
"Salut l'info !", le direct : déjouer les fake news
Durée: 51m42s
Date de sortie: 30/05/2024
durée : 00:51:42 - "Salut l'info !", le direct : déjouer les fake news - Les journalistes Estelle Faure, de la rédaction de franceinfo, et Lara Mercier, du magazine Astrapi, sont aux manettes de ce troisième rendez-vous du programme d'éducation aux médias “J’apprends l’info”.
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Bonjour, bienvenue à tous et à toutes dans ce nouveau webinaire du programme J'apprends l'Info.
Nous sommes ici au studio 221 à France Info, c'est à la maison de la radio et de la musique à Paris.
Moi je m'appelle Estelle, je suis journaliste à France Info et je présente le podcast Salut l'Info.
Pour celles de ceux qui ne connaissent pas, c'est une émission de radio en ligne
qui vous raconte chaque semaine l'actualité, à vous, les enfants.
Et heureusement, je ne suis pas toute seule pour faire ce podcast chaque semaine.
Il y a toute une équipe, Marion, Pauline, Agathe, Rémi et bien sûr toi, Lara. Salut !
Salut Estelle, bonjour tout le monde, je m'appelle Lara, je suis journaliste comme toi
pour le podcast Salut l'Info et pour le magazine Astrapi.
Et puis il y a vous, tous les élèves qui suivaient ce webinaire depuis vos classes,
vous êtes près de 14 000 élèves, on ne vous voit pas mais franchement c'est plutôt impressionnant.
Alors Lara, j'espère que tu as bien vérifié cette information,
parce qu'aujourd'hui on va parler ensemble de vérification des informations.
Alors vous le savez, ce qu'on lit sur les réseaux sociaux, ce qu'on voit passer sur Internet,
ce n'est pas forcément vrai. Alors comment démêler le vrai du faux ?
On est ensemble pendant 45 minutes pour en discuter.
Pour commencer, grâce à un super quiz, on va voir ensemble ce qu'est une vraie info,
est-ce qu'il n'en est pas une ? Puis nous regarderons une petite vidéo
qui je pense va bien vous intriguer. Et enfin Estelle, on vous donnera bien sûr des conseils
pour déjouer l'Effek News, ce mot anglais qui veut dire fausse nouvelle.
Et pour vous aider pendant ce webinaire, on pourra aussi compter sur notre super invité,
Thomas Uchon, qui est un journaliste spécialiste d'Effek News,
il a notamment écrit un livre et réalisé des enquêtes sur ce sujet.
Vous allez pouvoir nous poser toutes vos questions depuis votre classe.
Voici un petit tuto pour vous montrer comment faire.
En haut, à droite de votre écran, il suffit de cliquer sur l'onglet « question »
puis de nous demander ce que vous voulez. N'oubliez pas bien sûr de préciser le nom de votre classe.
Et en parlant de « question Lara », il est déjà l'heure de passer au quiz.
Les enfants, votre mission aujourd'hui, c'est de démêler le vrai du faux.
Alors pas de panique, on est là avec vous pour vous aider.
Lara, tu commences par nous expliquer la consigne ?
Vous aurez 30 secondes pour vous mettre d'accord en classe avec votre professeur
et pour qu'il vote pour vous, voici comment voter dans vos classes.
Toujours en haut, à droite de votre écran, vous cliquez cette fois-ci sur l'onglet « sondage » pour nous répondre.
On s'a à l'air plutôt clair, Lara, merci pour les explications.
Pour comprendre ce qu'est une fake news, il faut d'abord comprendre ce qu'est une information, une vraie.
Alors une information, c'est quelque chose qui s'est passé, on appelle ça un fait.
Tu ne peux pas être pour ou contre, notamment parce qu'il y a des preuves, une photo, une vidéo,
des témoignages, des reportages, une étude scientifique.
Ici par exemple, on voit un extrait d'une émission de cellules-infos que j'ai présentées,
où j'ai parlé d'animaux qui vivent dans des oeufs, et je cite une étude qui a été faite par des scientifiques.
C'est donc une info.
Ce n'est pas mon avis que j'ai donné, mon opinion, c'est une information vraie.
A l'inverse, une opinion, c'est comme un avis, c'est ce qu'on pense en bien ou en mal.
Chacun peut avoir des opinions différentes, comme trouver sa triste devoir des animaux en cage,
ou alors détester les brocolis de la cantine, adorer le dernier album de Soprano, ou bien sûr l'inverse.
Alors c'est à votre tour de jouer maintenant les enfants.
On a une première question pour vous, j'espère que vous êtes prêts et que vous êtes prêtes dans vos classes.
Regardez bien cette image, et dites-nous si c'est une vraie info ou une opinion.
On va vous laisser un petit peu de temps pour réfléchir, débattre entre vous dans vos classes.
Est-ce que c'est une info ou est-ce que c'est une opinion ?
Alors on voit à l'image un petit panda qui est sur un arbre en train de se prélacer, de se reposer.
Et il y a un titre qui dit « Ce panda est vraiment le plus beau du monde » avec un point d'exclamation.
Il faut bien souligner que c'est vraiment le plus beau du monde, d'après le texte.
C'est vrai qu'il est mignon ce panda quand même.
Alors est-ce que c'est une vraie info ? Est-ce que c'est une opinion ? Un avis ?
On va vous laisser réfléchir, voter en classe.
Pas toujours facile la rate se mettre d'accord en classe, d'ailleurs, sur ce genre de sujet.
C'est vrai, tout le monde n'a pas toujours la même idée.
La même idée, les mêmes avis, les mêmes arguments pour choisir.
Et ça sera ensuite à vos enseignants de voter pour vous.
Et la décision que vous aurez prise, le choix que vous aurez fait.
On a hâte, nous, de savoir en tout cas, ce que vous en pensez.
Alors on voit que vous êtes en train de voter, vous commencez à vous exprimer.
On attend que tout le monde vote, que tous les élèves qui nous suivent, votent chacun dans leur classe.
Alors Lara, est-ce que tu as les résultats ?
Eh bien on me dit dans l'oreillette que vous êtes 96% à penser que c'est une opinion.
Bravo Estelle.
Bravo, bien joué, c'est bien une opinion.
Là ce qu'on voit c'est un poste dans Zoho, sur un réseau social.
C'est leur avis, ce n'est ni vrai ni faux, tout le monde a le droit d'avoir sa propre opinion bien sûr.
Mais ce n'est pas une information.
Et le problème justement Lara, c'est quand quelqu'un essaie de faire passer une opinion pour un fait, pour une information.
Et oui Estelle, par exemple, quand quelqu'un assure avec beaucoup d'appelons, mais je vous le dis, les extraterrestres existent.
C'est ce que la personne pense, c'est vraiment son opinion, son avis.
Elle n'a bien sûr aucun élément scientifique, aucune preuve pour pouvoir le prouver.
Maintenant, on a une nouvelle question.
Voyons voir la différence entre une information et une rumeur.
Alors contrairement à une rumeur, une vraie information est vérifiée.
Le mot est important.
Vérifier ça veut dire qu'on en connaît la source, on connaît l'origine.
