Vous écoutez les immersions sonores du podcast Les coulisses du voyage.
Dans ces épisodes, je vous emmène avec moi dans des destinations que j'aime particulièrement.
Que ce soit en mode slow tourisme, micro aventure ou city trip engagée, seules ou accompagnées,
suivez-moi dans ces escapades du rap.
Aujourd'hui, je vous emmène pour une escapade sans voiture dans la meuse.
Les bus vont me permettre de me déplacer dans le triangle musien que forment les villes de Saint-Miel,
Verdun et Parle-duke.
Je vous préviens d'avance la meuse qu'âche bien son jeu.
Et ce voyage s'annonce à la fois insolite et bouleversant.
Entre découvertes artistiques, histoire indélébile et tradition surprenante,
la meuse a semé sur mon itinéraire de nombreuses pépites rares et atypiques
qui en font une destination unique.
Après une heure de train depuis Paris, j'arrive à la gare de meuse TGV.
Un de mes préjugés est déjà balayé.
La meuse est toute ballonnée, contrairement à ce que je pensais.
Je suis séduite par le camayeux des champs qui défilent depuis la navette
qui m'emmènent à la première étape de ce séjour, Vendée Forêt.
Le bus me dépose devant la mairie de Freine-au-Mont,
où m'attend Pascal, le directeur artistique de la mairie.
Vendée Forêt, en fait, c'est l'histoire de 45 km de centier depuis 25 ans,
où les artistes sont invités.
Donc aujourd'hui, il y a 131 oeuvres à revoir sur les centiers,
7 circuits de 3 km à 12 km, et on est au cœur de la meuse.
Nous nous parlons dans le village de l'AIME,
au café de Malin-de-Gouay,
Le café que le Vendée Forêt a réouvert il y a maintenant 2 ans.
Ce café a accueilli les artistes, les promeneurs qui viennent de loin,
ou de proximité, les habitants bien entendu.
C'est le lieu où on accueille le public,
où on le renseigne pour qu'ils puissent, autour de la Napa Caro,
d'une boisson chaude ou froide, discuter avec les artistes
et prendre la carte de Vendée Forêt pour découvrir le travail des artistes
et des oeuvres qui vont être sur les centiers.
Ces oeuvres sont le résultat d'un long processus de travail
avec les bénévoles, les artisans,
ça peut être un chaudronnier, un hébényste, un menusier,
l'artiste va travailler la pierre, le métal, le verre aussi,
avec un maître verrier.
L'idée, c'est vraiment des oeuvres inédites.
Cette année, on prépare pour le 15 juillet
la création de 8 nouvelles oeuvres.
Dans le village, les deux artistes commencent déjà à travailler
leur création, leur sculpture.
Plusieurs artistes travaillent en ce moment même
à côté du café de Vendée Forêt.
Je vais donc en profiter pour les rencontrer.
Marguerite vient de rentrer dans ton atelier.
Il y a plein de tissus, un petit peu,
comme des tissus pas en plastique, des bâches.
Comment on pourrait dire ?
C'est de la toile de parachute ou toile de kawai.
Je l'utilise en ce moment pour faire un projet de gonflable.
C'est Vendée Forêt qui m'a convié
à participer à leur projet d'art et prison cette année.
Si je me souviens bien, c'est la cinquième édition,
mes premières éditions avec une femme.
J'ai débarqué en prison,
un petit peu le vent dans les cheveux, sans vraiment d'a priori.
J'ai adoré l'énergie qu'il y avait sur ce projet.
Je suis arrivée comme ça.
Je leur ai dit qu'on va faire du gonflable.
Ils ont tous demandé si déjà ils allaient pouvoir s'échapper avec.
Si on pouvait faire une mongole fière,
si on pouvait s'envoler avec.
J'ai su que ça avait accroché sur ce terrain-là,
parce qu'en fait, ça les a fait rêver dès le début.
J'étais pas très sûre de moi,
parce que faire coudre une ribambelle de gros gars
avec leur grosse paluche.
Je suis une femme plutôt petite,
mais une toute mignonne.
Pas le genre de femme qu'on s'imaginerait rentrant en prison.
Du coup, je suis arrivée avec mes kilomètres de tissu
et mes quatre machines à coudre.
