L'orgue retrompée.
Asya habitait dans un petit village tranquille et sans histoire.
Et un matin comme tous les autres, elle se réveille,
elle tend l'oreille et elle entend un bruit lointain qui fait...
Et c'est pas ce que c'est, personne sait ce que c'est, toute la journée ça continue
et quand elle va se coucher le soir, le bruit continue encore.
Le lendemain, Asya se réveille, elle tend l'oreille et elle entend un bruit qui fait...
Plus fort que le jour d'avant.
Et c'est pas ce que c'est, personne sait ce que c'est, toute la journée ça continue
et quand elle va se coucher le soir, le bruit continue encore.
Le lendemain, Asya se réveille, elle tend l'oreille et elle entend un bruit qui fait...
Bien plus fort que le jour d'avant.
Et c'est pas ce que c'est, personne sait ce que c'est,
toute la journée ça continue et quand elle va se coucher le soir, le bruit continue encore.
Le lendemain, Asya se réveille, elle tend l'oreille et elle entend un bruit qui fait...
Et à chaque bruit, tout tremble autour d'elle.
Et elle a pas le temps d'arriver jusqu'au soir qu'à midi, sur le chemin qui mène au village,
apparaît un oeuvre gigantesque.
Il a des grosses oreilles pleines de poils, des petits yeux tout rapprochés
et il est tellement grand et tellement lourd qu'à chacun ne sait pas, la terre tremble.
Bouh, bouh, bouh, bouh, bouh, bouh, bouh, bouh, bouh.
C'était ce bruit, c'était ce bruit qu'Asya entendait depuis des jours,
les bruits des pas de l'ogre qui se rapprochait.
Tous les habitants se rassemblent sur la place du village et l'ogre leur parle comme ça.
J'ai faim, j'ai envie de manger et mon plat préféré, c'est les enfants.
Alors voilà ce que vous allez faire.
Ce soir, au coucher du soleil, vous allez mettre un enfant dans un sac,
déposer ce sac à la sortie du village et moi je reviendrai pour le manger.
Attention, si vous essayez de me tromper, je vous dévore tous, compris ?
On repart, bouh, bouh, bouh, bouh, bouh, bouh.
Dans le village, c'est la panique, on ne peut tout de même pas laisser l'ogre manger un de nos enfants.
Et à la fois, il fait quand même très peur.
Alors, pendant que les gens débattent sur si oui ou non, il faut donner un enfant à manger à l'ogre,
Asya, qui était très intelligente, monte sur une caisse et appelle tout le monde.
Et oh, écoutez-moi, tout d'abord, est-ce qu'on va donner un enfant à manger à l'ogre ?
Oui. Est-ce qu'il est méchant ? Oui. Mais est-ce qu'il a l'air malin ? Non.
Je pense qu'on a moyen de le berner, de le tromper.
Ce soir, à la sortie du village, il y aura bien un sac.
Mais est-ce qu'il y aura un enfant dans le sac ? Pas du tout.
Qu'est-ce qu'on pourrait mettre dans le sac à la place d'un enfant ?
Alors les habitants réfléchissent, débattent et finissent par se mettre d'accord.
Ils décident donc de mettre dans le sac des pierres, des cailloux,
pour que ça fasse le même poids qu'un enfant.
Ils mettent donc, quoi, 30 kilos ? 30 kilos de pierre dans un sac, ils ferment le sac, zpp,
ils posent le sac à la sortie du village et ils attendent.
Et la journée passe, le soleil se couche,
et quand les derniers rayons du soleil disparaissent derrière la montagne, l'ogre revient.
Piuuut, piuut, piuut, piuut, piuut.
Où est mon enfant ? Où est mon dîner ?
Dans le sac, monsieur l'ogre, dans le sac.
Ouai, ouai, ça fait 30 kilos comme un enfant, très bien !
Et l'ogre repart avec le sac vers la montagne.
Piuut, piuut, piuut, piuut.
Les gens du village sont ravis. Ils ont réussi à tromper l'ogre, mais qu'il est bête, cet ogre !