Bref, on sait d'où elle vient.
Et c'est d'ailleurs tout le travail des journalistes.
Et c'est ce qu'on fait aussi dans Salut L'Info.
On va avoir un petit exemple tout de suite.
C'est aussi le cas quand une chaîne de télévision comme France 3 nous en donne une, une vraie info.
D'ailleurs, regardez l'image qui apparaît sur votre écran.
On voit justement une journaliste de France 3 donner une information sur le zoo de Lille,
une ville du nord de la France.
On connaît la source de l'information.
C'est écrit, c'est la direction du zoo.
Et à l'inverse, une rumeur, elle n'est pas vérifiée.
On n'en connaît pas la source.
Par exemple, il paraît que Léa et Léo se sont bagarrés dans la cour de récré.
Ou encore, il paraît qu'un rhino-ros fluo est né dans un zoo.
Sacrée histoire, là.
Sacrée histoire.
Mais en fait, Estelle, avec une rumeur, on ne sait pas d'où vient l'info.
On n'a pas de source, on n'a pas de preuve.
Mais en fait, c'est souvent tellement incroyable, ou alors tellement choquant,
qu'on a envie d'y croire et puis qu'on a envie surtout de partager cette rumeur.
C'est vrai que c'est tantant, surtout cette histoire qu'on vient de voir.
Mais il faut toujours se poser les bonnes questions.
Est-ce que je suis sûre de cette information ?
Est-ce que j'en connais la source ?
Et est-ce que je suis sûre vraiment de cette source ?
Si on a le moindre doute, il ne faut pas partager.
Bon, j'espère que vous avez bien compris.
Maintenant, c'est à vous de jouer.
Regardez bien l'image qui s'affiche.
Et dites-nous si vous pensez que c'est une vraie information ou une rumeur.
Alors, c'est une histoire de rhinocéros.
Alors, on a un titre qui nous dit 30 rhinocéros blancs prennent l'avion pour se rendre au Rwanda.
Déjà, il faudrait un gros avion quand même.
30 rhinocéros.
Ça doit peser un sacré poids.
Est-ce qu'ils ont pris des bagages ou pas aussi ?
Ça compte.
Bonne question.
Est-ce qu'on leur sert un plateau repas avec de l'air dans l'avion ?
Aussi, il faut prévoir le repas, effectivement.
Alors, on a des indices qui peuvent nous aider à répondre à cette question.
Vous pouvez regarder même les plus petits détails.
C'est toujours ça qu'il faut faire aussi, regarder les moindres détails pour avoir le plus d'éléments
qui vont vous permettre de dire est-ce que c'est une vraie info ou pas.
Vous continuez à vous t'aider dans vos classes et on a hâte de découvrir le résultat.
Ah, on nous dit que c'est assez serré, que vous êtes plutôt partagés sur le sujet.
Est-ce que c'est une vraie info ou pas ?
Vous continuez à vous t'aider dans vos classes et on a hâte de découvrir le résultat.
Allez, encore quelques secondes pour finaliser le vote sur cette question.
Est-ce que ça aurait pu être aussi, je ne sais pas, à 10 flamoureuses volant parapente ?
Est-ce que ça aurait pu être ça aussi, sinon ?
Est-ce qu'il va être plus crédible ? Est-ce qu'on peut y croire ?
Parfois, ça paraît un peu fou et pourtant, c'est vrai.
Alors on voit que vous êtes encore en train de voter.
Ça doit beaucoup débattre dans la classe.
Moi, j'aimerais bien être une petite souris pour savoir ce qu'il se dit dans la classe.
C'est vrai.
Et vous vous écoutez débattre, mais on va voir dans quelques instants le résultat du vote.
Est-ce que c'est une vraie info ou pas ?
Alors Lara, on a les résultats.
Ça y est, les résultats sont tombés 58%.
D'entre vous, pense que c'est une rumeur, Estelle.
Ok, alors c'était peut-être un peu un piège,
puisque ce que vous avez vu, c'est une vraie info.
Ça peut paraître surprenant, mais c'est plutôt facile à voir.
En fait, on connaît les sources qu'on voit sur cette image.
On sait qu'on est sur un site qui est connu, qui s'appelle GEO.
Sur la photo, on voit aussi marquer la source, le crédit de la photo.
Et ici, c'est le nom de l'agence et le nom du photographe qui a pris cette photo.
Dans l'article, si on le lit un petit peu et qu'on peut le parcourir,
on voit qu'il y a des responsables du parc qui sont cités.
Et si on cherche encore un peu plus, on se rendra compte,
pardon que d'autres journalistes, dans d'autres médias, ont parlé de ce sujet.
Merci Estelle pour ces explications.
Je pense que maintenant, c'est plus clair pour les rumeurs.
Et pour la dernière question de notre quiz,
on va s'intéresser au thème du jour, les fake news.
On l'a dit, une information est vérifiée.
On sait d'où elle vient et on a des preuves que ce qu'on raconte est réellement arrivé.
Ce n'est ni une opinion, ni une rumeur et encore moins une fake news, Lara.
Par exemple, ici, on voit une publication sur un réseau social.
Vous reconnaissez peut-être le logo et le nom, il s'agit d'une publication de France Info.
On commence à connaître un petit peu maintenant.
On peut faire confiance à ce média,
même si l'information est marrante et insolite,
quand même, la rade des histoires de panda qui mangent des glaces, c'est un peu fou.
C'est assez improbable.
Et alors, du coup, vous allez me dire, mais c'est quoi, une fake news ?
Justement, il y a les élèves de l'école Léon Gambetta à Massi
qui nous posent une bonne question.
Lara, d'où vient ce nom en anglais de fake news ?
Oui, c'est une bonne question.
On l'a dit tout à l'heure, ça vient de l'anglais.
Fake news, ça veut dire fausse nouvelle.
Mais le mot fake en anglais, il veut aussi dire un petit peu trucé, fabriqué.
Donc en fait, une fake news, c'est quelque chose qui se fait passer
pour une vraie information dans le but de dire du mal, de nuire, de se moquer de quelqu'un.
En fait, Estelle, c'est un peu une rumeur que quelqu'un lance express
pour en tirer bénéfices d'une façon ou d'une autre.
Oui, c'est ce qu'on voit là, d'ailleurs, à l'écran à l'image.
Vous le voyez avec cet éléphant qui a quand même une drôle d'allure.
Oui, la photo qui s'affiche de votre côté.
On voit cet éléphant qui a un corps assez déformé.
On voit assez facilement que la photo a été truquée sur un logiciel.
Et puis si on regarde bien, on voit aussi qu'elle a été postée par un autre zoo.
On peut imaginer que c'est dans le but de donner une mauvaise image des eaux concurrents.
Alors on a fait un petit tour du sujet, mais maintenant, on a envie de vous poser une question.
C'est à vous de jouer pour vérifier si vous avez bien compris.
Regardez bien cette image et dites-nous si d'après vous c'est une vraie info ou une fake news.
Alors on voit donc sur le texte, il est écrit le zoo des trois vallées dans le tarnes
ferme définitivement à cause de cas de maltraitance d'animaux.