Je leur ai dit qu'on va coudre des kilomètres et des kilomètres.
Ça les a emballés,
parce que dès le début, c'était des échelles qui étaient énormes.
Je leur ai dit qu'on va travailler grand.
Ils m'ont demandé grand comment.
Je leur ai dit grand comme le gymnase.
On va être à faquille dans le gymnase sur des longueurs
de 8 mètres, 10 mètres de tissu,
qui allaient monter à 5 mètres de haut.
Je pense que c'est ce qui les a peut-être un peu mis à l'aise
avec la technique.
Je n'aurais pas amené le projet comme un projet de couture.
Je leur aurais vraiment amené le projet comme un monstre gigantesque.
Non, c'était vraiment les échelles,
je pense, qui les ont accrochées dès le début.
C'est un projet qu'on a vraiment pensé tous ensemble.
Je n'ai pas débarqué avec une idée en tête précise.
La première séance, on a dessiné tous ensemble.
J'ai fait un patchwork.
On a fait un ping-pong comme ça.
Au début, ils dessinent.
Je choisis les dessins, je les mixe.
Je leur remontre, ils font une sélection.
On est arrivés à un espèce de Frankenstein.
Des plusieurs choses.
Des plusieurs animaux.
On voit le dessin là-bas.
C'est une salamandre avec plein de pâtes.
Il doit y en avoir 12, je crois.
Trois têtes.
Une tête de fleurs,
un bouffon ou un joker.
Et une tête de prince avec une couronne.
Des ailes.
Les ailes, c'était vraiment quelque chose qu'ils leur tenaient à cœur.
Je pense que...
C'est un peu l'envoi de la liberté.
C'est ce que ça représente pour eux.
Oui, vraiment, la liberté.
Une petite tulipe à la place de la queue,
qui pousse comme ça,
comme une sorte de petite bizarrerie.
Ils se lâchent vraiment.
Ils sont très en demande
d'exprimer leur créativité.
C'est vraiment leur projet.
Moi, j'étais là pour les guides des quoi.
Je viens d'arriver à mon hébergement pour la nuit.
Le moins qu'on puisse dire,
c'est qu'il est très insolite.
Pour vous décrire un petit peu,
c'est un grand losange en bois et en fer
qui est posé par la chambre.
Au milieu de la forêt.
Ça me fait penser à une grosse graine
qui essaierait vraiment de s'enraciner
dans le sol.
C'est très bien intégré à la nature.
Il y a un petit côté futuriste aussi.
C'est vraiment très beau.
Cette maison silverse,
qui s'appelle le nichoir,
a été créée par Matalie Crassez,
qui est une architecte,
une designer très connue,
dont j'ai déjà pu voir le travail auparavant.
Je vais rentrer à l'intérieur
pour voir ce qui m'attend.
Quand on est à l'intérieur,
c'est vraiment comme une sorte de coco.
C'est très intriguant
parce que comme l'architecture est en losange,
les parois ne sont pas toutes droites
à son pencher.
Il y a un petit poil au milieu.
Et puis il y a un premier étage.
Quand on monte,
je vais aller voir.
Quand on monte, qu'est-ce qu'il se passe ?
Il y a une sorte de dortoir.
Il y a 4 matelas posés au sol.
Moi, j'ai de la chance, je vais être toute seule pour en profiter.
Il y a des sacs de couchage.
Il y a tout ce qu'il faut.
Et c'est vraiment comme un petit coco.
Il y a des petits fenêtres qui donnent sur les arbres.
C'est vraiment magnifique.
J'ai passé une nuit délicieuse
au sein du nichoir.
Je me suis levée à l'eau
pour contempler la forêt sous-réveillée.
Pendant mon petit déjeuner,
un chevreuil s'étonne de me voir
et me toise en aboyant avant de s'échapper.
Plus tard,
lors de ma randonnée matinale,
j'aurai même la chance de croiser un renard.
Cette forêt est décidément pleine de surprises.
Sur 8 km,
différentes oeuvres s'égraînent.
Tant aux discrètes, tant aux monumentales.
J'accorde du temps à chacune d'entre elles
pour la comprendre, la ressentir.
Selon les propositions,
je me laisse aller à des émotions diverses.