Alors tout le monde va se coucher, et Asya, heureuse, va au lit, avec la coête, jusqu'au menton, et le sourire jusqu'aux oreilles.
Mais ils sont réveillés le lendemain par l'ogre qui crie.
Vous vous êtes manqués de moi, vous m'avez trompé !
Tout le monde redescend sur la place du village, boubouboubou, et il voit l'ogre fou de rage, avec des dents cassés.
Il a essayé de manger les cailloux.
C'était pas un enfant ça, c'était des cailloux.
Bon, je vous laisse une dernière chance, ce soir à un enfant dans un sac à la sortie du village, sinon, je vous dévore tous, compris ?
Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui.
Et l'ogre repart, boum, boum, boum, boum, boum.
Tous les gens du village sont paniqués en se disant qu'ils ont peut-être fait une bêtise,
et que cette fois-ci, il faudrait peut-être mieux donner un enfant à manger à l'ogre.
Mais Asya monte sur une caisse et appelle tout le monde.
Hé, oh, écoutez-moi, déjà, on ne va toujours pas donner un enfant à manger à l'ogre.
Non. L'ogre, est-ce qu'il est fort ? Oui.
Est-ce qu'il est méchant ? Oui.
Mais est-ce qu'il a l'air malin ? Non.
Je pense qu'on a moyen de le berner, de le tromper encore une fois.
Ce soir, à la sortie du village, il y aura bien un sac.
Mais est-ce qu'il y aura un enfant dans le sac ?
Qu'est-ce qu'on pourrait mettre dans le sac qui ressemble plus à un enfant que des cailloux ?
Les habitants réfléchissent, débattent et finissent par se mettre d'accord.
Ils décident donc de mettre dans le sac une sculpture d'enfant en pierre,
qui fait pile 30 kg, et sur laquelle ils mettent une perruque.
Une perruque...
Ça, les cheveux de quelle couleur un enfant ?
Jaune, dit l'un.
Brun, dit l'autre.
Vert ! s'exclame à troisième.
Ok, ok, ok.
Ils mettent donc la statue de Pierre qui fait 30 kg tout pile,
avec une perruque jaune de vent, brun derrière, avec des mèches vertes.
Ils mettent tout ça dans le sac, ils ferment le sac, ils posent le sac à la sortie du village, et ils attendent.
Et la journée passe.
Le soleil se couche, et quand les derniers rayons du soleil disparaissent derrière la montagne,
l'œuvre revient.
Bum, bum, bum, bum, bum !
Où est mon enfant ? Où est mon dîner ?
Dans le sac, monsieur l'Ogr dans le sac.
Ça fait 30 kg comme un enfant, mais vous ne m'aurez pas de foi.
L'Ogr ouvre le sac ?
Ah, ça a des cheveux jaunes de vent, brun derrière, avec des mèches vertes comme un enfant.
Très bien.
Et l'Ogr repart, avec le sac, vers la montagne.
Bum, bum, bum, bum !
Les gens du village sont ravis.
Ils ont réussi à tromper l'Ogr une deuxième fois, mais qu'il est bête cet Ogr !
Alors tout le monde va se coucher, et Asya, heureuse, va au lit, avec la couette, jusqu'au menton, et le sourire jusqu'aux oreilles.
Mais ils sont réveillés le lendemain, par l'Ogr qui crée.
Vous vous êtes manqué de moi, vous m'avez trompé !
Tout le monde redescend sur la place du village, boum, boum, et il voit l'Ogr fou de rage, avec les dons cassés et des faux cheveux vert coinchés dans les gens chives.
Il a essayé de manger la statue !
C'était pas un enfant, ça ! C'était une sculpture avec une perruque !
Je vous laisse une dernière chance, ce soir, un enfant, dans un sac à la sortie du village, sinon je vous dévore tous, compris ?
Et l'Ogr repart.
Après l'instant de panique habituelle, tout le monde se tourne vers Asya, qui est déjà debout sur la caisse.
Très bien, c'est reparti ! L'Ogr, est-ce qu'il est fort ?
Oui.
Est-ce qu'il est méchant ?
Oui.
