
"Bianca, et la machine à fabriquer le hasard", par Pauline Klein
Durée: 10m20s
Date de sortie: 25/10/2024
durée : 00:10:20 - Une histoire et... Oli - Pauline Klein est romancière et chroniqueuse dans la presse. Elle raconte l'histoire de Bianca, qui fait une découverte extraordinaire dans sa maison : une machine qui se met en route la nuit, et qui fait que le lendemain, les choses ne se passent pas comme prévu…
Bonjour ! Je suis Pauline Klein et je vais vous raconter l'histoire de Bianca et la machine à fabriquer le hasard.
Comme tous les matins, Bianca doit sortir de son lit, trouver un pantalon et attendre son petit déjeuner.
Comme tous les matins, sa mamite a lui demande dix fois de mettre ses chaussures jusqu'à ce qu'elle le fasse vraiment.
Ensuite, elle lui demande si elle veut qu'elle lui porte son cartable et Bianca répond que non, ça n'est pas la peine.
Mamita répète toujours les mêmes choses, on dirait qu'elle ne se rend pas compte qu'elle l'a déjà dit la veille et qu'elle le redira le lendemain.
Parfois, c'est énervant.
Quand elle va à l'école, Bianca retrouve Marlowe sa meilleure amie.
La mamita de Marlowe aussi raconte toujours les mêmes choses, elle demande qu'est-ce que tu as mangé à la cantine mais surtout qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui et parfois c'est très énervant.
Il faudrait vraiment trouver quelque chose à leur répondre mais quoi ? Qu'est-ce qu'il peut bien se passer dans la journée qui mériterait d'être racontée ?
Alors Bianca se met à observer autour d'elle, elle regarde le surveillant demander si elle est l'heron et puis un peu plus tard la maîtresse dire descendez dans le silence.
Silence !
Mais comme elle, Mamita ne comprendrait sans doute pas ce que tout ça veut dire.
À la maison, Bianca regarde à nouveau autour d'elle.
Le vase est posée sur la table, le coussin sur le fauteuil, le chador sur le canapé.
Est-ce que tout est toujours exactement pareil se demande-t-elle ?
Où sont cachées les choses incroyables à raconter ?
Le soir venu, assise dans son lit, Bianca entend un bruit qu'elle connaît déjà mais qu'elle écoute attentivement.
Un renouement d'abord, lent et faible.
Mais qui s'accélère de plus en plus vite, de plus en plus bruyamment, avant de faire carrément vibrer le sol de la maison.
Tellement fort que le chat d'étal se met à courir dans tous les sens.
Elle croit en mente entre les objets de la maison tremblée, peut-être même se déplacer et voler dans les airs.
Le lendemain, Bianca remarque que les choses changent légèrement.
Son t-shirt avec un avion dans le dos est introuvable.
Ces chaussures sont un peu trop petites.
Il n'y a plus de céréales au chocolat.
Et quand elle arrive dans la cour de l'école, Marlowe a renvoyé le ballon dans la tête d'un grand.
Catastrophe.
Mais si bien sûr, se dit Bianca.
C'est la machine que j'ai entendu cette nuit qui fabrique tout ça.
C'est une machine à fabriquer le hasard.
Un peu plus tard dans la journée, Bianca annonce la nouvelle à Marlowe.
J'ai fait une découverte incroyable.
Cette nuit, je suis restée réveillée et j'ai entendu le bruit de la machine à fabriquer le hasard.
Les parents s'en servent pour nettoyer les vêtements, mais si on écoute bien, si on regarde bien, c'est sûr.
C'est à cause de cette machine que les choses ne se passent pas qu'en prévu.
Écoute ce soir, si ça se trouve, tu en as une chez toi.
Qui se met en route la nuit et transforme les choses normales en choses bizarres.
De retour chez elle, Bianca court dans la salle de pain pour observer la machine.
Il y a plusieurs boutons sur lesquelles elle peut lire.
Cycle court, sans doute pour les choses qui arrivent vite.
Cycle long, pour les choses qui vont arriver dans plus longtemps.
Delica, pour les problèmes délicats.
Flocond de neige, si on veut partir à la montagne.
Prêt à repasser, pour les choses à les gens qui repassent tout le temps.
Et saurage, pour les choses qui fatiguent vraiment beaucoup.
Et puis un bouton avec une main dans une bassine.
