Nouvelle Céroïne.
J'arrive au Costa Rica, je loue une voiture et je fais tout le tour du pays,
pas tout seul en baladant, en faisant différentes activités, dites « faire en ville ».
Et en fait, il se trouve que le sport national, là-bas, c'est le surf.
Donc j'arrive à l'auberge de Jeunesse, voilà, j'ai la bonne idée de réserver un cours de surf pour le lendemain.
Nouvelle Céroïne.
Salut toi, Nouvelle Céroïne.
Je suis Céline Steyer, celle qui murmure à tes oreilles
des récits d'aventures insolites, d'estimes de soie, de destins extraordinaires,
à travers des histoires vraies, de femmes qui ont osé faire de leur rêve une réalité.
Des histoires pour t'aider à grandir en confiance et trouver ton propre chemin.
Bienvenue sur Nouvelle Céroïne, le podcast des filles qui osent révécrans.
Elle est une nouvelle héroïne, Virginie.
Née en 1985, près de la ville de Nice, sous le soleil du sud de la France,
dans un monde où la musique s'écoute encore sur un walkman
et que les séries se regardent en VHS.
Virginie grandit dans une petite ville appelée Vence,
nichée entre les collines et les côtes asurées,
avec un grand frère protecteur et une petite sœur pleine d'énergie élevée par une maman
qui élève seule ses trois enfants.
Dans cette fratrice soudée, l'amour de leur maman les enveloppe chaque jour,
même si les câlins eux restent rares.
Car chez lui du beau, on n'est pas très démonstratif, mais qu'importe.
L'amour se sent dans chaque geste et chaque attention.
Virginie est la cadette du milieu, ni l'aîné responsable, ni la Benjamin Choyille.
Avec son grand frère et sa petite sœur, elle forme un trio soudé,
même si les chaméaries sont demi-aises,
surtout quand il s'agit de se partager les rares galins de leur maman.
Beaucoup plus grandes que petits, Virginie rêve de paillettes et de musiques.
Elle veut devenir danseuse, pas n'importe laquelle.
Elle rêve de danser derrière ses idoles, baritnes, pierres et laurées,
et sentir le public vibrer au rythme de ses moulons.
Elle enchaîne les cours de danse classiques, les galas fin d'année,
les chorégraphies répétées, inlassablement dans le salon.
Quand l'obscurité de la nuit enveloppe la Chambre de Virginie,
que les ombres s'étirent et que le silence prend la place du jour,
elle se glisse sous ses draps.
Elle termine un chapitre, des malheurs de Sophie
ou des petites fies modèles de l'acontesse de ses lieux, ses livres préférés.
Aux murs, face aux postères de l'Ori,
elles ferment les yeux et laissent son esprit s'envoler.
Là, sur la scène du zénith, les lumières s'allument,
les paillettes tourbillones et Virginie danse, danse, danse derrière son idole.
Beaucoup plus grandes que plus vraiment petites,
Virginie aurait bien laissé la adolescence sur le pas de la porte de la maison.
Dans la cour du collège, elle observe les autres filles,
les meneuses et autres ficoules.
Elles, elles remportent la médaille de la première de classe.
L'été de ces 14 ans, Virginie se prépare pour son galate fin d'année.
Face au miroir, elle enfile un pantalon, une brassière courte.
Elle observe son corps mince, finement dessiné par ses nombreuses aînés de danse.
« Ah, ça va pas ! Mon ventre n'est pas assez fin.
Oh, on ne voit pas mes abdos.
Crap pas assez mince, pas assez mince, pas assez mince ! » se répète-t-elle.
Virginie veut que les projecteurs révèlent ces abdos parfaitement sculptés,
comme L'Ori et Brittany dans leurs clips.
Alors, elle décide de s'imposer une discipline stricte.
Des séances d'Abdo, matin et soir,
une alimentation mesurée, calculée, pas 1 calorie de plus.
En un mois, elle perd 5 kilos, ce qui est énorme pour un corps d'adolescent de son âge.
Le jour du spectacle approche.
Virginie se regarde avec cette brassière courte et ce pantalon est insolent dans le miroir.
« Ah, je suis parfaite ! »
Le galas se passe à merveille.
Virginie est ravie.
Le jour des résultats du bac de son frère et pour la première fois depuis plusieurs semaines,
Virginie va au restaurant et avale pizza et glace,
face à tous ses maids dont elle s'était privée, elle cède.
Ce jour-là marque le début d'une spirale de crise de boulemy,
comme si tu ressentais un grand vide comme un trou dans ton ventre qui ne voulait jamais se refermer.
