Bonjour, je m'appelle Chloé, j'ai 6 ans. Ma bêtise que j'ai préférée, c'est la bêtise du
président. Il a fait la grève du silence avec ses copains et quand il faisait une contine,
il répondait pas. Quand il faisait des questions, il répondait pas aux questions. Quand elle disait
où est-ce qu'il est ton stylo, il cherchait, mais il répondait pas. Tu savais toi que quand
ça du tête est petit, faisaient aussi des bêtises. Bonjour, je m'appelle François, François Hollande.
Je suis un ancien président de la République. Quand j'étais petit, j'ai fait une grosse bêtise.
J'étais en cèpe de l'école qui était particulièrement sévère. C'était une période où les
enseignants pouvaient être beaucoup plus ruts qu'aujourd'hui. Et donc un de mes camarades
avait été victime d'une sanction que je trouvais tout à fait injuste. Vous serez privé de récréation
jusqu'à la fin de l'année. Mais monsieur, qu'est-ce que j'ai fait ? Il avait envoyé de l'encre sur la blouse de l'enseignant.
Ne faites pas l'innocent, Doix Nel. Vous voyez ma blouse, elle était toute blanche et elle est toute tachée.
Vous l'avez aspergé d'encre. Mais monsieur, je n'ai pas fait exprès. Je sortais juste mon matériel et mon
ancriller s'est renversé. Mais c'est cela, oui, bien sûr, comme par hasard. Juste au moment où je passais à côté de vous.
Doix Nel, vous l'avez aspergé d'encre. Mais encore un mais ? Et on avait dit que c'était une maladresse.
C'était pas qu'il voulait salir la blouse. Mais monsieur, mais c'est pas lui. J'ai jamais vu.
Mais tu sais que vous !
Laïa, rendez-vous après la cantine. Se maroder. François a une idée. Fait passer. Fait passer.
Mes camarades, l'heure est grave. Les temps de mettre fin aux punitions injustes que nous subissons
quotidiennement de la part de notre référent pédagogique. Il faut agir collectivement. Ensemble.
Punissons-nous contre la domination adulte.
François, pourquoi tu parles comme ça ?
Bon d'accord. Je veux dire qu'il y en a marre de s'en prendre plein de la figure. La punition de Doix Nel et les injustes, ça me fout en colère, les gars.
Venez, on fait la grève.
Donc, j'avais incité mes collègues, élèves, à faire une grève.
Ouais.
On grève du silence.
La grève du silence. On dit plus rien. On répond plus à rien. Et on laisse le prof réfléchir à ses propres bêtises.
Interrogation surprise. À l'oral cette fois. Histoire géographie. J'espère que vous êtes prêts.
Première question. Quelle est le plus grand fleuve de la France ?
Personne ?
Bien. Alors, autre question. En quelle année a démarré la Première Guerre mondiale ?
Vous êtes bien silencieux cet après-midi.
Donc, notre méthode a parfaitement fonctionné, c'est-à-dire que nous n'avons répondu à aucune question.
Alors combien de départements y a-t-il en France ? Quelle est la capitale de l'Allemagne ?
Qui était président de la France entre 1947 et 1954 ?
Et moi en particulier, je tenais à maintenir ma bouche totalement fermée pour bien montrer que bien sûr que je savais la réponse, mais que je n'entendais pas la livraison qui était justifiée par la discipline exagérée qui nous avait été imposée.
Il faut agir collectivement.
Alors, comme souvent, ce mouvement pour courageux qu'il était, pour collectif, qui est demeuré, nous a entraîné dans une répression encore plus éveille.
Bien. Je comprends que vous vous payez ma tête et bien vous allez voir, vous serez tous consignés !
Oh non, mais sérieux, ne fais pas !
Psst ! Ça veut dire quoi, consignés ?
Consignés, ça veut dire qu'on était collés. Vous voyez, au lieu de faire du foot, parce qu'on faisait tous du foot à ce moment-là,
on est restés enfermés dans l'école et on n'a pas pu faire ce que nous voulions faire, mais c'était collectif et d'une certaine façon,
c'était bien que ce soit collectif ce que nous avions décidé et que même la punition soit collective, parce que ça nous donnait un sens, une valeur à ce que nous avions fait.
Voilà. Vous êtes tous solidaires, finalement.
Pieds à se faire punir et le réunir, il aurait mieux valu l'ouvrir.
Donc, dans ma vie, ça m'a servi, parce que plutôt que de rester silencieux, à un moment, il faut l'ouvrir, il faut parler.
Bonsoir. C'est quoi ce zéro discipline ?
À l'époque, il y avait des notes de discipline à l'école. On avait eu tout ce zéro. Bon, tous mes parents l'avaient vu.
Tu peux m'expliquer ?
Bince.
C'est justifié par la discipline exagérée qui nous a été imposée.
Ah mais tu t'es prêt pour injusticié ?
Et il m'avait dit de ne pas recommencer, de ne pas devenir délégué de classe.
Monsieur, changez le monde.
Pas essayer de faire de la politique, finalement.
Et pourquoi pas moi, président ?
Allez, raconte-moi encore une bêtise.