
franceinfo junior. L’école en temps de guerre
Durée: 7m11s
Date de sortie: 20/11/2024
durée : 00:07:11 - franceinfo junior - À l’occasion de la "Journée Internationale des Droits de l’Enfant", Baptiste Chapuis, responsable chez Unicef France, répond aux enfants sur leurs questions de l'école en temps de guerre.
France Info
Un France Info Junior spécial aujourd'hui à l'occasion de la journée internationale des droits de l'enfant.
Bonjour !
Bonjour, vous êtes sur France Info Junior.
Nous sommes les cms2b de l'école du numérique.
À Boulène-Biencourt.
Aujourd'hui nous allons vous parler des écoles en guerre.
Et on a plein de questions pour notre invité du jour.
Notre invité qui revient du crène où il s'est rendu pour l'Uni-Seph France, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance.
Bonjour Baptiste Chapuis.
Bonjour.
Ces élèves de cms2 en France se posent beaucoup de questions bien sûr sur ce que vivent les petits ukrainiens.
On commence par Augustin et Melissa.
Comme il y a des morts, il n'y a pas forcément d'enseignants là pour t'apprendre et c'est compliqué parce que t'as peur.
Est-ce que c'est dur d'étudier ? Parce qu'il y a des bombes et la peur constante ?
Il faut apprendre aujourd'hui avec la peur quand on est un enfant ukraine.
Tout à fait. Il faut se remettre à hauteur d'enfants et imaginer ce que c'est que le quotidien d'un enfant ukrainien,
un enfant de Gazaoui ou soudanais aujourd'hui qui vit en situation de guerre.
Ce qu'il est important de dire, c'est que les enfants sont les premiers à souffrir de la guerre.
Aujourd'hui, on a 250 millions d'enfants qui vivent dans des situations de conflit armé.
Et aujourd'hui, il y a trois grandes catégories de paramètres à prendre en compte lorsqu'on va à l'école en situation de guerre.
D'abord, c'est la sécurité des bâtiments.
Quand les écoles sont bombardées, il faut construire l'Uni-Seph, construire et habiliter des abris
pour faire en sorte que lorsque les bombes arrivent, les enfants puissent s'abriter et continuer les cours.
Il y a aussi des conditions matérielles en Ukraine, par exemple.
La plupart des écoles ont été endommagées, notamment dans l'est du pays.
Et il faut avoir des conditions matérielles, des tableaux, des livres, des stylos, mais aussi du chauffage en hiver.
Lorsque les infrastructures énergétiques ont été bombardées, c'est compliqué.
Au-delà de ça, il y a toutes les blessures invisibles.
La guerre, ça tue et ça blesse des gens, mais ça engendre aussi tout un tas de blessures invisibles,
qu'on appelle des traumatismes ou des blessures psychologiques.
Et l'école est là pour protéger les enfants dans ces gens de situation.
Je vous propose d'écouter Augustin, Melissa et Yoni.
Pourquoi c'est important de continuer à apprendre en train de guerre ?
Parce que ça peut être utile pour tourner la lumière.
Parce qu'il y a comme ça, on continue à apprendre et on l'ouvre rien.
Et pour prouver qu'on résiste mentalement, ça donne de l'espoir.
Est-ce que ce qu'imaginent ces petits Français, c'est aussi ce que vivent et ce à quoi pensent les petits ukrainiens, par exemple ?
Tout à fait. Ils ont tout à fait raison.
Et il y a plein de leurs éléments, notamment le mot espoir.
Le mot espoir, parce qu'il est important de continuer à apprendre, déjà parce que c'est un droit.
Vous avez le droit d'avoir accès à l'éducation, d'entendre paix comme entendre guerre.
C'est inscrit dans un texte qui s'appelle la Convention internationale sur les droits de l'enfance.
C'est-à-dire que tous les responsables politiques qui ont signé ce texte se sont engagés à ce que peu importe les circonstances,
on est accès à une salle de classe en tout temps et en tout lieu.
Mais pour autant, des écoles sont visées par des bombes, ce qui inspire cette question à Maxime.
Est-ce qu'on s'attaque aux établissements scolaires pour neutraliser des possibles futurs soldats ?
Maxime, c'est une excellente question.
Malheureusement aujourd'hui, on s'attaque beaucoup à des écoles, que ce soit au Yémen, en Syrie ou à Gaza par exemple.
Les écoles sont ciblées parfois dans le but de terroriser des populations, notamment des familles et des jeunes.
Elles sont ciblées pour affaiblir tout le système éducatif afin de rendre les populations plus vulnérables par exemple.
