Radio classique présente des histoires en musique avec Elodie Fondacci.
Taises-e toi ! Taises-e toi ! Taises-e toi ! Est-ce que je peux avoir une histoire,
s'il te plait ? Tu me racontes une histoire ?
Encore une histoire ? Vous avez été sages, vous êtes sûr ?
Bon d'accord. Je vais vous raconter l'histoire de la vieille Bavarde et le trésor.
Vous êtes prêts ? Vous êtes bien installés ?
Alors, chut ! Peu les deux bruits ? Parce que l'histoire va commencer.
Il était une fois un vieux paysan qui ramassait du bois dans la forêt.
Il détérait une souche à grand coup de hache quand il crut voire briller quelque chose entre les racines.
Il se penchât, dégage à la terre et finit par détérer un chaudron, un chaudron qui était rempli de pièces d'or.
Et bien ça, alors, quelle au ben ! C'est que se clama le vieil homme stupéfait.
Ce trésor-là n'est pas perdu pour tout le monde.
En voilà toute ma famille à l'abri pour longtemps.
Et le vieil homme saisit le chaudron par l'ence et se prépara à le rapporter chez lui.
Mais il s'arrête à nette et se fera pas le fond.
Non d'une pipe, marmona-t-il, comment du entrevêche pouvoir ramener ces pièces à la maison ?
Il faut savoir que le vieil homme avait une femme.
Pas à varde, mais pas à varde comme vous ne pouvez même pas vous l'imaginer.
Elle était incapable de tenir sa langue.
Admettons que quelqu'un lui confie un secret, elle tenait quoi ? Quelques heures à peine ?
Elle ne pouvait pas s'en empêcher.
Le vieil homme connaissait ce défaut.
43 de mariage pensait donc.
Et il se doutait de ce qui allait arriver.
En moins d'une semaine, tout le village serait au courant de son aventure.
Et ce serait le début des ennuis.
Le bonhomme s'assit sur une souche et se mit à réfléchir.
Au bout d'un moment, il se leva avec un sourire en coin.
Il creusa rapidement un trou, il enfouit le chaudron,
par ce mal emplacement de feuilles mortes pour qu'on ne voit pas le sol fraîchement remué
et il rentra chez lui sans rien dire.
Le lendemain, le vieux paysan se leva avant l'eau.
À pas de l'eau, il allait prendre dans le clapier un gros lapin qu'il fura dans son sac.
Le sac sur l'épaule, il se rendait ensuite chez le boulanger et acheta trois douzaines de galettes.
Puis, en s'efflottant, il prit le chemin de la rivière.
Il remonte à son filet et pêcha un beau poisson.
Dans le fil évide, le paysan mis soigneusement le lapin qu'il jeta à l'eau.
Puis, il s'en retourna dans la forêt.
Il grimpe à au tronc du sapin le plus haut qu'il peut trouver et il alla percher le poisson au sommet.
Enfin, il accrocha avec soin les galettes aux branches de divers arbres et il s'en revint chez lui.
Arrivé là, il dit à sa femme,
« Oh, ma bonne vieille, figure-toi qu'il m'arrive une aventure extraordinaire.
Oh, mais je ne peux pas te la raconter, car tu la répéterais à tout le monde.
La vieille sauf Lusca.
Moi ? Mais nous voyons, je te jure que je ne dirais rien.
»
La visage de son mari s'éclaira.
« Tu le jures ? Oh, et bien tant mieux.
Car ce secret-là était bien trop lourd à porter tout seul.
Figure-toi que, sause une souche, j'ai trouvé un trésor.
Un tas de pièces d'or qui veut nous mettre à l'abri pour longtemps.
« Oh, grand Dieu ! » s'écria la vieille, allant chercher tout de suite.
Et, retrouvant ses jupons pour marcher plus à son maise, elle suivit son mari jusqu'à la forêt.
Il les allait d'un bon pas.
Quand souda, la vieille s'arrêta.
« Ça, alors ? Regarde, là, sur le sapin.
Quoi donc ? dis le vieux.
Mais enfin, tu ne vois pas, pergé au sommet, un poisson ?
Mais qu'est-ce qu'il peut bien faire là ?
« Bon, répondit tranquillement l'homme.
C'est le printemps, il doit préparer son nid.
« Son nid ? » dit la vieille interloquée.
« Mais, les poissons ne font pas de nids.
« Si ce n'est pas pour faire son nid, pourquoi diable veux-tu qu'il ait grimper dans l'arbre ?
Demanda son mari.
« Attends-moi, là, un instant. Je vais grimper le chercher, et nous le ferons cuire pour le dîner.
« Interloqué ?
« La vieille femme ne trouve rien à redire.
« Alors elle ne dit rien.
Le vieux et la vieille commencent à détérer le chaudron
et élimirent les pièces d'or dans leur sac.
Ils étaient en train de reboucher le trou.
Quand la vieille le vent le nez,
aperçut les galettes qui se balançaient au branche.
« Soit alors !
« S'exclamât-elle en poussant son mari du coude.
« Rien, c'est pas ça.
« Regarde !
« Mais quoi encore ?
« Gromme l'allum, que faut-il que je regarde ?
« Non. Il y a des galettes sur les branches.
« Attends, jamais vu chose pareille.
« Eh bien, pourquoi en faire toute une affaire ?
« Répondez tranquillement le vieux après avoir regardé.
« C'est sans doute qu'un nuage de galette est passé par là cette nuit
et qu'il a crevé au-dessus de la forêt.
« Un nuage de galette ?
« dit la brave vieille Abazourdi.
