FANTASQUE !
Salut Roger !
Noël ? Pourquoi tu as une valise ?
Comme toi, je suis pensionnaire maintenant.
Ma maman a dit que c'est plus épanouissant pour elle.
Alors je vais dormir à la Grime Academy.
Trop chouette ! Tu veux partager ma chambre ?
Bah ouais, les autres je les aime bien mais ils sont trop calmes.
On les entend jamais, ça m'angoisse.
Il faut quand même qu'on profite de notre jeunesse.
Carrément ?
Coucou les garçons, on...
Tire en liène !
T'as pas trop chaud avec ton cul en poil ?
Non, ça me rappelle quand j'étais une renaarde en...
C'est vrai ça, tu sens la renaarde.
Les gardiens de pierre ne sont pas réveillés ?
Pas encore mais ça devrait plus tarder.
C'est drôle, les trolls quand ils dorment, on dirait juste des gros cailloux.
Ah c'est l'heure !
Oh !
Bonjour palcembre !
Bonjour !
Bonjour sconénie !
Bonjour !
Bonjour, comment ça va ?
Bon bon !
De quoi ça va parler le cinquième signe, d'après vous ?
Bah de monsieur Grime, il parle toujours de lui au final.
C'est toujours la même chanson...
Normal, c'est Grime, Hansel Grime.
Il est carrément 100 000 fois plus grand que la scène maritime.
Bah c'est un Grime, Grime, Grime, Grime, Grime.
Oui son nom à lui c'est bien Grime, Hansel Grime en...
Grime !
Grime, oui.
Oh, vous étiez là ?
Vous avez tout entendu ?
Évidemment, je suis... enfin vous le savez parfaitement.
Malgré tout, permettez-moi de vous accueillir dans les règles.
Bienvenue à la Grime Academy.
Welcome to the Grime Academy.
Bienvenue à la Grime Academy.
Aujourd'hui, comme il fait beau, nous allons faire la leçon dehors sur l'herbe de la cour d'honneur.
C'est l'ambiance détendue, dis-donc.
Vous avez même pas mis votre cravate ?
C'est encore un peu l'été.
Il n'y a pas besoin d'avoir un col chique dans les prêts.
Col chique dans les prêts.
Péro Coco va jouer ailleurs.
Asseyez-vous à l'ombre de l'arbre à Diblodocus,
tout en gardant vos distances pour ne pas vous faire assommer par un bourgeon.
Il est en fleur, on lui compte déjà deux têtes de plus.
Minus, voulez-vous bien fermer la grand porte s'il vous plaît ?
Bah j'ai dit s'il vous plaît.
Ce minoteur déteste obéir.
Heureusement j'ai une minothoritaire.
Il grogne mais finalement, il ne me quitte pas.
Oh et un bon !
Tu n'arriveras pas à me faire sortir de mes gonds, Coco.
Le soleil me réchauffe légèrement le visage.
Ça sent bon l'herbe coupée, je suis détendu.
D'ailleurs je te réponds plus.
D'ailleurs je te réponds plus, Coco.
Pour ce premier cours, mes chers élèves,
nous allons parler d'un monstre terrifiant qui vit dans un fleuve.
Quel fleuve ?
Comment ça, quelle... quelle importance ?
Vous devez citer vos sources, Keldi, ma maman.
C'est pour être sûr que vous ne racontez pas n'importe quoi.
On veut pouvoir vérifier, on...
Et pas tout répéter bêtement, Keldi, ma maman.
Vous avez l'esprit critique, c'est bien.
C'est bien, c'est bien, c'est bien ma veine tiens.
Ce fleuve, c'était lameuse.
Il prend sa source en France et va se jeter presque 1000 km plus loin dans la mer du Nord.
Et nous ne sommes pas là pour faire de la géographie.
La légende raconte donc qu'une créature maléfique iraude jour et nuit.
Alors c'est une légende du Nord ?
Légende du Nord !
L'animal que l'on dit malfaisant s'appelle le mawot.
C'est une sorte de lésar, mais gros comme un veau.
Ses écailles marron verdâtre le rendent indétectable dans la vase au fond de l'eau.
Mais parfois, il remonte à la surface et se jette sur la rive,
se précipitant sur vous comme un crocodile.
C'est un reptile de mauvais augure.
Ça venu annonce qu'une catastrophe est proche.
Il y avait une fois, un pécheur qui vivait dans une misérable hute près du bord de la meuse.