Et oui, elles sont parfois utilisées par des groupes armés, des gens en armes pour stocker des armes, ou en tant que quartier général par exemple.
Ce qui est important de dire, c'est qu'il y a des textes aujourd'hui qui protègent l'école et qui font en sorte que normalement les militaires n'ont pas accès à l'école et ils n'ont pas le droit de les viser.
Après 1000 jours de guerre en Ukraine, Augustin a une question sur les conditions d'éducation dans ce pays.
Est-ce qu'ils travaillent sous terre dans des abris contre les bombes et les missiles ou pas du tout ?
Le quotidien d'un enfant ukrainien aujourd'hui, c'est un quotidien qui est rythmé par les sirènes anti-bombardement, le jour, la nuit.
Et parfois, il y a des enfants qui ont entre 1 minute 30 et 2 minutes au moment où la circonsumne pour pouvoir se rendre à un abri.
C'est la raison pour laquelle l'UNICEF réhabilite et reconstruit des abris parce que parfois ça devient des lieux de classe parallèles.
C'est là où les enfants font classe sous terre pour se protéger des bombardements et des menaces.
Et c'est aussi pour cette raison-là que sans abri, il n'y aura pas d'école et que, par exemple en Ukraine, 2 enfants sur 10 seulement ont accès en présentiel à l'école.
C'est un énorme problème parce que ces enfants-là non seulement n'ont pas accès au savoir et à l'étudiation, à prendre à lire et à compter, mais aussi ils n'ont pas accès à leurs camarades et à une vie normale dans la cour de récréation.
Et ce, après la période Covid, ça fait plus de 5 ans maintenant que les petits ukrainiens ont essentiellement de l'école en distanciel, on passe maintenant, Baptiste Chappuie, à cette question de Yoni.
Est-ce qu'on fait aussi des sorties scolaires à la guerre ?
Les sorties scolaires et tout le reste, tout ce qui rend l'école ludique, ce qui fait qu'on s'amuse, qu'on apprend dans la joie de vivre et ce que c'est encore possible malgré tout dans des pays en guerre et notamment en Ukraine, d'où vous revenez ?
Malheureusement, c'est très compliqué parce que l'enjeu prioritaire, c'est de mettre les enfants en sécurité.
C'est l'une des raisons pour laquelle, pour rassurer la continuité de l'éducation, on n'y a pas d'autre choix parfois.
C'est le cas en Ukraine ou au Soudan aujourd'hui. On recrée des conditions pour l'école à distance.
Et cette dernière question d'Augustin sur un point que vous avez abordé.
Y a-t-il des aides psychologiques et mentales pour les enfants pour qu'ils continuent à vivre même s'il y a la guerre dans leur pays ?
Alors c'est une très bonne question Augustin et c'est même l'une des questions les plus importantes aujourd'hui.
Ce qui effectivement, comme tu le sais, la guerre s'attue et ça a blessé des gens, mais ça engendre tout un tas de petites blessures invisibles qu'on appelle des traumatismes, des blessures psychologiques.
Et avec l'Uni-Sef, on voit des enfants qui, parce qu'ils sont impactés, eux et leurs parents par la guerre, par les bombes, ont beaucoup de niveaux très forts d'anxiété, de tristesse,
des peurs ou des faubis ou parfois des troubles du sommeil, des difficultés à s'endormir.
Et c'est l'une des raisons pour laquelle, avec l'Uni-Sef, on apporte un soutien psychologique avec des psychologues qui peuvent faire en sorte que les enfants qui se sont renfermés sur eux-mêmes puissent s'exprimer,
dire ce qu'ils ont vécu ou pouvoir canaliser leurs colères. Et c'est malheureusement l'une des conséquences de long terme qui impactera les enfants.
Et c'est l'une des raisons pour lesquelles, quand on pense aujourd'hui aux enfants ukrainiens ou à Gaza, il faut penser aussi aux blessures psychologiques, qu'ils ou elles ressentiront sur le très long terme.
Merci beaucoup Baptiste Chapuis, responsable du Pôle plédoier des programmes internationaux chez UNICEF France. Vous êtes de retour du crène.
Et merci aux élèves de CM2 de l'école du numérique Abouloing-Billy en cours.
France Info Junior, une émission à podcaster sur l'appli Radio France préparée par Marie-Moujain et Stelfort.
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"franceinfo junior" est un rendez-vous d'actualité qui propose une lecture pédagogique de l'actualité, présenté par Estelle FAURE Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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franceinfo junior du jeudi 21 novembre 2024