Nouvelles héroïnes !
Chers nouvelles héroïnes !
Cette semaine est très spéciale,
et l'histoire que tu vas écouter m'a touchée au coeur, en plein coeur.
Pourquoi ce 11 octobre sera la journée internationale des droits des filles ?
Une journée de lutte pour faire respecter les droits des filles dans le monde entier.
A cette occasion, j'avais envie de célébrer une jeune femme,
engagée, qui lutte tous les jours de l'année, depuis des années, pour faire respecter ses droits.
Parce que toutes les filles du monde devraient avoir les mêmes droits.
Celui de vivre librement, celui d'être libre de ses choix, celui de disposer de son corps,
celui d'être respecté, celui d'aller à l'école et de faire des études.
Tu vas entendre l'histoire de Fayvo Recké.
Elle est née et a grandi au Nigeria, un pays de l'Afrique de l'Ouest, entre le Bénin, le Niger et le Cameroun.
Un pays où les filles de ton âge se marient quand toi tu as la chance d'étudier.
Un pays où les filles ne vont pas à l'école parce qu'elles ont leurs règles.
Un pays où les punitions corporelles sont courantes dans l'enceinte de l'école.
L'histoire de Fayvo est celle d'une fille qui a connu des moments sombres,
d'incompréhension du monde qui l'entourait, devenu une jeune femme qui se bat pour faire de ce monde
un endroit où toutes les filles peuvent vivre librement.
Si je te raconte son histoire, c'est aussi pour t'encourager à porter ta voix,
parce que ta voix compte plus que jamais et ne l'oublie jamais.
Alors, place à l'histoire de la nouvelle héroïne du jour que j'ai rencontrée
grâce à Plan International France qui est à l'initiative de cette journée internationale des droits de vie.
Douvelles héroïnes.
Elle est une nouvelle héroïne née à Sapélé, dans l'état du Delta au sud du Nigeria en Afrique.
Avec un grand frère déjà bien installé, elle grandit dans un environnement
où l'éducation et l'entraide sont des valeurs fondamentales.
La maman de Fayvo, qui a dû abandonner l'école à 17 ans pour se marier,
est fermement convaincue que sa fille mérite un avenir meilleur.
Elle l'encourage et elle est à l'école, un rêve qui semble parfois fragile dans son pays.
Au Nigeria, beaucoup de filles de ton âge arrêtent l'école à la fin du CM2.
Pourquoi me demandera-tu ?
Les familles n'ont pas toujours les moyens de payer les frais de scolarité
et beaucoup de filles sont promises à un mariage d'elle-enfance.
Certaines abandonnent l'école après l'arrivée de leurs premiers règles,
ou parce qu'elles sont enceintes.
Alors même que l'adolescence vient à peine de pointer le bout de son nez.
Encore plus petite que pas trop grande, Fayvo se distingue par sa curiosité insatiable.
Elle adore les livres et la lecture.
Sa maman l'inscrit dans une école privée, car l'école publique est mal gérée au Nigeria.
Il n'y a pas assez de sièges en classe pour accueillir tous les enfants
et les enseignants sont abandonnés absents.
Mais ce n'est pas parce que Fayvo étudie dans une école privée
mieux structurée et plus coûteuse que les injustices sont effacées.
Les garçons sont systématiquement encouragés à être les meilleurs,
tandis que les filles, même celles qui excèlent comme Fayvo, sont moins valorisées.
Pourquoi une fille devrait être première de classe ?
Se demande certains parents.
Pourquoi payer-vous des cours particuliers à votre fille si elle arrête l'école à 10 ans ?
Demande ses mêmes parents à la maman de Fayvo.
Fayvo voit aussi ses copines quitter l'école primaire une par une,
soit parce que leurs parents ne peuvent plus payer, soit parce qu'elles sont destinées à se marier.
La société nigerienne, comme dans d'autres pays d'Afrique,
considère souvent l'éducation des garçons comme plus importante,
car ils sont perçus comme les futurs piliers de la famille.
Un jour, alors qu'elle n'a que 7 ans,
notre nouvelle héroïne, curieuse de tout,
se demande pourquoi sa réussite pose tant de problèmes.
