Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Aujourd'hui avec Arnaud, nous allons vous raconter une histoire imaginée par Thomas le
petit corps.
Elle s'intitule « Je ne sais pas » et c'est comme ça.
J'adore ce moment des vacances de fin d'année.
Celui entre Noël et le Nouvel An.
Quand on a terminé de passer trop de temps à table et qu'on peut profiter de ses cadeaux,
au calme.
Avant que la fête du 31 décembre ne commence.
Alors je suis allongée sur mon lit, je bouquine les BD qu'on m'a offert avec une boîte
de chocolat posée à côté de moi.
Et je dévore les deux.
Je tourne une page, je mange, je tourne une page, je mange, la belle vie quoi.
Mais les bruits de paque j'entends dans les escaliers me laissent penser que ça va changer.
On frappe à ma porte.
« Entrez ! »
Et mes parents apparaissent.
Cote à côte, sourcils froncés, bouche tordu.
Ils sont là pour avoir une discussion sérieuse.
Et le pire, c'est que je sais ce qu'ils vont dire.
« Mais elle, on peut te parler ? »
« Bah là je suis en train de lire mais on pourra faire ça plus tard non ? »
« Genre dans trois semaines ? »
« Non mais je suis désolé mais là c'est important.
» « Ah si c'est vraiment important ça sera toujours dans trois semaines.
Donc ça peut attendre non ? »
« Arrête de vouloir te défiler, on peut te parler de ce qui s'est passé avec Oncle
Christian, le sœur de Noël ? »
« Ah ouais, réunition.
Mais c'est lui qui a été pénible, c'est pas moi.
Mais c'est toi qui l'a envoyé promener.
Et ça, ça se fait pas.
« Mais arrêtez pas de me poser des tonnes de questions !
« Quel deuxième lente tu vas spécialiser en collège ?
« Quelle spécialité tu vas prendre au lycée ?
« Et t'as déjà pensé à tes études supérieures ?
« Tu vais faire quoi comme métier plus tard ?
« Moi, à ton âge, je savais exactement ce que je voulais faire.
« Fou ! À chaque fois, je lui répondais que je ne savais pas mais il insistait.
« Ah donc j'en ai eu un ras le bol, je suis parti.
» Et en partant, tu as fait tomber sa part de bûche sur ses genoux.
C'était un accident !
Quand un accident comme ça se produit, on demande pardon.
On part pas en rigolant.
Faut-être que c'était un peu marrant de voir son pantalon blanc plein de traces marron.
Non, Maël, c'était pas drôle.
Et avec ta mère, on aimerait que tu l'appelles pour t'excuser.
Non.
Comment ça, non ?
N, O, N, non.
Je m'excuserais pas.
J'ai encore le droit de ne pas répondre aux questions qui me les rangent.
Il avait qu'à pas insister, voilà.
Vous pouvez me reprendre le cadeau et mes chocolats, je changerais pas d'avis.
Qu'est-ce que tu peux être têtu ?
C'est une vraie tête de l'art.
Faut dire que j'ai de quittes-nir.
Je te demande pardon.
Ah, c'est moi, je plaisantais.
Oui, mais nous, ça nous amuse pas.
Tiens, va chercher le pain.
L'air frais de te remettre à peut-être les idées en place.
Et prends Tulipe avec toi, elle a besoin de sortir.
Je quitte ma chambre, j'en file bonnet, écharpe et chaussure et j'appelle Tulipe.
Aussitôt, notre chienne noire et blanche arrivent en remuant la queue trop contente de se promener.
Dehors, il fait mon temps préféré.
Frois, mais avec un grand ciel bleu.
Mais la conversation avec les parents me donne l'impression d'avoir des nuages dans la tête.
Parce que ce que je leur ai pas dit, c'est que toutes les questions de Christian,
elles m'ont mis une boule au ventre.
Faut pas croire, je l'ai pas attendu pour me demander tout ça.
Je suis la première concernée par mon avenir.
Donc moi aussi, j'y pense.
Le truc, c'est que je trouve pas les réponses, tout simplement.
Et c'est pas en me rebauchant les mêmes questions que ça va venir.
Mais peut-être qu'il a raison, Christian.
Peut-être que je devrais savoir.
Peut-être que c'est pas normal d'ignorer ce qu'on veut faire.
Peut-être que...
Oh, trop mignonce, tout tout !
Absorbé par mes pensées, je n'ai pas vu Tulipe filer en direction d'une vieille dame.
Assise sur le trottoir, un béret posé devant elle avec quelques pièces dedans.
Elle caresse ma chienne, morte de rire.
Oups, pardon ! Allez, viens ici, Tulipe !
Oh non, non, non, t'inquiètes, fillette.
Elle ne me dérange pas.
Par contre, toi, j'ai bien la pression qu'il y a un petit truc qui te raccasse.
Hein ?
Bah, pourquoi vous dites ça ?
Bah, souvent, quand on voit quelqu'un marcher en faisant la grimace alors qu'il fait un grand beau soleil,
c'est qu'il y a quelque chose qui cloche.
Allez, prends 5 minutes et viens raconter ce qui va pas à ma mimeuriel.
J'hésite, et puis...
Bah, pourquoi pas ?
Je m'assois à côté de la dame et Tulipe s'installe entre nous.
Euh, je crois que je suis perdue.