Et on voit une girafe.
Une tête de girafe.
Alors elle n'est pas rose fluo.
Elle ne mange pas de glace.
Elle n'est pas dans l'avion.
Non.
Alors est-ce que c'est vrai ou pas, cette histoire de zoo qui ferme ?
Vous laissez voter dans vos classes, débattre, discuter, débattre avec des arguments,
des raisons pour voter plutôt pour une information,
ou voter pour la réponse fake news.
Et c'est peut-être pas facile parce qu'on a mis un petit peu des pièges dans les questions précédentes
qui vous mettent peut-être le doute sur est-ce que c'est une vraie info ou une fake news.
Sur l'image vous avez des éléments qui peuvent vous aider.
Regardez-les bien sur la source de l'information par exemple.
Essayez de savoir qui parle, aussi d'identifier en fait qui est la source à l'origine de cette information.
Est-ce qu'on peut lui faire confiance ou pas ?
Est-ce qu'on la connaît cette source ?
On vous laisse encore voter, on attend encore les résultats.
C'est peut-être pas facile si vous êtes nombreux aussi dans la classe de ces maîtres d'accord et d'appuyer sur le bouton.
Absolument, puis le temps de compter tous les doigts à lever pour une réponse ou pour une autre.
Il y en a sûrement qui changent d'avis au dernier moment, il faut nous reconter les réponses.
Allez, encore quelques secondes pour voter sur cette dernière question de notre quiz.
Mais peut-être que la question n'a plus difficile.
On a bien fait de la garderie en dernier, alors...
Alors Lara, dis-nous les résultats.
Eh bien vous êtes 69% à penser que c'est une information qui est une source de l'information.
Une vraie Estelle.
Ok, bien joué, c'est une information, une vraie.
On reconnaît la source, vous l'avez peut-être identifiée, on voit le logo de la chaîne France 3.
Et on vous en a parlé tout à l'heure, d'ailleurs vous avez peut-être reconnu.
Le but de cette chaîne de télévision et du journaliste qui présente c'est de transmettre et de donner des informations au public.
Même si cette information peut déplaire ou qu'elle peut avoir des conséquences comme de révéler des scandales.
Avant de passer à la suite, Estelle, je te propose qu'on fasse un petit point,
surtout ce qu'on vient de se dire.
Une information pour résumer, c'est un fait, c'est quelque chose qui s'est vraiment passé,
c'est vérifier, on en connaît la source.
Et ce sont les journalistes qui nous donnent les informations.
Maintenant que c'est un peu plus clair, on va aller voir de plus près ce qui se cache derrière les fake news.
Et pour ça, on accueille Thomas Uchon.
Bonjour Thomas.
On est ravi de t'avoir sur le plateau.
Je suis ravi d'être avec vous.
Thomas, tu es journaliste spécialiste des fake news, pas pour les fabriquer sur nous,
mais pour les vérifier, pour les analyser et surtout tout nous expliquer.
Parce que parfois ce n'est pas si simple à la rate de distinguer le vrai ou faux et de déceler une fake news.
Absolument. Et d'ailleurs, les enfants, vous qui nous regardez,
est-ce qu'il y en a parmi vous qui ont déjà entendu parler d'une fake news en particulier ?
Vous pouvez nous le dire toujours dans la rubrique Sondage.
Vous pouvez voter oui si c'est le cas de plusieurs élèves par exemple dans la classe.
Et dans la rubrique Question, vous pouvez aussi si vous le souhaitez nous dire de quelle fake news il s'agissait.
C'est à vous.
Alors une fake news, on le rappelle, c'est une fausse information.
Elle est souvent un peu choquante, impressionnante.
Et puis on ne sait pas trop d'où elle vient, on ne connaît pas vraiment la source, elle circule comme ça.
On l'entend parfois dans la cour d'école ou sur internet.
Sur internet, sur la ruisse.
Il n'y a pas de moyen de la propager.
Ouais.
Et c'est un mot anglais au départ.
Il veut dire fausse nouvelle, dans le côté un peu trucé, un peu fabriqué.
Alors on vous laisse réfléchir encore un petit test instant et nous dire dans la partie du chat
pour nous laisser vos exemples de fake news si vous en avez.
Et vous pouvez répondre au sondage.
Et on parlera de tout ça ensuite avec notre invité Thomas Uchon qui est là pour vous,
pour répondre à vos questions et nous expliquer ce que sont les fake news.
Alors Lara, c'est quoi les résultats à cette question ?
Je crois que c'est tel qu'on a bien fait de faire ce webinaire
car les élèves sont 96% à avoir déjà entendu parler de fake news.
Certaines classes nous sont même déjà envoyées des exemples de ces fake news qu'ils ont rencontrés.
Oui et parmi les exemples que nous vous nous avons envoyés,
il y a une théorie celle qui dit que le réchauffement climatique de la planète n'existerait pas
ou qu'il y aurait du sel contaminé qui serait dangereux pour la santé
ou encore des alligators dans les aigus de New York.
Et on a aussi eu évidemment le chanteur Michael Jackson qui ne serait pas mort,
celle-ci elle revient assez souvent.
Thomas, est-ce que c'est des fake news qu'on voit souvent, qui reviennent et quels sont les plus courantes ?
Effectivement, il y a à la fois une créativité sans fin pour tous ceux qui fabriquent ces fake news
et qui vont inventer des choses qui sont en lien avec l'actualité,
avec ce qu'ils discutent même parfois avec le cinéma ou la musique, on voit plein de choses.
Et puis il y a aussi des choses qui traversent un peu les époques, qui traversent un peu les âges.
Donc effectivement il y a la Lune, est-ce qu'on a vraiment marché sur la Lune ?
Il y a plein de gens qui disent qu'on n'a pas marché sur la Lune, est-ce que la Terre est bien ronde ?
Il y a tout un tas de gens qui pensent qu'elle n'est pas ronde et qui le disent.
Il y a tout ce qui est lié à des événements politiques ou historiques importants,
les grands moments de basculement dans l'histoire de l'humanité sont souvent aussi propices à ces explications un peu parallèles.
Je crois qu'il ne faut pas se tromper avec ces histoires de désinformation au sens large,
c'est que si on voit passer des fake news, c'est avant tout parce qu'il y a des gens qui les fabriquent.
Il faut quand même à un moment avoir bien conscience que dans ce travail qu'on fait tous,
les plus grands comme les plus petits pour essayer de s'informer,
on tombe aussi parfois sur des usurpateurs, des arnaqueurs, des gens qui fabriquent vraiment des mensonges
pour nous manipuler, pour nous tromper.
Peut-être que la meilleure manière de se protéger, c'est avant tout de savoir que ça peut exister.
Encorement, ce résultat du petit sondage que vous venez de donner,
si 96% des jeunes ont déjà entendu parler de ces fake news, savent qu'elles existent,
finalement ils savent qu'on peut aussi leur dire n'importe quoi,
ils vont peut-être avoir une petite méfiance, un petit pas de recul,
un petit peu de réflexion face à tout ça.
Donc c'est pas cool pour vous qui nous regardez d'être confrontés à tout ça,
on sait bien que c'est difficile.