Pourquoi les filles devraient-elles se contenter d'un rôle secondaire,
alors qu'elles peuvent exéler tout autant que les garçons, voire plus ?
Pourquoi ça gêne autant que je sois première de classe ?
Se demande-t-elle.
Un après-midi chez elle, Fayvo zap sur un reportage à la télévision.
Céline Agomès, une star internationale qu'elle admire, est ambassadrice pour l'UNICEF.
L'UNICEF, c'est une agence de l'Organisation des Nations Unies
qu'on appelle ONU, dont la mission est de protéger les droits des enfants,
d'assurer leur bien-être et de promouvoir leur développement dans plus de 190 pays.
Fayvo est fasciné.
Céline Agomès parle des droits des enfants et des inégalités qui existent dans le monde.
Céline Agomès est encore une adolescente, et fêz-vous ces sclames.
Si Céline a peut agir alors qu'elle est encore si jeune, moi aussi je peux le faire.
Elle décide qu'elle ne sera pas seulement une spectatrice de sa vie.
Non, Fayvo veut devenir une voix pour les autres filles qui n'ont pas eu la chance d'aller à l'école
ou qui sont forcées de se marier avant même d'avoir grandi.
Elle comprend alors que les enfants ne sont pas seulement destinés à écouter et obéir à leurs parents.
Les enfants peuvent prendre la parole et se battre pour leur avenir.
Peu de temps après cette découverte inspirante, la vie de Fayvo change brusquement.
Elle doit quitter sa ville natale de Sapélé pour déménager dans une autre ville, Benin City.
Tout change.
Son école, sa maison, ses amis.
Dans cette nouvelle école, elle se sent seule, exclue.
Les enfants ne la comprennent pas, et fêz-vous r'a du mal à s'intégrer.
La cour de récréation devient un lieu où elle se sent persécutée.
Le soir, elle doit rejoindre son grand frère dans une autre école.
Elle l'attend dans une pièce et un professeur beaucoup plus âgé qu'elle veille.
C'est alors que le pire se produit.
Elle a dix ans, et fêvaut révictime d'attouchement par ce même professeur, sur sa poitrine.
Sa maman l'avait toujours prévenue.
Personne n'a le droit de toucher ton corps.
Ses mots résonnent dans sa tête.
Fêvaut est terrifiée et honteuse et décide de garder ce secret pour elle.
Elle nous sparaît parler à sa mère, qui au même moment se sépare de son papa.
Non, je veux pas l'embêter. Elle a autre chose à penser.
Seule et perdue, elle pleure chez elle le soir dans son lit.
Elle pense même à l'impensable.
Mais une pensée l'arrête. Que deviendrait sa maman sans elle ?
C'est à ce moment précis qu'elle se fait une promesse.
Aucun autre enfant, aucune autre fille, ne devra subir ce qu'elle a vécu.
À l'aube de ses onze ans, elle avoue tout à sa maman.
C'est un moment très difficile, mais fêvaut en ressort plus forte et déterminé que jamais.
A partir de ce jour, fêvaut prend une décision. Elle se battra pour ses filles.
Elle devient militante, prenant la parole même quand la société veut que les garçons soient les leaders.
Elle est élue, déléguée de classe, bien que ce rôle soit habituellement réservé aux garçons.
Fêvaut sait que les filles au Nigeria, comme dans beaucoup d'autres pays, font face à des défis énormes.
Elles sont moins susceptibles d'être scolarisées, plus exposées au mariage précoce et moins valorisées dans le monde du travail.
Mais elle refuse de laisser ses obstacles l'arrêter.
Elle se rêve, avocat ou médecin, des professions où elle pourra changer les choses pour les autres filles.
Les aider, les protéger, soigner leurs mots par les mots, quoi qu'il arrive.
A l'âge de 12 ans, fêvaut rejoindre son père en France, au Blanc-Ménile, avec son grand-frère, tandis que sa maman reste au Nigeria.
Elle se retrouve alors dans un pays étranger, où elle ne parle pas la langue, sans sa maman, au moment où elle a le plus besoin d'elle.
Au collège, elle doit apprendre le français, une langue qu'elle ne connaît pas encore.
Mais c'était sans compter sur la persévérance de notre nouvelle héroïne.
