Nouvelle héroïne.
L'histoire de notre nouvelle héroïne commence sur une côte belayée par les vents.
C'est sur les vagues de Haute-Mer que je t'emmène découvrir, Violette,
cette aventurière des mères qui vient de partir sur la célèbre course du Vendée Globe.
Je t'invite à larguer les amars pour la rejoindre sur son bateau.
Hello, je m'appelle Violette D'Orange, j'ai 23 ans et je me lance pour l'aventure du Vendée Globe.
C'est le tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance.
C'est 85 jours en mer tout autour de l'interdit.
Nouvelle héroïne.
Salut toi, nouvelle héroïne.
Je suis Céline Steyer, celle qui murmure à tes oreilles des récits d'aventures insolites,
des stimes de soie et de destins extraordinaires à travers des histoires vraies
de femmes qui ont osé faire de leur rêve une réalité,
des histoires pour t'aider à grandir en confiance et trouver ton propre chemin.
Bienvenue sur Nouvelles Héroïnes, le podcast des filles qui osent rêver grand.
Nouvelles Héroïnes.
Elle est une nouvelle héroïne, Violette,
née dans une ville où le vent s'enliode et le sable chaud,
où le muesissement des vagues semble presque une berceuse.
Cette ville se nomme Rochefort et n'a rien à voir avec Jean
ou le fromage au large de Fort Boyard.
C'est une cité baignée par les éclats de l'océan
qui l'a accueilli comme une graine que le vent marin
aurait déposé sur une terre vertile, prête à pousser vers le large.
Son prénom évoque une fleur fragile, mais dès l'enfance,
Violette montre une force intérieure qui rivalise avec la mer.
Les parents de Violette sont vétérinaires et sont loin d'être des marins de douce
mais aiment ouvrir à leurs enfants les portes de l'océan.
Beaucoup plus petites qu'un ma de bateau, Violette rejoins ses frères et sœurs
au club de voiles les mercredis et samedi après-midi à La Rochelle.
Les grands sont à deux sur le catamaran et la cadette est seule
à manier le gouvernail de son optimiste.
Elle a six ans et au départ, elle a plutôt le mal de mer.
Papa, maman, la combinaison est trop collante, je suis toute mouillée.
C'est nul, la voile, c'est nul. Je suis la seule nana à l'entraînement.
Les vagues la balancent, le vent la fouette et son coeur d'enfant
se demande pourquoi elle se retrouve chaque mercredi
à affronter les caprices de la mer.
Et chaque mercredi, Violette y retourne, très nant du pied et de la pagaille.
Un jour, elle annonce à ses parents
« Bon, là, j'en ai vraiment marre, de chez marre, j'arrête la voile, je n'aime pas du tout. »
Violette, quand on commence quelque chose, on finit.
Alors finit ton année et on en reparle.
À la fin de l'année, elle y a une compétition, un critérium,
comme on dit dans le jargon du métier.
Non, rien à voir avec la mine de son crayon.
Violette franchit la première, la ligne d'arrivée,
avec son optimiste, qu'elle déteste ette-t-on.
« Ah, tiens, c'est chouette ça ! »
Bon, papa, maman, j'y réfléchis, j'ai peut-être retourné au cours de voile à la rentrée.
Dans la maison familiale, la voile n'est pas seulement impastant,
c'est une passion qui coule déjà dans ses veines,
surtout quand les histoires sont racontées par Jean-Pierre Dick,
un ami de la famille et grand marin du Vendée Globe.
Violette adore écouter les récits de ce vieux lune de mère
dans le fauteuil moelleux du salon aux côtés de son grand-frère et sa grande-sœur.
« Allez Jean-Pierre, encore une histoire ! Oh oui, on adore ton histoire ! »
Un soir, elle annonce à toute la famille.
« Moi, quand je serai grande, je ferai à la traverser de l'Atlantique.
Je ferai aussi le tour du monde. Je prendrai un an pour le faire.