De la surprise à la fin,
je me suis rendue un petit rameusement
en passant par l'angoisse et même la colère.
Je cherche les baroliers foncéramiques
de la promenade des dragons, d'Antoine Marquis.
Ils sont incrustés dans les arbres
et il faut être très attentifs
pour les détecter.
A l'inverse, je tombe néané avec un masque
d'acier imposant de théodor fivel.
Il me rappelle un masque africain traditionnel.
En le scrutant,
je ne suis pas au bout de mes surprises
car il cache subtilement
un four à pain.
En pleine forêt,
l'artiste invite ainsi les visiteurs
à un moment de partage et de convivialité.
Plus loin,
je suis émue par les carcasses de voitures enterrées
dont seul le toit dépasse de l'humus.
Cette oeuvre, pensée par Joël Thépaud,
symbolise l'exode de milliers de personnes
lors de la Première Guerre mondiale.
La diversité
des oeuvres permet de ressentir
toute une palette de sensations
et de questionnements.
Sans aucun doute,
la découverte de ce sentier
m'a donné envie de découvrir
les 6 autres.
Je rejoins ensuite la ville de Saint-Miel
située à quelques kilomètres
de Vendée-forêt.
Cette petite cité de caractère ne paie pas de mine
au premier coup d'œil.
Mais les curieux y trouveront de belles pépites
comme une magnifique bibliothèque
bénédictine datant de 1775.
9000 ouvrages
anciens et rares sont disposés
élégamment sur de sublimes étagères
en bois de part et d'autre de la pièce.
Et 17 fenêtres
astucieusement disposées
diffusent une lumière douce.
Le plafond est recouvert
d'éléments floraux moulés.
Ce décor est somptueux et je m'y verrai
bien écrire pendant de longues heures.
Je sais que ce type de lieu est
unique en France alors je savoure chaque seconde.
Saint-Miel est aussi
réputé pour ses édifices
aux façades renaissances et pour son talentueux
sculpteur, l'igier-richier.
Devant la pâmoison de la vierge
dans l'église synthétienne
je comprends l'engouement pour son œuvre.
Il s'est littéralement donné vie à la pierre.
Ces personnages
semblent bouger,
les tissus semblent flotés
et les détails sur les chevelures sont
tout simplement incroyables.
Après avoir bougé
d'exposition en exposition
je rejoins le marché couvert de Saint-Miel
où se trouve le bus
qui va m'amener à la deuxième étape
de ce séjour, Verdun.
Je vais y rencontrer Maxime
de l'Office de Tourisme qui va me
livrer quelques éléments pour comprendre
cette ville au passé bien connu.
Verdun aujourd'hui, c'est pas
une ville détruite, on a souvent le préjugé
que la Grande Guerre, alors effectivement
la Grande Guerre a laissé des traces
un peu partout dans le département
mais la ville a été reconstruite en 11 ans
et donc aujourd'hui on a une ville vraiment
qui vit
énormément et qui est
articulée autour de la meuse, donc
c'est le fleuve qui la traverse
et cette meuse d'ailleurs se ramifie en petit canot
donc on a vraiment une possibilité de balade
assez infinie. Le centre-ville
est assez petit, la ville on dit qu'elle est
à taille humaine et puis on reste
dans une ville de campagne, donc c'est qu'on a
apporté de mains, on a vraiment
les grandes étendues, la forêt.
Quels sont les monuments, les
lieux incontournables à Verdun même
dans la ville
qu'il faut vraiment pas louper quand on vient.
Alors au-delà de l'histoire
il y a évidemment
ce que l'on appelle le quai de Londres
qui est en fait le port de plaisance
qui se situe
en plein coeur de la ville
juste on a la meuse
et on a de part et d'autre
les petits bateaux de plaisance qui viennent
s'y amarrer à la belle saison
et puis évidemment on a les terrasses
on a les bars, les restaurants
au-delà de ça on a bien sûr
une cathédrale qui est vieille de mille ans
et c'est un édifice qui est vraiment exceptionnel
on a le centre mondial de la paix
qui présente des expos temporaires
dans un bâtiment exceptionnel
aussi et puis tout le centre-ville
je disais qu'on fait à pied facilement
avec divers monuments qui eux
n'ont pas... ont échappé
en fait aux destructions de la première guerre.