Mais en même temps, savoir que ça existe, c'est la première étape pour être capable de se protéger.
Je rebondis sur ce qu'était en train de dire Thomas,
puisque les élèves du collège André Malraux, du coup Dremont-Sau,
se demandent pourquoi les fake news, ça existe, en fait, ça sert à quoi ?
Est-ce que c'est pour essayer de devenir riche, de devenir célèbre ?
Est-ce que c'est pour influencer les gens ?
Je pense que tous les facteurs que vous avez énoncés sont pas contradictoires,
ils sont bien souvent complémentaires.
Les gens qui fabriquent ces fake news, ils cherchent à se créer une existence,
à voir de l'audience sur les réseaux, sur Internet,
ils cherchent parfois à gagner de l'argent en diffusant ces fausses informations.
Je pense à par exemple tous ceux qui nous disent que,
eh bien, il y aurait des maladies très graves qui seraient en préparation,
ils vous vendent les médicaments en général,
ils vous vendent la solution naturopate, voilà.
Donc il y a un intérêt financier à faire tout ça,
et puis il y a aussi un intérêt politique.
Il y a de plus en plus d'acteurs politiques aujourd'hui
qui font du mensonge et des fake news un argument électoral,
un outil pour convaincre les gens.
On ne va pas dire que le mensonge en politique c'est nouveau
et que c'est arrivé avec les réseaux sociaux, ça a toujours existé.
Mais le fait de faire du mensonge, de choses fabriquées comme telles,
pour tromper un argument électoral, une stratégie politique,
ça c'est quand même assez nouveau.
En tout cas, c'est nouveau dans les grandes démocraties.
Ça a toujours été le cas des régimes autoritaires,
des dictatures de tous les pays dans lesquels on n'avait pas la liberté,
entre guillemets, ces techniques-là, elles existaient.
Aujourd'hui, ces techniques, elles existent aussi
dans les grandes démocraties, avec en plus une idée un peu dingue
de dire que ces démocraties ne seraient pas vraiment des démocraties,
qu'on ne serait pas vraiment libres, que les journalistes ne seraient pas là
pour nous dire la vérité, mais pour nous manipuler.
Il y a tout un espèce de discours qui existe, notamment sur Internet,
et qui participe au fait qu'au final on se fait avoir,
où on commence à croire des choses fausses en pensant qu'elles sont vraies.
Oui, se faire influencer.
Et c'est vrai qu'au départ, on peut avoir l'impression
que diffuser une fausse information ou une fake news,
c'est pas si grave, très souvent ça fait rigoler.
Et pourtant, ça peut avoir des conséquences très importantes.
Alors, c'est la question des élèves du Collège Ville-Neuve-de-Marsan,
dans l'Hélène, et des élèves de l'École Luliveau-Ban, à Versailles.
Quels sont les conséquences des fake news,
et est-ce que ça peut être grave ?
Alors, ça peut être très grave, parce qu'on va prendre un cas
qui a priori semble pas grave.
On va dire, tiens, je pense que la Terre est plate.
Quel problème y aurait à ce que quelqu'un pense que la Terre est plate ?
Mais en réalité, le problème, c'est pas quelqu'un pense que la Terre est plate,
c'est quelqu'un pense que la Terre est plate,
et qu'il y a une énorme conspiration pour mentir à tout le monde
en leur faisant croire qu'elle est ronde.
C'est la deuxième partie de la phrase qui est importante.
Quand on commence à tomber dans ces pièges-là,
eh bien on devient un peu parano.
On imagine que tout le monde nous met en permanence,
que nos parents nous disent n'importe quoi,
que la maîtresse ou le professeur nous dit n'importe quoi,
que les policiers sont là que pour nous embêter,
que les journalistes ne font que dire des balis vernes.
Donc ça, c'est le premier truc.
C'est-à-dire qu'on oublie bien souvent que le problème des fake news
c'est pas tant ce qu'elle dise, que ce qu'elle sous-entendent.
C'est-à-dire l'idée qu'il y aurait une énorme manipulation
pour nous mentir sur un sujet donné.
Ça, c'est la version, on va dire, un peu lite,
des problèmes que ça peut nous poser.
Il y a à l'autre côté,
tous ceux qui vont commettre des crimes horribles
en utilisant les fake news comme un argument.
Quand on va par exemple diffuser des fake news racistes,
eh bien ces fake news-là,
elles vont venir nourrir l'idée de tous ceux qui sont racistes,
qui n'aiment pas les étrangers,
et pour se protéger de ces étrangers
qui seraient en danger dans leur tête manipulée par cette désinformation,
eh bien ils peuvent aller très loin.
On se souvient de ce qui s'est passé en Norvège,
en 2011, à Oslo,
un homme a assassiné 77 personnes,
on se revendiquant de théories du complot ou de fake news,
ou encore l'exemple plus récent à Christchurch en Nouvelle-Zélande,
où 50 personnes ont été massacrées dans des mosquées,
parce que la personne qui les a tuées
était raciste des personnes de culture musulmane.
Merci Thomas pour ces explications.
On voit un peu mieux maintenant ce qu'est une fake news,
on a bien étudié le sujet,
et c'est donc le moment, les enfants,
de vous montrer une petite vidéo, un petit cas pratique.
C'est parti, je vous conseille de bien la regarder.
Pourtant certaines sont totalement inventées.
Et cette vidéo va vous le prouver.
À l'école, on apprend aux élèves que la terre est ronde,
pourtant c'est un terrible mensonge,
aujourd'hui il est temps de dire ce que nous savons.
Une scientifique a accepté de révéler la vérité,
nous avons transformé sa voix pour la protéger.
J'ai enquêté pendant mon démo sur internet,
la vérité est terrible à dire.
Mais si la terre était vraiment ronde,
les gens qui habitent en Australie auraient la tête en bas.
Or ce n'est pas le cas.
Et vous le savez aussi bien que moi,
il n'y a donc qu'une seule explication possible.
La terre est plate, plate comme une pizza.
J'ai fabriqué une perche à selfie de 24657 mètres de long
dans mon laboratoire.
C'est la hauteur de l'espace.
J'ai mis mon téléphone dessus
et je l'ai déployé sur le toit de ma maison.
Regardez le résultat.
Impressionnant, c'est vrai qu'on dirait une pizza
ou un pancake plutôt.
Pouvez-vous nous expliquer ce qu'on trouve au bord,
en blanc sur votre photo ?
Là aussi pour le savoir, j'ai enquêté sur internet.
J'ai trouvé des personnes qui le savaient.
Avec qui m'ont tout avoué.
Au bord de la terre plate,
d'énormes murs de glace empêchent le haut de tomber dans l'espace.
Ils sont gardés par l'armée américaine.
Qui conque son approche et t'envoyer en prison ?
Ah, c'est pour ça qu'on ne le sait pas alors.
Ceux qui y ont été se sont fait attraper
et ils ne peuvent pas nous prévenir.
Merci pour votre témoignage Hermit Oman.
Maintenant les gens ne pourront pas dire qu'on ne les avait pas prévenus.
