Oyez, oyez, vous écoutez l'épisode 4 de Clotilde et les animaux merveilleux.
Si au Moyen-Âge les enfants se faisaient plutôt discret dans le château d'Ardello,
aujourd'hui, il et elle sont au cœur des activités proposées au château.
Les familles sont toujours les bienvenues à Ardello.
Le lien parent-enfant, les merveillements de découvrir l'art et le patrimoine,
ainsi que le bien-être des petits et des grands,
est au centre des propositions de la programmation.
Au mois d'avril 2025, les tout-petits seront notamment invités à découvrir la musique,
dans le cadre enchanteur de ce lieu aux charmes victoriens entourés d'une nature protégée.
Un pur moment de joie en perspective.
Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur www.château-ardello.fr slash programmation.
Maintenant, Clotilde vous attend pour la suite de l'aventure.
Bonne écoute !
Un vent de mystère souffle sur les courtines du château.
Une ombre plane sur les ditours d'Ardello.
Une plume tombe rouge comme le feu.
Dans les boises à l'entour, à la nuit tombée, un douche en résonne.
Oyez, oyez, damoiselle et damoiseau du XIIIe siècle.
La fabuleuse histoire de Clotilde et les animaux merveilleux a bientôt commencé.
Clotilde regarde les flammes qui ondulent dans la cheminée comme des serpents de feu.
Elles projettent leur reflet doré sur les peaux et les bocots de la boutique de Theodoral à
la poticaire. En selme agit un tison dans les flammes.
Et dire qu'il y a quelques minutes, il était mourant dans son lit.
Neige a vraiment un pouvoir de guérison extraordinaire. C'est donc un caladrisus ?
Pense Clotilde.
Theodoral leur sert une tisane dans des tasses en tercuites.
Celle-ci a des reflets bleus.
Et à peine Clotilde a-t-elle plongé ses lèvres dans le provage qu'une douce chaleur l'envahit.
Elles se sentent calmes, paisibles et surtout prêtes à écouter les explications d'Encelme et de Theodoral.
Encelme prend la parole d'une voix tranquille.
L'oiseau que tu as trouvé est donc un caladrisus.
C'est un oiseau si rare que je pensais qu'il avait tout bonnement disparu de nos contrées.
De toute ma longue vie, c'est seulement la deuxième fois que je vois un oiseau de cette espèce.
Il a le pouvoir de guérir les maladies par le regard.
Lorsqu'il plonge ses yeux dans ceux d'une personne malade, il prend son mal.
Puis il va le brûler dans les rayons du soleil.
Theodora regarde Neige qui s'étendormit dans les bras de Clotilde.
Tu as beaucoup de sens d'avoir trouvé cet oiseau et il semble heureux en t'accompagner.
Comment le nourrit-tu ? demande la vieille dame.
Avec une pierre de lune.
Leur épons Clotilde en sortant la pierre de sa poche.
Theodora hoche la tête.
Oui, une pierre de lune c'est bien, mais en vérité n'importe quel pierre précieuse peut faire l'affaire.
Regardez.
Elle se lève d'un mouvement incroyablement souple pour son âge et ouvre le tiroir d'une petite commode.
Elle en sort deux pierres, une verte et une bleue.
Elle s'approche de Neige et pose les pierres juste à côté de lui.
Immédiatement, l'oiseau ouvre grand ses yeux argentés comme s'il avait senti la présence des pierres.
Il tend la patte vers les pierres et deux filaments, un vert et un bleu, sortent des gèmes.
L'oiseau laisse échapper un petit cri de satisfaction qui fait sourire tout le monde.
Attends, je crois que j'ai même un petit dessert pour toi.
S'écrit Anselm.
Il sort de sa poche un petit coquillage nacré.
Aussitôt, Neige relève la tête et se cabre en arrière.
Il saute sur le coquillage.
Un tourbillon blanc et brillant s'enroule autour de lui.
Il se met à scintiller comme une étoile.
Ventre bleu.
Mais qu'est-ce qui lui arrive ?
C'est un albéric.
Les caladriuses adorent la nacre.
Ils se nourrissent essentiellement de nacre, de pierre aussi, comme vous vous en êtes rendu compte.
Mais la nacre reste leur nourriture préférée.
Certains disent que c'est pour cette raison que l'on trouvait autrefois des caladriuses
dans les bois du comté.
L'océan juste à côté et les plages regorgent du coquillage nacré.
Explique Anselm.
Un petit silence flotte dans l'air.
Le regard de Clotilde se pose sur Théodora.
Elle a l'air plongée dans ses pensées.
Elle soupire doucement.
C'est vrai.
Il n'y avait pas que ces animaux que l'océan a tiré.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Demande Clotilde intriguer.
Un étrange sourire creuse le visage de Théodora.
Ces bois étaient parfaits pour les animaux merveilleux comme les caladriuses.
Il y avait tout.
De la mousse tendre, des arbres vieux de 500 ans, des ruies solides au pur et l'océan tout près.
C'était un refuge, un paradis.
Mais comment ça, les animaux merveilleux ?
Féjan enfronçant les sourcils.
Elle veut dire les animaux magiques, comme se décompte.
S'exclame Albéric.
Théodora hoche la tête.
Avant toute chose, il faut savoir que j'ai toujours habité le village de Condette.
Mes parents aussi, leurs parents avant eux, et ainsi de suite depuis des centaines d'années.
Toute ma famille.
Cette herboristerie est l'une des plus anciennes maisons du village.
Et je fabrique des tisanes et des ongans avec des recettes et des plantes
dont la plupart des gens ignorent l'existence.