Moi, je sais pas trop quoi faire de ma vie, et puis, du coup, ça m'inquiète, quoi.
Moi...
Bah, non, mais ça va pas de rire comme ça, je vous confie mes problèmes et vous vous riez comme une baleine.
Mais non, mais non, c'est pas ça, c'est juste que... t'es une enfant, quoi.
Et alors ?
Bah, tu dois avoir quoi, 7 ans, 8 ans ? Hein ?
Bah non, j'ai 11 ans.
J'ai 11 ans, moi.
Ah, d'accord, d'accord, d'accord, mais 11 ans, c'est super jeune.
Ah, 11 ans, moi, non plus, je savais pas ce que j'allais faire plus tard.
Je me posais même pas la question d'ailleurs.
Ah ouais, ben...
Moi, tout le monde me demande alors.
Parce qu'il arrive que les adultes projettent leur peur sur les enfants, c'est pas forcément méchant.
C'est juste qu'ils ne se rendent pas compte.
Comme ils sont inquiets pour vous, ils font des réflexions, ils posent des questions, et parfois ils sont en kikis, non ?
Ah ben ça, je vais remarquer, ouais.
Mais vous, comment vous avez su ce que vous vouliez faire dans la vie ?
Bah, j'ai très vite compris une chose pour savoir, il faut essayer.
Et c'est ce que j'ai fait.
Alors j'ai essayé des tas de trucs.
Ah bon, comme quoi ?
Ouf, la liste est longue.
J'ai commencé par travailler dans un cirque comme trappésiste.
Mais non, mais si.
Et tous les soirs, je voltigeais dans les airs devant des centaines de personnes.
Ensuite, j'ai eu envie de voyager, et alors j'ai appris à naviguer pour être skipeuse.
Grâce à ça, j'ai découvert des pays splendides, et j'ai vogué sur les mers du monde entier.
Incroyable.
Et puis après, j'ai voulu habiter dans une grande ville.
Donc j'ai traversé l'Atlantique, et je me suis installé à New York, où je suis devenue chauffeuse de taxi.
Ah, j'ai fini par connaître chacun des quartiers de cette ville, toutes ses ruelles, et surtout les meilleurs restaurants burger du coin.
Ah, génial ! Et vous avez fait ça longtemps ?
Oh, quelques années, ouais.
Mais après, j'en ai eu marre des peaux d'échappement et des bruits incessants.
Alors je suis rentré ici pour vivre à la campagne.
J'ai travaillé comme maréchère.
Je cultivais mes fruits et mes légumes, et je les vendais au marché.
Et ce qui est super quand on fait les marchés, c'est qu'on rencontre des gens de toute la région.
Des gens qui eux-mêmes ont eu des vies complètement folles et des histoires de dingues à raconter.
Ah, vous avez fait tellement de choses !
Et si moi j'ai pu faire ça, toi aussi t'en es capable.
Mais... Maintenant, vous... Vous faites quoi ?
Ah, en ce moment, je vague à Bond. Je vais là où le vent me porte.
Certains ont du mal à comprendre cette manière de vivre, mais c'est mon choix, et je ne laisserai personne décider ma place.
Parce qu'il faut jamais perdre de vue le plus important.
Celavait les dons avant d'aller se coucher ?
Ah, oui, aussi. Mais surtout être heureuse. C'est ça qui compte le plus.
Donc, si toi, ce que tu aimes, c'est savoir exactement où tu vas, alors très bien.
Mais si au contraire, tu préfères improviser, tu as le droit, c'est ton choix.
Et personne ne peut et ne doit le faire à ta place.
Mon regard se perd dans le vide. Je repense aux paroles de Muriel à tout ce qu'elle a fait.
Je crois qu'il est temps de reprendre cette discussion avec papa et maman.
Je me lève d'un bond, et je lui demande, on se reverra ?
Laisse-on le hasard faire les choses. Souvent, il les fait bien.
Il paraît, oui. Ah, et n'oublie pas, dans une vie, on peut en avoir plusieurs.
Je retourne chez moi pour retrouver papa et maman.
Bon, au début, ils ne sont pas très contents, car avec tout ça, j'ai zappé le pain.
Mais ensuite, je leur parle des questions de Christian, de mes inquiétudes.
Je les rassure, je leur dis que moi aussi, je pense à mon futur.
J'ai envie de bien faire, mais ça demande de la réflexion, ça prend du temps.
Mais c'est pas grave, parce que du temps, j'en ai.
Je peux essayer, me tromper et recommencer.
Après tout, on est le 31 décembre.
La nouvelle année des buts est ma vie aussi.
Mes parents me dévisagent sans un mot.
Mon père essuie discrètement une larme qui naissait au coin de son œil.
Puis, ma mère se tourne vers moi.
Tu as raison, Maël. Tu as bien fait de nous parler de tout ça.
Et ce que tu as dit, c'était très beau.
Je sais. Et vous savez quoi ?
Je vais quand même appeler ton ton Christian aujourd'hui.
Ah bon ? Pour t'excuser ?
Je vais m'excuser pour son pantalon, oui.
Mais surtout, je vais lui expliquer mon point de vue.
Comme ça, avec un peu de chance, la prochaine fois, il n'insistera pas.
Mais c'est une très bonne idée, ça, ma chérie.
Mes parents me sert dans leur bras.
Je sais pas pourquoi, mais cette nouvelle année,
je la sens bien.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org