L’Arbre À Livres

Durée: 22m11s

Date de sortie: 26/04/2022

Une petite fille qui adore les histoires, une vieille femme qui déteste les histoires, des parents trop fatigué·es pour les histoires et une drôle de graine… aujourd’hui, c’est L’ARBRE À LIVRES qui sort du vieux grimoire !


Pour quel âge est cette histoire : à partir de 6-7 ans.

Qu’est ce que pourrait me faire peur dans cette histoire ? Une caverne avec beaucoup de bruits et de voix qui résonnent (ça dure pas longtemps), une méchante femme qui tue un arbre qu’on aimait beaucoup (Ça finit bien, mais il y a 3-4 minutes assez sombres), l’héroïne meurt de vieillesse à la fin de l’histoire (mais c’est pas triste).



Qui suis-je?


Je m’appelle Samuel Genin, et après avoir raconté mes histoires pendant 10 ans sur scène, j’ai décidé de vous les offrir, au format podcast !


Si vous voulez me faire plaisir, dessinez ce que vous avez entendu dans mes histoires, et envoyez-les moi (en me précisant si je peux les diffuser publiquement, et si oui, si je peux citer le prénom du ou de la dessinateurice) !


Et n’hésitez pas à me laisser des gentils mots, et des étoiles, sur l’app où vous m’écoutez !


Je peux également venir raconter mes histoires sur scène, dans votre centre culturel, bibliothèque, centre de loisirs, école, etc.



Contactez moi, pour vos dessins ou autre, à :


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Twitter : @Samgenin


Facebook : Les Contes De Mon Vieux Grimoire @ContesVieuxGrimoire


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Illustration : Jeanne Prigent



