On va tous mourir - EP177

Durée: 6m25s

Date de sortie: 10/12/2024

Georgia se remémore des instants passés avec son père à l'époque où elle était petite fille. Elle se rend au cimetière pour lui parler, et là... La Chute de Lapinville
 Lapin, pervers narcissique en fin de droits, raconte son retour à Lapinville et sa décision de faire un podcast pour se venger de ses anciens camarades d’école. Il est bientôt rejoint par Chloé Bloomington, star de cinéma qu’une énorme shitstorm oblige à revenir dans sa ville natale pour jouer dans une fiction quotidienne à la con. Puis, on suit l’enquête de Spiruline, astucieuse stagiaire à la mairie, qui dévoilera des scandales insoupçonnés dans les plus hautes sphères de Lapinville… Tour à tour, les Lapinvillois témoignent pour essayer de comprendre comment, une chose en entraînant une autre, ils ont fini par provoquer la destruction de la Terre. Leurs destins entremêlés forment une pelote visible de l’espace dont cette série, cinq minutes par jour, va dérouler le fil. Fresque épique et palpitante, chronique de la catastrophe en cours et de ses ramifications les plus inattendues, La Chute de Lapinville a pu être décrite comme une variante des Simpson à la sauce rond-point ou un jumeau maléfique de Plus belle la vie. 

Enregistrements : décembre 2023-2024 - Scénario et dialogues : Benjamin Abitan, Wladimir Anselme, Laura Fredducci - Direction artistique : Benjamin Abitan - Réalisation : Jean-Yves Pouyat - Assistante réalisation : Anissa Zidna - Illustration : Roxane Lumeret - Narratrice : Caroline Piette (Georgia Blette) - Comédiens : Denis Lavant (Dr Mollins), Martine Schambacher (Valérie), Daniel Kenigsberg (Lucien), Grégoire Tachnakian (Moktar) - Comédiens silhouettes : Philippe Polet (Eboueur), Brice ormain Production : ARTE Radio, ARTE Studio, Virginie Lacoste, Sahar Pirouz, Jacques Falgous - Voix générique : Grégoire Tachnakian, Mauricette Gourdon

