sommes au milieu des années 2000
et ses stars sur papier glacé
avant le toque qui tique et le visage du livre.
Alice et Annel n'écoutent pas la même musique.
L'une freudonne les paroles de
moi l'hollita et c'est le week-end,
l'autre celle de clandestineau de Manu Chao
et le port d'Amsterdam de la Grande Brêle.
Tu as deviné qui écoute quoi ?
Non ?
La réponse se trouve dans la description de l'épisode.
Chut !
Encore plus à dos,
qu'à dos, sans sac à dos,
tout ne se fait pas s'en règle.
En réalité, si,
au lycée, Annel s'impatient de voir son corps changer,
ses seins se former et ses règles s'écouler
et ceux-là anguillent devant ses copines
qui sont réglés comme l'horloge de la salle de classe
depuis belle l'urète.
A la maison, si ses parents parlent toujours beaucoup,
c'est encore pour pas grand chose.
Si seulement se rangait sur les rayons de la bibliothèque
de la maison, le petit guide de l'intimité,
Annel n'aurait pas à interrompre ses parents
pour leur demander de lui expliquer, mais à table,
le poulet du dimanche a servi et est plutôt bien reti.
Les blancs aux pylons et autres,
passe-moi le sel,
sont autant d'esquives pour ses parents désarmés
et convaincus pour des sujets comme celui-là,
Annel la prendra naturellement quand ça arrivera.
Pour Alice, c'est tout l'inverse.
Quand elle découvre qu'elle a un peu de sang dans sa culotte,
elle comprend très vite que les règles sont arrivées.
Sa maman lui avait tout expliqué,
pas besoin d'invisibiliser le rendez-vous
de toutes les jeunes filles à l'entrée de la vie de femme.
Stop, maître Capelot du Dicot,
tu peux nous en dire plus sur les règles
avant de passer à la suite de l'histoire ?
Le cycle menstruel, c'est le nom de Néo-Règle,
se manifeste par un écoulement de sang de la ZZ.
C'est un processus naturel
que connaissent toutes les filles et les femmes
entre 8 et 16 ans au moment de la puberté.
A chaque cycle, le corps se prépare
à la possibilité d'avoir un bébé.
La première étape est l'ovulation
où un œuf est libéré dans le ventre.
Si l'œuf rencontre un spermatosoid,
cela pourrait créer un bébé.
Mais si cela ne se produit pas,
l'œuf et des petites parties du corps appellées règle sortent du corps.
C'est ce qu'on appelle les menstruations ou les règles.
Les règles ne sont pas quelque chose de sale,
c'est naturel et cela fait partie de la vie d'une femme.
Raison de plus pour en parler avec tes parents très vite.
A Alice et à Nel, toutes deux réglées sont désormais
deux jeunes femmes, bientôt majeures,
et se posent sans cesse la question
tant attendue de la fin du lycée.
Qu'elle sera le sujet du bac-filot ?
Non, pas celle-là.
Mais plutôt, quelle étude vèges suivre ?
Pour nos héroïnes, la réponse est dans le début de l'histoire.
Pour ceux qui n'ont pas bien écouté,
Alice ne déroge pas à son rêve de devenir réalisatrice au cinéma,
tandis qu'Anna-elle veut faire des études d'art.
Mais voilà, deux papas ne l'entendent pas de la même oreille
et leur martèle fait un bac scientifique,
ça t'ouvrira des portes, tu changeras d'avis, ma fille.
Qu'a cela ne tienne ?
Alice fait son bac scientifique, option cinéma,
et Anna-elle, son bac scientifique en poche,
débute des études d'art appliquées.
Et toc !
Les études passent.
Anna-elle renoue avec son crayon de bois,
mais apprend également toutes les techniques de dessin.
Alice s'embarque dans des études de commerce,
sans grande passion.
Et puis un jour,
un événement va unir nos deux héroïnes.
Nous sommes en août 2021.
Un matin, au réveil, Alice n'arrive plus à se lever.
Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
Je n'arrive plus à marcher.
Elle a des fourmillements dans tout le corps.
Un médecin lui préconise de passer ce qu'on appelle un IRM,
un examen qui permet de voir l'intérieur de ton corps.
Avant le rendez-vous, Alice navigue sur Internet
pour comprendre tous ses symptômes.
Fatigue fourmillement.
Trois mots ressortent.
Sclérose en plaques.
Trois mots qui n'ont rien à voir avec la tectonique des plaques
et encore moins la tectonique.
Alice passe l'IRM
et le médecin lui parle des liaisons au cerveau.
Les quoi ?
Cerveaux ?
C'est une tumeur ?
Et là, elle commence à paniquer.
Et se demande si ses jours sont comptés.
Le diagnostic est sans appel.
Vous avez une sclérose en plaques.
Stop, maître Capelot du Dico.
C'est grave la sclérose en plaques ?
Alors du coup, la sclérose en plaques,
il faut le voir que normalement, dans notre corps,
c'est comme si on avait des petits anticorps
qui sont censés nous protéger
et qui décident de s'attaquer à nous.
Donc ça, c'est la définition des maladies auto-immunes.
Et la sclérose en plaques, c'est qu'en fait,
c'est comme, il faut le voir dans notre tête,
c'est comme si nos nerfs étaient entourés de caoutchouc
ou un câble électrique qui se rentroulait de caoutchouc.
Et nos anticorps ont décidé de venir manger ce petit caoutchouc.
Ce qui fait que, du coup, c'est comme si on arrive du caoutchouc
autour de l'électricité, si on met son doigt,
ça va faire des déchards électriques.
Et du coup, c'est un petit peu ce qui se passe
dans notre cerveau quand on a la sclérose en plaques.