Alors les enfants, on a hâte de savoir
ce que vous en avez pensé de cette vidéo.
Dites-nous tout dans la rubrique « question ».
Qu'est-ce que vous avez pensé de cette vidéo ?
On vous laisse une petite minute
pour nous donner vos impressions,
voir si il y a des détails
qui vous ont particulièrement interpellés.
Dites-nous tout dans la partie « question ».
Je pense qu'il y a pas mal de réactions en classe
à j'imagine.
Qu'est-ce que t'en as pensé, toi Estelle ?
Alors moi, cette perche à selfie aussi grande,
j'avais jamais vu ça.
C'est assez malin en fait.
Ouais, c'est étonnant.
Moi je me pose juste la question
les murs de glace avec le réchauffement clématique.
Il ne risque pas de fondre.
Tout le monde va tomber dans l'espace.
On le laisse, quoi.
Moi aussi.
En général, quand on pense que la terre est plate,
on pense que le réchauffement, c'est pas vrai.
C'est vrai.
Ah oui, c'est vrai, bonne question.
Ça peut aller ensemble.
Je m'interrogeais.
Les plates comme une pizza, une pinte cake, une quiche.
Alors, on a quelques premières réactions.
Alors la perche ne peut pas être aussi longue.
Première réaction, première réflexe.
Ok.
Ça fait bien rire aussi,
apparemment, dans les classes.
On nous dit aussi que l'idée de la perche à selfie
est complètement idiotte.
Ah.
On aurait essayé.
Ça vous fait réagir en tout cas.
C'était le but aussi, évidemment, de cette vidéo.
On va en parler ensemble après.
Bon, alors on va peut-être lever le mystère
pour ceux et celles qui avaient un doute si vous en aviez.
Evidemment, la terre est belle et bien ronde, Lara.
Eh oui, la théorie de la terre plate
est complètement fausse, archifos, hyper fausse.
Cette vidéo, c'est nous qui l'avons fabriqué
en imitant les vidéos de complots qui circulent sur Internet.
Evidemment, c'est le contraire de notre travail de journaliste.
Mais si on l'a fait, c'est pour vous montrer
comment ces vidéos essayent de piéger les gens.
Mais alors Lara, dis-nous comment on sait que la terre,
elle n'est pas plate, mais qu'elle est ronde
et comment on est sûr, même après avoir vu cette vidéo
ou ce genre de vidéo.
C'est une bonne question, mais il y a tout un tas de raisons
et d'éléments qui le prouvent.
Déjà des recherches, des calculs scientifiques,
des analyses du ciel, mais aussi les expéditions
qu'on fait dans l'espace, comme celle de Thomas Pesquet,
qui a pris des photos de la terre
depuis la Station spatiale internationale.
Et oui, puis les enfants, il faut vous dire
que les scientifiques, c'est grâce à eux
qu'on a fait tout un tas de découvertes
en biologie, en médecine, en astronomie.
Et pour ça, ils utilisent des méthodes très précises.
Ils ont des preuves, ils font des expériences
plusieurs fois pour valider leurs conclusions.
Et puis ils vérifient aussi le travail les uns des autres.
Bref, tout ça pour que...
C'est pour ça d'ailleurs qu'on peut avoir confiance
en eux et dans leurs recherches, dans leur travail.
Mais attention, ce n'est pas parce que quelqu'un
se présente comme scientifique, comme la personne
de notre vidéo, qu'il faut forcément la croire.
Donc quand on se renseigne sur un sujet,
c'est toujours bien de vérifier les sources,
des sources sérieuses, par exemple, des médias
qui ont l'habitude de donner la parole
à de vrais spécialistes.
Et oui, surtout que cette idée que la Terre est plate,
en fait, elle est assez répandue.
Il y a un sondage qui a été fait en France,
qui dit qu'un jeune sur six pense que la Terre est plate.
Alors si on prend à l'échelle de votre classe,
si vous êtes une trentaine d'élèves,
ça représente cinq élèves.
Et c'est plutôt beaucoup pour une théorie du genre.
Thomas, cette théorie de la Terre plate,
elle fait partie de ce qu'on appelle les théories du complot
ou le complotisme. Alors c'est quoi une théorie du complot ?
Une théorie du complot, c'est une fake news
à laquelle on va donner une forme de retentissement politique.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que grosso modo,
la fake news, c'est un élément d'information.
Et la théorie du complot, c'est ce qui va vous permettre
d'utiliser cet élément d'information
pour en faire une explication globale du monde.
En fait, quand on commence à s'intéresser
à ces histoires de mensonges qui circulent,
on se rend compte qu'il y a plein de nuances,
il y a plein de choses très différentes.
Et donc vous allez avoir souvent un mensonge
qui est là, et bien si on prend le cas que vous avez utilisé,
la Terre est plate et il y a des murs de glace
autour de cette pizza sur laquelle nous habiterions tous.
Et bien ça, c'est la fake news.
La théorie du complot, ça serait de dire que les élites,
les gouvernements, les scientifiques, les journalistes
nous mentent sur ce sujet-là
afin de nous cacher la réalité.
Ce qui est assez intéressant dans l'histoire de la Terre plate,
c'est qu'il y a en fait 2-3 trucs très simples à faire
pour quelqu'un pour vérifier.
Ceux qui nous écoutent pourraient,
si on en avait qui habite à Strasbourg
et d'autres qui habite à Brest,
faire ce soir, sur le coup de 21h30,
un petit Skype et ils pourraient parler ensemble
au moment du coucher du soleil.
Et ils verraient qu'il y aurait une différence
que ceux qui habitent le plus à l'est verraient le coucher du soleil
avant les autres.
L'autre truc que pourrait faire peut-être ceux qui sont à Brest
et regarder au soleil couchant,
et bien l'horizon, un bateau qui s'éloigne sur l'horizon,
au bout d'un moment le bateau disparaît.
Il passe sous la courbure de la Terre
et donc on se rend compte qu'il disparaît.
Enfin, dernier truc, mais c'est plus rare,
une eclipse de lune,
et bien quand il y a une eclipse de lune,
et bien la forme de la Terre
va être projetée sur la lune.
Et on va donc la voir, elle aura une forme de disque
et on saura que la Terre est ronde.
Mais si c'est faux, Thomas, et tu l'as très bien démontré,
pourquoi autant de gens y croient ?
C'est une question qu'on nous pose
les élèves du Collège Choisole d'Amboise.
Mais c'est le vrai problème des croyances.
C'est que finalement,
quelque part aujourd'hui,
on fait un peu la confusion
entre ce que l'on sait et ce que l'on croit.
Ce que l'on sait, c'est la science,
ce sont des faits, ce sont des travaux
qui ont été vérifiés,
l'information, sa source, sa provenance,
la qualité des éléments qui sont donnés.
Et on a à côté de ça,
des croyances qui ne sont pas du savoir,
qui ne sont pas des faits,
qui sont des interprétations, des opinions.
Vous l'avez très bien expliqué en début d'émission.
Le problème auquel on est confronté aujourd'hui,
c'est que quand on s'informe,
et notamment quand on s'informe sur les réseaux sociaux,
tout est au même endroit.
