Nouvelles héroïnes !
Salut Twan vellehéroïne !
Je suis Céline Steyer, celle qui murmure à tes oreilles
des récits d'aventures insolites,
d'acceptations de soie et de destins extraordinaires
à travers des histoires vraies,
de femmes qui ont osé faire de leur rêve
une réalité.
Des histoires pour t'aider à grandir en confiance,
trouver ton propre chemin
et prendre ta place.
Bienvenue sur Nouvelles Héroïnes,
le podcast des Poir Girls
qui osent rêver grand.
Nouvelles héroïnes !
Si tu aimes les histoires d'aventurières,
tu peux écouter les histoires d'autres nouvelles héroïnes
comme Débora Pardo,
une aventurière exploratrice de l'Antarctie,
Heidi Sylveste,
la reine des glaciers
qui est actuellement en expédition au Groenland
ou encore Clarisse Kramer,
qui s'apprête à reprendre le Gouverneu
pour le vent églobe.
Nouvelles héroïnes !
Il était une nouvelle héroïne,
Peggy,
née en Haut-de-Savoie,
à Evian-les-Bains,
il y a un demi-siècle.
Et si son histoire commence en Hautes-Montagnes,
c'est un Haut-de-Mer
que je t'emmène découvrir,
Peggy l'aventurière.
Petite dans la cour de récréation de l'école,
Peggy joue plus avec les garçons que les filles.
Hé Peggy, t'es un garçon manqué !
T'es un garçon manqué !
Non, tu dis n'importe quoi, Gaston !
Je suis Peggy, une fille réussie,
arrêtez de m'embêter !
C'est pas parce que je n'aime pas jouer
avec les poupées et les dinettes que je suis un garçon,
moi je veux jouer à l'aventurière !
Après l'école,
Peggy fait le Hauss-Otogarri au judo,
fait le service à la cuillère au tennis,
un salto arrière à la gymnastique,
nage le dos-crollé au cours de natation,
et fait du touchus l'hiveruski.
Et quand Peggy tombe sur le tête à mi au ratune balle,
ses parents lui répètent cette phrase de Socrates,
un philosophe grec de l'Antiquité.
La chute n'est pas un échec,
l'échec c'est de rester là où l'on est tombé.
En 9 ans, Peggy aime lire les histoires d'Héroïne Rebelle comme
celle qui fut Marquise des anges pour l'étruant de la Cour des miracles.
Marquise de Plessis-Bélière, Maréchal de France,
pour les Seigneurs de la Cour de Versailles,
et pour tous et toujours,
merveilleuse Angélique.
Angélique, Marquise des anges,
et comme celle des nouvelles Héroïnes.
À dix ans, dans sa chambre, est épicée cette phrase de Sénèque,
encore un philosophe grec de l'Antiquité.
Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas,
c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.
Je te laisse songer.
Adolescentes, elles se passionnent pour les récits d'aventure
d'Alexandra David Nel,
ou Ella Mayard, qu'elle dévore.
Peggy voit ainsi sa vie comme un immense terrain de jeu.
Stop!
Bonsoir, vaste publique.
Maître Indiana Capelophone Band des aventurières perdus.
Parfaitement.
Qui est Ella Mayard?
Ella Mayard est Suisse,
et nait en 1903 à Genève.
À l'école, on ne peut pas dire qu'Ella Mayard brille comme une étoile.
Plutôt que de faire ses devoirs,
Ella préfère le sport et, par tous les week-ends, faire du ski.
En Suisse, les montailles ne sont jamais très loin,
et jamais trop hautes.
Et quand les neiges ont fondu,
Ella apprend à naviguer sur le lacrimon.
A peine dix ans,
elle apprend à barrer un voilier avec son ami d'enfance,
Hermine, surnommée Nihette.
Cette passion pour la voile
l'amène aux Jeux Olympiques de Paris en 1924.
Ella concourt en voile sur un dériveur solitaire.
Elle est ainsi la seule femme de l'épreuve et la plus jeune.
Que ces sports soient réservés aux hommes, elle s'en moque.
Elle projette même de traverser l'authentique,
mais le projet tombe à l'eau.
Ella ne veut pas se marier,
ne veut pas d'enfant,
elle veut juste être libre et par explorer la Russie.