Les faits, à rien que les faits. C'est ma devise.
Et c'était aussi celle du courrier la pavillois, le journal où j'ai travaillé pendant des années.
Bon, ça suffit, j'en ai marre. Il est 9h et j'ai faim.
Alors on se met d'accord sur la nouvelle devise et on va bouffer.
Qui vote pour l'idée de Moctard ? Plus vite, plus haut, plus fort.
Levez la main, une personne. Qui vote pour la proposition de Georgia ? Une personne aussi.
C'est nul. Ce qui veut dire que j'ai calvé la main et on va bouffer.
Allez, adjusé, vendu.
Yes !
Nul !
Oh oui, Georgia Blett, elle me courait sur le haricot à l'époque.
Je suis presque sûr qu'elle couchait avec le patron.
La chute de Lapinville, une fiction quotidienne en podcast.
Ici, il y avait une phrase que la production a demandé d'enlever parce qu'on n'avait pas le droit de la dire.
Épisode 177, on va tous mourir.
Il y a des faits que je n'ai pas raconté à l'époque parce que je ne pouvais pas les vérifier.
Je commençais à perdre pied. La mort de mon père m'avait chamboulé.
On me croit souvent incapable d'éprouver des émotions. C'est un malentendu dont j'ai l'habitude.
Maman, il est où, Praline ?
Ton chat. Je l'ai buñé en sortant de la voiture ce matin. Il est parti avec les poubelles.
Ah ? Ah bon ?
Je me suis dit que de toute façon, ça ne ferait pas grand chose, mis ce cœur de pierre.
Ah.
Qu'est-ce que je disais ? Complètement apathique, comme ton père.
C'est pas grave, ma Gigi. Je t'aime comme tu es.
La vérité n'était pas que je n'avais pas d'émotion, mais que j'avais parfois du mal à les identifier et à les exprimer.
Chère Praline, aujourd'hui tes cellules ont cessé de fonctionner.
Et sans cette activité cellulaire, la vie ne peut pas se maintenir.
La seconde loi de la thermodynamique nous enseigne que l'entropie augmente
et que même les systèmes vivants, comme tu l'as été, finissent par lui succomber.
Or, la conscience est le résultat de l'activité électrochimique du cerveau
et ne peut pas se maintenir au-delà de cette frontière.
Tu ne peux donc pas m'entendre et je suppose que c'est pas la peine que je te dis que tu me manques
et me manqueras toujours.
Tu te fies ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Je me console en pensant que l'énergie de ton corps s'est transformée en pure chaleur
et que même si cette chaleur manque à notre maison, elle n'est pas perjue pour le reste de l'Union.
Il faut sortir là. La déchetterie va fermer. Tu sais comment rentrer chez toi ?
Euh, oui.
30 ans plus tard, j'étais à nouveau sur une tombe, une vraie, cette fois, la sienne.
Tu sais papa, j'ai jamais oublié cette journée.
T'es venue me chercher en voiture à la déchetterie et tu m'as ramené à la maison, en silence.
Je savais que c'était aussi inutile de te parler à toi qu'à mon chat mort.
J'étais émue mais pragmatique.
C'est peut-être la seule chance que tu m'es transmises.
T'en fais pas trop pour ton chat, ma chérie.
De toute façon, à terme, on va tous mourir
et l'univers va se rassembler en un poids unique.
Oui, papa.
Alors, j'ai pas pleuré à ton entièrement.
Et par pragmatisme, j'aurais pu en rester là.
Mais depuis, j'ai lu ta lettre.
La lettre que George Legrand m'avait remise la veille. Mon père s'y accusait de tout.
Je l'ai lu, j'ai éprouvé des émotions diverses.
Du dégoût, de la rancœur, de l'apitié aussi.
Mais pas assez.
Je ne te pardonne pas. Et je ne te pardonnerai jamais.
Adieu, Sergi Molinz.
C'est à ce moment que j'ai entendu savoir.
Papa ?
Je suis folle, ça y est.
La voix venait du sol. Elle venait de sa tombe.
Merde, c'est trop facile. Je parle pas aux fantômes, moi, je suis journaliste.
Si tu voulais me parler, il fallait le faire avant.
Je te déteste. Je te mets.
À genoux dans le cimetière, je commençais à vraiment lâcher la rampe.
Je te pardonne rien. Tu m'entends ? Rien.
Entends-moi tant que tu veux. Si tu crois qu'un jour je vais te pardonner, tu peux crever une deuxième fois.
Euh, pardon, madame. C'est juste qu'il est 18h et le cimetière va fermer, malheureusement.
Bien sûr. Pas de problème.
Mais on est ouverts demain, à partir de 9h.
Avec ce qui me restait de conscience professionnelle, j'ai voulu recouper les témoignages.
M. La voix, vous l'avez entendue comme moi ?
Vous savez, tout le monde entend des voix ici.
Il faut pas se formaliser, c'est dans la tête.
L'émotion s'ajout des tours.
Oui, mais...
On ferme.
C'était vrai.
L'émotion s'ajout des tours, des salles tours.
On s'en méfiait jamais assez dans mon métier.
C'était elle qui faisait partir les necks au 6 mois trop tôt.
Elle qui censurait les articles des carriéristes
qu'un coup de fil du président de région suffisait à faire paniquer.
L'émotion, c'était ma bête noire.
Et elle était en train de gagner.
Alors j'ai pris la seule décision possible.
Ok, papa.
Je te laisse à tes ondes, non ?
Je me retire de l'affaire.
Coucou mon bébé.
On ferme.
Oui, oui.
Je te laisse à tes ondes, non ?
A suivre sur Arte Radio.
Demain, dans la chute de la pain ville.
J'ai vu un reportage sur un aventurier
dans la jungle qui s'est sectionnée la jambe tout seul.
Et là, je me suis dit,
et si je me coupais la frange moi-même.
Ah...