Sur le fil d'actualité,
vous allez avoir du savoir et de la croyance.
Alors que peut-être qu'il y a 20 ou 30 ans,
quand vous alliez à la bibliothèque
ou au CDI de votre établissement scolaire,
vous voyez qu'il y avait une encyclopélie
qui contenait des éléments scientifiques,
qui était un livre différent du roman,
qui était une histoire inventée
et qui pouvait imaginer des tas de choses.
Croyance, savoir,
le problème auquel on est confronté aujourd'hui,
c'est que tout ça est totalement mélangé
et que dans notre manière de nous informer,
on a de plus en plus de mal à faire la différence
parce qu'il y a aussi des gens qui sont très bons
pour nous faire croire que des choses qui n'existent pas
ou qui sont fausses sont vraies.
– C'est ce que nous disent les élèves dans les retours aussi.
C'est qu'ils ont trouvé que c'était très bien fait
et que ça donnait envie d'y croire.
En fait tellement c'était bien fait et crédible.
Et ce qu'on peut dire aussi,
c'est que notre cerveau parfois aussi peut nous jouer des tours
et notamment quand il y a une actualité
qui est particulièrement dramatique, grave,
qu'elle peut faire peur.
À ce moment-là, notre cerveau fait passer
d'abord nos émotions en premier et la réflexion après.
Et c'est la question des élèves du collège Jean-Villard
à la crèche, pourquoi et comment on se fait avoir ?
– Et souvenez-vous de la vidéo qu'on vous a fabriquée,
on a mis les ingrédients qu'on retrouve
dans les complots qui circulent sur Internet
et qui jouent notamment sur nos émotions.
Vous êtes beaucoup à nous dire que la vidéo faisait peur
et vous avez raison.
Est-ce que ces ingrédients Thomas, tu les as reconnus ?
– Oui effectivement, j'écoutis de dire
qu'une théorie du complot ou une fake news,
c'est un peu comme une recette de cuisine.
Vous les fais à une vinaigrette,
et bien écoutez, vous avez besoin d'ingrédients
et vous allez mettre un certain, certaine quantité
de ces ingrédients.
À la fin, vous aurez votre vinaigrette.
Et bien les théories du complot, les fake news,
ça fonctionne exactement de la même manière.
Il y a de la musique, souvent inquiétante,
un peu intrigante.
Il y a une voix off qui a l'air très marcial,
qui a l'air très sérieuse.
On va vous montrer soit des choses qui sont vraies,
mais sorties de leur contexte,
soit des choses qui sont fausses, mais qu'on vous présente
comme vraies. Et au milieu de tout ça,
on va faire ce qu'on appelle un mille-feuille argumentatif.
On reste un peu dans la cuisine.
Donc on fait un mille-feuille.
C'est comme ce gâteau,
qui a plein de choses très différentes.
On a du mal à savoir ce qu'il y a dans notre cuillère.
Il y a du croquant, du coulant, du crèmeux.
Il y a absolument tout.
Une théorie du complot, c'est un peu pareil.
On va poser, comme vous l'avez fait,
les uns derrière les autres tout un tas d'arguments très différents,
qui n'ont pas forcément de liens,
qui ne sont pas forcément vrais.
Mais, la glutation de ces termes,
le fait de les mettre les uns derrière les autres,
va créer une illusion,
une espèce d'illusion de cohérence.
Ça a l'air logique.
Ça a l'air crédible. Et à la fin, on se dit,
tiens, mais il n'y a pas de fumée sans feu.
Il doit y avoir quelque chose derrière tout ça.
Et donc, c'est à la fois quelque chose
qui joue, vous l'avez très bien dit,
sur nos émotions, et qui, en réalité,
nous empêche un petit peu de réfléchir.
Le cerveau humain, c'est une machine merveilleuse.
Mais, qui a beaucoup de mal à gérer,
deux choses en même temps.
Les émotions, la réflexion.
Quand on joue sur vos émotions,
vous avez du mal à réfléchir.
On l'a tous ressenti. On est très excités,
on est très en colère,
ou alors, on est vraiment en train de rigoler,
on a du mal à réfléchir.
Et bien, plus on arrive à jouer là-dessus,
plus on arrive à capter votre attention,
et du coup, derrière, à faire passer
tous ces messages, qui peuvent être totalement faux,
de toute façon, vous n'êtes plus
dans une disposition
d'esprit qui vous permet de réfléchir.
Et effectivement, là, ça devient
vraiment un vrai problème.
Alors, on l'a dit, la théorie de la terre plate,
elle est assez répandue.
Est-ce qu'on sait qu'il a fabriqué à l'origine
d'où elle vient, et puis comment ça se fait
et que ça se propage autant aussi ?
Alors, c'est très difficile
de remonter à l'origine de cette théorie,
parce qu'en réalité, il faudrait
remonter presque jusqu'au Moyen-Âge.
Il faudrait remonter jusqu'au moment
qui est antérieur
aux scientifiques, comme Galilée,
qui nous ont expliqué que la terre était ronde.
Donc, il faudrait
retourner dans des éléments
où on n'a absolument pas de moyen de faire l'improve.
Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que
la diffusion de ces idées,
elle apparaît
de manière un peu parallèle
à la diffusion d'Internet.
C'est-à-dire que ce qui permet de diffuser
des mensonges
sans conséquence pour ceux qui les diffusent,
c'est qu'on a un nouvel espace
informationnel.
Sur ce plateau, vous êtes la responsable
de ce que nous allons dire.
Si jamais je venais à dire une énorme fake news,
ça vous serait reproché.
Vous devriez donner des comptes,
vous devriez déconstruire ce mensonges.
Expliquez comment c'est arrivé.
Ça arrive que les journalistes se trompent.
Mais ça a des conséquences. Les fake news,
elles n'ont pas de conséquences pour ceux qui les diffusent.
Le problème auquel on est confrontés
sur cette histoire de terre plate notamment,
c'est que l'immense majorité de ceux qui pensent
que la terre est plate, ils le pensent
parce qu'ils ont vu des vidéos sur Youtube
ou sur Instagram ou TikTok.
Ils le pensent parce qu'ils se sont faits
piégés par ces contenus qui circulent.
Donc là, on a peut-être un autre problème
qui est cette nouvelle manière de nous informer,
qui est parfois merveilleuse, qui va très vite,
qui on a dans la poche
l'équivalent de 17 encyclopédies
de l'époque des bibliothèques.
Et en même temps, personne ne contrôle vraiment.
Personne ne surveille vraiment
ce qui se dit ou ce qui se fait sur Internet.
Et là, on rentre dans un truc
qui est quand même un peu plus problématique.
Si on laisse à n'importe qui
la possibilité de dire n'importe quoi,
à la fin, on risque quand même
de se retrouver dans un joyeux bazar
plutôt que dans un monde sérieux
où les gens font attention à la vérité.
Et à propos de progrès technologiques,
Thomas, il faut aussi en parler.
Les fake news, c'est de plus en plus facile
d'en fabriquer depuis
les nouveaux outils technologiques,
notamment l'intelligence artificielle.
