Avant de te laisser emporter par l'histoire de cette nouvelle héroïne, je t'invite
à prêter l'oreille aux musiques que tu y entendras.
Cette histoire n'est pas comme les autres.
C'est avant tout l'histoire d'une jeune fille, Laurence, qui alors qu'elle n'était
pas plus haute que trois pom pom pom pom, voulait devenir musicienne.
Une histoire qui commence avec une héroïne pas beaucoup plus haute qu'une contrebasse,
et qui lit d'harmonie une petite fille et des sons bien ordonnés.
Une histoire d'amour en quelque sorte, et comme toutes les histoires d'amour, ça commence
avec juste une pincée de perlimpimpin, de presque rien, pour éclore avec grand éclat.
Les clades cuivres, des cordes, des bois et les percussions, les quatre familles qui
composent des orchestres de musique classique.
De la musique classique, c'est lent, c'est long et c'est sublime.
À chaque instant, une note, un tempo ou un mouvement à vivre intensément.
Et en te comptant cette histoire, à l'aube de cette nouvelle année scolaire, peut-être
qu'une fibre musicale s'éveillera en toi pour atteindre la même passion qui habite
notre nouvelle héroïne.
Une chose que je peux t'assurer, une fois que tu auras écouté cette histoire, la musique
classique ne résonnera plus jamais en toi de la même manière.
Nouvelles héroïnes !
The East, I know your handling, Lawrence, The Induction Schwarzwald, Oswex.
Non non non, c'est Lin.
La nouvelle héroïne est allemande et pâtissière.
999, elle est française.
Mais Lawrence a grandi de l'autre côté de la frontière dans une contrée allemande
appelée Fribourg en Bresko.
Il faut dire que le papa de Lawrence est militaire et oblige sa petite famille à le
suivre dans des effectations successives.
Et pour les premières, da da da da !
De notre héroïne, c'est à Lauret de la Forêt Noire qui l'a choisi de déposer
ses bagages avec sa petite famille.
Dans cette Schwarzwald, comme dirait les Allemands, mais sans cerise et crème chantier, plein les dents.
Ah, la Forêt Noire ! Et ses montagnes pareilles, à de gigantesques, vagues, pétrifiées, couvertes
de pain, où le vent souffle comme la mer.
Mais, Céline, tu flobérises un peu, là, dans ta prose.
Désolé, mais la Forêt Noire n'est pas la grande épouvant de l'Allemagne, cette
sombre forêt pleine de légendes, où tout parle, où tout rêve, où tout murmure.
Arrête, Céline ! Tu victors un peu trop Hugo.
Tu me croiras si tu veux, mais les parents de Lawrence ne sont pas des musiciens chevronnés.
Des parents Mellie, Mello, Mann, quelques notes et des tempis.
Et pourtant, à peine plus petites que grandes, Lawrence développe déjà une passion dévorante
pour la musique.
À l'âge de dix ans, Lawrence installe devant le clavier du piano.
Les touches noires et blanches la fascinent profondément et elles se demandent comment
les dompter.
Et c'est vrai que c'est merveilleux un instrument de musique quand tu y penses.
Lawrence effleure d'abord les touches au bout des doigts et voilà qu'une honte se
propage dans la pièce.
En alternant une touche noire puis une touche blanche, selon un intervalle et une cadence
bien inspirée, et c'est le début d'une mélodie.
En frappant ses mêmes touches en même temps, et voilà Lawrence découvrant sa première
harmonie.
La maison de Lawrence se met ainsi chaque jour à raisonner et tu l'as bien compris,
voilà un monde nouveau, empli de promesses qui s'ouvrent sous ses doigts.
C'est ainsi que Lawrence grandit, entouré à la maison de musique et bordé de forêts
tempérées dans son village.
À l'école, on peut dire qu'elle tient la mesure et elle l'alterne dictée et
autre deuil de chœue arbeite qu'elle apprend par coeur.
