Oyez oyez et brave Jean, approchez, approchez ! Venez écouter le premier épisode de Clotilde
et les animaux merveilleux.
Dans le grand royaume de France, il est un endroit au mi le secret, le magnifique château
d'Ardeleau.
Pour cette 26ème histoire d'envoler compté, nous partons avec vous à la découverte de
ce château et de son histoire, qui a commencé il y a plus de 900 ans, au cœur du Moyen
Age.
Aujourd'hui, ce château est aussi un lieu de spectacle pour les familles.
Au cœur du théâtre Élisa Béthin, vous pourrez découvrir une belle programmation pour
les mois à venir.
Ainsi, durant le mois d'octobre, deux spectacles à destination des familles vous sont proposés
dans ce lieu unique en son genre.
Éric Arte, pianiste virtueuse, propose un voyage au pays des films de Miyazaki pour
les enfants à partir de 5 ans.
L'Orchestre du Lointain propose quant à lui sa version de Pierre et Le Loup.
Il nous emmène à la découverte du chef-d'œuvre de Procofiev avec une initiation au concert
symphonique autant couleur.
Pour plus de renseignements, rendez-vous sur www.château-ardelot.fr.
Et maintenant, rejoignons Clotilde qui est perché tout là-haut sur les courtines du
château.
Bonne écoute !
Un vent de mystère souffle sur les courtines du château.
Une ombre plane sur les ditours d'Ardeleau.
Une plume tombe, rouge comme le feu.
Dans les boises à l'entour, à l'admite tombée, un douche en résonne.
Oyez, oyez, damoiselle et damoiseau du XIIIe siècle.
La fabuleuse histoire de Clotilde et les animaux merveilleux a bientôt commencé.
Comme tous les matins, Clotilde escalade la muraille du château.
Elles sont les pierres froides et rugueuses sous ses mains.
Elles glissent son pied dans un creux du mur et se vissent un peu plus haut.
Sa main tâtonne, cherche une prise.
Elles s'accrochent à une pierre qui dépasse.
Ouis, elles lèvent les yeux.
Allez, c'est pas le moment de trouiller, j'ai su presque.
Son cour acheté, elle en serre les dents.
Elle lance son pied le plus haut possible pour le poser sur le bord de la courtine.
Elle pousse sur ses bras et la voilà, en équilibre sur le bord de la muraille.
Souple et légère comme un brin d'herbe.
La courtine serpente entre les imposants tour du château, formant une muraille infranchissable.
Derrière elle, le château d'ardelot se dresse,
comme un géant de pierre aux refléroses, sous les premiers rayons du soleil.
Clotilde devine l'agitation derrière la lourde porte en bois.
La cheminée qu'on allume dans la cuisine,
les pâles freunies qui portent le foin dans les écuries,
les domestiques qui dressent la table du petit déjeuner,
et son père et sa mère, qui allument le foyer de la forge et préparent leurs outils.
« Et dire que mes parents me croient encore endormis,
bien le chaud dans mon lit ! »
sourit Clotilde.
Elle jette un couteau ya droite, puis à gauche.
« Ces paquins de garde ne vont pas tarder à passer pour leur ronde.
Je ferai mieux d'être discrète. »
Tous les jours, elle escalade la muraille et grimpe en haut des courtines
pour admirer le soleil qui se lève sur la campagne.
Elle aime surtout observer les bois du comté qui s'étendent devant elle.
Au fil des mois, il se teinte de verre, de jaune et de brun.
Dans la brume du matin, les arbres chuchotent et bruisent demi-levis.
Clotilde regarde les oiseaux qui s'élancent dans les airs,
se frôlent, plongeant piqués et s'amusent de ce nouveau jour qui commence.
À force de les observer tous les matins, elle sait maintenant les reconnaître.
Les petits passeuraux, rouge gorge, moineau, que rousse.
Les mères, les leurs champs de cascades, les pieds et leurs drôles de vol en accordéon.