La boulemy, c'est un peu comme si pour complé ce vide,
tu mangeais beaucoup, beaucoup d'un coup, même si tu n'as pas vraiment faim,
même si ça fait mal au ventre après.
C'est un peu comme une envie incontrôlable qui pousse à manger des choses qu'on aime,
mais tellement vite qu'on ne les savoure même pas.
Parfois, après avoir beaucoup mangé, on peut se sentir triste ou en colère contre soi-même,
parce qu'on n'a pas pu s'arrêter.
C'est une sorte de bataille entre notre cœur et notre corps,
où on essaie de remplir un vide ou de calmer une émotion en mangeant.
C'est une maladie et il faut en parler à des adultes de confiance.
Virginie ne vomi pas, elle garde tout et son corps s'alourdit sous le poids des kilos,
comme un fardeau qu'elle ne peut pas fuir.
Parfois, en un mois, elle prend jusqu'à 12 kilos,
emporté dans un tourbillon de honte et de désespoir,
cherchant encore et encore à remplir un vide que rien ne semble combler.
Ce qui avait commencé par un simple souci de bien paraître pour un gala de danse
se transforme en une bataille intérieure.
Les kilos, perdus, repris, perdus encore, lui volent son insouciance.
Elle essaie de trouver un équilibre, de plaire aux autres, de se plaire à elle-même,
mais cette quête s'avère bien plus complexe qu'elle ne l'avait imaginée.
Virginie finit par renoncer à la danse pour emprunter un autre chemin,
celui des études de commerce après son baccalauréat.
Elle essaie de se trouver une nouvelle place dans le monde du luxe,
un autre monde de paillettes.
La petite fille, au rêve de danseuse,
se transforme en une jeune femme d'affaires sophistiquées,
se fraillant un chemin dans des maisons de renon comme Vuitton, Cartier et Chanel.
Petit à petit, le vide qui l'étouffe se comble à nouveau par le glamour de ses marques de luxe.
Elle travaille à Paris où elle vit au rythme des soirées de la fashion week,
des voyages, des accessoires de luxe qui lui offrent un semblant d'accomplissement et d'épanouissement.
Mais, au fond d'elle, une partie de Virginie reste insatisfaite.
Elle commence à se sentir prisonnière de ce monde d'apparence
qu'il avait fait plonger pendant son adolescence.
Elle ressent alors le besoin de s'échapper, de retrouver quelque chose de plus vrai, de plus simple.
C'est alors qu'elle prend une décision radicale.
Elle se souvient que ces dernières années, elle avait été heureuse pendant six mois,
lors de son séjour au Mexie en Amérique latine.
Alors elle troque ses talons aiguilles pour des sandales,
ses robes de soirée pour des t-shirts de seins et s'envolent pour l'Amérique latine
avec, comme seul appara, un sac à dos.
Loin des paillettes, elle veut renouer avec elle-même, redécouvrir la simplicité, l'authenticité.
Pendant des mois de voyage, Virginie explore l'Argentine, Chilly, l'Uruguay, le Pérou,
grimpe les montagnes de Bolivie, traverse les paysages verdoyants de Colombie.
Elle se laisse guider par ses envies et ses rencontres,
prenant la route dès qu'une destination l'appelle.
Elle se sent libre, sans horaires ni comptes à rendre.
Mais voyager seul n'est pas sans défi.
Les choix, les incertitudes, tout cela peut peser.
Pour quelqu'un de si indécis que Virginie, chaque nouvelle route est comme un petit défi à relever.
Au fil des kilomètres, ses troubles alimentaires s'apaisent un peu,
même si certains persistent en arrière-plan.
Elle a appris à vivre avec, à continuer d'avancer malgré tout, et à sortir de sa zone de confort.
En Bolivie, dans la fameuse Desse-Vallée, la Vallée de la Mort,
elle descend les 64 kilomètres de la route la plus dangereuse du pays, à Vélos,
cramponnée au guidon.
Elle a la seule fille du coup, et malgré la peur, elle adore chaque instant.
Au Pérou, elle se lance dans la session du Machu Picchu.
Partit à 4h du matin, elle gravit les pentes fatiguées mais heureuses jusqu'au sommet
pour découvrir une vue qui semble suspendue entre ciel et terre.
Au Chili, elle gravit le volcan Pucon, encore en activité et recouverte de neige.
Alors, au Costa Rica, elle décide de poser quelque temps ses valises
pour prendre des cours de surf, le sport national du pays.
Elle avait déjà un peu fait de planche à voile au Grésil, mais pour le surf, c'est une première.