L'arbre à livre.
Julie habite dans un petit village loin de tout.
Et ce qu'elle aime, par-dessus tout, c'est les histoires.
Chaque soir, elle insiste.
Elle veut que ses parents lui racontent une histoire.
Et ses parents, eh bien, ils aiment bien lui raconter des histoires.
Du moins, ils aiment bien.
Car depuis quelque temps, ils sont fatigués.
Il faut dire qu'ils s'épuisent au travail.
La vieille Jojo dirige ce village d'une main de fer.
Et elle veut toujours plus de travail et toujours moins d'amusement.
Ainsi, la journée, les parents de Julie travaillent sous les ordres de la vieille Jojo.
Jojo, papa, jojo, papa, jojo, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Jojo, papa, jojo, papa, jojo, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Et le soir, quand ils rentrent, papa, maman, je peux avoir une histoire ?
Euh, oui.
Alors, c'est l'histoire d'une petite fille qui s'habillait tout le temps de rouge,
si bien que le village l'appelait petit chaperon rouge.
Un jour, etc. etc.
Et le lendemain, les parents de Julie se remettent au travail.
Chao, papa, papa, papa, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Chao, papa, papa, papa, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Et le soir, quand ils rentrent, papa, maman, je peux avoir une histoire ?
Euh, oui, oui.
Alors, c'est l'histoire d'une fille qui s'habillait de rouge,
donc le village l'appelait petit chaperon rouge, etc. etc.
Et le lendemain, les parents de Julie se remettent au travail.
Chao, papa, papa, papa, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Chao, papa, papa, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Et le soir, quand ils rentrent, papa, maman, une histoire ?
Euh, oui, oui.
C'est l'histoire d'une fille qui s'habillait,
et le village l'appelait chaperon.
Et le travail.
Chao, papa, papa, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Une histoire ?
Oui, c'est l'histoire d'une fille qui s'habillait,
et le village l'appelait.
Chao, papa, papa, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Une histoire ?
C'est d'une fille, le village.
Chao, papa, papa, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Une histoire ?
Oui, c'est fille, le village.
Chao, papa, papa, papa, papa.
Encore plus vite, plus fort.
Une histoire ?
C'est...
Et ce jour-là, il ne reste plus qu'un seul mot dans l'histoire de ses parents épuisés.
C'est...
Et ce petit c'est s'échappent de la bouche de ses parents,
et, appé par le vent,
s'envole par la fenêtre.
Et son papa, et sa maman, les civets, s'endorment sur place.
Mais... Mais moi...
Mais moi, j'ai encore envie d'avoir des histoires, se dit Julie.
Je ne veux pas d'une vie où on ne raconte rien.
Mais réfléchissons, réfléchissons.
Si c'est le vent qui a emmené tous les mots de l'histoire de mes parents,
jusqu'aux derniers mots, jusqu'aux derniers...
C'est...
Alors il a dû les emmener quelque part, ces mots.
Il suffit donc que j'aille là où va le vent,
que je suive ces bourrasques pour retrouver tous les mots de mon histoire.
Lessons dormir les parents, ils en ont bien besoin.
J'y vais toute seule.
Alors Julie s'est équipée pour partir à l'aventure et suivre le vent.
Mais comme elle avait quand même un peu peur,
elle a mis au fond de sa poche, bien cachée,
le petit noyau de cerise qu'elle avait sous son oreiller.
Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit.
Dans ce pays, en ce temps-là,
si les enfants faisaient des cauchemars la nuit,
on mettait sous leur oreiller un noyau de pêche,
ou de cerise, ou d'abricot,
pour que les cauchemars qui flottent dans les airs comme des poissons de nuit
aillent dans le noyau, plutôt que dans la tête de l'enfant.
Ces petits noyaux devenaient vite un peu comme des porte-bonheurs
ou des doudous pour les enfants.
Bref, Julie, elle, sous son oreiller, elle avait un noyau de cerise
et elle prend donc ce petit noyau de cerise
qu'elle enfonce bien cachée au fond de sa poche
et la voit la partie sur les chemins.
Et elle marche, elle marche, elle marche.
Elle traverse de grandes pleines vallonnées,
recouverte de fleurs de toutes les couleurs
que butinent des milliers d'abeilles.
Mais le vent ne s'arrête pas ici, alors elle n'ont plus.
Elle continue, elle marche, elle marche, elle marche.
Elle traverse des forêts sombres et épaises
au sol recouvert de champignons comme des petits lutins.
Mais le vent ne s'arrête pas ici, alors elle n'ont plus.
Elle continue, elle marche, elle marche, elle marche.
Elle traverse des déserts brûlants
avec leurs océans d'une de sable aveuglant
et les fénèques aux grandes oreilles
qui, curieux, la regarde de passé.
Mais le vent ne s'arrête pas ici, alors elle n'ont plus.
Elle continue, elle marche, elle marche, elle marche.
Elle embarque sur un bateau pour traverser la mer.
Elle zigzag entre les vagues noires
où danse des méduses phosphorescente.
Mais le vent ne s'arrête pas ici, alors elle n'ont plus.
Elle continue, elle marche, elle marche, elle marche.
Et elle arrive devant une montagne gigantesque.
Oh !
Il va falloir l'escalader, mais elle n'hésite pas un seul instant.
Elle avance lentement, mais sûrement,
sur les cailloux-traitres qui roulent sous sa chaussure.
