
Jeanne d'Arc, épisode 2 : la pucelle chasse les Anglais hors de France
Durée: 14m9s
Date de sortie: 12/02/2021
durée : 00:14:09 - Les Odyssées - Voici le deuxième épisode de de la vie si extraordinaire de Jeanne d'Arc, celle qui est devenue une héroïne de l'Histoire de France ! Elle a entendu des voix qui l'ordonnent de libérer la ville d'Orléans, assiégée par les Anglais, et de conduire le dauphin à Reims pour le faire sacrer et de « bouter les Anglais hors de France ». La voilà déterminée à passer à l'action, elle est en route pour Chinon à la rencontre de Charles VII, le dauphin du Roi.
Au centre de la France, mais un peu à l'ouest, se trouve la forteresse de Chineau.
Sans être une pure splendeur, ce tas de pierres, perchées sur sa petite colline,
rend de fier service au royaume de France. Il tient bien la route.
Chineau la vaillante, résiste aux Anglais et aux Bourguignons.
C'est là que s'est réfugé Charles, le dauphin de la couronne.
Nous sommes en 1429, il est quatre heures du matin,
c'est une nuit noire, sans lune, sans étoiles.
Elle est froide, ou que dis-je, elle est glacial !
À l'intérieur du château, tout le monde dort.
Eux, tout le monde ? Oh ! Non pardon, excuse-moi, je n'avais pas bien vu.
Charles, allez-y, oeuf vers. Depuis plusieurs semaines,
le dauphin n'arrive pas à trouver le sommeil. Seul, dans son lit,
enroulé dans sa peau d'ours, se préférait, il parle à Dieu.
Ah, Seigneur, je n'en puis plus. Comme une cracote, je vais craquer.
Les unes après les autres, les villes tombent entre les mains de nos ennemis.
Depuis huit semaines, Orléans est assiégé par les Anglais.
Si la ville capitule, on est cuit. Et des mois, je suis au bout du rouleau à pâtisserie.
Ne t'inquiète pas, petit dauphin. Tu as demandé à l'aide. Prépare-toi.
Tu ne vas pas tarder à être servi.
Depuis dix jours, Jeanne et ses six compagnons galopent à travers la France.
Dans la brume, contre le vent, ils avancent. De jour en jour, ils se rapprochent.
Ils sont rudement courageux. Les terres qu'ils traversent sont sous le contrôle des Anglais et des Bourguignans.
Si elles se font attraper, c'est « Quick, Quick ». Et tu te souviens, « Quick, Quick ». Ça veut dire « La Mange ».
La discrétion est donc de mise. Mais bon, entre nous, c'est pas gagné.
Si chevaux lancer à toute Berzingue, je ne te raconte pas, ça fait un boucan d'enfer.
Si seulement quelqu'un avait pensé à inventer les chaussons pour sa bout de chevaux.
C'est nerveux, Jeanne. Oh, à la bien raison. Dans sa situation, je serai fort pratique.
Enfin, à la fin du mois de février, la petite troupe arrive à destination.
Oh, Jeanne sent le bouc. Elle en a plein le dos.
Devant l'entrée du château fort, elle prend sa plus grosse voix pour appeler les gardes.
Je m'appelle Jeanne et c'est Dieu qui m'envoie. Ouvrez-moi. Je dois parler au dauphin.
Après de longues minutes d'hésitation, ils finissent par baisser le pont de vie.
En passant les hautes murailles de pierre, Jeanne a la chair de poue.
Elle va rencontrer Charles, le gentil dauphin de la couronne.
Son cœur bat la chamade. Elle ne l'a jamais vu.
Comment va-t-elle faire pour le reconnaître ?
Attention, la scène qui suit est totalement imaginaire.
Nous sommes à la tombée de la nuit, au bout d'un long couloir de portes souvres.
A l'intérieur, la pièce tout entière est plongée dans l'obscurité.
Seul quelques flambaux accrochés au mur rachonvent un peu l'atmosphère.
Alors, comme ça, c'est Dieu qui t'envoie ?
Sans l'avoir jamais entendu. Jeanne reconnaît immédiatement la voix du dauphin.
Elle avance, timidement, à tout petit pas.
Arrivé devant lui, elle s'agenouille.
Puis, elle se met à parler.
Elle parle, elle parle, en mes ailleux, impossible de l'arrêter !
Gentidaufin, je suis venue ici car j'ai entendu des voix.