Tous les jours, le pécheur...
Comment il s'appelait ?
Euh... On ne l'appelait pas.
Il n'avait pas le téléphone.
Comme ça, personne ne le dérangerait, lui.
Tous les jours, il allait jeter son hamson,
mais il restait souvent bien des heures avant de prendre quelques poissons.
Par une belle après-midi d'été, alors qu'il baillait à s'en décrocher la mâchoire,
il vit disparaître tout à coup son hamson.
Et lui-même, manqua de se faire emporter tant sa prise était énorme.
Il tira de toutes ses forces, attirant à lui le mawot.
Tous deux étaient pétrifiés de peur, la prise comme le pécheur.
Et le monstre reptilien se mit à parler, à l'implorer.
Le temps supplie, laisse-moi la vie, rends-moi la liberté.
Le seul bien qui me reste, je ne te veux aucun mal.
Le pécheur entre en blanc libéral animal.
A la vue de ses innombrables dents pointues,
il fut pris de sueur froide et s'enfuit en hurlant de terreur.
Le mawot se lança brusquement à sa poursuite.
Voulait-il briser sa promesse et le manger ?
Le pécheur redoubla d'efforts et réussit à s'enfermer à clé.
Mais le mawot se mit à frapper à la porte de toutes ses forces.
Bomm, bom, bom.
Puis il proffera ses mots menaçants.
La guerre et la famine t'attendent.
Le pécheur fut miraculeusement épargné,
sa vieille bicoque était tellement délabrée qu'elle paraissait abandonner
et les soldats l'avaient ignorée.
Le pécheur recouvrant un peu de courage,
s'empara d'un harpon pour tuer la bête et briser la malédiction.
Il guetta le fleuve toute la nuit
et aperçut enfin, à la faveur d'un rayon de lune,
ses écailles luisant à la surface du fleuve.
Le pécheur voulu lui transpercer le dos,
mais sa peau était plus épaisse que les murs de mon château.
Le mawot fut blessé, mais pas mortellement.
Il lui restait suffisamment de force pour se retourner contre son assaillant.
Il le poussa à terre et l'écrasa de tout son poids.
Le monstre avait une haleine putride.
Le pécheur sentit sa mort prochaine.
Quand soudain, le mawot relacha son étreinte
et lui dit, calmement, avec des sanglots dans la voie,
je voulais simplement te prévenir.
Il glissa dans l'eau et disparut à tout jamais.
Ce n'est pas lui qui avait lancé la malédiction ?
Bien sûr que non.
Mais en parcourant le fleuve, il avait pu espionner les mouvements des envahisseurs.
Le pécheur, dépité, rentre à chez lui au petit matin.
Malheureusement, il croisa le chemin des barbares qui retournaient dans leur pays,
leur monture chargée de coffres édores et de pierreries.
Il capturèrent le pécheur et enfire leur esclave.
Il enchaînera une rame d'un petit bateau à fond plat
avec une grande voile rayée blanche et rouge que l'on appelle un drakar
et il l'obligera à rammer pour les ramener au royaume des vikings.
Les drakars, ça ressemble à un mawot.
Les vikings, ils sculptaient toujours une tête de monstre à la pro.
C'était leur marotte, oui.
Je dirais même une marotte marrante si personne m'arrête.
Peut-être que la confusion vient de là.
Les drakars et le mawot ont la même silhouette dans l'ombre.
Mais ce dernier prévenait des malheurs.
Il n'en était pas à l'origine.
Nous manquons de courage pour affronter la vérité.
C'est pourquoi nous préférons toujours nous attaquer
à ceux qui dénoncent les drames ou les infamies
plutôt que de combattre ceux qui les ont commis.
Ma mère, elle est marine pécheuse.
Elle dit toujours, nos âmes sont tordus,
mais moi, je suis ma ligne.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est le mawot !
Il vient nous annoncer un malheur.
Tu calmes, les enfants.
Je crois me souvenir que j'ai commandé un colis.
C'est un gros colis, alors.
Allez, c'est reparti.
Encore un mystère.
C'est toujours Hansel Grimm,
qui cherche partout par terre.
Pas le temps d'être assis.
Que ça sent le roussi.
Y'a pas de repos pour les héros.
L'histoire n'est jamais finie.
La Grimm Academy.
C'est toujours bibi.
Y'a pas de repos pour les héros.
L'histoire n'est jamais...
Finie.
Fantasque !