L'autre jour j'étais parti courir un peu et d'un seul coup j'ai été dépassé par une dame qui faisait son footing.
Enfin son footing, ça n'est pas vraiment le bon mot. Elle était en fauteuil roulant.
Bonjour !
Ah bonjour ! Fais-les-moi, je vous n'avais pas vu. Bonne sortie !
Ouais, à vous aussi !
Merci !
Son fauteuil était très bas, assez allongé, avec une roue un peu plus petite fixée sur l'avant
et deux autres plus grandes de chaque côté comme des roues de vélo de course.
Elle les faisait tourner régulièrement avec force.
Ses bras étaient super musclés.
En la regardant, je me suis demandé ce que je serais capable d'un téléport en fauteuil.
Et depuis qu'on s'existe le handisport,
et après mon fluking, j'ai contacté Clémentine, Adèle, Charlotte, Léo et Alexis pour en discuter avec eux.
Qui a inventé ?
Le podcast d'image doc.
Qui éclaire ta curiosité !
J'ai mis le dernier avec une dénométresse.
On avait fait une sortie pour voir un petit peu les handicapés, ce qui pouvait pratiquer comme sport.
Et on avait essayé un petit peu du basket en fauteuil roulant.
Et du coup, on essayait, mais c'était assez dur.
Si on n'est pas habitué à se déplacer en fauteuil roulant,
ce n'est pas évident de jouer au basket en fauteuil.
C'est une discipline qui nous ramène d'ailleurs aux origines du handisport.
C'est du sport pour les handicapés.
Qui a inventé l'handisport ?
C'est un médecin qui vivait en Angleterre.
Nous sommes en 1944, en pleine seconde guerre mondiale.
Ludwig Guttmann a fût l'Allemagne, son pays d'origine, et a trouvé refuge en Angleterre.
C'est un grand chirurgien spécialiste du cerveau et des neurones
et on lui a demandé d'ouvrir un hôpital pour soldats
dans le village de Stockmanville, au nord de Londres.
Bienvenue à Stockmanville, mademoiselle Norse.
Bonjour docteur.
Merci de rejoindre notre équipe.
Nos patients ont vraiment besoin d'aide.
Vos talents d'infirmière nous seront très précieux.
Venez, je vais vous faire visiter.
Tous ces jeunes hommes me font de la peine, docteur.
Que leur est-il arrivé ?
La plupart d'entre eux ne peuvent plus se tenir debout.
Ils ont été touchés à la moelle épinière.
C'est la particularité de notre hôpital.
Cela veut dire qu'ils ne ressentent plus rien dans leurs jambes ?
Oui, ils sont paraplegiques.
La moelle épinière permet, vous le savez,
de transmettre les messages du cerveau vers le reste du corps.
Elle est connectée à tous les nerfs du corps humain.
C'est ce qui nous permet de ressentir le froid ou la douleur,
mais aussi de bouger nos muscles.
Si la moelle épinière est endommagée ou sectionnée,
nos systèmes ne fonctionnent plus.
On peut se retrouver paralysé.
C'est ce qui est arrivé à cet officier que vous voyez là.
Il a reçu un éclat d'obus dans le dos.
Bonjour capitaine.
Bonjour capitaine.
Comment vous sentez-vous ce matin ?
Comment je me sens ?
Non mais quelle ironie.
Je ne sens rien.
C'est bien ça le problème.
Je suis cloué au lit.
Je ne rêve que d'une chose, me lever et courir.
Mais mon corps refuse de répondre.
Je ne contrôle plus rien.
Attendez, je vais refaire votre bandage.
Et après, nous irons nous promener.
J'ai amené votre fauteuil.
Merci mademoiselle.
L'Hôpital où travaille le docteur Guttmann
accueille des soldats paralysés.
Ce sont des pilotes de la Royal Air Force,
l'armée de l'air britannique.
Les années passent, la guerre s'achève
et de plus en plus d'anciens combattants
arrivent dans cet hôpital à Stoque-Montville.
Bonjour docteur.
Merci de me recevoir.
Mon mari a perdu l'usage de ses jambes au combat.
Mais en réalité c'est surtout son moral qui m'inquiète.
Il ne mange quasiment rien.
Il ne communique plus avec nous.