Celui-là, elle ne comprend pas à quoi elle rime, mais ça doit être justement pour les choses imprévisibles.
Si elle appuie cette nuit en cachette sur le bouton Delica,
elle ferait sans doute un rêve agréable.
Et avec le bouton Sport, elle pourrait peut-être courir plus vite
et plus longtemps dans la cour à la récré.
Ce soir-là, lorsqu'elle entend le bruit de la machine à fabriquer le hasard,
Bianca se lève tout doucement et va appuyer sur les deux boutons Sport et Delica,
puis retourne dans son lit et s'endort.
Et le lendemain, magie.
À l'arrivée qu'elle glissait sur l'eau dans un bateau fusée et à l'école,
la récré lui paraît en effet bien plus long que d'habitude.
« Ça marche ! » lançait la Marlowe.
« J'en étais sûre. Ce soir, j'appuie sur est saurage. »
Elle appuie sur un bouton pour voir ce qu'il se passera le lendemain.
En appuyant sur Delica, elle réussit à contrôler ses rêves.
Ses chaussures sont remplacées par des bonnes à sa taille.
Grâce à repassage, le paquet de céréales au chocolat vide est remplacé par un nouveau.
Et Marlowe l'attend systématiquement dans la cour.
Un soir où elle appuie sur le bouton avec la main dans une bassine,
le lendemain, elle retrouve son t-shirt avion et il y a même des frites à la cantine.
Grâce à elle, le cours des choses change et surtout, elle a toujours quelque chose à raconter à sa mamita.
Mais un soir, alors que Bianca appuie sur le bouton avec un flocon de neige,
la machine s'arrête brusquement.
Elle essaie le gros bouton marche-arrêt.
La machine fait un drôle de bruit, comme si elle criait au secours.
Bianca regarde à travers le hublot sa mousse, ses toublons et sa tremble.
La machine ne veut plus fabriquer de bazar et elle s'arrête pour de bon.
Le lendemain matin, quand mamita vient la réveiller, Bianca est très inquiète.
Elle ne se souvient plus de son rêve.
Mamita vide le paquet de céréales avant de le jeter à la poubelle et d'ailleurs,
elle a l'air énervée et c'est sans doute de sa faute, se dit Bianca.
Une fois à l'école, elle arrive prudemment dans la cour.
Je crois que j'ai cassé la machine, confitait la Marlowe.
Les deux amis regardent discrètement autour d'elle.
« Y a un truc bizarre, non ? » demande Bianca.
On dirait qu'il ne se passe plus rien du tout.
Le samedi matin, Bianca aperçoit mamita accroupie devant la machine cassée.
Elle a l'air très inquiète, elle aussi.
Elle claque le hublot, appuie sur les boutons
et finit par ouvrir une petite porte secrète en bas à droite de la machine et soudain.
Des litres d'eau s'écoulent sur le sol.
« Oh non, pense Bianca, tout s'en va.
Tous mes rêves, toutes les bonnes nouvelles, les longues récrites, les frites, tous les heureux hasards.
Mamita, c'est une catastrophe. Je ne vais plus rien avoir à te raconter.
Mais enfin, pourquoi ?
Bon, dit Bianca, je vais t'expliquer.
Chaque fois que j'appuie sur un des boutons de la machine,
il se passe quelque chose de différent pendant la journée.
Mais si la machine a fabriqué le hasard et cassée, il ne va plus rien se passer
et je n'aurai plus aucune histoire à te raconter.
Mamita réfléchit un instant et dit.
« Écoute, à partir de maintenant, on va faire autrement.
Tous les soirs, j'appuyerai moi sur un bouton
et à la fin de la journée, tu devras deviner lequel j'ai choisi.
Le lundi matin, à l'école, Bianca regarde attentivement autour d'elle.
Elle se concentre pour vérifier si Marlowe ne renvoie pas le ballon dans la tête d'un grand.
Elle observe les feuilles des arbres brumus.
Elle retient ce qu'elle a mangé à la cantine.
Et écoute toutes les choses étranges que dit la maîtresse.
Et, à la fin de la journée,
Camamita demande, alors,
Bianca répond, je ne te raconte pas tous les sacrés hasards que tu nous as fabriqués aujourd'hui.
Et voilà, l'histoire est finie et maintenant, au lit.
Au lit est un podcast original de France en Terre.
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Oli
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