À l'église, car oui, le dimanche Lawrence va à l'église, elle chante en coeur, de
tout son coeur, chaque note caresse le ciel clair et le monde s'émeut à son bonheur.
Les avées mariées se succèdent au panice angélicus.
Si l'on devait résumer l'enfance de Lawrence à une mélodie, elle serait sans doute composée
par Jean-Sébastien Bach.
Tiens, celle-là par exemple.
Cet homme a été un compositeur et musicien extraordinaire qui a légué nombre de musiques
magnifiques.
Et puis un jour, le lecteur tourneau phonographo MP3 du Salon tourneau gras sur un canon de
Johann Pachelbel.
Mais cette musique, ce thème ce contrepoint, c'est absolument canon !
Bon, je te l'accorde, Lawrence n'a pas vraiment prononcé ses mots, même si souviens-toi
que son père est militaire, mais tu comprends l'idée.
Ce moment fut décisif pour elle.
Lawrence fut alors qu'elle voulait devenir musicienne.
Et il faut dire que tout autour d'elle semblait pointer vers sa direction.
Tiens, par exemple, Lawrence se montre aussi.
Elle ne se rend pas passionné que rebelle à l'école ou elle excèle dans ses études
de mathématiques.
Ah vous ? Mais pourquoi exceler en mathématiques permettrait de développer son oreille musicale ?
Ah oui, son oreille musicale, sûrement pas.
Mais les mathématiques et la musique, c'est somme toute logique.
Prenons donc le temps d'insoupir pour demander à Maître Capello de tenter une explication.
En fait, aussi bizarre que cela peut te sembler, on peut dire que la musique sont
des nombres rendus audibles.
Et c'est une manière pas trop fausse de voir les choses.
Pour le comprendre, il faut détérer Pythagore en Grèce.
Alors, Pythagore, tu sais, c'est le fortige qui a réussi le premier à découper un rectangle
par sa diagonale en deux triangles semblables.
Eh bien en fait, Pythagore, plus que la géométrie, il adorait les nombres, surtout
entiers, car il pensait que tout phénomène peut s'expliquer avec.
Avant Pythagore, la musique et ses notes étaient chantées intuitivement, comme on chante sous
la douche.
Mais Pythagore, peut-être à l'heure qu'il s'ennuie sur une plage trop ensoleillée
de ville de Samos, a compris en jouant avec des corps de tendus, qu'en faisant varier
leur longueur, il reproduisait toujours les sept mêmes sons.
Ainsi naissait la gamme et les sept notes, dorémi face à la scie, que tu connais bien.
Un très bon début pour commencer à faire toerquer filles et garçons sur les plages
de Samos.
Et c'est ainsi que la musique devient le jardin secret de laurance.
Elle peut s'y échapper des règles rigides de son éducation.
Son journal intime devient un recueil de partition.
Avec le temps, ce qui n'était au début qu'une simple exploration devient une véritable
passion.
A l'heure d'entrée au collège, Laurence est envoyée au pensionnat, où sa nature
rebelle se dévoile pleinement.
Rebelle un jour, rebelle toujours.
Souvent désignée comme chef de classe, Laurence est toujours au cœur des débats, ne reculant
jamais devant une prise de décision, même si cela lui vaut quelques déconvenus.
Sanctions et privations de sortie se succèdent, mais Laurence, véritable lidéuse en devenir,
persiste à affirmer ses positions.
L'adolescence de Laurence est une période vibrante, marquée par une révolte contre
l'autorité, un désir insatiable d'indépendance que l'on retrouve dans toutes ses passions.
Bac et le piano pour les lents classiques, la flûte traversière pour la touche élégante
et la guitare folque pour une touche de révolte mélodieuse.
Ces influences musicales sont aussi éclectiques que ses goûts, allant de Robert Schumann
en passant par Maxime Leforestier.
Attention, rappelle bien à tes parents que Schumann n'est pas Gainsbourg.