Et là, elle voit, elle entend, au loin,
le petit s... de l'histoire de ses parents.
Ce petit mot qui vole, porté par le vent.
Elle s...
Elle n'est pas loin.
Et Julie suit le vent jusqu'à une grande caverne,
où le petit s... s'est engouffré.
Et où le vent semble rentrer,
où tous les vents du monde semblent rentrer.
Elle a un peu peur,
mais elle n'a pas fait autant de chemin pour repartir.
Alors, elle s'enfonce sous la terre.
Le vent qui vient dans son dos semble la pousser vers les profondeurs,
mais elle tache d'avancer lentement, prudemment.
Sa lampe de poche balaye les murs de pierre,
et elle n'entend que le vent qui souffle par bourrasque.
Mais, petit pas par petit pas,
elle finit par arriver au fond de la grotte,
où le vent tourbillonne et repart parfois par d'autres galeries de pierres
pour ressurgir sûrement de l'autre côté du monde.
Son histoire doit être ici.
Julie tend l'oreille.
Au début, elle pense n'entendre que le vent,
mais au bout d'un moment,
en se concentrant bien,
en cherchant le petit s...
dont elle connaît le son,
elle finit par le retrouver,
baloté par le vent.
Il est là, il est là,
et tout le reste de l'histoire est là aussi.
C'est, c'est, c'est, c'est, c'est l'histoire d'une petite fille
qui s'habillait tout le temps de rouge,
si bien que tout le monde l'appelait petit chapeuron rouge,
à un jour, etc. etc.
Mais, ce n'est pas la seule histoire que le vent amenait ici.
Julie tend de nouveau l'oreille.
Une famille de bûcherons très pauvres avait cet enfant,
et le plus jeune n'était pas plus grand que le pouce.
Et d'autres histoires, encore, là-bas.
Il y avait une grand-mère,
une vieille grand-mère qui habitait à la campagne,
et qui avait décidé un jour de faire son gâteau préféré.
Et son gâteau préféré, c'est le pain d'épices.
Et là, encore d'autres.
Baba Yaga n'a qu'une seule d'un.
C'est sans doute ça qu'il a rendu si méchante.
Et d'autres histoires, et d'autres histoires, et d'autres histoires.
C'est une cacophonie,
un vacarme monstre,
un véritable brouah dans la caverne,
entre le vent qui tourbillonne
et les centaines d'histoires
qui harcèlent les oreilles de Julie comme des mouches.
Elle abonce moucher les oreilles.
Rien n'y fait, rien n'y fait.
Le vacarme est pas sourdissant.
Alors elle attrape le petit noyau de cerise au fond de sa poche,
et elle le brandit en l'air en criant,
« Faisez-vous ! »
Et...
Ffff !
Le noyau de cerise emprisonne toutes les histoires,
et même le vent de la grotte.
La caverne est désormais complètement silencieuse.
Le noyau vibre à l'instant,
il faut dire qu'il est bien rempli,
puis se calme,
et redevient immobile.
Julie est ravie.
Elle a toutes les histoires qu'elle était venue chercher,
et même plus.
Alors Julie rentre chez elle.
Elle redescend de la montagne avec ses cailloux.
Elle retraverse la mer et ses méduses.
Le soleil brûlant et ses fénèques.
Les forêts sombres et leurs champignons.
Les plaines vallonnées et leurs abeilles.
Et revient enfin dans son village.
Ses parents, tellement fatigués,
ne s'étaient même pas rendus compte qu'elle était partie.
Mais la vieille Jojo la regarde de rentrer d'un air suspicious.
Alors, pour ne pas que la vieille trouve son noyau secret,
Julie va dans sa chambre,
ferme la porte à double tour,
crueuse un petit trou dans la terre qu'il y a au sol chez elle,
il dépose le noyau et rebouche le trou.
Ici, personne ne viendrait chercher.
Mais le lendemain, il y a quelque chose,
un endroit où Julie avait enterré le noyau chargé d'histoire.
Il y a une toute petite pouce verte,
comme un bébé brin d'herbe,
qui pousse timidement sur le sol de sa chambre.
Il est si mignon.
Alors Julie fait un petit trou dans la chôme,
dans la paille de son toit,
pour que la plante ait de la lumière.
Et le soir, elle demande à avoir un verre d'eau
sur sa table de nuit,
au cas où elle a soif en se réveillant.
Et elle dépose quelques gouttes d'eau sur la petite plante.
Et le lendemain, la plante a poussé.
Oh, pas beaucoup, mais un peu, c'est sûr.
Le petit brin d'herbe est un petit peu plus grand.
Alors elle lui donne du soleil et de l'eau.
Et ainsi, chaque jour, Julie, dans le secret le plus total,
fait pousser l'extraordinaire plante
qui sort du sol de sa chambre,
à coups de soleil, d'eau et de beaucoup d'amour.
Et un jour, une feuille commence à pousser sur sa petite plante.
Une petite plante qui était désormais haute comme sa main.
Mais cette feuille n'est pas verte comme sur un arbre normal.
Non, cette feuille est blanche.
Et le lendemain, un petit point noir apparaît sur la feuille.
Oh, et le jour d'encore après,
le point noir s'est allongé en ligne.
Oh, et le jour d'encore après,
la lit est devenue une lettre, un C.
Oh, et chaque jour, la page grandit.
Et petit à petit, oh, une histoire s'écrit dessus.
C'est l'histoire de...
Et puis une deuxième page pousse derrière la première,
puis une autre, sur une autre branche,
où une nouvelle histoire commence à s'écrire.
La graine, qui avait avalé toutes les histoires de la caverne,
avait donné naissance à un arbre à livre.
Oh, tous les jours, Julie vient lire les nouvelles lignes
qui sont apparues sur les nouvelles pages,
qui ont poussé sur chacun des livres