Elle prend un cours particulier avec un professeur, et après quelques bases, Virginie se lance dans l'eau.
Première vague, parfaite.
Deuxième vague, encore mieux.
Troisième vague.
Virginie vient de chuter.
Sa planche de surf, qui est accrochée par un lien à la cheville, lui tape dans le cou très fort.
Sa tête est propulsée au fond de l'eau, qui est peu profonde car elle est en bord de plage.
Virginie est consciente, mais son corps ne répond plus.
Elle se noie, sans l'eau envahir ses poumons.
Sur la plage, des touristes assistent au drame, et un des leurs est un médecin américain qui la sort immédiatement de l'eau.
Virginie ne respire pas pendant dix minutes et avaler beaucoup d'eau salée.
Les secours arrivent et l'emmènent à l'hôpital.
Ce jour-là, Virginie a côtoyé la mort.
A l'hôpital de Saint-Rosé, capitale du Costa Rica, son cœur bat encore.
Et elle se réveille, mais pas son corps.
S'ensuit ensuite, un combat, car Virginie n'a pas d'assurance.
Et au Costa Rica, une hospitalisation coûte très très cher.
Sa famille est prévenue par l'ambassade et arrive sur place.
Après huit jours, de galères administratives, de machines et de tuyaux,
Virginie se retrouve allongée, dans un avion médicalisé, direction Paris.
Dans son esprit, se retour à Paris et synonyme de guérison.
Bon, ok, c'est grave, mais à Paris, ils vont guérir dans cette âme.
Arrivé à Paris, Virginie fait face à la duréalité.
Des trappes légies, un mot qui résonne comme une sentence,
un mur infranchissable.
Elle, l'aventurière, la danseuse dans l'âme,
se retrouve piégée dans un corps qui ne répond plus.
Sa soeur, son frère et sa mère, sont à ses côtés.
Car le mot « tes trappes légies », Virginie ne l'entend pas tout de suite.
Un soir, un interne arrive dans sa chambre et prononce ces deux mots.
« Fautoeil roulant ».
« Mademoiselle, vous serez en fauteuil roulant ».
Voilà ce que veut dire ce mot « tes trappes légies » que je dois vivre en fauteuil roulant.
C'est le choc.
Comment accepter qu'elle ne pourrait plus marcher,
qu'elle dépendrait des autres pour les gestes les plus simples ?
Les premiers mois, son sombre.
Pourtant, chaque jour, Virginie puise en elle une force insoubsonnée.
Elle se nourrit de l'amour de ses proches,
en particulier de sa soeur, son ange gardien,
qui se tient à ses côtés à chaque étape,
sans jamais verser dans l'appétit.
Virginie rit parfois pour ne pas pleurer.
Elle plaisante sur ses essais infructueux de faire bouger un doigt, un orteil.
Puis, petit à petit, son corps commence à répondre.
Un orteil qui bouge, une main qui se soulève,
des progrès si minimes, mais qui pour elle représente des montagnes.
Ces petits mouvements lui redonnent de l'espoir.
Et elle se fixe des défis, même infimes,
comme un marathonien fixant la ligne d'arrivée au loin.
Chaque petit progrès est une victoire sur son corps, sur son destin.
A la sortie de l'hôpital, Virginie est pressée de retrouver sa vie d'avant.
Bien sûr, elle s'essouffle plus vite quand elle parle.
Elle se fatigue aussi vite.
Des personnes viennent l'aider le matin et le soir.
Elle n'est pas du tout autonome, avec son fauteuil au long.
Et cette nouvelle vie n'est pas compatible avec l'ancienne.
C'est un deuxième choc pour Virginie.
Cet accident est arrivé il y a six ans.
Virginie avait 32 ans.
Dans cette nouvelle vie, elle a dû réinventer son quotidien, ses projets, ses rêves.
Elle s'est rapprochée du théâtre,
a découvert une nouvelle forme d'expression
qui lui permettait de raconter son histoire,
de toucher les gens.
Elle a aussi rejoint, comme les autres,
une association qui accompagne les personnes handicapées dans des activités extrêmes.
Et grâce à cette association,
elle a fait du jet ski, du parachute,
prouvant à elle-même et au monde que rien n'est impossible.
Aujourd'hui, Virginie est devenue une figure inspirante
sur les réseaux sociaux, en particulier sur LinkedIn,
un réseau où tes parents parlent de leur travail.
Elle partage son histoire, son quotidien avec un fauteuil roulant,
non pas pour susciter l'appétit,
mais pour inspirer et briser les tabous autour du handicap.