Et là on est dans un très joli parc
on se trouve au parc
Japiot, parc municipal
donc c'est vraiment un
morceau de verdure
on est vraiment dans un lieu très calme
en plein coeur du centre-ville.
On va continuer notre balade
alors où est-ce que vous m'emmenez après ?
On va suivre le chemin de Valage
suivre le chemin de Valage
pour voir justement le quai de Londres
et puis essayer de remonter un peu plus loin
Donc là on passe devant
l'hôtel où j'ai dormi
devant la péniche, oui
qui vient de s'installer
parce que ça fait...
je crois ça fait un peu plus d'un an
qu'elle se trouve amarrée ici
et qui propose un hébergement
on va dire insolite
sur l'eau
C'est hyper sympa le soir en plus
tout autour là c'est très joli
on est éclairé donc c'est vraiment très sympa
Je poursuis ainsi ma balade à Verdun
Dans la ville basse je repère
quelques édifices Hardéco
ou Arnouveau, magnifique
L'un d'eux, une ancienne quincaillerie
Rue-Mazelle a été reconvertie en Escape Game
A 10 minutes à pied
c'est un autre lieu qui va m'offrir une expérience
inédite
D'origine médiévale
la citadelle de Verdun a été construite au 15ème siècle
c'est une véritable place forte
avec ses fortifications, bastions, tours et douves
Elle s'est renforcée au 17ème siècle
par l'entremise de Vauban
Plus tard, en 1871
suite à la perte de l'Alsace-Moselle
Verdun ne se situe
plus qu'à 60 km de Metz
tenu désormais par les Allemands
En prévision d'autres conflits
4 km de galeries souterraines sont creusées
pour pouvoir accueillir des hommes
des vivres et du matériel militaire
Elles serviront durant la bataille de Verdun
pour mettre en place un important centre logistique
Rien qu'un bon cahou à bien chaud, ça me suffirait
Ah oui, une bonne vieille chique
tes doigts gens, ça te dirait
un casque à la gueule veut drager
avec un petit coup de pina
j'ai pas faim
c'est camille, ça blé sur est vraiment moche
c'est un costaud au escalage
Un parcours en réalité augmenté
a été conçu pour explorer la vie
de la citadelle souterraine
durant cette période
Muni d'un casque de réalité augmenté
Je monte à bord d'un wagon qui se déplace dans les entrailles de ces galeries.
Je suis le quotidien du soltage en rivière et de ses camarades.
Ici se croisaient les soldats de retour des champs de bataille et ceux qui s'y préparaient.
Les soldats pouvaient se reposer et être soignés.
On y fabriquait 40 000 pins par jour, on y entreposait des munitions et des cérémonies militaires s'y dérouler.
Une véritable fourmilière dont la vie était rythmée par les bombardements et les nouvelles luffrons.
Le dispositif permet une immersion totale, la sensation de vivre avec eux à un moment fort de l'histoire.
Après cette balade à Verdun, je file à l'office de tourisme pour louer un vélo et rejoindre le champ de bataille.
Pour cela je vais emprunter la voix verte qui longe la meuse.
Pour bien comprendre la bataille de Verdun, je pars à la rencontre de Nicolas Dubac,
professeur d'histoire géographie et responsable du Pôle Histoire, Collection et Médiation du Mémorial de Verdun.
La bataille de Verdun est la bataille emblématique de la Première Guerre mondiale
parce qu'on a un affrontement franco-allemand qui va durer 10 mois de temps, un duel implacable,
avec des soldats qui se sont affrontés dans la boue sous les tirs d'artilleries.
On ne sait dans rien du terrain les uns souhaitant avancer et les autres retenir la poussée de l'adversaire.
On a ce duel à mort entre français et allemands ici sur l'éau de Meuse qui symbolise cette Première Guerre mondiale.
La bataille de Verdun consomme beaucoup de matériel et demande beaucoup d'hommes.
On a eu en effet plus de 2,3 millions de soldats qui ont été engagés pendant la bataille de Verdun.
Ils étaient acheminés les Français par les camions à Londine-Route qui s'appelait la voie sacrée.
Les Allemands étaient amenés par l'Inde-De-Chemaine-Faire et une fois qu'ils étaient déchargés les uns des camions, les autres des trains,
ils montaient à tour de rôle sur ce champ de bataille.