qui grossissent comme des petits fruits.
Julie est si heureuse de retrouver toutes ces histoires.
Mais un soir,
alors qu'elle est en train de se contortionner
sur le sol de sa chambre pour lire un nouveau livre
qui avait poussé à l'envers,
elle entend une voix derrière elle,
une voix qui fait...
Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
C'est la vieille Jojo,
qui trouvait la petite Julie un peu trop heureuse
pour être honnête,
et qui avait décidé d'aller voir pour en avoir le coeur net.
Pousse-toi de là, petite !
Oh non, s'il vous plaît, s'il vous plaît,
ce ne sont que des histoires, et elles me rendent heureuses,
et je suis sûr qu'elles pourraient vous rendre heureuses,
vous, les adultes, vous aussi, si vous essayez de les lire.
Alors là, hors de question,
la journée est faite pour travailler,
et la nuit est faite pour se reposer
pour bien retravailler la journée suivante.
Pousse-toi de là, Jénie !
Et la vieille Jojo pousse Julie,
et s'approche de l'arbre à livre,
qui est maintenant presque aussi grand que Julie.
La vieille Jojo attrape le tronc à deux mains,
et commence à tirer pour l'arracher du sol.
Oh non, non, je vous en prie, je vous en prie !
Mais la vieille Jojo n'écoute pas,
ses mains déchirent les pages délicates
qui avaient poussé la nuit précédente,
cassent les petites branches,
arrachent la jeune écorce.
Non, s'il vous plaît, s'il vous plaît, vous allez le tuer !
Mais la vieille Jojo n'écoute pas,
elle tire de toute la force de son vieux dos,
et déjà, le sol autour de l'arbre se soulève,
les racines commencent à sortir de terre.
Je vous en supplie, je vous en supplie, arrêtez !
Et d'un dernier coup sec,
la vieille Jojo arrache l'arbre à livre,
qui panne triste et brisée au bout de son bras.
Elle sort sur la place du village et appelle tous les adultes.
La journée est faite pour travailler,
et la nuit est faite pour se reposer
pour bien retravailler la journée suivante.
Pas le temps pour les histoires
ou d'autres bêtises dans ce genre-là.
Et elle se met à déchirer ce qui reste de l'arbre à livre,
en mille petits confétis de bois.
Ses mains, comme l'essert d'un corbeau,
déchirent le bois tendre,
cassent les branches,
déchiquètes les petites pages blanches du livre.
Et la vieille Jojo jette d'un geste ample
les confétis d'arbre sur la terre de la place du village,
et repart chez elle.
Les adultes,
penneaux,
et un peu honteux de n'avoir rien dit,
rentrent eux aussi chez eux.
Ne reste sur la place du village que Julie,
seule,
et d'une tristesse infinie.
Elle est si triste que la tristesse déborde de son cœur
pourra arriver dans ses yeux,
et elle commence à pleurer.
Mais elle est encore plus triste que ça.
Elle est si triste que la tristesse déborde de ses yeux
pourra arriver dans le ciel,
et il commence à pleuvoir.
Des grosses cloutes,
lourdes de peine,
qui s'écrasent sur la terre du sol,
à côté des morceaux d'arbre.
Le cœur et le ciel sont liés,
c'est pour ça que les mots pleurer et pleuvoir
se ressemblent tant.
Elle est restée longtemps Julie,
debout sous la pluie au milieu de ce qui est bientôt devenu
un champ de boue,
trempé jusqu'au zaud.
Et puis la fatigue a été plus forte que sa tristesse,
et elle est partie se coucher.
Le lendemain,
un soleil éclatant brille sur le village.
Julie se lève, le cœur gros,
mais quand elle arrive sur la place du village,
sur chaque petit bout d'arbre à livre déchiré,
était née une petite pouce d'herbe,
exactement comme celle qu'il y avait eu dans sa chambre.
Chaque petit confetti était en train de donner naissance
à un nouvel arbre à livre.
Et mille confetti,
égale mille nouvelles pouces d'arbre.
La vieille Jojo, elle voit ça elle aussi,
et elle se dit,
ah non, alors là, hors de question.
Et méthodiquement, elle se met à déchirer en deux
toutes les mille nouvelles pouces d'arbre.
Sauf que le lendemain,
il y a alors 2 000 nouveaux petits arbres
qui poussent sur toute la place du village.
La vieille Jojo, elle voit ça, elle se dit,
ah alors là, non, hors de question.
Et elle se met à déchirer en deux toutes les 2 000 petites pouces d'arbre.
Sauf qu'hier, en déchirer mille,
lui avait déjà pris toute la journée.
Et là, il y en a deux fois plus.
Alors quand elle va se coucher le soir, la vieille Jojo,
il en reste plein qu'elle n'a pas encore arraché.
Sauf que le lendemain,
tous les petits arbres qu'elle a arrachés
se sont multipliés par deux
et tous ceux qu'elle n'a pas eu le temps d'arracher
ont grandi et demandent plus d'efforts pour les extraire du sol.
Aidez-moi, baisse-ils,
au lieu de me regarder avec vos yeux de mer l'enfri
et ructe-t-elle aux adultes qui la regardent,
amusées.
Mais personne ne vient l'aider.
Et en quelques jours,
tout au plus 2 ou 3 semaines de se manège,
une véritable forêt d'arbre à livre
pousse dans les rues du village.
Les plus grands de ces arbres
commencent déjà à donner des livres fruits
que les adultes lisent avec délectation,
se ravissant de recommencer à lire des histoires.
Mais la vieille Jojo n'a pas abandonné.
Elle continue à arracher les arbres.
Mais ça devient de plus en plus difficile,
car ils sont de plus en plus gros
et elle est de plus en plus fatiguée.
Arraché.
Arraché.
Arraché.