Ajouter au Dora avec fierté avant de reprendre d'un ton grave.
Tout ce que j'ai appris, c'est un matante que je le dois.
Aliénor, une femme exceptionnelle.
Elle a passé sa vie dans les bois,
et elle connaissait chaque recoin de chaque feuille, de chaque plante,
de chaque bosquée de cette forêt.
Elle ne s'est jamais mariée.
Elle est restée libre comme le vent qui souffle sur la falaise.
Mais elle a eu de garçons, des jumeaux.
Merlin est gobert, mes cousins.
Elle a eu des enfants, son mari.
Fait albéric en ouvrant des urons.
Oui, oh bien sûr, les gens se sont moqués d'elle,
l'ont traité de sorcière.
Mais la vérité, c'est que personne ne s'est jamais attaqué à elle,
car ses couards, bas de poils avaient bien trop peur.
Elle vous regardait de ses yeux gris comme la mère un jour de tempête.
Et il fallait avoir le cœur pur comme celui d'un enfant
pour soutenir son regard.
Elle a élevé ses deux garçons dans les bois, toutes seuls.
Mais elle disait qu'elle n'était pas seule.
Théodora s'arrête.
Les enfants et en sel me sont suspendus à ses lèvres.
Même neige la fixe de ses yeux persants.
Théodora plonge son regard dans les flammes.
Elle disait que les bois étaient peuplés d'elfes et d'animaux merveilleux.
Des griffons, tête d'aigles et corps de lion.
Des salamandres qui ne craignaient pas le feu.
Des éales, chevaux au long de cornes.
Des phénix, des caladrius.
Et bien d'autres encore.
Où sont ces animaux maintenant ?
interroge Clotilde.
Théodora lève les mains vers le ciel.
Disparu.
Envolé, chassé par les humains et leur besoin de tout posséder
jusqu'à la destruction.
Allien Nord les a vus chasser dans les bois
pour le plaisir de ramener une corne déale,
les plumes d'un phénix ou un aspic,
un fabuleux serpent doté d'une escarboucle.
Elle en devenait malade.
Et puis un jour, elle aussi a fini par disparaître.
Elle et ses deux garçons.
Personne ne les a jamais revus.
La voix de Théodora se brise, elle se tord les mains.
Et les elfes ?
demande Jeanne timidement.
Les elfes ?
Je ne sais pas.
Personne ne les a jamais vus.
Je ne sais pas s'ils existaient
ou s'ils étaient le fruit de son imagination.
Soudain, Clotilde repense aux signes
gravées sur le grand chaîne dans les bois.
Jeanne, est-ce que tu as toujours cette pierre
sur laquelle tu avais recopié des signes ?
Jeanne hoche la tête et sort la pierre de sa poche.
Encelle me l'apprend délicatement dans sa main
et la regarde attentivement.
Oui, oui.
C'est une langue ancienne, assurément.
Très ancienne, mais...
Peut-être la langue des elfes.
C'est une idée.
Mais je ne pourrais pas l'affirmer.
En tout cas, moi je crois que les elfes
ont bel et bien existé dans ces bois.
Qu'importe après tout,
les bois ne sont plus que des bois ordinaires dorénavant.
Oh, on y trouve de belles plantes certes,
mais les animaux merveilleux ne sont plus qu'une légende
qui sera bien vite oubliée.
Sous pire Theodora.
La vieille femme ferme les yeux.
Clotilde a plein de questions qui se bousculent dans sa tête,
mais elle comprend que Theodora est fatiguée
d'avoir plongé aussi loin dans ses souvenirs.
Elle se lève et fait signe à ses amis qu'il est temps de partir.
On s'elle me les raccompagne jusqu'à la porte.
Merci.
Si je suis en vie, c'est grâce à vous, les enfants,
et à neige, bien sûr.
Ajoute-t-il, encarressant le bec de l'oiseau de sa main toute ridée.
Il s'apprête à refermer la porte de la boutique.
Mais voilà que Theodora surgit,
une minuscule fiol à la main.
Attendez, donnez, prenez ça.
J'ai comme l'intuition que cela pourra peut-être vous servir.
Tout au fond de la fiol repose trois toutes petites fleurs violettes.
Clotilde remercie Theodora et glisse la fiol dans sa poche.
Les enfants reprennent le petit chemin qui part en direction du château.
Les trois se sentent un peu agar et fatiguées.
Le chemin avance, silencieux sous la petite pluie.
Mais tout à coup, en longant le bois,
Alberic s'arrête.
Là, regardez !
S'exclament-ils en pointant du doigt une trace près d'un fourré.
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
C'est en printes ! Regardez !
Janne hoche les épaules.
Ben quoi, c'est un sabot ?
Un sabot de cheval, comme il en passe des dizaines sur ma sur ce chemin.
Mais Clotilde pose sa main sur son bras.
Elle sent son cœur qui palpite.
Non, Alberic a raison.
Regarde, elle brille !
Les trois enfants s'accroupissent pour regarder l'empreinte de plus près.
Mais oui ! Ça alors !
C'est comme si elle était éclairée de l'intérieur.
Les enfants se regardent.
Vous croyez qu'elle a été faite par un animal merveilleux ?
Demande Alberic sent vraiment oser y croire.
Comme... une licorne.
Sauf le Clotilde.
Ce dernier mot est sorti du fond d'elle-même,
comme une intuition, presque comme un rêve.
Elle se redresse et elle sent comme un petit frisson traverser son corps.
Un frisson d'espoir.
Les animaux merveilleux.
Une histoire d'envolée comté écrite par Lucille Petit.
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A lundi prochain pour la suite de l'aventure.