
Plongée dans les abysses : le sous-marin Alvin découvre les sources hydrothermales
Durée: 16m50s
Date de sortie: 12/04/2021
durée : 00:16:50 - Les Odyssées - Pendant très longtemps, les scientifiques imaginaient que les fonds sous-marins étaient déserts. Mais le 17 février 1977, les océanographes Jack Corliss et Jerry Van Andel, à bord du sous-marin Alvin, découvrent pour la première fois des sources d'eau chaude près des Iles Galapagos, dans l'océan Pacifique, à 2700 m de profondeur. Ils y découvrent une “oasis de vie” !
Depuis des centaines de millions d'années, tout au fond de l'océan, dans les abysses,
les corps se terrestres.
Bouge.
Trois petits centimètres par signe, deux petits centimètres par là.
Les plaques océaniques et continentales se déplacent.
Elles s'éloignent, elles se rapprochent, elles se sauvent.
Ainsi, sont apparus avec le temps d'immenses montagnes sous-marines, aussi hautes que
les Alpes et les Pyrénées.
On les appelle les Dorsales.
Les Dorsales parcourent le sol de tous les océans du globe et elles crachent de la
bouillantes venus tout droit du centre de la Terre.
Et bah, tout autour de ces immenses montagnes, cabrettes le font des eaux.
Des animaux fantastiques.
Des plantes étonnantes.
Ou peut-être rien.
C'est-à-dire le silence, le néant.
Après tout, ce ne serait pas étonnant dans cet autre monde.
Il fait tout noir et il fait froid.
Les abysses, les humains, les sont d'abord imaginés.
On les accrute peuplés de fantômes, de monstres idées et même d'animaux préhistoriques.
Certains en ont fait des livres extraordinaires.
En 1869, dans le roman d'aventure, 20 milieux sous les mers, Jules Verne raconte les péripéties
du Nautilus, un sous-marin extrêmement en avant sur son temps, qui découvre dans les
profondeurs de véritables forêts et des calmargéants.
Les bonhèmes a-t-il vu juste ?
Hélas, exploration après exploration, les scientifiques rentrent breu d'oeil et ils
ne découvrent rien ou pas grand-chose.
Ah, si.
Tout de même, un petit poisson, une sorte de sol, aperçu comme un mirage, avant de disparaître.
Alors quoi ? Il serait vide ? Désert de chez désert le fond de l'océan ? Oh non ! Bouuuuuh !
Rembourser ! C'est trop décevant !
Heureusement, tu connais les scientifiques ? Il n'arrête jamais de chercher !
En 1977, dans les eaux du Pacifique Sud, Jack Corliss et Jerry Van Andel, deux océanographes
américains, vont faire une époustouflante découverte qui changera à tout jamais notre
compréhension du monde et de la vie.
Héoooo ! Y a quelqu'un dans les abysses ? C'est la grande aventure de cet odyssé.
Attention mes bichons, je vous préviens, ça va gloulouter !
Une découverte ne tombe jamais du ciel, tu le sais bien.
Elle est toujours annoncée par des signes, des indices.
Si Jack Corliss et Jerry Van Andel se retrouvent à farfouiller le sud de l'océan Pacifique,
ce n'est évidemment pas le fruit du hasard.
Et d'ailleurs, un peu de sérieux, soyons plus précis.
Où cherchait-il exactement ?
Au large de l'équateur, sous les merveilleuses îles Galapagos, à environ 2600 mètres de
profondeur se cache une dorsale qui intéresse beaucoup les scientifiques.
En 1976, grâce à une sonde sous-marine téléguidée, une équipe américaine y a découvert un étrange
phénomène.
Regardez les données transmises par la sonde.
C'est bizarre, la température de l'océan change tout à coup.
Pas de beaucoup, mais tout de même c'est étonnant.
Pourtant, il n'y a aucune raison.
À moins que…
Ah mais oui, bien sûr.
Il doit y avoir quelque part des sources d'eau chaude.
Des sources d'eau chaude ?
A proximité d'une montagne sous-marine ?
Voilà qui est intéressant !
Hélas, l'équipe n'a pas le temps de vérifier.