« Oh, que tu es savant mon homme,
le vaste monde n'a pas de secret pour toi.
« Le vieux mit son sac sur le dos
et il se mirete en route vers leur maison.
Quand il passère devant la rivière,
le vieil homme s'arrêta.
« Attends un peu, dit-il.
« J'ai tendu mon filet ce matin.
« Puisque nous sommes là, allons donc voir si j'ai pris quelque chose.
« Sa femme hoche à la tête.
« Le vieux tira donc le filet de pêche
et il dégagea le lapin en disant joyeusement.
« En belle prise ma foi, c'est en dîner de roi qui nous attend ce soir.
« Mais, dit la vieille en écartquillant les yeux.
« Comment un lapin a-t-il pu se prendre dans un filet de pêche ?
« Le vieux éclatadriens.
« Oh, mais tu t'étonnes d'un rien, ma bonne femme.
« Cela arrive souvent que les lapins haïtent à la rivière prendre leur bain.
Ce sont des animaux très propres, tu sais.
« La vieille ne trouva rien à redire et donc elle ne dit rien.
« Les deux époux rentraient chez eux
et cachèrent soigneusement leur trésor dans la maison.
« Ils continuèrent à vivre comme auparavant.
« Simplement, ils n'avaient plus l'angoisse du lendemain.
« Pourtant, le secret pesait lourd sur le cœur de la vieille femme.
« Et plus le temps passait, plus il devenait insupportable.
« Elle t'a un jour ?
« Elle t'a deux jours ?
« Elle t'a toute une semaine, même ce qui ne lui était jamais arrivé.
« Mais le huitième jour, elle n'est un plus.
« Elle commença à faire des confidences à sa voisine
et de confidences en confidences, elle raconte à tout.
« Le premier pas était franchi.
« À partir de ce jour, la vieille femme ne cessa plus de parler du trésor aux uns et aux autres.
« Et elle bredait et elle enjolivait.
« Bientôt, ce ne fut plus un chaudron qu'elle raconta à avoir trouvé,
« mais un tonneau entier de pièces d'or.
« De son côté, la voisine s'empressa d'aller raconter l'affaire à sa soeur,
« qui la raconta à sa cousine, qui le dit à la boulangère,
« qui était proche de la mercière.
« Bref, en un clin d'œil, tout le village était au courant.
« Et la nouvelle ne tarda pas à arriver aux oreilles du Seigneur de la région.
« Le soir même, le Seigneur ordonna à ses soldats
« d'aller chercher le couple de vieux paysans.
« Quand il fure devant lui, le Seigneur les fusillais du regard écria,
« « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « » » » » » » »
« Ce n'a pas de la faute,
« Tout ce qui vient de mes terres me appartient.
« Cet or est donc le mien, et vous allez me le rendre.
« De l'or, mon Seigneur, j'ai mis le paysan.
« Mais comment pouvez-vous imaginer une chose pareille ?
« Hélas, je n'ai jamais trouvé la moindre pépite.
« Je suis aussi pauvre que j'ai l'ai toujours été,
« et c'est la misère qui a fait perdre la raison à mon épouse.
« Elle raconte partout qu'elle a trouvé un trésor,
« mais la pauvre, elle n'a plus d'autre sa tête.
« Quoi ?
« s'écria la vieille femme indignée.
« Ce n'est pas vrai que nous avons trouvé un trésor.
« Mais tu sais bien que non, répondit son mari.
« Tais-toi, dit le Seigneur au paysan.
« Mais toi, dit-il à la vieille d'une voix plus douce.
« Parle, raconte-moi tout ce que tu sais.
« Bien sûr, mon Seigneur, que je vais tout vous raconter.
« Voilà, c'était il y a environ trois mois, au début du printemps.
« Je m'en souviens parfaitement.
« D'ailleurs, un poisson commençait à faire son nid dans un arbre.
« Un poisson ?
« L'interrompit le Seigneur.
« Qu'est-ce que tu racontes ?
« Mais la vérité, mon Seigneur, je veux le poisson dans l'arbre, comme je vous vois.
« Une truite grosse comme mon avant-bras.
« Nous avons donc trouvé le chaudron au pied d'une souche,
« nous avons caché l'or dans un sac,
« et nous sommes rentrés en passant par la rivière.
« Je m'en souviens très bien.
« La veille, le vent avait soufflé en tempête
« et avait répandu des galettes sur les buissons.
« Des galettes dans les buissons ?
« murmura le Seigneur de plus en plus perplexe.
« Parfaitement, mon Seigneur,
« suspendu aux branches comme des feuilles.
« J'en ai cueilli une bonne douzaine.
« Et d'ailleurs, quelle soupe est ce soir-là ?
« Non seulement nous avons mangé les galettes,
« mais aussi un lapin que mon mari avait péché dans la rivière.
« Et depuis, le trésor est caché chez nous.
« Voilà la vérité.
« Le Seigneur regarda la vieille femme,
« regarda son mari,
« qui levé les yeux au ciel d'un air désolé,
« et déclara,
« « « Vous ne m'aviez pas menti, brave homme.
« La pauvre femme est complètement folle.
« Rentrez chez vous,
« et qu'on ne me dérange plus pour de tels ballivernes.
«
Et c'est ainsi que
le vieux paysan et sa femme
rentraient chez eux.
Ils partagèrent le trésor avec leurs enfants
et ils vécurent en paix jusqu'à la fin de leur jour.
«
C'était la vieille bavarde et le trésor.
Un compte russe, adapté et raconté par Elodie Fondacci
sur la musique de Franz Berwald.
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