Elle parcourt 350 km à pied du nord au sud,
un périple qui n'est pas de tout repos
puisqu'elle est violemment mordu par un chien de berger,
une blessure qui lui fait faire un détour par l'hôpital.
Heureusement, le chien n'avait pas la rage
et elle décide de poursuivre la route la jambe en flé.
Après la Russie, Ella parant Chine
et traverse les déserts d'Asie centrale.
Elle voyage sans bagages, à d'autres chameaux,
sans autorisation, à l'aventure,
avec un sac de farine d'orges grillés,
un pedaille, des raisins secs,
content manger ce qu'elle trouve sur son chemin.
Bref, une vraie aventurière
qui passionne notre jeune pays.
Au revoir et repartons un poésie.
Pendant toute son enfance,
Peggy se nourrit des récits d'aventure
et les livres de Téric Tabarli,
un navigateur français et marin de légende.
Tout cela va confirmer la passion de Peggy pour la mer.
18 ans, Peggy voit Florence Arto arrive en tête
de la route du Rome, une première.
Mission accomplie, Florence Arto a battu
ce record de traversations de la route de Rome.
16 heures cet après-midi,
Florence Arto peut enfin laisser éclater sa joie.
Première femme a avoir traversé l'Atlantique
en moins de 10 jours.
Peggy ne veut plus attendre et se rapproche de la mer
en faisant ses études en Angleterre
et très précisément à Plymouth,
patrode mousse, dans la mosse
pour naviguer tous les week-ends.
A l'issue de son diplôme,
elle part à Brest, en Bretagne, pas grande.
Est-ce que tu sors, mère, tu me déteste
d'avoir pu un jour quitter Brest?
La rade le pense, qu'il en reste
Le vent dans l'avenue, je reste.
Un jour, alors qu'elle sèche un cours de gestion à l'école,
elle visionne un documentaire à la télévision
sur une traversée du Pacifique à la rame
qui déclenche ainsi la suite de son histoire.
Pour elle, c'est ce qu'elle attend depuis trop longtemps
l'aventure avec un grand A.
Si un homme peut le faire, pourquoi pas moi?
Bon, ok, ça prendra du temps, mais je veux en être.
Être la première femme à traverser l'Atlantique
à la rame.
Je vais chercher des sponsors, étudier les options de bateau,
aller l'Atlantique, j'arrive!
Mais, très vite, Peggy doit faire face à des commentaires
sur son jeune âge et son manque d'expérience.
Pendant un instant, elle imagine réaliser
ses traversées en double.
Mais un autre navigateur, Olivier de Carsezon,
le lui déconseille.
Et Olivier sait de quoi il parle.
C'est un navigateur qui a réalisé un tour du monde en solitaire
en 71 jours, mieux que Jul qui, en 80 jours,
depuis reste verne.
Cette traversée de l'Atlantique doit être une aventure personnelle,
intime, que tu dois vivre seul.
Si ton seul obstacle, c'est ton manque d'expérience en haute mer,
t'as qu'à faire une traversée à la voile en équipage.
Peggy prend Olivier au pied de la lettre,
démissionne de son travail et part réaliser
une traversée de l'Atlantique à la voile,
mais pas toute seule,
en équipage.
À bord, c'est dur.
Le skipper ne ménage pas Peggy.
Peggy, ne fais plus jamais ça.
Tu fais plus jamais ça, Peggy.
Peggy, à bas bord.
Mais Peggy ne baisse pas les bras.
De retour en France, Peggy investit toutes ses économies
dans l'achat de son bateau.
Beaucoup trop fiers pour demander de l'aide à ses parents.
Déterminé, elle trouve un job pour aller éplucher
des brocolis à côté de Brest
de 4h du matin à 13h tous les jours.
Avant de trouver un job à Paris Brest, enfin, juste à Paris.
La semaine, Métro, Voulos, Dodo à Paris
et le week-end à Brest pour travailler sur son bateau.
Super, j'ai mon premier sponsor.
À 24 ans, Peggy monte sa société
et a bien un entêt de devenir la première femme
à tenter cette aventure.
Celle de traverser l'Atlantique à la rame.
Le grand jour est arrivé.