On peut retoucher et même fabriquer
inventé de toutes pièces des photos,
des vidéos qui circulent ensuite sur Internet,
alors qu'elles sont totalement fausses.
Un peu comme le visuel de la terre plate
qu'on a vu dans notre vidéo.
Est-ce que l'IA, ça peut aussi nous aider
à lutter contre les fake news ?
C'est un sujet que tu connais bien.
Oui, j'essaye de transformer
cet outil en un outil positif.
Moi, je suis un journaliste,
j'essaie d'être un journaliste sérieux,
et je lutte contre la désinformation
depuis longtemps.
J'ai créé depuis quelques mois
un nouveau projet sur Instagram
et sur TikTok, qui s'appelle
Anti-Fake News AI,
et qui est donc un projet dans lequel
je me suis fabriqué un double de mois,
un Thomas Uchon virtuel,
qui fait les vidéos à ma place
pour répondre aux théories du complot
et pour essayer d'aller plus vite
dans la déconstruction de ces mensonges
et surtout dans la publication.
On a remarqué quelque chose sur Internet,
c'est que le premier qui parle
va avoir une espèce de buzz
et de pousser d'audience.
Donc plus on va venir
longtemps après la diffusion du mensonge,
plus ça devient difficile
de trouver une audience équivalente
à ce mensonge. On dit souvent
le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend l'escalier,
et effectivement les mensonges vont
plus vite sur ces réseaux. Donc là,
l'idée c'est d'aller plus vite pour arriver
à répondre et d'ailleurs, on peut
le suggérer, tous ceux qui nous regardent.
Si vous voyez passer un contenu qui vous semble
bizarre, une vidéo sur laquelle vous posez des questions,
taguez-nous sur TikTok, sur Instagram,
Anti-Fake News AI,
écrivez le nom du compte
et on viendra regarder, on ira fabriquer
des contenus pour essayer de vous aider,
pour essayer de répondre. Il y a
tout un autre pan de l'intelligence artificielle
qui va être très intéressant.
Ça va être notamment la capacité
à vérifier de très très grandes quantités
d'informations. On va
imaginer peut-être un cas
de les incendies
à côté
d'Arcachon qui ont eu lieu il y a quelques années.
Eh bien, on
pourrait imaginer que l'intelligence artificielle
nous permettrait de récupérer en un temps
qui est en seconde
la totalité des photos publiées au moment
des incendies autour de la zone d'Arcachon
et de reconstituer avec ces outils numériques
une espèce de parcours
de la progression du feu. Ça nous permettrait
de vérifier aussi que ces photos
ont bien été prises à cet endroit-là
de les
confronter à une carte de géographie,
parfois même une carte en 3D. En tout cas,
là, on rentre dans des nouvelles
pratiques du journalisme qui sont fascinantes,
qui sont passionnantes, mais je crois qu'il faut bien
dire quelque chose à ceux qui nous regardent.
Le seul vrai outil pour lutter contre les fake news,
ce ne sera pas l'intelligence artificielle.
Ce sera la vraie intelligence,
celle que vous avez dans vos petits cerveaux,
votre esprit critique, votre capacité
à vous poser des questions et surtout
à vous méfier de ce que vous avez envie de croire.
Le vrai piagiler est là.
Les fake news, ça marche surtout
parce qu'on a un petit peu envie d'y croire,
on a un petit peu envie d'y aller. Et qu'elle correspond
plus ou moins à ce que nous croyons
déjà un tout petit peu. C'est comme ça
qu'on se fait piéger. On ne se rend pas compte
qu'on nous dit n'importe quoi parce que
nous aussi, ça nous arrive
à tous, les plus grands comme les plus jeunes,
de croire des choses qui ne sont pas vraies,
de nous tromper, de voir l'humilité de le dire
et puis d'essayer de revenir un peu en arrière.
Bon alors des questions, il n'y en a pas
dans les élèves, on pose déjà beaucoup.
Il y en a une pour toi et pour nous,
même aussi, c'est le collège Saint-Joseph
de Saint-Brévin-les-Pins. Est-ce que toi,
tu as déjà cru à une fake news, est-ce que
tu t'es déjà fait avoir ? Ah je pense qu'on s'est tous
fait avoir.
Moi, j'ai eu,
je pense, comme beaucoup
de gens,
des doutes
sur certains événements géopolitiques,
certains grands moments.
Je pense aux attentats du 11 septembre
2001, on était tous un peu interloqués
de se dire comment c'est possible.
La question c'était de se dire
l'Amérique qui est un pays tellement
puissant, comment est-ce qu'on peut l'attaquer
de cette manière-là ? Et bien moi, mon erreur, c'était
d'imaginer que l'Amérique était inattaquable
alors que c'est pas vrai. L'Amérique est un pays
comme les autres qui peut se faire attaquer.
Et qui a été attaqué. Et voilà, et ce qui est
assez intéressant, c'est que je crois que
effectivement, comme je vous le disais,
ces mensonges, ils marchent
parce qu'on y croit un tout petit peu.
Après, je crois que, moi j'essaye quand même
de faire très attention à tout ça.
Et justement, je crois que c'est
aussi ça, moi, ce que ça m'a apporté
de travailler sur la désinformation.
Je pense vraiment que ça m'a rendu plus intelligent,
pas de manière artificielle, et pas parce
que j'utilise ces outils-là. Non mais
parce qu'en fait, ça m'oblige à penser contre moi-même.
Ça m'oblige à
réinterroger mes croyances, même mes
convictions politiques, à me dire
« tiens, mais en fait, moi je
j'ai pensé ça toute ma vie, mais
je l'ai pensée par croyances et pas par
savoir. Et donc je réinterroge
tout ça. Et donc c'est
à la fois très perturbant
parce qu'on vit tous avec des croyances, on vit tous
avec des opinions. Et en même temps, il faut
avoir conscience de tout ça, il faut arriver
à se méfier un petit peu de ce méfier
de nous-mêmes. Ça veut pas dire qu'il faut douter tout le temps,
mais il faut quand même se méfier un peu
des pièges qu'on se tend parfois. Le premier
mensonge, on le fait pas aux autres,
on le fait à nous-mêmes.
Les enfants aussi, ils veulent des conseils. On a
les élèves de l'école Choisole à Anboise qui
nous demande comment eux élèvent, ils peuvent
savoir s'ils sont exposés à une fake
news. Comment ils peuvent les repérer ?
Alors, il faut
essayer de regarder un petit peu
les détails. Comme vous l'avez dit, il faut
s'interroger. Et ce qui est
question, c'est que quand vous avez à la
fois une musique qui fait peur,
une voix très
inquiétante,
des preuves que vous n'avez pas le temps
de bien regarder, ni de lire.
Déjà, vous devez commencer
à vous poser des questions.
Il y a un autre élément, c'est que
quand on est
sur les réseaux sociaux, on est quand même
dans un espace où il n'y a pas de vérification
de l'information. Donc ça,
c'est quand même un vrai élément.
Ça veut pas dire que les grands médias professionnels
ne font jamais d'erreur, mais
il vérifie.
Il y a une déontologie
journalistique, il y a des méthodes de travail.