Ils y passaient en moyenne une huitaine de jours avant d'être relevés les uns pour ne plus jamais y retourner
et d'autres malheureusement revenaient dans les semaines qui suivaient.
Le champ de bataille de Verdun était un champ de bataille qui ressemblait à la surface de la Lune.
Le paysage était complètement lunaire, martelé par l'artillerie.
Dans cette bataille-là, on s'est retrouvé avec des milliers de canons qui jour et nuit déversaient des centaines de milliers de projectiles.
On estime qu'en dix mois de temps, 60 millions d'obus ont été tirés sur ce champ de bataille qui faisait un peu moins de 200 km2.
Donc le paysage avait été complètement ravagé.
Ici où on se trouve à Floride-Vendouaumont, sur chaque mètre carré, on estime de l'ordre de 6 à 8 obus par mètre carré donc qui se sont abattus.
Donc le terrain était littéralement pulvérisé.
Et j'imagine que les morts étaient proportionnels à cette déferlante d'artillerie.
La bataille de Verdun a fait évidemment beaucoup de victimes sous ce déluge d'artillerie.
L'artillerie avait représenté 85% des pertes.
On estime de l'ordre de 306 000 soldats qui ont été tués français comme allemands, ici en dix mois de temps, auquel il faut ajouter 400 000 blessés.
Donc imaginez-vous, plus de 700 000 hommes, tu veux blesser ici sur ce champ de bataille.
Et pour beaucoup de soldats, on n'a jamais retrouvé leur corps parce qu'ils ont été littéralement broyés par l'artillerie.
Est-ce qu'il explique que cette forêt de maniale de Verdun, on estime de l'ordre de 80 000 corps qui restent encore sous les arbres ici dans le terrain incrusté à Verdun.
Alors c'est vrai que le cerveau humain a du mal à se représenter cette guerre, cette bataille.
Et justement dans le mémorial, vous avez essayé que les visiteurs puissent s'approcher au plus près de la réalité du quotidien des soldats.
Comment vous avez procédé ?
Alors pour essayer de s'approcher de cette expérience vécue par les combattants de la bataille de Verdun, dans le musée nous avons de nombreux dispositifs
dans lesquels on n'hésite pas à recourir à la reconstitution, reconstitution du terrain tel qu'il pouvait être, avec notamment la résine qui permet de modéliser le terrain.
Il y a également beaucoup de dispositifs audiovisuels qui permettent de projeter des photos d'époque qui montrent la dévastation du terrain.
On va avoir également des films qui sont souvent des films de reconstitution qui ont été faits pendant la guerre ou après pour essayer de s'approcher de cette réalité du bombardement.
Les bruitages également sont très importants et les visiteurs à l'aide de casques, ils peuvent écouter des témoignages également.
Donc on est dans cette ambiance au rez-de-chaussée du mémorial avec une scénographie qui est très sombre, cette ambiance de la mort.
Et vraiment, lorsqu'on coupe la reconstitution qui vous entoure, les films qui sont projetés et les enregistrements de ces témoignages, vraiment on essaie,
évidemment on ne connaîtra pas ça, mais on s'approche un peu au plus près de cette réalité combattante.
Et moi je me demandais aussi quel message vous avez envie de faire passer, avec quoi vous avez envie que les visiteurs repartent ?
Le message fondamental que l'on doit emporter avec soi une fois qu'on est venu ici au mémorial et sur le champ de bataille de Verdun,
parce que l'histoire elle est présente sur le terrain, les vestitions partout là autour de nous, c'est un message d'humanisme.
C'est-à-dire qu'on se retrouve ici face à cet immense avertissement de l'histoire qui a dévasté ce terrain tout autour de nous,
ce terrain sous la forêt est mort il y a plus de 100 ans.
Et donc c'est très important de voir que des hommes ont souffert, des hommes avec un rage maléculé, des hommes et des femmes,
ont souffert en grand nombre, pour qu'à l'avenir on ne puisse plus reconnaître une telle souffrance.
Donc on est sur un événement du passé, mais que l'on emporte avec soi pour donner du sens à l'actuactique que nous vivons.