Moi, je veux une vie incroyable.
« Ah bah oui, avec ton optimiste, ça va être un gros défi. »
En tant que vieux, en optimiste, c'est quand même un peu compliqué et dangereux.
Encore petite, mais pas trop quand même.
À 8 ans, Violette assiste au départ du Vendée Globe au sable de lune.
La navigatrice Samantha Davis, elle-là, rète à partir.
Violette la regarde avec émerveillement.
Samantha s'approche de la petite Violette et lui dédicace son t-shirt.
« Waouh, merci Samantha ! »
Violette le sait, c'est un signe.
À l'âge de 12 ans, Violette a l'honneur de représenter la France lors d'une compétition mondiale.
Elle forme une petite équipe de 5 navigateurs en optimiste, 3 filles et 2 garçons.
Il y a environ 300 concurrents venant des 4 coins du monde.
Chaque pays est représenté.
« Ah, c'est incroyable ce que peut offrir la voile ! »
Pour Violette, c'est le déclic, le tout début d'une passion.
Beaucoup plus grande, à l'âge de 15 ans, Violette se lance un défi.
Traverser la manche en optimiste.
Oui, dans ce bateau minuscule qui ressemble plus à un jouet qu'à un vaisseau des mères.
Traverser la manche de Cherbourg à l'île de White.
Ses parents la soutiennent.
Et l'idée de cette aventure devient un projet de famille.
Surtout pour son papa, qui cultive ce grain de folie chez sa fille.
Sa maman préfère garder ses orteils au sec.
La veille de son départ, les étoiles brillent intensément au-dessus de l'île de White
où elle passe la nuit avant son péril.
Elle sait que le vais du jour, elle sera seule.
Mais pas tout à fait.
Au fond d'elle, l'océan est déjà devenu un ami.
À 3h du matin, Violette est à bord de son bateau.
Allez, un coup de gouverneur et c'est parti !
La traversée commence dans la paix non.
Avec pour seule lumière celle de la Lune.
Chaque clappetit, chaque éclat d'écume est un mur-mur de la mer.
Violette est une minuscule silhouette face au géant des eaux.
Oui, les cargo et les ferries qui, de loin, la regardent avancer.
Elle n'a que son optimiste, mais elle avance.
Au milieu de la manche, les vagues commencent à être plus importantes.
Le contrevent augmente les vagues et elle est obligée d'en fourner une fois, deux fois.
Vite, vite, le bateau se remplit d'eau.
Il faut que j'écope au plus vite pour que le bateau remonte.
Vite, allez, Violette, encore un effort !
Derrière elle, son papa l'observe, un brin se pressé.
Oui, parce qu'il a su en bateau.
Il sait qu'elle va y arriver et qu'elle va repartir.
C'est bon, après dix minutes, elle repart.
Ah, soulagée !
La manche est traversée après quinze heures en mer.
Violette a goûté à l'inconnu et à l'indépendance et rien ne pourra l'endettourner.
La même année, elle décide de traverser le détroit de Gibraltar entre l'Espagne et l'Afrique du Nord.
Au départ de cette traversée, le vent est faible et Violette perçoit déjà l'autre côté.
Pourtant, ce qu'elle recherche, ce n'est pas devoir à l'arriver,
mais de sentir la liberté que l'on ne trouve qu'en pleine mer, là où le ciel et l'eau se rejoignent.
En elle, c'est un feu, une force tranquille qui s'allume.
Elle sait désormais qu'elle est destinée au grand espace, aux eaux lointaines, aux tempêtes.
Ce jour-là, elle comprend que son chemin ne sera pas celui des compétitions classiques,
mais celui des longues traversées, des océans infinis.
Et l'idée d'un tour du monde commence à faire son chemin dans son esprit.
Sur les bandes du lycée, elle choisit la filière Sport et Tudes pour combiner voiles et études scientifiques.
Violette sait que pour réaliser son rêve, elle doit avoir plusieurs compétences,
et celle d'un ingénieur sont nécessaires.