Saint Michel, Saint Catherine et Saint Marguerite m'ont parlé.
Ils m'ont demandé de vous apporter mon aide.
Donnez-moi une armée et je libérerai Orléans.
Et ensuite, je vous ferai sacré à Rince. Je vous rendrai votre royaume.
La Couronne de France vous appartient. Vous seuls devez l'apporter.
Jeanne s'agit d'un tout l'essence. Elle lève les bras.
On dirait qu'elle fait de petites maillonnettes avec ses mains.
Charles, de son côté, est blanc comme à l'inge.
Sans dire un mot, il observe, il réfléchit.
Peuré, c'est ça l'aide que Dieu m'a envoyé ?
Elle a l'air costaud, mais bon, à laquelle âge ? 17 ans ?
Et elle est censée chasser tous les Anglais ?
Ma parole n'est pas sortie de l'auberge. Falle, du château fort.
Oh la la la la zut ! Non, faut vraiment que je lui fasse pipi là.
Bon, réglons cette affaire au plus vite. Après tout, j'ai plus rien à perdre.
Puis, en prenant à toute vitesse la direction des toilettes, il ajoute.
Entendu, Jeanne, c'est d'accord.
Yopi, tralala !
C'est ce que l'homme la jeune fille.
Oh la ! Doucement, ma cocotte, on se calme !
L'affaire n'est pas encore conclue.
En s'étant troublé, il sent nombreux ceux qui prétendent entendre les voix de Dieu.
Avant de la laisser partir avec son armée, le dauphin a besoin de vérifier, il doit être sûr.
Jeanne est confiée à une commission d'experts spécialisées en vérité divine.
Pendant plusieurs semaines, on l'observe de près, on lui pose des tas de questions.
Est-tu l'enfant du diable ?
Je suis la fille de Dieu.
Jeanne, as-tu menti ?
Jamais ! Je dis toujours la vérité.
Jeanne a mal à la tête, elle voit double, elle voit triple, mais elle tient bon.
Les spécialistes donnent enfin le feu vert.
La jeune fille est équipée pour le combat.
On lui fabrique une armure avec toutes les pièces.
Braconnière, genouillère, cubitière, salade, salauré, épais et étendard.
Mais zette ! Il ne manque rien, tout y est.
Pas facile de marcher avec toute cette ferraille sur le dos.
Mais allez, zou, il ne faut pas traîner, la route est longue jusqu'à Orléans.
Juste avant de partir, le roi lui demande...
Jeanne, comment souhaite-tu être connue ?
Appelez-moi, la pucèle.
Lui répond-elle d'un air extrêmement sérieux.
Jeanne, la pucèle.
Oh, mais oui, sans jette !
Et puis, c'est un choix très cohérent.
Au Moyen-Âge, le mot pucèle a plusieurs significations.
Il désigne une jeune fille, mais également une servante de Dieu.
Et tout cela, mais oui, en plein dans le mille, c'est exactement ce qu'elle est.
Jeanne accompagne une immense armée.
Dans les rangs, certains capitaines serlent les dents.
Pour qu'elle se prend la pucèle, depuis quand les femmes partent à la guerre ?
Et puis, c'est quoi cette histoire de voix ?
Dieu lui aurait parlé.
Mansonge, mansonge et encore des mansonges !
Lorsque l'armée royale arrive à Orléans,
Jeanne a le souffle coupé.
La situation est encore pire que ce qu'elle avait imaginé.
Les tropes anglaises ont encirclé la ville.
Depuis des semaines, les habitants n'ont plus rien à manger.
Le 4 mai, on passe à l'offensif.
Jeanne est une véritable chef de guerre.
Elle mène vaillamment ses armes.
Avec des hommes, avec fougues, avec enthousiasme.
Les chevaux...
Les armures s'entrechoquent.
Des deux côtés, les soldats tombent comme des mouches.
Jeanne est terriblement triste.
Elle déteste faire couler le sang.
Mais elle doit sauver le royaume.
Elle l'a promis au dauphin.
Alors, son épée dans une main, sa bannière dans l'autre,
elle fonce dans la bataille !
C'est alors que...
Elle reçoit une ville en flèche entre le cou et l'homoplate.
C'est une sacrée blessure.
Va-t-elle survivre ?
Jeanne est évacuée.
On la soigne avec un peu d'huile d'olive et du lard.
Et le soir même...
Oh, tu ne vas pas le croire ?