C'est ça le message qui est légué, ce cri mémorial laissé par cette génération marquée au fer rouge pour que les générations à venir ne connaissent plus jamais ça.
Depuis la terrasse du mémorial, j'observe la couverture boisé qui se répand quasiment sur tout le champ de bataille.
Cette forêt d'exception a une histoire singulière et des particularités que je vais découvrir en compagnie de Guillaume Rouard,
technicien forestier à l'Office National des Forêts.
Alors Guillaume, là on est sur le champ de bataille de Verdun.
Et alors moi j'avais très envie de te rencontrer pour que tu nous expliques un petit peu l'évolution du paysage où on se trouve,
avant, pendant et après la guerre, et aussi les conséquences un peu écologiques de cette bataille.
Sur le site de l'ancienne forêt dominale de Verdun, avant XIV en fait on était sur un paysage plutôt de bocages,
avec quelques bosquets forestiers puisque donc la forêt de Verdun aujourd'hui représente 10 000 hectares.
Sur ces 10 000 hectares, il y avait environ 2000 hectares de bois.
Tout le reste c'était des champs, des vignes, des prêts.
Et donc comme tout a été détruit pendant la guerre, puisqu'il y a eu 60 millions de buts tirés,
il y a eu 7 villages détruits, complètement détruits, donc les propriétés ont été expropriées,
l'État a décidé de boiser ces terrains.
Tout ça s'est fait dans les années 30 avec des essences résineuses.
Pourquoi il a été fait le choix de boiser plutôt que de reconstruire peut-être des villages, faire de l'agriculture ?
Effectivement, la particularité de Verdun c'était un site très très symbolique après la guerre.
Il y a eu de grands débats sur le site de la bataille de Verdun,
parce qu'il y a plein de zones en France, dans l'Aine, dans la Marne, qui ont été rendies au monde agricole, mais pas Verdun.
Verdun a donc été décidé d'exproprier les agriculteurs, les propriétaires, pour en faire une zone sanctuaire.
Le fait de boiser, sanctuariser un petit peu tout ça, parce que le couvert forestier en fait laissait apparaître le bouleversement du sol.
Les millions d'obus qui ont été tirés, on pouvait les apercevoir,
puisqu'il n'y avait pas de lumière qui arrive au sol grâce aux résineux.
Et ça permettait aussi de savoir qu'il y a 80 000 hommes qu'on n'a jamais retrouvés, là autour de nous,
et donc on les laissait tranquilles pour les siècles à venir.
Une fois qu'il a été décidé de planter des arbres, donc il y a eu une forêt,
et donc cette forêt, forcément, elle a une histoire très particulière,
est-ce que tu peux nous la résumer en quelques mots ?
Alors oui, elle a une histoire très particulière, et puis comme toute chose vivante, elle évolue.
Alors il y a des périodes difficiles pour elle, en ce moment c'est une période très difficile,
pas spécialement pour la forêt de Verdun, pour la forêt française en général.
Les changements climatiques nous impliquent de gros bouleversements sur les essences.
Donc ici, c'était une forêt qui était plantée en résineux, donc après guerre,
avec des plans donnés par les Allemands.
Dans les années 70, l'ONF a dit qu'on va transformer ces résineux en peuplement plus locaux,
donc avec le hétre, puisque c'est l'essence de la Lorraine par excellence.
Il se trouve que le hétre ne sera sûrement plus acclimaté dans quelques dizaines d'années ici à Verdun,
enfin dans le Nord-Est, d'une manière générale.
Donc on a changé notre fusil d'épaule et maintenant, petit à petit,
on réimplante des essences qui viennent du Sud, du bassin méditerranéen en fait,
des cèdres, de sapins de Turquie, de Grèce, pour essayer de pallier à ces modifications climatiques.
Ici, à Froiterre, c'est un espace un peu particulier,
parce que c'est un ouvrage qui a été particulièrement bombardé.
Comme tu peux le voir, il y a des centaines de trous d'obus autour de nous.
Ces trous d'obus sont remplis d'eau, surtout en sortie d'hiver,
et donc ils recèlent une grande population d'anphibiens.
Donc on a toutes les espèces de tritons ici, alpestres, ponctuées, palmées, crétées.
Et on a la particularité d'avoir encore sur la domaine de Verdun un petit crapeau
qui envoie de disparition, qui s'appelle le crapeau sonneur avant-tre jaune.