Alors elle intègre l'INSA AREN, une école d'ingénieur qui lui permet donc de devenir ingénieur.
A 18 ans, Violette décide de franchir une nouvelle étape, la mini-transette,
une course en solitaire à travers l'Atlantique, qui n'a rien de mini,
parce que pour y participer, elle est obligée de faire plusieurs compétitions au préalable.
Elle se prépare avec rigueur, sachant que cette fois, l'océan lui demandera bien plus que de l'audace.
Mais la première étape de la mini-transette vit au cauchemar, car Violette perd son électronique de bord.
En d'autres termes, elle va tenir la barre sans arrêter, car le pilotage automatique ne marche plus.
Sur son bateau, seul au milieu des vagues, elle affronte la nuit, le silence et la solitude.
Elle se met à halluciner toute la nuit et pendant la troisième journée.
C'est bon, à la tombée de la nuit, elle arrive enfin à joindre quelqu'un.
Elle reprend ses esprits.
La mini-transette lui ouvre les portes de la course au large et un rêve, sans craint en elle,
aussi profondément que les racines d'une plante sous-marine, le vent des globes.
Cette course mythique autour du monde, elle veut la tenter, elle veut, elle aussi,
être de celles et ceux qui ont vu les capes, les tempêtes du Sud, les vagues des cinquantième rugissins.
Avant de repartir, elle s'entraîne sur la solitaire du Figaro,
une autre course au large, très prestigieuse, qui sera un super tremplin pour Violette.
Chaque traversée est une école, chaque tempête un professeur.
Elle apprend la patience, la résilience et surtout l'art de communier avec l'océan.
Ces navigations l'emmènent sur quatre traversées de l'Atlantique,
chacune plus intense, plus exigeante que la précédente.
Ça y est, on est en 2024.
Le départ du vent des globes approche.
Et Violette sait que ce sera une épreuve immense, mais elle n'a jamais été aussi prête.
Parce que Violette, elle n'a pas peur en plein mer, au contraire.
Mais bon, avant de prendre le départ, il faut trouver des sponsors, de l'argent, une équipe
et surtout le bateau, parce que bon, en optimiste, ça va pas vraiment le faire le tour du monde.
Pour trouver des sponsors, elle lance sa chaîne sur YouTube,
où elle documente toutes ses traversées et s'entoure d'une équipe pour l'aider.
Et puis un jour, elle reçoit un appel d'un vieux loup de mer.
Un marin légendaire, c'est Jean-Luc Ham.
Bonjour Violette, j'aimerais beaucoup vous prêter mon bateau pour votre rêve.
Un geste qui ressemble à une bénédiction pour Violette.
En même temps, elle se prépare avec sa préparatrice mentale, en faisant de la sophrologie,
en apprenant à gérer ses émotions, à gérer l'ennui, parce que 3 mois en mer, c'est long.
Et surtout, à gérer la peur. Parce que là, elle te dit qu'elle a pas peur,
mais peut-être qu'en plein mer, avec une houle de 6 mètres de hauteur,
elle aura peut-être un peu peur quand même.
Pour ce premier Vendée Globe, son objectif est de franchir la ligne d'arrivée.
Car Violette pense déjà à 2028 et un nouveau Vendée Globe.
Elle veut marcher sur les pattes d'une de ses idoles, Helen Marcartur,
qui avait réalisé un tour du monde à la voile en solitaire, en 71 jours, à peine.
Batons ainsi le record toujours confondu.
10, 9, 8, 9, 10, 6, 5, 4, 3, 2, Top départ Vendée Globe 2024.
Vous partez sur une course mythique, l'évresse des mers.
On vous souhaite bon vent, on vous souhaite beaucoup de plaisir sur l'eau.
On vous souhaite aussi de partager ces moments-là avec les millions de personnes qui vont vous suivre.
C'est la fierté de voir ces marins s'élancer sur cet océan.