Arraché.
Arraché.
Arraché.
Arraché.
Jojo, laisse tomber.
Tu as perdu.
On aime bien lire des histoires
et on va continuer à en lire et à en raconter.
Et on va travailler, peut-être,
mais autant qu'on en aura besoin
et que ça nous plaira,
pas moins,
mais certainement pas plus.
Et si tu n'es pas contente, vieille Jojo,
eh ben c'est pareil.
Ton règne est terminée.
Hein ? Et je... Et je...
Avez-tu bien le choix ?
La vieille Jojo a bien dû reconnaître
qu'elle avait perdu.
Et le village lentement reprenait vie.
Mais... Mais que faire de tous ces arbres ?
Si on ne faisait rien,
bientôt il ne resterait plus rien du village
qui serait complètement invalé par la forêt.
Mais là encore,
Julie avait une idée.
Lentement, délicatement,
en s'y mettant à plusieurs,
on a déraciné certains des arbres à livre,
en faisant bien l'attention
à ne pas abimer les racines,
à ne pas les tuer.
Et on les a offerts au village voisin.
Ils étaient ravis du cadeau.
Et quand tous les villages voisins
ont eu leur arbre à livre,
on a commencé à en offrir
au village plus lointaine, plus lointaine.
Bientôt dans tout le pays,
même au-delà,
chaque village avait son arbre à livre
qu'il est fournissé en histoire.
Ces premiers arbres à livre
ont vécu longtemps.
Et certains, je crois, vivent encore.
Nous eux, et ridés comme des grands-pères.
Mais même ceux qui sont morts
ont donné naissance à des jeunes pouces
pour que les histoires ne meurent plus jamais.
Et Julie, et bien,
le temps a passé.
Et elle a écouté et raconté
autant d'histoires qu'elle pouvait
pendant sa longue vie.
Elle a voyagé de par le monde
pour récolter des histoires du monde entier
dans des petits noyaux qu'elle plantait
ici et là, au gré de ses aventures.
Et quand ses cheveux sont devenus aussi blancs
que les pages de ses livres qu'elle émette en,
eh bien, elle est morte.
Et elle est devenue une histoire à son tour.
Tous les arbres à livre du monde
ont pleuré une unique goutte de sève
ce jour-là.
Et depuis, poussent parfois
sur les branches les plus enssoleillées
un livre fruit qui raconte
l'histoire de Julie et de l'arbre à livre.
L'histoire de la petite fille
qui a sauvé les histoires.
...
...

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Après avoir raconté ses histoires pendant 10 ans sur scène, Samuel Genin les transforme en podcast ! Des contes colorés et vitaminés, pleins de personnages drôles ou effrayants, pour les enfants et les moins enfants. Sautez dans mon vieux grimoire, on part à l’aventure !!! Une nouvelle histoire tous les mercredis ! contact@samuelgenin.fr - twitter @samgenin - facebook @ContesVieuxGrimoire
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