Arrive le jour où Laurence franchit enfin le seuil du conservatoire de Paris.
Finit enfin les années austères du pensionnat.
Son bac en poche, Jean-Sébastien Théodore, Laurence n'est désormais armé que de ses
propres rêves.
À 18 ans, elle sait déjà que la musique ne sera plus jamais un simple pastan.
Dès le premier cours au conservatoire, Laurence découvre ce que toi, tu ignores encore, mais
qu'elle saisit désormais comme une évidence indéniable.
Alors que ses camarades d'amphithéâtre se consacrent à la maîtrise de leur instrument,
avec la ferveur de nouveaux apôtres de la musique, Laurence, elle, découvre avec
une clarté presque divine que son truc à elle n'est pas d'être derrière un instrument,
mais devant l'orchestre tout entier, pour lui transmettre son énergie, lui partager
son audace et son inspiration.
Laurence s'yonne alors avec passion les riches méantes de l'histoire de la musique
et dévore les partitions.
Prendre un thème peau, ensuite le rythme.
Ce poursuit une mélodie, se développe un thème, s'articule des harmonies et pour
l'un point, le contre-pont.
À l'âge de 22 ans, la rébellion cède la place à une audace moins innocente qu'une
moite sur le sable chaud et Laurence décide de troquer la langue de Maulière contre celle
de Mozart, en quittant la France pour Vienne.
Avec un objectif précis en tête, maîtriser la direction d'orchestre.
Là-bas, le véritable défi n'est pas de simplement apprendre à faire des grimaces
sur un podium, mais de comprendre comment faire vibrer un ensemble de musiciens avec élégance
et sérieux.
Car diriger un orchestre, ce n'est pas s'imposer avec la même force qu'un rhinocérosse
en pleine crise de nerfs.
Certes, il faut une passion dévorante, mais aussi s'immerger dans les abysses d'une
oeuvre, déchiffrer ses sous-textes comme un détective en traque, comprendre les enjeux
comme un général en campagne et percevoir l'ensemble avec l'acuité d'un necle.
Bref, être chef d'orchestre n'est pas une simple partie de plaisir où on l'agit
de sa baguette comme un curdon dans un pot de confiture, mais une quête acharnée de
l'essence même du sublime.
Avienne, Lawrence rencontre des figures majeures, dont le célèbre chef d'orchestre Nicolas
House Arnoncourt, qui lui enseigne non seulement la rigueur musicologique, mais aussi l'importance
de l'inspiration et de l'émotion dans la direction d'orchestre.
Cependant, prendre place sur le podium du chef d'orchestre ne s'est pas fait en un
coup de baguette pour Lawrence.
Stop ! Question pour une mélomane.
C'est-tu combien y a-t-il de femmes chefs d'orchestre dans ce vaste monde où on cherche
encore un peu d'harmonie ?
Je t'accorde, ce n'est pas facile.
Malheureusement, ces femmes se comptent difficilement.
En 2024, sur 778 orchestres symphoniques éparpillés sur notre globe, seuls 48 baguettes sont
brandies par des mains féminines.
Oui, 48, tout juste comme les étoiles qu'on ne voit plus en ville noyées dans la lumière
des clichés.
Tiens, tant que nous y sommes, peut-tu me citer une femme compositeurise ?
Tu sèches toujours ? Pas facile non plus.
Mais moi, dans cet épisode, je n'évoque que les Mozart, Beethoven, Bach et Schumann.
Pourtant, l'une d'entre elles est chère à l'héroïne de notre épisode.
Louis Farinck.
Louis Farinck est une figure majeure de la musique classique, bien que son nom soit
encore méconnu du grand public.
Elle est assurément, elle aussi, une nouvelle héroïne de la musique qui, n'est il y a
plus de deux siècles à Paris, s'est révélée malgré les préjugés de son époque, une
virtuose du piano et une compositeurise talentueuse.