Elle retourne combat.
Surprise, surprise, les anglices !
Les frépouilles !
Ils pensaient l'avoir tué, et bien non !
Lorsqu'ils l'avoir appliqué à toute allure, ils ont la frousse !
Une sans-cière ! Une sans-cière !
Crétit, il en prenant l'argent vers leurs cou.
Bravo, Jeannette !
Bien joué l'effet de surprise !
Quatre jours plus tard, le 8 mai, 429,
après quelques assauts bien costauds,
les anglais lèvent le camp !
Victoire !
Youhou !
Jeann arrive, si elle a repris en rayon !
Parmi ses soldats, plus dents sont épatés.
Quand, au dauphin, transportés par la joie,
ils se roulent par terre, ils fais la roue, la cabriole.
Jeann, elle aussi, serait jouée.
Mais sa mission, elle le sait, est loin d'être terminée.
Il faut maintenant faire sacrer le roi.
En route, mauvaise troupes, direction l'est de la France,
Reims et sa sublime cathédrale.
En chemin, Jeann enchaîne les victoires.
Patées, haussaires, trois chalons, les unes après les autres,
elles reprennent les villes audieusement conquises par les anglais.
Ces derniers sont verts de rage,
et ils voudraient bien lui faire la peau, à la puchelle.
Enfin, le 16 juillet, 1429, l'armée arrive à Reims.
Lorsque le dauphin entre dans la ville, il est acclamé par la foule.
Le lendemain, il y s'accrère au roi, dans la cathédrale.
Longue vie, Charles VII, le seul, l'unique, le vrai souverain de France.
Grâce à Jeann, Charles a retrouvé une partie de ses terres.
Il a une couronne sur la tête, et cela lui suffit.
Il décide de négocier la paix avec les anglais et les bourguignons.
La paix ?
C'est sclam, Jeann. Tout à coup, rouge comme un piment.
Mais enfin, Syr, vous n'y pensez pas. Il reste tant à faire.
Oui, oui.
Répond le roi. Mais, dans sa tête, il pense.
Non, non.
Oh, l'audieux personnage, l'homme sans honneur !
Maintenant qu'il a obtenu ce qu'il voulait, Jeann ne lui sert plus à rien.
Il est prêt à la laisser tomber.
Casselandienne, seul avec une petite troupe de fidèle, Jeann continue le combat.
Hélas, après le tourbillon de victoire, elle enchaîne les échecs.
Au cours d'une bataille dans la ville de Compiègne, elle est capturée par les bourguignons.
Il avande aux anglais pour 10 000 écus.
En décembre 1430, Jeann est enfermée dans la grande tour du château de Rouen.
Les anglais se frottent les mains, ils tiennent leur vengeance.
Il l'accusent d'avoir inventé les voies, d'être une sorcière et même pire, une hérétique, une mauvaise chrétienne.
Jeann est jugée devant un tribunal. On lui pose des milliers de questions.
Elle se défend extrêmement bien, elle répond du tac au tac.
Hélas, personne ne veut la croire.
La puchelle est condamnée.
À mort.
Le 30 mai 1431, sur la place du vieux marché à Rouen, elle est brûlée vive au centre d'un immense bûcher.
Vous tous qui êtes ici, écoutez bien.
Vous ne m'avez pas cru, vous m'en récuite.
C'est ce que certains rapporte pour être ces dernières paroles.
Si tel est le cas, on la vache, quelle chance de l'humour.
Heureusement, des années après sa mort, des personnes un peu plus intelligentes ont salué son courage.
Jeann est désormais l'une de nos plus grandes héroïnes.
Elle n'a pas seulement pris les armes, elle n'a pas seulement sauvé le royaume de France, elle a désobéié.
À cette époque, où les femmes n'ont pratiquement aucune liberté, Jeann est sorti du rang.
Elle a tracé son propre chemin.
Et cela, oh mais oui, ça nous fait un bon exemple à tous.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
Lorsque j'étais décrit l'armure de Jeann, j'ai employé quelques mots étranges.
Taises donc une salade, qu'une cubitière, qu'une braconnière et qu'un solere.
La salade désile le casque.
La cubitière protège le coude, la braconnière le ventre et le haut des cuisses.
Quand au solere, il s'agit de la partie de l'armure qu'on place,
sur les pieds.
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Jeanne d'Arc, épisode 1 : la jeune fille qui entendait des voix