Cette histoire est publiée le 13 novembre.
Et Violette est partie le 10 novembre sur son bateau Hubert.
Oui, Hubert, c'est le prénom, pas le livreur du pizza ou la plaquette de beurre.
Hubert, c'est le bateau de Jean Le Cam.
Souviens-toi, celui qui voulait voir la jeune Violette reprendre le flambeau.
Et je le cite.
La valeur n'attend pas le nombre des années.
Quand Violette est venue nous voir pour nous parler de son projet,
de participer au Vendée Globe, nous avons été séduits par ce petit bout de femme à la tête bien faite.
Sa passion pour la compétition, son engagement et sa persévérance dans des courses très exigeantes,
comme la solitaire du Figaro, parle pour elle.
Hubert est entre bonnes mains, il est un compagnon fiable et franc, taillé pour le long cours.
Je sais que Violette le respectera et l'aimera comme je l'ai fait.
A 23 ans, Violette a pris le départ du Vendée Globe 2024, à bord du berre,
faisant partie du top 3 des meilleurs bateaux à dérives de la classe.
Pour te donner quelques caractéristiques de la bête, c'est 18 mètres de long,
6 mètres de large avec un mat de 29 mètres et des voiles pouvant peser 130 kg.
A bord, elle embarque avec elle 300 kg de voiles, une bouée des extracteurs,
des fusées, des balises GPS, 2 détresses, une combinaison, un radeau de survie,
un téléphone satellite, un beaudrillier, un gilette autogonflant,
une lampe torche individuelle, des vêtements ultra chauds et des plus légers,
un iPhone, un drone, du matériel vidéo, des livres du haut et peut-être les 80 histoires du podcast Nouvelles Héroïnes
et de quoi se restaurer avec des plats déshydratés.
Au départ de la ligne, Violette n'était pas seule.
Il y avait Clarisse Crémaire, dont tu peux écouter et lire l'histoire sur le podcast
et dans le livre Nouvelles Héroïnes et Samantha Davis,
celle qui lui avait dédicacé son t-shirt quand elle avait 8 ans.
Il y a 15 ans, car oui, à 23 ans, Violette est la plus jeune navigatrice à partir
sur le vent des globes et à avoir la chance de passer le Cap de Bonne Espérance et le Cap Horn.
Violette, toutes les nouvelles héroïnes te porteront dans cette grande aventure.
Ton rêve de petite fille.
Nouvelles héroïnes ?
Alors, chers nouvelles héroïnes, l'histoire de Violette te montre encore une fois
qui n'est jamais trop tôt pour rêver grand
et elle t'apprend que la liberté se trouve au delà de la peur,
là où l'horizon semble infini,
que les rêves de Violette te rappellent que la vie est un océan de possible
pourvu qu'on n'ose si aventurer.
Nouvelles héroïnes !
Voilà, c'était l'histoire de Violette d'Orange
ou plutôt le début de sa grande histoire sur les mers.
J'espère que ça t'a plu.
Si tu as aimé cette nouvelle histoire,
dis-le-moi en laissant un commentaire et cinq étoiles sur Apple Podcast,
sur Spotify comme Mail.ly du collège George Brake,
Olympe, Nour, Juliette, Lisa, Melody, Pauline et Louise,
ou en demandant à tes parents de m'envoyer un message vocal
sur le répondeur ou écrit sur Instagram.
Et avant de te laisser retourner à tes occupations
ou rêver encore plus grand,
Nouvelles héroïnes est aussi disponible en livre.
Tu peux le retrouver chez ton libraire préféré ou en ligne.
Je mets tous les liens dans la description de l'épisode.
Ton soutien est tellement précieux
pour continuer de raconter ces histoires
à encore plus de filles et de garçons.
Je compte sur toi pour en parler à ton école,
à ton cours de danse, théâtre, football, à ta boulanger
et même au contrôleur de train.
A bientôt avec...
Nouvelles héroïnes !