Ce petit crapeau, cet aille adulte, c'est 4 à 5 cm.
Toute la forêt de Verdun est classée nature à 2000,
puisqu'elle recèle aussi un grand nombre d'ouvrages et de forts,
environ une quarantaine, et dans ces ouvrages et forts,
on a une très grande population qui reptère, donc des chauves-souris en fait,
une vingtaine d'espèces sur le site de Verdun.
Comme tu peux le voir, tous les sites touristiques ici sont bien entretenus,
et donc ça correspond à un ancien pelouse calcaire,
donc on a aussi une très grande population d'orquidées.
On peut dire d'une certaine manière que la nature a été résiliente, assez adaptée,
et sûrement qu'elle est très différente de ce qu'elle aurait été s'il n'y avait pas eu tous ces combats.
Elle a transformé cette forêt en quelque chose de vivant en tout cas.
C'est un beau symbole aussi de se dire qu'après tous ces combats, il y a la vie qui renaît.
Alors qu'on sait qu'il y a autour de nous des dizaines de milliers de soldats qui ont disparu,
la nature elle continue à évoluer.
Difficilement ce moment, il faut quand même être honnête,
mais voilà, avec le balsadapte en fait.
Depuis que je suis arrivée sur le champ de bataille, les chiffres cognent dans ma tête.
Ce heurte au limite de mon imagination.
La violence, l'horreur vécue ici sont-elles que mon cerveau bug littéralement.
Le contraste entre l'ambiance paisible de la forêt accentue mon malaise et mon incompréhension.
Je suis particulièrement émue par ce sol cabossé qui recouvre tout le champ de bataille.
Il est le témoignage palpable de l'acharnement.
Pour terminer cette journée déjà forte en émotion, je me rends à l'eau suère du Douaumont.
Là encore, c'est le contraste entre la beauté de cet édifice et sa fonction qui me prend au tripe.
Une grande tour font le ciel.
La nuit, c'est un phare qui rappelle au monde le sacrifice des hommes morts dans cette bataille.
Sur le côté, plusieurs ailes allongées forment un cloître long de 137 mètres.
Ici reposent 130 000 hommes morts à Verdun dont les corps n'ont jamais pu être identifiés.
C'est donc un lieu de recueillement pour toutes les familles.
Dans le cloître, elles peuvent apposer sur les murs et le plafond des plaques gravées avec le nom de leurs proches.
Elles sont baignées d'une douce lumière orangée.
Avec le plus grand des respect, je grimpe ensuite à la tour.
L'architecture est spectaculaire et renforce la solanité de l'instant.
À son sommet, deux forêts se côtoient.
Celles des milliers de croix blanches et celles des arbres.
Après toutes ces émotions, je m'engage pour la dernière partie de ce séjour.
Je n'ai qu'à prendre un bus à la guerre de Verdun pour me rendre à Bar-le-Duc.
J'aime me rendre dans les lieux dont je n'ai aucune représentation.
Je sais que c'est la garantie d'être surprise.
Et c'est le cas pour Bar-le-Duc.
Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi belle et si riche en patrimoine.
Dans ces hauteurs, je flinne dans un quartier aux édifices de style renaissance remarquablement conservé.
J'observe les détails de cette architecture aux lignes strictes et aux détails raffinés.
Je contemple les frontons sculptés, les gargouilles et pilastres canolées réalisées en pierre de savonnière,
une roche locale aux teintes écrues.
D'autres surprises se cachent derrière de l'aure de porte.
Il faut d'abord pousser celle de l'Église synthétienne pour dénicher une œuvre magistrale de l'Igi et Richie.
Le transi est une sculpture funéraire en l'honneur de Renée de Chalon.
Elle représente un squelette décharnée, bien debout et tendant le bras dans les airs.
C'est d'un réalisme bluffant.
C'est une originalité car les transis représentent normalement le défunt de manière fidèle et en position couchée.
L'autre porte à ouvrir se situe sur la redée du cul.
Une pancarte indiquant, présoir sénurial, devrait vous mettre la puce à l'oreille.
En entrant, on découvre une immense machine en bois qui servait à presser les raisins
car Barleduc était autrefois entouré de vinier.