Au-delà de sa musique, la détermination et l'élan de Louis Farinck ont inspiré
Laurence dans un milieu encore, aujourd'hui trop peu ouvert.
Laurence et qu'il baisse s'engagent dans des projets avant-gardistes pour transformer
la musique classique en un festin pour les jeunes oreilles, notamment à la scène
musicale à Paris.
Festin est le mot et faible, car il est question de cuisine musicale sans ratatouille au fourneau
et de noisette sur cette scène.
D'ailleurs, si tu es de passage à Paris, tu pourras assister avec ta famille à la cuisine
musicale où deux commis de cuisine ont pour mission de préparer le repas d'un restaurant
avec pour instrument de musique des ustensiles de cuisine.
La grille du four se transforme en arpe, la poêle en contrebasse, tout en revisitant
les grandes mélodies de Mozart, Puccini, Verdi, Rossini ou Bizet, façon rap sans formel.
Ou encore, tu pourras découvrir l'histoire de Clara, une petite fille qui reçoit à
la Noël un casse-noisette en bois en la forme d'un petit bonhomme avec mon petit
casse-noisette.
Nouvelle séroïne !
Au-delà de ces projets innovants qui font perdurer une musique née il y a plusieurs
siècles, Laurence œuvre pour une musique pour toutes et tous, pour partager aux plus
jeunes générations ses apprentissages, ses histoires musicales et donner une couleur
musicale à nos émotions.
Alors chère nouvelle héroïne, maintenant que tu connais l'histoire de la chef d'orchestre
Laurence et qu'il baît, tu pourras la partager à tes camarades de classe en cette rentrée
scolaire.
La direction d'orchestre se conjugue aussi au féminin et Laurence mène la baguette contre
les préjugés en portant à sa manière sa révolution de la musique classique, trop
vue comme un truc de vieux.
Si tu fermes les yeux je vais te partager ce que Laurence avait confié récemment
lors d'un entretien pour une grande radio-nationnaire.
Je dis souvent que sauf un accident grave ou quelque chose dramatique dans votre vie,
on arrive toujours quelques mètres de là où on se projette.
Donc c'est-à-dire il faut rêver sa vie, l'approcher, parfois on fait des mauvais
choix mais si vous voulez à quelque part, un jour quelqu'un m'a dit mais pourquoi
c'est pas toi qui dirige, je lui dis parce que c'est lui.
C'est-à-dire que si vous êtes là c'est que vous êtes pas ailleurs et si vous êtes
pas ailleurs c'est que vous n'avez pas voulu y aller ou etc.
Enfin je déteste les gens aigris, on a tous un peu d'égrœur parfois parce qu'on a
des regrets, on dit ah ça, nan nan, mais il faut se dire que si on est là c'est parce
qu'on n'est pas ailleurs et c'est parce qu'on a voulu ça.
Donc le conseil c'est ça, savoir bien se projeter.
Nouvelle, c'est Rooine.
Hé pépép, ne t'en vas pas tout de suite.
Tu as aimé cette histoire, merci de l'avoir écoutée jusqu'au bout.
Tu peux te laisser embarquer et rêver par les histoires d'autres musiciennes sur le
podcast comme la violiniste Elsa Gretaire ou encore des artistes qui font vivre la
musique en la dansant comme Dorothea Gilbert.
Mets-moi plein d'étoiles et un commentaire plein de love sur Apple Podcast et Spotify.
Parle du podcast autour de toi et surtout abonne-toi à ta plateforme des coups de préférée
si ce n'est pas déjà fait pour ne rater aucune histoire.
Ce podcast est une production 100% indépendante, imaginée et critérée racontée par Céline
Steyer.
C'est moi, suite à un entretien avec la chef d'orchestre, Lawrence et Gilbert.
La conception sonore et le mixage ont été assurés par Studio Module.
En attendant la prochaine histoire, cher Nouvelle et Rooine, continue de rêver grand.
Nouvelle, c'est Rooine.