Fêvaut s'accroche, encouragé par son papa à se concentre sur ses études, toujours première de sa classe, même dans ce nouveau pays.
Son esprit combatif ne la quitte jamais.
Après avoir obtenu son baccalauréat scientifique, elle s'inscrit à la faculté de médecine.
A l'université, lorsque l'unicef organise une vente de crêpes pour récouter des fonds, fêvaut ne peut s'empêcher de demander.
Comment fait-on pour rejoindre l'unicef ?
La réponse ne tarde pas. Il faut réussir ce concours de médecine.
Son rêve de devenir médecin se dessine plus clairement. Fêvaut travaille. Travaille nuit et jour.
Oublie ses amis. Oublie sa vie.
Mais malgré ses efforts, fêvaut échoue au concours. C'est un coup dur.
Mais fêvaut, ce n'est pas possible. Comment as-tu fait pour rater alors que tu as toujours été première de classe ?
Dis son papa.
Après l'échec du concours de médecine, fêvaut décide de prendre une nouvelle direction.
Elle valide son année de licence et s'engage pour un master en management des organisations sanitaires et sociales.
Même si son rêve initial s'est éteint, elle reste déterminée à trouver un moyen d'aider les autres.
Un jour, un appel téléphonique change tout.
C'est le président de l'UNICEF Paris 13.
Fêvaut est appelé à rejoindre l'organisation et à jouer un rôle actif sur le terrain auprès de celles et ceux qui ont besoin de protection et de justice.
Son engagement pour les droits des enfants et des filles devient alors sa mission de vie.
C'est le premier jour du reste de sa vie de femmes engagées.
Elle rejoint à 23 ans le comité exécutif du plan des jeunes de plan international France pour être sur le terrain et agir pour les filles.
Elle se forme au droit des enfants. Elle se déplace pour parler à d'autres jeunes.
Elle veut faire évoluer les choses dans un monde dans lequel elle a envie de vivre.
Elle veut se rendre dans des zones où les filles sont oubliées, où leurs droits sont bafoués.
Pour leur dire, vous n'êtes pas seul, nous ne vous oublions pas.
A l'été 2024, elle se rend au Cameroon, un pays limitrof de son pays natal, le Nigeria.
Sa mission en lien avec plan international France et le plan des jeunes vise à sensibiliser sur une pratique méconnue mais alarmante.
Le repassage des seins
Le repassage des seins est une pratique consistant à aplatir la poitrine des filles,
souvent à l'aide d'objets chauffés comme des pierres, des spatules ou d'autres ustensiles chauffés au feu.
L'objectif, selon ceux et celles qui le pratiquent, est de retarder le développement des seins
pour protéger les filles de violences sexuelles, de mariages précoces ou de grossesses non désirées.
Mais cette pratique a des conséquences physiques et psychologiques graves, telles que des brûlures, des infections, des traumatismes psychologiques.
Si les filles doivent continuer d'aller à l'école, cela ne doit absolument pas passer par une souffrance corporelle.
Févour se souvient des mots de sa maman, « Personne n'a le droit de toucher ton corps ».
Alors Févour porte sa voix dans les zones rurales du pays.
Elle discute avec des filles de ton âge pour qu'elles connaissent leur droit, pour qu'elles aussi puissent agir et élever leur voix
quand un comportement leur semble anormal.
Févour s'était juré qu'aucune fille ne devait subir ce qu'elle avait vécu quand elle était petite.
Et même si elle se sent extrêmement chanceuse de n'avoir pas été forcée de se marier à 10 ans comme ses copines,
le chemin est encore long pour interdire ce genre de pratique en Afrique.
Alors chers nouvelles héroïnes, Févour a la preuve vivante que même face aux plus grandes épreuves,
il est possible de se relever et de devenir une force de changement.
Son parcours est celui du nouvel héroïne, une jeune fille qui a refusé de se laisser écraser par les attentes de la société.
Elle a décidé d'agir, non seulement pour elle-même, mais pour toutes les filles qui, comme elles, rêvent d'un avenir meilleur
et surtout pour celles qui n'osent même pas le rêver.
