Tout juste si on survit - EP94

Durée: 4m57s

Date de sortie: 13/06/2024

Pendant que Ramzy gère la réparation de la 125, Spiruline en apprend davantage sur les étranges phénomènes qui se produisent dans la région. La Chute de Lapinville
Lapin, pervers narcissique en fin de droits, raconte son retour à Lapinville et sa décision de faire un podcast pour se venger de ses anciens camarades d’école. Il est bientôt rejoint par Chloé Bloomington, star de cinéma qu’une énorme shitstorm oblige à revenir dans sa ville natale pour jouer dans une fiction quotidienne à la con. Puis, on suit l’enquête de Spiruline, astucieuse stagiaire à la mairie, qui dévoilera des scandales insoupçonnés dans les plus hautes sphères de Lapinville… Tour à tour, les Lapinvillois témoignent pour essayer de comprendre comment, une chose en entraînant une autre, ils ont fini par provoquer la destruction de la Terre. Leurs destins entremêlés forment une pelote visible de l’espace dont cette série, cinq minutes par jour, va dérouler le fil.

Fresque épique et palpitante, chronique de la catastrophe en cours et de ses ramifications les plus inattendues, La Chute de Lapinville a pu être décrite comme une variante des Simpson à la sauce rond-point ou un jumeau maléfique de Plus belle la vie.

Enregistrements : décembre 2023-2024 - Scénario et dialogues : Benjamin Abitan, Wladimir Anselme, Laura Fredducci - Conseillère littéraire : Noémie Landreau - Direction artistique : Benjamin Abitan - Réalisation : Clémence Bucher - Assistante réalisation : Anissa Zidna - Distribution : Clémence Bucher - Comédiens principaux : Charlotte Corman (Spiruline), Ephraïm Matte (P'tit Ramzy), Guillaume Bursztyn (Rayan) , Teddy Mélis (Ryan) - Moyens techniques : Obsidienne, Rémi Durel, Julie Tribout, Alice Lebaube - Illustration : Roxane Lumeret - Musique originale : Samuel Hirsch - Production : ARTE Radio, ARTE Studio, Virginie Lacoste, Sahar Pirouz, Jacques Falgous