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LaChutedeLapinville-Unefictionquotidienne

Tous les jours 5 minutes de vérité, d’aventure, de cynisme, de dépression, d’humour et d’amour (non en vrai, il n’y a pas beaucoup d’amour, mais il y a quand même un peu de sexe.) Alors voilà le pitch. Lapin a 38 ans, il est cynique et déprimé, un peu amer aussi et il semblerait qu’il soit responsable d’une catastrophe qui a causé la fin du monde. Il décide de nous raconter comment le cataclysme est arrivé, mais pour ça il doit remonter le temps. D’autres narrateurs vont l’aider à reconstituer le puzzle. L’histoire commence donc le jour où on lui supprime les allocations qu’il touchait en sa qualité de pervers narcissique. Pour tenter de les récupérer, il doit s’engager dans un programme de podcast thérapie qui ne l’inspire pas du tout. C’est le début de la fin et il est contraint de retourner vivre chez ses parents souriants et indifférents, Christiane et Christian, à Lapinville. De retour dans cette ville qui lui donne le bourdon et installé dans le garage de ses parents, les mauvais souvenirs remontent. C’est à ce moment-là qu’il décide de faire de son podcast l’instrument de sa vengeance. Ses anciens camarades de classe vont payer pour les humiliations qu’il a subies quand il était petit. Il élabore un plan machiavélique. Ce résumé contient beaucoup trop de spoilers, mais le spécialiste consulté par ARTE a dit qu’il fallait un résumé de 4000 signes pour que la série soit bien référencée sur les plateformes, donc déso. Lapin est bientôt rejoint par Chloé Bloomington, star de cinéma qu’un énorme shitstorm oblige elle aussi à revenir dans sa ville natale pour l’inauguration d’un rond-point à son effigie et aussi pour jouer dans une fiction quotidienne audio à la con. Elle est aussi l’égérie des pâtés Legroin qui ont fait la fortune de son père Georges Legroin. Elle se retrouve d’ailleurs prise dans les filets de l’autorité de maladive de Georges, qui la manipule et qui l’exploite, mais aussi dans ceux de Camille Bourdin, la reine du podcast et de la toxicité. Le tournage se transforme en cauchemar. Puis, c’est Spiruline qui reprend le fil de l’histoire. Astucieuse stagiaire à la mairie, d’une bonne humeur et d’un optimisme inébranlable, elle est totalement exploitée par la maire de Lapinville qui est nulle en informatique mais super forte en corruption et en malversations. Heureusement, Spiruline est surtout une sorte détective dans l’âme qui dévoilera des intrigues insoupçonnées dans les plus hautes sphères de Lapinville… Du coup la mafia locale s’en mêle et des disparitions mystérieuses se succèdent. C’est du moins ce que croit la personne qui écrit ce résumé et qui n’a pas encore lu tous les épisodes, qui sont écrits par des ordinateurs enfermés dans une pièce secrète et qui refusent qu’on les dérange, et qui prennent tout mal, dès qu’on veut changer une toute petite chose (comme le titre) ça les fait vriller alors, on aime mieux les laisser tranquilles. Les destins entremêlés de tous ces personnages forment une pelote visible de l’espace dont cette série, cinq minutes par jour, va dérouler le fil. Alors écoutez et vous ferez bientôt la connaissance de Sami l’ingé-son fan de reggae, du Robot Français Moyen, de Pif le chien, d’une journaliste sans scrupule, d’une assistante sociale qui est aussi cétologue et stagiaire à la mairie, d’un jardinier gréviste, d’un comédien qui fait des clins d’œil, de mafieux érudits, d’un collégien geek et woke et d’un footballeur volage. Il y aura des courses poursuites, des effets spéciaux, des concours de popularité, des conflits générationnels, du mystère, des enquêtes, de la politique locale, de la corruption, des fêtes, de la dystopie, de l’humour noir, des chansons, des groupes de parole, des avant-premières, des inaugurations, des traumas, des coups de feu, des goûters, des kidnappings, des rires, des larmes et même des scènes de crime. Et vous saliverez à l’idée de découvrir la spécialité culinaire de Lapinville, le chichoucha. Parce que finalement « La chute de Lapinville » c’est vous, c’est nous, c’est la classe moyenne, c’est la France, c’est la collapsologie, c’est tout l’univers, des petits riens aux grandes questions existentielles, c’est la retraite, l’épilation et le harcèlement scolaire, c’est la comédie et la tragédie, c’est le monde entier dans un podcast addictif. Une variante des « Simpson » à la sauce rond-point ou un jumeau maléfique de « Plus belle la vie ».
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