Son histoire inspire les jeunes filles du monde entier à se battre pour leur droit, à ne jamais abandonner
et à croire en leur capacité à faire la différence.
Peu importe où l'on vient, ou les défis que l'on rencontre, chacune peut être une févour.
Et c'est à l'occasion de la journée internationale des droits des filles,
mise en place par l'ONU suite au plédoier de Plans international, que j'ai décidé de te compter son histoire.
Pour que tu sèches aussi qu'à ton échelle, tu peux agir pour changer la condition des filles.
Parce que févour a grandi au Nigeria, mais en France il existe encore beaucoup d'inégalités entre les filles et les garçons qui n'ont pas lieu d'être.
Alors, si tu fermes les yeux, je vais te glisser le message que févour m'a laissé pour toi.
Pour toutes les jeunes filles qui écoutent ce podcast, j'ai 3 conseils ou plutôt 3 messages à vous donner à faire passer.
Premièrement, ayez confiance en vous.
Ayez confiance en vous et en vos rêves.
N'ayez pas peur de vous exprimer, n'ayez pas peur d'agir.
Ne laissez pas de trop personne vous sous-estimer, ou même sous-estimer vos rêves, vos idées, ou même vos actions.
Parce que même les actions les plus petites peuvent provoquer des grands mouvements.
Ayez confiance en vous.
Prenez la place.
Deuxième chose, n'ayez pas peur de l'échec.
Ça peut être très difficile lorsqu'on est face à l'échec.
On se pose tellement de questions.
On a l'impression que le monde est fini, tout est fini.
Mais j'ai envie de vous dire, l'échec est une nouvelle porte qui s'ouvre en fait à nous.
Lorsqu'on est chou, le monde n'est pas fini.
Peut-être le monde qu'on avait connu se termine.
Mais un nouveau monde s'ouvre à nous.
Avec des belles rencontres.
Avec des mouvements magiques.
Avec des nouvelles causes qui peuvent nous motiver.
Donc ne vous laissez pas vous abattre pas l'échec.
Moi j'ai envie de dire à des filles qui ont subi l'échec.
Et qui ont eu mal à s'en sortir.
Lévez-vous.
Ce n'est pas fini.
C'est juste le début.
Pour terminer, j'ai envie de vous parler de quelque chose qui me tient vraiment à coeur.
Et c'est l'engagement.
Engagez-vous.
N'ayez pas peur de vous engager en faveur des causes qui vous tiennent à coeur.
Est-ce que c'est le doigt des filles ?
Est-ce que c'est le climat ?
Est-ce que vous voulez protéger les enfants, les animaux, la planète ?
Engagez-vous en faveur des causes.
Approchez-vous des associations comme Plan International avec l'équipe de plan des jeunes
qui défend les doigts des enfants, qui lutte contre l'illégalité des filles garçons dans le monde.
Si vous voulez vous engager, il y a le moyen pour le faire.
Donnez-vous aussi le moyen pour le faire.
Il y a un espace qui est ouvert aujourd'hui aux jeunes notamment.
Mais ça ne concerne pas uniquement les jeunes garçons.
Vous les jeunes filles, vous avez une place.
Votre parole a une place qu'elle doit prendre.
Vous voulez que le monde devient meilleur pour les jeunes filles et les jeunes femmes partout dans le monde aujourd'hui.
Vous avez une place en fait pour construire ce monde-là.
N'attendez pas avec les bras croisés que d'autres personnes viennent construire ce monde-là.
Ça commence aujourd'hui et ça commence avec vous.
Vous n'avez pas besoin d'attendre des années et des années pour pouvoir le faire.
Parce que comme j'ai dit, même les plus petites actions peuvent engendrer des grands mouvements.
Donc, mesdames, prenez place.
Le monde de demain, c'est un oeuvre de le construire.
Engagez-vous.
Parce que vos paroles, vos actions ont de la valeur.
Parce que vous, vous avez de la valeur.
Vous avez une force énorme.
Donc, ne vous laissez pas vous abattre par la peur.
On a besoin de vous.
On a tous besoin d'agir ensemble.
Pour construire ce monde de demain.
Ce monde où chaque femme, chaque fille peut répondre.
Leur place qu'elle veut.
Nouvelles héroïnes.