J'ai été réveillée par un peintçon qui s'était posé sur le toit de la niche.
J'ai un temps magnifique et je me suis sentie honteuse.
D'or, j'entendais les jumeaux déjà à pied d'oeuvre en train de rentrer les foins.
Piruline, tu viens ?
Ramzi m'attendait avec des croissants qu'il avait dénichés au village.
On ne confondra pas de teux, c'est trop...
Peut-être plus tard. T'es levée depuis longtemps ?
Bah oui. J'ai un déce de maths cet après-midi.
Et si j'arrive à 15 de moyenne, ma mère m'emmène voir Sopranou à un concert.
Alors j'ai cherché quelqu'un pour réparer la moto.
Mais Maréchal Ferrand s'y connaît en mécanique.
Et j'ai un œil.
Bien joué, Piramzi.
Heureusement que tu es là pour attraper le coup.
La chute de la peinville.
Une fiction quotidienne en podcast.
Qui fait la part belle à la jeunesse.
C'est ouf !
Et au monde rural, c'est bien vrai sacré vingus.
Episode 94.
Tout juste si on survit.
Je suis passée devant les jumeaux.
Ryan et Ryan, qui m'ont fixé avec leurs yeux vides.
Bonjour.
Puis j'ai recroisé la dame qui nous avait envoyé chez les grémillons.
Bonjour.
Ah c'est vous ?
Ils vous ont laissé tranquille alors ?
Comment ça ?
Oh c'est plutôt moi qui a embêté tout le monde.
J'ai déclenché un incendie.
Heureusement les jumeaux grémillons sont intervenus à temps.
Les grémillons ?
Vous savez ils ont pas toujours été comme ça.
Cette famille, elle cache des choses.
Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Dans le temps, chez eux c'était juste une vieille mesure.
Maintenant la mère grémillon espavane avec ses panneaux solaires.
Son faux-puis, son jardin zen.
Mais c'est pas un travail honnête qui leur a acheté tout ça.
La terre ici, elle donne rien.
Tout juste si on survit.
On met des fousses bottes deux fois dans les champs pour faire croire qu'on fait du volume.
Et on demande des subventions sur européenne.
Ah bon ? Mais dites, c'est illégal ça.
Parce que vous croyez qu'on a le choix ?
Vous les gens de l'institution, vous êtes tous pareils.
Jamais vous nous avez pris au sérieux.
Quand j'étais gamine, l'autocarine nous mena la paville toutes les semaines.
C'est bien longtemps qu'on a vu partir le dernier.
C'est vrai que c'est mal des serviens.
Je savais même pas qu'il existait ce village.
Ils nous ont oubliés.
Qu'eux-diables, un jour ils vont le reiller de la carte.
J'ai préféré ne pas lui dire que je n'avais jamais vu son amour sur les cartes officielles de la mairie.
C'était quand même bizarre.
Et puis soudain...
J'espère qu'un jour vous verrez ce qu'on a vu nous par ici.
Ce qu'on continue à voir depuis 30 ans.
J'ai eu un grand frisson.
Même ici, au fin fond du lapin-villet, les gens se souvenaient d'y à 30 ans.
Mais de quoi exactement ?
Et euh, dites, si je vous dis, projet volau-vent ?
Bah, toujours pareil.
Depuis 30 ans on veut vous alerter.
Et vous savez que vous moquez.
Mais tant pis, vous vous emmendrez les doigts.
Mais non, attendez !
Revenez, je me moquais pas ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Qu'est-ce que vous avez vu il y a 30 ans ?
Pourquoi je vous ferais confiance ?
Parce que je suis pas vraiment de la mairie moi.
Je suis scétologue.
Et je crois qu'il s'est passé des choses pas claires en 1994.
Un instant, elle a hésité.
Puis elle s'est approchée lentement.
Elle a regardé tout autour d'elle.
Et elle a continué à voix basse.
Les fils grémi-mignon, ils étaient tout petits haut.
Ils avaient pas dix ans.
Leurs parents les ont retirés de l'école du jour au lendemain.
Et ils ont commencé à roder dans le voisinage.
Parfois tard dans la nuit.
C'est là que les bêtes ont commencé à disparaître.
Les bêtes ?
D'abord c'était pas grand chose.
Un lapin, une petite chèvre.
Et puis ils ont attaqué les troupeaux.
Les gens ont renoncé aux élevages.
Encore aujourd'hui.
Ils évitent de sortir de chez eux la nuit.
Ils ont peur.
Mais comment ça ?
Peur de quoi ?
Des gemots ?
Elle est restée un moment silencieuse.
Le regard fixé sur la maison des grémi-millons.
La cheminée se dressait parmi les dernières brumes du petit matin.
Pyroline, la moto est prête.
Faites attention.
Croyez être à l'abri, là-bas, à la paville avec vos équipements modernes.
Mais vous l'êtes pas.
C'est toute la région qui est infectée.
Toutes les nuits, le danger rude.
Partout !
Mais quel danger, à la fin !
Décidez-moi.
Qu'est-ce qu'il y a ? C'était qui ?
Je sais pas. Quelqu'un qui croit qu'on est en danger.
Oui. Et bien, elle a peut-être pas tort.
Ah bon ? Pourquoi ?
Pour rien.
A suivre, sur Arter Radio.
Alors pourquoi elle a peut-être pas tort ?
Pour rien.
Mais pourquoi ?
Pour rien, je te dis.
Allez.
Non.
Il sait quelque chose, petit Ramsay ?
Je sais pas.
Tu sais forcément.
T'as qu'à écouter demain.
Mais je veux savoir maintenant.
Ben c'est pas possible.