Et puis, les oiseaux qui portent avec eux les ombresins de l'océan.
Les moites, les goélands, les cormorants.
« Et moi, si j'étais un oiseau, qu'est-ce que je serai ? »
Soudain, des bruits de pâtes tirent Clotilde de sa rêverie. Elle s'accroupit.
« Mord bleu, voilà les gardes ! »
À cet instant, son regard est arrêté par un petit éclat argenté,
caché dans un interstice entre deux pierres.
Clotilde tend la main.
Ses doigts touchent une surface lisse, auront des douces.
Juste en dessous, elle sent comme un petit apidère de sèche.
Elle attrape le petit objet.
« Ça alors, c'est un oeuf à peine plus gros qu'un oeuf de poule.
Mais quelle drôle de couleur ! Il brille comme une armure de chevalier ! »
Mais elle n'a pas le temps de réfléchir.
Les bruits de pâtes se rapprochent et les éclats de voix des gardes ricochent sur la muraille.
« Hum, si les gardes le trouvent, ils vont le jeter de la muraille.
Ils ne veulent pas que les oiseaux n'y chisillent. »
Elle glisse l'oeuf sous son tablier en l'un et saute par-dessus la muraille.
Elle descend le long du mur en prenant bien soin de ne pas écraser l'oeuf contre la pierre.
Puis elle contourne les écuries, traverse la cour du château et se glisse dans la forge.
Les odeurs de métal chaud et de bois brûlés lui raclent la gorge.
Elle aperçoit sa mère, vertille, debout devant le feu.
Ses mains puissantes actionnent le souffler pour faire crépeter les flammes.
Sa mère a toujours aimé le feu.
Elle, même fille de forgeron, elle a grandi entre les armures et les enclumes.
Elle a épousé en guérant, un forgeron lui aussi.
Mais qui n'aime guère son métier.
Tout le monde au château sait que c'est elle qui fait tourner la forge et qui sculpte le fer.
En guérant, lui, est passionné par les plantes.
Il passe ses journées à cueillir, faire bouillir des fleurs et des feuilles
et concocter des tisanes et des infusions.
Clotilde s'approche de sa mère et pose sa tête contre elle.
Bertille sourit.
« Tu viens de te lever ma mignote ? »
Lui demande-t-elle.
Clotilde hoche la tête en dissimulant son air un peu gêné.
« Je vais aller voir Janne et Albertique.
Mes amis doivent être réveillés maintenant. »
« Tiens, mange-à-ils donc un peu.
Prends cette miche de pain et cette pomme sur la table. »
« Merci, maman ! »
Réponcle Clotilde dans un sourire.
Elle attrape la nourriture et sort de la forge.
Elle longe le château par la droite et s'arrête sous une fenêtre.
Elle glisse son index et son majeur dans sa bouche
et un petit sifflement jaillit entre ses lèvres.
Quelques secondes plus tard,
une tête aux grandes boucles rousses sort par la fenêtre.
« Oh, Clotilde ! Je te salue ! »
fait le petit garçon.
« Bonjour Albertique ! »
Une deuxième tête, tout aussi rousse et bouclée,
se penche dans l'embrassure de la fenêtre.
« Hé, Clotilde ! Ça va ?
Oui, j'ai quelque chose à vous montrer ! »
Réponcle Clotilde en t'attend son tablier
pour vérifier que l'œuf est toujours bien à sa place.
Le frère et la sœur se regardent, intrigués.
« On arrive tout de suite ! »
Clotilde s'assoit contre le mur
et observe les alliés venus des gardes sur la muraille.
Il sera les nuits des jours
depuis que le comte et la comptesse de Boulogne,
Philippe de Urpell et Mathilde de Damartin,
ont fait fortifier le château et construire la muraille.
Les travaux ne sont même pas encore tout à fait finis.
Clotilde habite le château depuis qu'elle est née
et elle l'a vu se transformer au fil des ans.