Sans compter qu'il faudrait plonger et aller voir et qu'ils ne sont pas équipés pour.
Ramener une preuve de leur existence, c'est la mission de nos deux océanographes.
Jack et Jerry prennent le large à bord du Knorr, le 8 février 1977.
L'expédition va durer 7 semaines.
Ça paraît beaucoup, mais ça fait une semaine de moins que les grandes vacances d'été.
Tu en fais chacrénée l'expérience, tu sais comme me t'enfilent.
En fait, c'est infiniment court.
Heureusement, les deux océanographes partent avec une équipe de chocs.
Et puis ils ont du matériel à la pointe de la technologie.
Des radars, des caméras et un sous-marin qui s'appelle Alvin.
Génial ! Ils seront tout à la fois sûrs et au fond de l'océan.
Impossible que ces sources d'enchaune leur échappent !
Alvin est un merveilleux joujou.
Il peut descendre jusqu'à 4500 mètres de profondeur, les doigts dans le nez.
En revanche, il est tout petit, minuscule.
Je l'a dit, il peut tout de même accueillir un pilote et deux passagers allongés sur le ventre.
Grâce à ces trois hublots, les mystères de l'océan sont à portée de mirette !
D'ailleurs, il a déjà fait ses preuves.
Quelques années plus tôt, lors de la spectaculaire mission FEMOS,
il a permis de révéler au monde un merveilleux secret.
Après deux heures de descente, dans le noir absolu, que disent les ténèbres,
sous l'effet soulumineux de ses puissants projecteurs,
tout à coup est apparu le plancher océanique,
sombre recouvert de la froide et dure époche d'offrande beauté.
Tu te rends compte ? Le sol tout au fond de l'océan ?
C'est la première fois que les humains l'a percevée !
Alvin, va-t'il porter chance à nos deux océanographes ?
En tout cas, ils croisent les doigts et même les orteils paraît-il !
Ça alors, mais comment font-ils pour marcher ?
Après quatre jours de traversée par très beau temps,
le knor arrive enfin sur le site de l'exploration.
Le capitaine fait du très bon boulot, il réussit à positionner le navire,
pile poil au-dessus de la fameuse dorsale, des Galapagos.
Durant les premiers jours, les scientifiques recueillent et analysent tout en tas de données.
Enfin, l'action peut commencer !
Le 15 février, la caméra Angus, équipée de différents capteurs,
est envoyée à 4 mètres du fond.
Elle réussit à localiser une zone où la température est bien plus élevée
que les 2,5 degrés qu'on trouve habituellement à cette profondeur !
C'est une excellente nouvelle !
Les sources doivent se cacher là, quelque part, sous le navire !
Dans le laboratoire, yuhou !
Les scientifiques commencent à danser la lambada !
Le lendemain, l'équipe visionne le film rapporté par la caméra Angus.
Sur l'écran, l'image est d'abord brouillée, puis...
des formes étranges ronds et blanches apparaissent.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Demande Jack.
Mon Dieu, ce sont des clams ?
Les clams sont des coquillages, des sortes de palourdes,
avec du persil, c'est délicieux sur une flopée de spaghettis,
mais reprenant.
Et elles sont grandes en plus ?
L'équipe est sonnée, abazordie.
De la vie, ici ?
Mais c'est impossible ! Dans les abysses, c'est le désert.
C'est pas lourd, on a sûrement perdu leur chemin.
Le 17 février, l'heure du grand plouf, a sonné.
Jerry et Jack vont enfin descendre, au fond de l'océan.
Tout au long de leur exploration,
un interphone les relira à l'équipe du Knorr,
qui suivra ainsi leur trajectoire à distance.
Les deux oceanographes se fourfilent à l'intérieur du sous-marin,
le pilote s'installe au commande.
Vous êtes prêts ?
Bon, vous avez vu, c'est tout petit ici.
Alors j'espère que personne n'a touché aucun soulet hier soir !
Oh non, franchement, c'est pas vrai !
Ce qui est lourd, géante pour lui.
Heureusement, c'est un grand professionnel.
Knorr, ici Alvin, on est prêts.
Bien reçu Alvin, que notre côté, tous les voyants sont au vert.