Et du coup, quand on prend des traitements,
ça va un petit peu tuer nos anticorps.
Donc il y aura moins d'anticorps.
Et du coup, il y a moins d'anticorps qui vont manger
nos petites millé-lignes,
qui est le caoutchouc autour du...
Ses parents pleurent, ses amis aussi.
Mais Alice décide de continuer de vivre sans l'art.
Elle a alors juste 25 ans.
Alice doit suivre un traitement tous les jours
et faire des exercices 3 fois par semaine chez un kiné.
Quand elle découvre sa maladie, Alice n'a qu'une envie.
Trouver des témoignages de personne de son âge,
ayant la sclérose en plaques.
Je suis quand même pas la seule de mon âge
à voir la sclérose en plaques, c'est pas possible.
Elle cherche sur Internet en vain.
Au même moment,
Anna-elle débarque un peu à l'improviste
dans la vie d'Alice.
Depuis ses études d'art appliquées,
Anna-elle a lâché son crayon pour le stiler
et passe ses journées à faire du graphisme
sur ordinateur.
Hmm, centre de passion.
Alice lui parle de son histoire
et du manque d'information sur la sclérose en plaques.
Comment ça ?
Personne n'en parle ?
Bah non.
Mais comment tu le vis au quotidien ?
Bah non.
Alice a alors une idée qu'elle propose à Anna-elle.
Et si on crée un média
qui parle de ce handicap
et de tous les handicaps
qui ne se voient pas,
vu qu'en plus,
la société a décidé de les cacher.
Elle crée une page
sur les réseaux sociaux Instagram
et l'aventure Petite-Mu commence.
Avec commission,
rendre le handicap moins flippant
et surtout sans tabou,
pour Alice,
avoir la sclérose en plaques
ne veut pas dire être malheureux toute sa vie.
Et pour Anna-elle,
c'est l'occasion de reprendre son crayon de bois
pour illustrer ses handicaps.
Avec du jaune, du rouge, du bleu,
les couleurs de leur média.
Aujourd'hui, Anna-elle et Alice
réunissent une communauté de plus de 16 000 personnes
sensibilisées au handicap invisible
et ont réalisé plus de 250 interviews
en exemple des pathologies comme
l'endométriose, troubles du spectre,
autistique, TDAH,
dépression, trouble anxieux,
trouble du comportement alimentaire,
surdité ou encore les dix.
Tu peux écouter les histoires
d'Hélotines, Inaclara
ou encore Stéphanie sur le podcast
pour mieux comprendre ses pathologies.
Oui, parce que tu vois Alice,
tu ne peux pas imaginer
quelle à la clé ressemble à quand tu la vois.
Et si tu ne le sais pas,
tu ne peux pas non plus deviner
qu'elle peut être fatiguée
et avoir mal à sa jambe.
Parce que pour Anna-elle et Alice,
changer le regard sur le handicap,
c'est déjà changer le monde.
Alors chers nouvelles héroïnes,
si tu tends l'oreille,
tu entendras les messages
qu'Alice et Anna-elle ont enregistré pour toi.
C'est d'essayer de toujours soi-même
parce qu'essayer d'entrer dans les cases,
d'essayer de faire comme les autres,
ça apporte pas grand chose,
ça ne nous rend pas heureux.
Alors ok, on est plus discrets,
on rend plus dans la norme,
mais au fond, on ne se sent pas forcément heureux
et de toute façon, comme des expressions,
la nature elle revient toujours au galop.
Donc ça, ça n'a rien de se brider
si en plus ça nous rend malheureux.
C'est dans la vie, il faut se faire confiance.
Il faut se dire que
des fois on a des moments qui peuvent être difficiles,
mais c'est toujours
comment on va le transformer en une force
et qu'on peut y arriver
à le transformer en une force.
Et c'est tout ce travail-là
et peut-être s'inspirer d'autres parcours,
de personnes qui font des trucs géniales
mais qui ont un moment dans leur vie,
on n'a pas forcément été bien
et que c'est un peu le cours de la vie aussi.
Donc se faire confiance
en ces capacités
et qu'on n'est pas plus bêtes que les autres.
Voilà,
cette est l'histoire de
2 BFFs,
Alice et Anaelle,
unies pour rendre visible,
les handicaps invisibles
ou plutôt le début de la grande histoire de leur bébé,
petite nuit.
J'espère que ça t'a plu
et inspiré.
C'est à présent l'heure du générique
avec un scénario original
d'Alice Devesse
et Anaelle Marseillière
que je remercie pour leur confiance.
Écriture et idée
originelle, moi,
Céline Steyer, podcastuse engagée
sous les coups d'aviser et
précieuses de mes filles et leurs papas.
Juste avant d'écouter une autre histoire
j'ai quelques messages à te dire.
Si c'est la première fois que tu écoutes ce podcast,
merci, merci d'être venu jusque là.
Je t'invite à t'abonner
pour ne pas rater les prochaines histoires.
C'est tous les mercredis pour l'histoire
et le samedi pour découvrir les héroïnes de la semaine.
Aussi, tu peux m'aider
à faire grandir le podcast en parlant de l'histoire
que tu as préféré à tes professeurs,
camarades de classe, directeur d'école,
professeur de danse
ou entraîneur de basket
et cerise sur le gâteau, demande à tes parents,
ton grand frère ou ta grande soeur
de mettre 5 étoiles et 1 avis sur la plateforme
Apple Podcast et Spotify.
Ça me fera très, très plaisir
et comme ça, je pourrai te dédicacer
une prochaine histoire.
Je compte sur toi.
Nouvelles héroïnes !
Nouvelles héroïnes !
Nouvelles héroïnes !