Elle veut rappeler aux jeunes filles
que même quand la vie prend un tournant brutal,
même quand elle semble insurmontable,
il y a toujours un moyen de se réinventer,
de trouver une nouvelle force, un nouveau rêve.
Virginie aime dire que son fauteuil roulant
est devenue une extension d'elle-même,
un symbole de résilience.
Elle n'a pas cessé de danser,
elle a simplement appris une nouvelle danse,
celle de la vie avec ses hauts et ses bas,
ses vagues imprévisibles.
Car Virginie ne s'est définie pas par son accident,
mais par sa capacité à transformer
chaque difficulté en opportunité de grandir,
de sourire, de rêver encore plus grand.
Cet accident a changé Virginie,
et elle le dit elle-même.
L'accident a réinitialisé mon palais,
je mange plus de tout de sucre,
je n'aime plus du tout des bonbons, les chocolats,
et je n'ai plus aucune pulsion depuis l'accident.
Ça, ça a été salvateur à ce niveau-là,
ça a été incroyable.
Après, il faut toujours faire attention,
parce que quand on est en fauteuil et qu'on est le précédent,
il faut faire attention à ne pas prendre trop de poids,
mais avec l'accident, j'ai perdu plus de 10 kilos,
beaucoup de muscles notamment,
et plus du tout de pulsion.
Donc ça, c'était incroyable, je ne sais pas comment l'expliquer,
mais ça me va bien.
Nouvelle héroïne.
Alors, chère nouvelle héroïne,
l'histoire de Virginie t'invite à dire
YOLO à la vie,
because you only live once,
et profitez parce qu'on ne sait pas de quoi demain sera fait.
Vivre au jour le jour, ok, c'est un peu cliché,
mais c'est vraiment ce que Virginie se dit chaque jour,
même si elle rêve de retourner en Amérique latine au Mexique,
le pays qu'elle aurait dû visiter,
juste après le Costa Rica.
Si elle avait une baguette magique,
elle rendrait tous les lieux absolument accessibles à tous,
que ce soit les théâtres, les restaurants, les bars,
les toilettes des bars, les moyens de transports,
les trottoirs,
pour que tout le monde aille même liberté.
Quand j'ai interviewé Virginie sur son histoire,
elle m'a accueilli chez elle,
et je lui ai posé cette question,
que répond-tu à un enfant qui vient te demander
pourquoi tu es en fauteuil roulant ?
Et voici sa réponse.
Je leur dis tout simplement que j'ai eu un accident
et que mes jambes ne fonctionnent plus.
J'adore les enfants parce qu'ils sont hyper spontanés,
ils sont trop mignons, bienveillants,
ils nous voient comme une attraction en fait,
avec le fauteuil électrique,
ils trouvent ça fascinant,
et en fait ils cherchent à comprendre.
Donc même une de mes meilleures amis a expliqué
à ses fils l'accident de surf que j'ai eu,
et donc les enfants racontent à leurs copains.
Donc c'est trop mignon, ils expliquent entre eux,
ils sont incroyables,
parce qu'ils font attention sur les trottoirs,
pour traverser, ils font toujours hyper attention
à moi quand ils sont avec moi.
Les enfants, ils sont incroyables.
Nouvelles héroïnes !
Nouvelles héroïnes !
Nouvelles héroïnes !
Voilà, c'était l'histoire de Virginie Dubault,
ou plutôt le début du premier jour
de sa nouvelle vie.
J'espère que ça t'a plu.
Si tu as aimé cette nouvelle histoire,
dis-le-moi en laissant un commentaire
et cinq étoiles sur Apple Podcast,
sur Spotify comme Maili,
du collège George Bragg,
Olympe, Nour, Juliette, Lisa, Melody,
Pauline et Louise,
en demandant à tes parents
de m'envoyer un message vocal
sur les répondeurs,
ou écrits sur Instagram.
Et avant de te laisser retourner à tes occupations
et rêver encore plus grand,
Nouvelles Héroïnes est aussi disponible en livre.
Tu peux le retrouver chez ton libraire préféré.
Je te mets tous les liens
dans la description de l'épisode.
Ton soutien est tellement précieux
pour continuer de raconter ces histoires
à encore plus de filles et de garçons.
Je compte sur toi pour en parler
à ton école, à ton cours de danse,
au théâtre, au football, à ta boulangerre
et même au contrôleur de bus.
Allez, à bientôt avec...
Nouvelles Héroïnes !
Nouvelles Héroïnes !
Nouvelles Héroïnes !