Ce pressoir à leviers date du XVe siècle.
A bien y regarder, Barleduc possède des trésors rares et même un savoir-faire unique au monde.
Avant de repartir de Barleduc, je me rends à la maison du Trièse.
Pour observer une tradition culinaire assez insolite,
à savoir la fabrication de la confiture de groseilles épépinée à la plume-droit.
Je suis Anne du Trièse.
J'ai repris l'entreprise de mes grands-parents en 2000.
Mes grands-parents avaient acheté le secret de fabrication en 1974 à Monsieur Amiable
qui était le dernier fabricant de confiture à Barleduc.
La légende raconte qu'un duque aurait exigé d'avoir de la confiture de groseilles sans les pépins.
A l'époque, il y avait les pépins avec le fruit et donc le duque exigeait d'avoir de la confiture de groseilles
sans les pépins pour pouvoir déguster et avoir la saveur du fruit en bouche.
Parce qu'aujourd'hui, on fait de la gelée de groseilles
et nous, nous sommes les seuls au monde à faire de la confiture de groseilles.
La gelée, c'est uniquement le jus du fruit.
La confiture, les fruits sont dans le sirop de sucre.
Tous les étés, je venais aider mes grands-parents à fabriquer la confiture
parce qu'elle était fabriquée à partir de mi-jouillet, donc quand j'étais en vacances scolaires.
Maintenant, avec le temps qui a changé, on commence mi-juin, fin-juin,
donc il y a une avancée dans la fabrication de la confiture.
Je venais aider mes grands-parents depuis pendant des années et des années
et j'ai eu envie de reprendre leur entreprise et de perpétuer une tradition séculaire
qui est unique au monde et qui est excellente.
Alors expliquez-moi tout ça, comment ça se passe, le processus ?
Donc les épépineuses coupent chaque groseille avec une paire de ciseaux
en laissant 2000 mètres de tiges.
Donc déjà ça c'est long, souvent ce sont les enfants,
enfin à l'époque ce sont les enfants qui aidaient leur mère à couper les groseilles
parce que les épépineuses préféraient épépiner simplement.
Une fois que les fruits sont coupés, on lave les fruits.
La plume doit tailler en bisous comme ceci.
On pique entre la petite tige qu'on a coupée et la fleur du fruit
et on retire tous les pépins.
La difficulté dans les pépinages c'est de réussir à retirer les pépins sans retirer la chair.
Donc il faut que le fruit reste intact.
Surtout qu'il n'y en a pas qu'un seul de pépin.
Il y en a 7-8 en moyenne, ça dépend de la taille de la groseille.
Et vous voyez la groseille elle reste bien en perle comme si on ne l'avait pas touchée.
Je pense que si j'essayais de faire ça, ça serait un carnage.
Mais vous allez essayer ?
Je vais essayer d'accord.
Il faut une patience.
Ça prend combien de temps d'épépiner ?
Pour je ne sais pas moi 1 kg, je ne vais même pas dire 1 kg.
Oui, 1 kg on peut dire.
Par exemple, un débutant qui commence et qui cesse à l'épépinage des groseilles,
il va mettre 15 heures pour faire 1 kg de groseille.
15 heures pour faire 1 kg de groseille.
Oui, et une épépineuse expérimentée qui fait ça depuis plusieurs années,
elle réussit à faire 1 kg en 1h30.
D'accord.
Dans les meilleurs épépineuses.
Beaucoup de personnes qui goûtent la confiture me disent qu'elles ont l'impression
de manger le fruit qu'elles viennent de cueillir sur l'arbre sans l'épépin.
Donc elles retrouvent la saveur de la groseille fraîche.
C'est sur cette note sucrée que s'achève ce voyage étonnant dans la meuse.
Si cette immersion sonore vous a donné envie d'en savoir plus,
vous retrouverez le récit détaillé de ce voyage sur notre blog, lesglobblogger.com.
Vous pourrez aussi organiser votre séjour dans ce beau département
grâce au site de meuses attractivités.
Bien entendu, tous les liens sont à retrouver dans la description de cet épisode.
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Je vous souhaite un très bel été de superbes escapades durables ici ou ailleurs.
Et je vous dis à bientôt pour la saison 5 qui devrait démarrer à l'automne 2023.