Tout comme Janne et Albertique, les enfants de Philippe et Mathilde.
Des bruits de pâles lui font tourner la tête.
Janne et Albertique arrivent en courant,
un grand sourire au lèvres.
« À l'heure, qu'est-ce que tu voulais nous montrer ? »
demande Janne.
Clotilde se relève et glisse ses mains sous son tablier.
Elle sent une douce chaleur sous ses doigts.
Elle attrape l'œuf délicatement et le montre à ses amis.
« Pas le sang bleu ! Qu'est-ce que c'est que ça ? Un caillou ? »
s'étonne Albertique en regardant l'objet.
« Mais non, coque fredouille ! C'est un œuf ! Regarde comme il est lisse ! »
lui fait remarquer Janne dans un sourire.
« Un œuf ? De cette couleur ? T'es toi, la coque fredouille ? »
rétorque Albertique un peu vexée.
« Je crois bien que Janne a raison ! »
tranche Clotilde.
« Je l'ai trouvé sur la courteine, dans un creux entre deux pierres.
Il est déposé sur un petit tapis de feuilles et de brindilles, comme un nid.
Je me demande bien quel genre d'oiseau peut pondre un œuf de cette couleur.
« Il n'y a qu'une seule façon de le savoir, non ? »
commence Janne.
« Il suffit d'attendre qui est close ! »
complète Clotilde.
Janne et Clotilde sont comme ça.
L'une commence une phrase et l'autre la termine.
C'est comme si elle l'isait dans leur pensée.
L'une est fille de Contesse, l'autre de Forgeron, mais qu'importe.
Dans leur cœur, elle est son sœur.
Parfois, Alberic se sent un peu mise à l'écart, mais la plupart du temps,
il trouve ça fascinant de les observer se renvoyer la balle de leurs idées.
« Et comment est-ce que l'on va faire ?
On va quand même pas le couver tout de même ! »
demande le garçon.
« Ha ! Ha ! Mais non ! Que nenni !
On va demander à des professionnels de sans-chardier, partit ! »
s'amuse Clotilde.
« Ouais, des poules professionnelles même ! »
rancherie Janne.
« Ah ben oui, les poules ! Bonne idée ! Allons-y ! »
Les trois enfants prennent la direction du poulailler,
en essayant de ne pas trop se faire remarquer.
En poussant la petite porte en bois du poulailler, tout au fond de la cour du château,
l'odeur chaud et accre des volailles leur sert la gorge.
Les interstices entre les planches du poulailler laissent passer de fine rire de lumière.
Les poules regardent les trois visiteurs avec méfiance.
« Oh yé yé, jante poulette !
Laquelle d'entre vous sera digne de couver l'œuf mystérieux ? »
demande Janne d'un don très sérieux.
Une petite poule rousse s'approche en cacotant.
Clotilde se penche vers elle et lui présente l'œuf.
La poule l'observe un moment, puis elle se couche sur la paille
et lève doucement une de ses ailes.
« Ça alors ? On dirait qu'elle a compris ? »
s'étonne Clotilde.
« Ces volatiles sont moins bêtes que ce que l'on veut croire.
» remarque Albertique.
Clotilde dépose doucement l'œuf argenté sous la poule
qui le recouvre de son aile.
« Bon, eh bien je te le confie.
Prends-en bien soin. Je reviendrai vous voir demain.
» fait Clotilde encarré sans la poule.
Au moment de sortir du poulailler, elle se retourne.
La poule est bien là, couché sur la paille,
son plumage rouge attoyant dans les rées de lumière.
Elle la fixe de ses petits yeux sombres et sérieux,
comme une gardienne de trésor.
Clotilde a soudain l'impression que le petit œuf qu'elle a trouvé
est bien plus important que tout ce qu'elle connaît.
...
...
Vous venez d'écouter un épisode de Clotilde et les animaux merveilleux,
une histoire d'envolée comptée écrite par Lucille Petit.
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A lundi prochain pour la suite de l'aventure.