Mais est-ce qu'il a l'air malin ?
Non.
Il suffit que ce qu'on mette dans le sac ressemble encore plus à un enfant qu'une statue avec une perruque.
Qu'est-ce qu'on met dans le sac alors ?
Les habitants réfléchissent, débattent et finissent par se mettre d'accord.
Ils décident donc de mettre dans le sac une nouvelle sculpture d'enfant en pierre qui fait pile 30 kilos,
avec une perruque jaune de vent, brin derrière, avec des mèches vertes,
et en plus ils glissent sous la perruque un Toki-Woki pour pouvoir faire parler leur marionnette à distance,
avec des phrases que pourrait dire un enfant qui va se faire manger,
du genre « Oh là là, oh là là, au secours ! »
ou alors « À l'aide, ne me mangez pas ! »
ou des trucs encore comme « Je vais le dire à mes parents et ils vont te tirer les oreilles ».
Bon, dans ce genre-là, ils ferment le sac, ils posent le sac à la sortie du village et ils attendent.
Et la journée passe, le soleil se couche,
et quand les derniers rayons du sol aient disparaissent derrière la montagne, l'Ogr revient.
« BAM BAM BAM BAM »
« Où est mon enfant ? Où est mon dîner ? »
« Dans le sac, monsieur l'Ogr, dans le sac ! »
« Ça fait 30 kilos comme un enfant, mais vous ne meurez pas trois fois ! »
L'Ogr ouvre le sac.
« Ah, ça a des cheveux jaunes devant, brins derrière, avec des mèches vertes comme un enfant,
mais vous ne meurez pas trois fois ! »
L'Ogr secoue le sac.
« À l'aide, à l'aide, ne me mangez pas, ne me mangez pas ! »
« Ah, ça crie comme un enfant, très bien ! »
Et l'Ogr repart avec le sac vers la montagne.
« BAM BAM BAM BAM BAM »
Les gens du village sont ravis, ils ont réussi à tromper l'Ogr une troisième fois,
mais qu'il est bête cet ogr !
Mais Asya n'a même pas le temps d'aller se coucher,
avec la coête jusqu'au menton et le sourire jusqu'au oreille,
qu'ils se font surprendre par la voix de l'Ogr.
« Alors là, je commence à en avoir par-dessus la tête ! »
« BAM BAM BAM »
L'Ogr est de retour sur la place du village, il jette le sac par terre,
et la statue et le tokimoki s'explosent au sol.
L'Ogr avait voulu croquer un tout petit orteil d'enfants sur la route en guise d'apéritif,
et il s'était rendu compte du piège, et il n'est pas, mais alors pas du tout content.
Il a la tête rouge comme une tomate, les yeux noirs comme des olives,
et de la fumée sort de ses oreilles.
C'est bien simple, sa tête ressemble à une pizza fumante qui sort du four.
« Trois fois que je vous demande un enfant,
trois fois que vous essayez de me tromper,
tout ce que j'ai maintenant, c'est mal au dent et toujours aussi fin.
Je vais attraper moi-même un enfant, et je vais manger, je vais manger, je vais manger...
TOI ! »
Et joignant le geste à la parole, il attrape Asya, oh non,
et il repart avec elle en direction de la montagne.
« BAM BAM BAM »
Asya est terrorisée, elle a les jambes qui se balancent dans le vide,
seulement maintenu en l'air par l'ogr' qu'il attient par le col de son pull.
Le trajet n'est pas bien long, assez vite ils arrivent devant une grotte
dans laquelle l'ogr' jette Asya avant de lui dire,
« Toutes ces émotions m'ont épuisée, je vais faire un petit somme,
et je te mangerai au petit déjeuner. »
Et le voilà qui s'allonge, et qui se met immédiatement à ronfler.
Mais il est tellement grand, tellement gros que son ventre bloque complètement la sortie de la grotte,
comme un bouchon.
Et Asya ne veut pas essayer de l'escalader, de peur de le réveiller et qu'il ne change d'avis,
et la dévore tout de suite.
Non, il va falloir attendre et compter sur le village.
Au village, justement, c'est la panique.