Je ne sais plus quoi faire.
On m'a dit le plus grand bien de vos nouvelles thérapies.
La dépression est courante pour les hommes comme votre mari.
Des hommes d'actions sportifs
qui se retrouvent en l'air.
En fauteuil du jour au lendemain.
A Stoque-Montville, notre priorité c'est de soigner ces soldats.
Mais surtout de les rééduquer.
Le réapprendre à se déplacer en fauteuil.
Et puis surtout, surtout, à retrouver le goût de l'effort.
Mais comment faites-vous cela ?
Le sport, ma chère madame.
Le sport.
Mais en fauteuil ?
Mais bien sûr.
Suivez-moi dehors.
On est ici.
A moi, capitaine !
Sur un terrain extérieur,
une dizaine d'hommes en fauteuil roulant
et en maillot sans manche,
ils se démènent pour se déplacer
et envoyer un ballon dans un panier.
C'est incroyable !
Ils jouent au basket ?
Oui, madame. Enfin, au net bowl.
J'ai un peu adapté les règles et l'équipement du basket
pour que ces patients paraplegiques puissent le pratiquer.
C'est moi, capitaine !
Oh, capitaine Harris !
Capitaine Harris, venez, venez, capitaine !
Bonjour, docteur.
Madame.
Bonjour, messieurs.
Vous avez vu ce panier ?
J'ai l'impression d'être encore plus en forme
qu'avant la guerre.
Si je le pouvais, je m'inscrirais au jeu de Londres.
Et pourquoi pas ?
Capitaine.
Vous venez de me donner une idée.
Cette année-là, en 1948,
Londres accueille les Jeux Olympiques.
Le docteur Guttmann saisit cette occasion
pour organiser ses propres épreuves
réservées à ses patients.
Messieurs, bienvenue au jeu de Stockmanville.
Ce n'est pas parce que vous êtes en fauteuil roulant
que vous devez être privé de compétition, n'est-ce pas ?
Je vous propose donc deux épreuves.
Le net bowl que vous connaissez déjà
et le tir à l'arc.
Puisque vous pouvez vous servir de vos bras.
Sans le savoir,
Ludwig Guttmann vient de créer un nouveau mouvement sportif.
À partir de ce moment-là,
il organise chaque année les Jeux de Stockmanville.
Douze ans plus tard, en 1960,
les épreuves réunissent 400 athlètes
d'une vingtaine de pays.
Les compétitions sont organisées à Rome
six jours après les Jeux Olympiques.
On considère que ce sont les premiers Jeux Paralympiques.
Au début, ils réunissent surtout des athlètes en fauteuil.
Mais progressivement, le sport s'adapte à d'autres handicap.
Moi, je pense que le plus dur, c'est sans les yeux
parce que tu ne vois pas ce que tu fais.
C'est difficile de savoir ce qui est le plus dur.
Jouer sans utiliser ses jambes
ou courir sans ses bras
ou en étant aveugle.
Mais pour que les épreuves soient équitables,
on essaye de regrouper les athlètes par type de handicap.
Un peu comme on peut créer des catégories d'âge, si tu veux.
Quand on met un petit de trois ans avec des moins de 14,
ça serait un petit peu trop physique.
Le petit, s'il se fait juste le bousculer, il se fait mal.
Voilà, on regroupe les athlètes,
les personnes sourdes concourent ensemble,
les amputer des jambes entre eux, etc.
Désormais, au Jeux Paralympique,
on trouve plus de 500 épreuves.
Athlétisme, basket fauteuil, mais aussi natation,
escrime ou encore tennis fauteuil.
Le tennis est un avantage
parce qu'il laisse de rebond.
Oui car les déplacements sont moins rapides en fauteuil.
Dans de nombreuses disciplines,
d'ailleurs les règles sont adaptées
pour que les athlètes handicapés puissent les pratiquer.
Mais certains sports ont été créés spécialement
pour les personnes handicapées.
Le torbal, par exemple.
C'est une discipline inventée pour les non-voyants
qui se jouent avec une balle sonore.
Trois joueurs doivent empêcher le ballon d'entrer dans leur but
en se couchant au sol.
Et figure-toi que les personnes valides
sont désormais autorisées à participer
en portant un masque sur le visage.