Nous sommes le 10 mars 1998.
Peggy monte à bord de son bateau dans un bord des canaries.
Son bateau, c'est un bateau de 8 mètres de long,
1 m 40 de large, 300 kilos, sans Peggy
et 650 kilos avec tout le matériel, plus Peggy.
Alors il lui faut un compas électronique,
un compas de cloison, un compas de relèvement,
des cartes marines, un GPS,
des panneaux solaires, 3 pertes d'avion,
un port de fil, une enfrontale,
une fouille de sable, des boulons, des câbles à souder,
malettes complets préparées par le docteur Le Roussique,
crème solaire, du stycalaire, crème pour la main,
deux brossadans, brossadans encore,
du dentifrice d'élanjet, bras à cheveux,
sachets de l'huile au fusil, des pâtissiers,
des autodove, volaille occulte, crème des serres, vanilles, chaudes,
des pâres vite à friandise, des appareils photos,
20 litres de boissons sucres,
à ta mandée, de l'eau désalanisée,
une bois, matériel dilu, 2 pertes de lunettes de sable,
un tuba, 80 lises et feux de trèès.
C'est bon Capitaine Peggy, le compte est bon ?
Alors que l'aventure commence.
Quand elle ferme la porte derrière elle,
elle sait qu'elle ne peut plus faire marche arrière
et pense à une citation d'André Gide,
un écrivain et prix Nobel.
L'homme ne peut découvrir de nouveaux océans
tant qu'il n'a pas le courage de perdre de vue la côte.
Et voilà, l'aventure de Peggy commence.
Elle t'en marche.
Enfin, sur l'eau.
Bon, tout ne trouve pas que Peggy elle aime beaucoup les citations
pour s'inspirer.
Mon Atlantique est devant moi.
Je suis prête à larguer les amars.
Pendant 78 jours, Peggy maîtrise la technique de son bateau.
Bâbore, trébore.
Quand elle a des coups de mou, elle écoute de la musique.
Et le 27 mai 1998, Peggy est à seulement 130 km
des côtes de la Guadeloupe de sa ligne d'arrivée.
Il est 7 heures du matin.
Allez, encore un petit effort, Peggy.
On y est presque.
Et à la proche des îles,
les vagues sont d'une houle de 6 mètres de haut,
comme deux étages d'animaux.
La mer est violente.
Vite, vite.
Faut que j'attrape ce herné.
Allez, Peggy, tu n'as pas fait tout ça pour rien.
Peggy, mais vite son herné pour bien s'attacher
et ne pas être emporté par la mer agitie.
Mais qu'est-ce facile ?
En un éclair, elle est projetée par dessus le cockpit
et se retrouve sous le bateau renversé.
Elle venait d'ouvrir un hublot pour sortir ses avirons.
Peggy se retrouve coincée sous le bateau
par le herné qui l'empêche de remonter à la surface.
Elle arrive à se dégager avant de suffocer.
Impossible de redresser le bateau, j'y arrive pas.
Si j'essaie encore, allez, Peggy, allez.
Impossible, c'est lourd.
Et il pèse des tonnes avec l'eau qui s'est engouffrée.
Allez, allez.
Bon, faut que je replonge dans le cockpit
pour trouver la balise de détresse, comme ça je pourrais appeler Aled.
C'est bon, je l'ai.
D'ici 2h30, je serai tirée d'affaires.
C'est bon, je l'ai.
Plus rien d'autre à faire pour Peggy maintenant
que de se cramponner à la carène
et d'attendre les secours.
Et puis, si la balise ne marchait pas,
bon, allez, j'y retourne.
Il faut que je replonge pour pouvoir récupérer l'autre balise.
Bon, faut que je le recrute.
Cette vague, elle est trop haute là.
Celle-là aussi.
À la prochaine ghibée.
Peggy a peur d'être assommée par les vagues trop hautes
à l'intérieur de la galile du béton.
Elle est désormais 16
et dans une heure, le soleil se couchera.
J'ai peur avec l'arrivée de la nuit.
Les requins, le bateau en train de couler.
Petit élément.
À l'aide.
Aidez-moi, non ?
Je veux pas mourir maintenant ?
Je veux pas mourir maintenant ?
Non.