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LaChutedeLapinville-Unefictionquotidienne

Tous les jours 5 minutes de vérité, d’aventure, de cynisme, de dépression, d’humour et d’amour (non en vrai, il n’y a pas beaucoup d’amour, mais il y a quand même un peu de sexe.) Alors voilà le pitch. Lapin a 38 ans, il est cynique et déprimé, un peu amer aussi et il semblerait qu’il soit responsable d’une catastrophe qui a causé la fin du monde. Il décide de nous raconter comment le cataclysme est arrivé, mais pour ça il doit remonter le temps. D’autres narrateurs vont l’aider à reconstituer le puzzle. L’histoire commence donc le jour où on lui supprime les allocations qu’il touchait en sa qualité de pervers narcissique. Pour tenter de les récupérer, il doit s’engager dans un programme de podcast thérapie qui ne l’inspire pas du tout. C’est le début de la fin et il est contraint de retourner vivre chez ses parents souriants et indifférents, Christiane et Christian, à Lapinville. De retour dans cette ville qui lui donne le bourdon et installé dans le garage de ses parents, les mauvais souvenirs remontent. C’est à ce moment-là qu’il décide de faire de son podcast l’instrument de sa vengeance. Ses anciens camarades de classe vont payer pour les humiliations qu’il a subies quand il était petit. Il élabore un plan machiavélique. Ce résumé contient beaucoup trop de spoilers, mais le spécialiste consulté par ARTE a dit qu’il fallait un résumé de 4000 signes pour que la série soit bien référencée sur les plateformes, donc déso. Lapin est bientôt rejoint par Chloé Bloomington, star de cinéma qu’un énorme shitstorm oblige elle aussi à revenir dans sa ville natale pour l’inauguration d’un rond-point à son effigie et aussi pour jouer dans une fiction quotidienne audio à la con. Elle est aussi l’égérie des pâtés Legroin qui ont fait la fortune de son père Georges Legroin. Elle se retrouve d’ailleurs prise dans les filets de l’autorité de maladive de Georges, qui la manipule et qui l’exploite, mais aussi dans ceux de Camille Bourdin, la reine du podcast et de la toxicité. Le tournage se transforme en cauchemar. Puis, c’est Spiruline qui reprend le fil de l’histoire. Astucieuse stagiaire à la mairie, d’une bonne humeur et d’un optimisme inébranlable, elle est totalement exploitée par la maire de Lapinville qui est nulle en informatique mais super forte en corruption et en malversations. Heureusement, Spiruline est surtout une sorte détective dans l’âme qui dévoilera des intrigues insoupçonnées dans les plus hautes sphères de Lapinville… Du coup la mafia locale s’en mêle et des disparitions mystérieuses se succèdent. C’est du moins ce que croit la personne qui écrit ce résumé et qui n’a pas encore lu tous les épisodes, qui sont écrits par des ordinateurs enfermés dans une pièce secrète et qui refusent qu’on les dérange, et qui prennent tout mal, dès qu’on veut changer une toute petite chose (comme le titre) ça les fait vriller alors, on aime mieux les laisser tranquilles. Les destins entremêlés de tous ces personnages forment une pelote visible de l’espace dont cette série, cinq minutes par jour, va dérouler le fil. Alors écoutez et vous ferez bientôt la connaissance de Sami l’ingé-son fan de reggae, du Robot Français Moyen, de Pif le chien, d’une journaliste sans scrupule, d’une assistante sociale qui est aussi cétologue et stagiaire à la mairie, d’un jardinier gréviste, d’un comédien qui fait des clins d’œil, de mafieux érudits, d’un collégien geek et woke et d’un footballeur volage. Il y aura des courses poursuites, des effets spéciaux, des concours de popularité, des conflits générationnels, du mystère, des enquêtes, de la politique locale, de la corruption, des fêtes, de la dystopie, de l’humour noir, des chansons, des groupes de parole, des avant-premières, des inaugurations, des traumas, des coups de feu, des goûters, des kidnappings, des rires, des larmes et même des scènes de crime. Et vous saliverez à l’idée de découvrir la spécialité culinaire de Lapinville, le chichoucha. Parce que finalement « La chute de Lapinville » c’est vous, c’est nous, c’est la classe moyenne, c’est la France, c’est la collapsologie, c’est tout l’univers, des petits riens aux grandes questions existentielles, c’est la retraite, l’épilation et le harcèlement scolaire, c’est la comédie et la tragédie, c’est le monde entier dans un podcast addictif. Une variante des « Simpson » à la sauce rond-point ou un jumeau maléfique de « Plus belle la vie ».
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