Ouh, l'ogr' a pris Asya, mais c'était elle qui avait toujours les bonnes idées.
Mais c'est vrai ça, nous on n'est pas bien malins, que faire, que faire !
Alors les gens du village se sont calmés, ils ont respiré un grand coup,
et ils se sont dit très bien, essayons de réfléchir comme Asya.
L'ogr' est-ce qu'il est méchant ? Oui, est-ce qu'il est fort ? Oui, mais est-ce qu'il est malin ?
Non, si on essaye de le combattre par la force, on va perdre, mais on peut essayer de lui faire peur.
Oh, c'est bien, ça c'est bien.
Ah oui c'est bien, c'est bien, c'est bien, problème, problème.
Un ogr' ça fait déjà très peur.
Qu'est-ce qui fait plus peur qu'un ogr' ?
Euh, un loup ! dit l'un.
En fantôme, dit l'autre.
Un dragon ! s'écrit un troisième.
Les bruits forts ! dit une vieille grand-mère.
Euh, les araignés ? s'exclame un grand monsieur.
Ok, les habitants du village rassemblent sur la grand place,
tout le tissu, le carton, la peinture, le fil de fer qu'ils trouvent pour fabriquer le plus terrifiant des déguisements du monde.
Un corps poilu de loup, une tête de dragon, 8 grosses pattes d'araignées sur le côté,
un thym ver d'âtre de fantôme et une petite machine dans la bouche pour faire des gros BAM quand ils le veulent.
Et ils construisent leur déguisement énorme pour que tout le village puisse rentrer dedans.
Et c'est vite ce qu'ils font.
Et après avoir pris le temps de se coordonner pour marcher en rythme,
le loup fantôme dragon araigné avec des gros bruits se dirige vers la grotte de l'Ogr'.
Impossible de le rater, ces ronflements s'entendent à des kilomètres à la ronde.
Le loup fantôme dragon araigné avec des gros bruits arrive devant le géant endormi.
Et tous les habitants inspirent un grand coup.
Et de leurs plus grosses voix disent tout sa munition
et l'Ogr'.
et l'Ogr'.
et l'Ogr'.
Je ne veux pas aller à l'école maman.
Et l'Ogr'.
Qu'est-ce que je fais ?
Allou, allou, allou, allou, allou, allou, allou fantôme dragon araigné avec des gros bruits.
Mon pire cauchemar !
Et l'Ogr', tu vas nous rendre à Sia.
Oh non pas à Sia, c'était mon petit déjeuner.
Silence l'Ogr', tu vas nous rendre à Sia tout de suite, sinon...
D'accord, d'accord, d'accord, d'accord.
Et tremblant de peur, l'Ogr' rend la petite fille au village déguisé.
Mais ça n'est pas suffisant, les habitants veulent le voir partir d'ici pour ne jamais revenir.
Alors ils reprennent la parole.
Finalement, on va peut-être te manger quand même.
Quoi ? Mais je vous ai rendu la petite fille.
On va te croquer l'Ogr', on va te croquer comme un cornichon.
Oh non, oh non, pas comme un cornichon.
Si tu ne veux pas qu'on te croque, l'Ogr' part.
Cour, cour plus vite et plus loin que tu n'as jamais couru.
Mouuuh !
Baaah !
Et l'Ogr' est parti en hurlant de terreur.
Et il a eu si peur qu'il paraît qu'il court encore.
Et tout le village a ramené à Sia.
Et ils ont enfin pu tous aller dormir.
Fier de même, et rassuré, en sachant au fond de même que cette fois-ci, l'Ogr' ne reviendrait pas.
Sia, épuisée par toutes ses émotions, a pu aller dormir,
avec la coête jusqu'au menton et le sourire jusqu'aux oreilles.
Et si vous vous promenez aujourd'hui dans le village d'Asia, vous pourrez voir, au-dessus de la cheminée,
un costume de loup fantôme dragon araigné avec des gros bruits que les habitants ont gardé
et exposé au cas où l'Ogr' reviendrait.
Mais ça n'est jamais arrivé.
...
...