Peggy, attends les secours à 6 à qualifier le faux chouin sur la poque.
Elle est frigoifiée.
Et qu'elle a faimé.
Elle est émouée et se soit abandonnée.
Quelques mètres plus d'âge,
des requins de 4 mètres se délectent des réserves de nourriture
vieux filisés qui s'échappent du bateau.
Petit élément.
Sauvez-moi.
Sauvez-moi.
Sauvez-moi.
Sauvez-moi.
Un soudain.
Des bruits d'avion.
Léo !
Léo !
Léo !
Léo !
Suth, l'avion ne me voit pas.
Allez, Petit !
Peggy doit trouver une solution plus vite.
Ses yeux brûlent et ne voient presque plus rien à cause de la tombée de la nuit.
Bon.
Il reste des fusées de détresse, des fumigènes dans les coffres du bateau.
C'est ma dernière chance.
Mais si je retourne, l'eau va s'en victrer.
Peggy n'a plus rien à perdre.
Elle les récupère après plusieurs tentatives.
Mais l'avion est partie.
Quand soudain,
elle l'envoie à les fusées de détresse.
C'est bon.
L'avion lui largue un quai de survie à moins de 5 mètres.
Mais Peggy n'a plus de force.
Elle est récupérée par un cargo de 250 mètres long et au 220 mètres.
Elle doit attendre la corde, mais c'est à bout de force qu'elle sera sauvée.
Après 79 jours de mer, 5 500 km à la force de ses bras
et ses heures interminables de survie dans une mer déchaînée,
Peggy doit accepter cette victoire inachevée à seulement 120 km de l'arrivée.
A peine le piéataire Olivier de Carsezon l'encourage à repartir.
Lors d'un déjeuner chez lui,
elle lui annonce qu'elle va publier un livre sur ses traversés et lui rétorque.
Tu as failli réussir.
Ça ne te dérange pas d'écrire un bouquin sur quelque chose que tu n'as pas terminé ?
On pleure, puis en colère, elle lui répond.
Je suis pas sur un bateau à voile de 35 mètres long
avec un mac grand comme l'arque de triomphe.
Le mien a une mesure 8 mètres.
Tu sais, c'est une coque de noix à propulser à la seule force de mes bras.
Elle décide de repartir.
Elle parle le 18 novembre 1999 des îles du Caves Verges au large de l'Afrique.
Elle rame 10 à 13 heures par jour.
Une nuit, un chelutier l'abort.
Hé, oh, tu le comprends, ramens-s'emble ?
Oh, la pétirée, tu veux découvrir le monde des hommes ?
Balance une dizaine de pêcheurs.
Mais cassez-vous, laissez-moi tranquille !
Pendant la traversée pour ne pas se sentir seul,
elle chante à tue tête, écoute son baladeur
et les bandes sons de ses films préférés des années 1990.
Nous sommes le 4 décembre 1999
et l'Américaine Victoria Murden
vient officiellement d'être la première femme au monde
à traverser l'Atlantique à l'Arab.
Mais non, c'est pas vrai !
C'est moi qui osais la première.
C'est moi qui ai ouvert la voie.
Elle est comme enfermée dans le tambour d'une machine à laver en marche.
Les vagues sont toujours plus violentes.
Elle se sent comme un petit rirent du tout sur l'océan
et a peur de revivre l'enfer de la première traversée.
Après 800 000 coups d'orames,
elle accoste le 5 janvier 2000 en Martinique.
Ses fusées de détresse
se transforment en émouvant feu de bingales de la victoire.
Papa ?
Non, mais pique.
Tu vois, je l'avais promis !
J'ai eu ma vie !
Peggy Boucher est la première française
à avoir traversé l'Océan Atlantique à la rame
et la première femme à avoir osé le faire.
Voilà, c'était l'histoire de Peggy Boucher
ou plutôt le début de la grande histoire de sa vie d'aventurière.
J'espère que ça t'a plu.
Psssss !
Si tu fermes les yeux, je vais te dire ce que Peggy m'a confié pour toi.
Oses toujours, cèdre parfois,
ne renonce jamais.
Crois en tes rêves et réalise-les rapidement.
On vieillit quand le nombre des regrets a dépassé celui des rêves.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org