Je sais bien qu'aujourd'hui tout le monde
imagine qu'il peut devenir journaliste parce qu'il possède
un smartphone. Mais malgré tout, ça
reste un métier, ce qu'on fait.
Et si tout le monde imagine qu'il peut le faire,
j'en suis ravi, mais je crois que c'est un peu
une illusion que de penser
qu'on peut tous devenir journalistes comme ça, sans
se mettre à vérifier un petit peu les choses.
Ce qui est sûr, c'est qu'il faut essayer
de vérifier qui a parlé
de quand date l'article, de
quoi ça parle. Est-ce que, comme vous l'avez rappelé,
est-ce que ce scientifique qui nous dit
que la Terre est plate comme dans votre petit reportage,
est-ce qu'il est bien un vrai scientifique ?
Est-ce que cette perche à selfie
peut faire 25 000 mètres de haut ?
Je pense qu'arriver, il faut se poser
des questions. Donc il faut se poser des questions.
Et quand on trouve pas la réponse, c'est pas grave.
On continue à chercher.
Et puis il faut dire aussi aux enfants que
ces dernières années, il y a beaucoup de journalistes
qui se sont spécialisés comme toi
dans la lutte contre les fake news, c'est le cas
aussi dans de grands médias, c'est le cas à France Info,
il y a même une émission qui est spécialisée pour
les enfants et les ados qui s'appellent le vrai ou faux junior.
Donc il y a des ressources aussi,
des journalistes qui se sont spécialisés
sur ce sujet. On a une dernière
question qui vient de l'école
Descartes à Annières
sur Seine. Est-ce qu'il peut y avoir
une partie seulement de l'information qui est
une fake news et que le reste
soit vrai ? Et comment on peut faire la différence ?
Eh bien, c'est marrant, ça vient
d'un établissement que s'appelle Descartes.
Descartes, c'est quand même
l'inventeur, presque,
de l'esprit critique, en tout cas
du développement de l'esprit critique.
Mais je pense qu'il pourrait se poser la question
eux-mêmes. Est-ce que
chers élèves du collège
Descartes, est-ce que quand vous faites un mytho,
il y a 100% de mythos dedans ?
Bah non, il y a toujours une part de vrai.
Et donc, souvent, dans les fake news,
il y a un petit bout vrai,
qui est-ce qui nous fait tomber dans le piège ?
Si il n'y avait pas ce petit bout de vrai,
on tomberait probablement pas dans le piège.
Donc effectivement, dans le mensonge,
il y a toujours un petit bout de vrai
et c'est là-dessus qu'il faut faire attention
à pas ce petit bout de vrai
soit suffisant pour nous piéger.
Et qu'est-ce qu'on risque d'ailleurs
si on fait une fake news, si on la diffuse,
c'est la question des élèves Ulysse du collège
d'Oudville ?
Alors, ce qui est sûr, c'est que
la loi française n'interdit pas
la diffusion de mensonge.
La loi française, elle interdit
le fait de diffuser quelque chose de faux
qui va nuire à la réputation de quelqu'un.
Ça veut dire que
plutôt que d'attaquer le fait que ça soit vrai
ou faux, on va attaquer le fait
que ça va nuire à quelqu'un
ce qu'on appelle la diffamation.
Et donc, plutôt que de dire, bah tiens,
c'est vrai ou c'est faux,
que Estelle, vous avez un compte
dans les îles
au bas à Mass,
eh bien, ce qu'on va dire, c'est non,
Thomas Huchon a accusé Estelle d'avoir un compte
et ça, c'était
diffamatoire, ça
attaquait sa réputation
et donc c'est ça que la justice va essayer de trancher.
Aujourd'hui, on a beaucoup de mal
à judiciariser tout cela
et le problème c'est que,
vous voyez, on parle de diffamation, ça c'est le monde d'avant,
c'était juge dans les tribunaux,
ça prend beaucoup de temps, c'est très long,
très compliqué.
Nous, le problème qu'on a, c'est que
il faut quelques secondes pour faire un tweet.
Et donc, comment on fait face
à ce nouveau rythme de la diffusion
de l'information, pour l'instant on n'a pas la solution.
On nous dit qu'il y a encore beaucoup de questions,
c'est un sujet qui vous intéresse beaucoup,
malheureusement c'est la fin de ce webinaire
qui se termine déjà, merci beaucoup
Thomas d'être venu répondre
aux questions des enfants.
Grâce à toi, on a bien exploré le sujet
et expliqué ce que sont les fake news,
mais avant de partir, on veut quand même vous laisser
5 conseils à retenir
pour éviter les fake news.
On les découvre ensemble,
ensemble, pardon, d'abord méfie toi
de tes premières impressions,
on en a parlé, de nos émotions
qui peuvent dépasser notre réflexion,
regarde l'info en détail
et poste-toi des questions, essayez de savoir
qui donne l'information et pourquoi,
en cas de doute, surtout
on ne partage pas et vérifie si besoin
avec votre adulte.
Et pour vous tenir au courant de l'actualité,
on vous conseille bien sûr d'écouter
notre podcast Salut l'Info
il est met en ligne chaque vendredi
sur les sites de France Info et d'AstraPie.
Pour l'utiliser
en classe, vous pouvez vous abonner
gratuitement à notre rituel
le quart d'heure d'actu, vous recevrez chaque semaine
un cours audio d'information
et un quiz, ce qui vous permettra
d'organiser facilement un moment d'éducation
aux médias avec vos élèves.
Et si vous avez envie d'écrire un journal
ou un podcast pour vérifier
plein de fake news et jouer
les apprentis journalistes, vous pouvez
aussi vous lancer avec votre classe
pour vous aider en à créer l'application
L'Atelier France Info Junior, vous y trouverez
un logiciel de montage et des documents
pédagogiques à utiliser en classe.
Côté Bayard Genesse,
on a également produit une mallette pédagogique
pour les cycles 2 et 3
qui s'appelle bien s'informer, ça s'apprend.
Et l'une de nos rédactrices en chef,
Marion, a aussi sorti un livre sur ce sujet
qui s'appelle tout simplement
le petit livre pour apprendre à s'informer
et décrypter les fake news.
Si ce webinaire vous a plu,
ce qu'on espère évidemment, sachez
qu'il y en aura un autre à l'automne, on vous
tient bien sûr informé par mail.
On espère que vous avez passé un bon moment
en notre compagnie et que ce sujet vous a plu
et puis surtout que les enfants vous aident
devenus incollables sur les fake news.
Nous on a passé un très bon moment
à échanger avec vous, merci beaucoup Lara.
Merci Estelle. Merci à toute l'équipe
en coulisse et en régie aussi qui a préparé ce webinaire.
Et bien sûr surtout, merci à vous
d'avoir suivi ce webinaire.
On vous dit à bientôt pour de nouveaux contenus.
Ciao ciao !
Les infos glanées
Salutlinfo!
Un podcast original franceinfo avec le magazine Astrapi. Chaque semaine, l’actualité racontée aux enfants de 7 à 11 ans. Des informations sérieuses ou plus surprenantes, et les confidences des enfants. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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