On a vérifié vos batteries, tout est OK.
On va pouvoir vous mettre à l'eau.
Bonne chance, les amis.
3, 2, 1, c'est parti !
Youpie ! La mise à l'eau est réussie !
Lentement, Alvin s'enfonce sous l'océan.
Plus il descend, plus il fait sombre.
Petit à petit, la vie diminue.
Le va-et vient au dulan des méduses, les écailles urgentées des tortues,
les crevettes, les poissons, les algues.
Tout cela, en même temps que la lumière, disparaît.
Passer mille mètres, l'obscurité est totale.
Une heure s'est déjà écoulée.
Jack et Jerry sont impatients.
Pour se détendre, ils se racontent quelques blagues sur le thème des marins et de la mer.
Quelles légumes trouvent-on au fond des océans ?
Des choumarins ?
Excellent, Jack, excellent.
Et écoute, tu la connais celle-là ?
Deux escargots se promettent sur une plage, ils croient une limace.
De mi-tour, nous sommes sur la plage des nudistes.
Très vignonne celle-là, je vais beaucoup merci de la retire.
Allez, viens.
Lorsqu'ils ne testent pas leur connaissance en matière de blagues,
nos deux oceanographes observent l'océan à travers les hublots.
Il est bleu, noir, enveloppent, fascinant.
Descendre dans les abysses, c'est comme poser les pieds sur une autre planète.
Le monde, tout d'un coup, se renverse.
Ça, et là, ils croissent du regard des tranches bestioles, gélatineuses et lumineuses.
Ils continuent de descendre.
Bientôt, ça y est, tout autour d'eux.
Il n'y a plus rien.
Les voici arrivés, à 2630 mètres de profondeur.
Le planche est océanique, et là, juste au-dessous d'eux.
Les capteurs confirment les observations de l'avant veille.
La température, stable jusqu'à présent, passe tout d'un coup d'une d'eux à la vue de Grêpe.
Oh pétard, ils se rapprochent !
Et en effet, à quelques mètres de là, dix immenses nuages de fumée grise s'échappent d'un morceau de roche volcanique couvert de lave séchée.
Les deux oceanographes frissonnent et gloussent même.
Ça pristit ! Aurait-il trouvé leur source ?
Mais alors ? Quoi ?
Ça veut dire que... ça y est, c'est la fin de l'odyssée ?
C'était sans l'incroyable découverte ?
Non, non. Attendons, deux petites secondes.
Nous voyons des clames, des centaines de clames, entre les rochers.
C'est ce clame tout d'un coup de Jacques en s'adressant à l'équipe du Knorr.
Et attends, ce n'est pas fini.
À travers les eux blôts, vient d'apparaître un merveilleux,
un foisonnant tourbillon de vie.
Des môles géantes, des crabes, des verres immenses et lumineux, des poules pas...
Ces bleus, ces verres, ces rouges et même violets.
La nature, tout autour d'eux, danse le plus fascinant des balais.
Les habits sont supposés de désertiques, n'est-ce pas ?
Reprends Jacques, le souffle coupé.
Eh bien, c'est plein d'animaux ici.
Les deux oceanographes ont les larmes aux yeux.
Ils ne reviennent pas.
Parmi ces merveilles animaux aquatiques, il y a même des espèces inconnues.
Certaines ressemblent à d'immenses spaghettis rouges et blancs, ou des pistes en lits.
Tout doucement, Alvine s'approche de la fumée grise.
A l'aide du bras articulé, le pilote insère la sonde de température à l'intérieur d'une fissure.
Elle indique 16 degrés.
C'est infiniment supérieur à la normale. C'est la source, c'est sûr !
Ils viennent de découvrir la première source d'eau chaude océanique du monde.
Et tout autour d'eux, une vie merveilleuse et foisonnante, absolument insoupçonnée.
Cette fabuleuse découverte bouleverse toutes les certitudes des scientifiques de l'époque.
C'est une bombe, une révolution.
Là où on croyait la vie impossible, la vie était bel et bien là.
Passer les merveillements, une grande question se pose.
Comment la vie a-t-elle pu se développer à 2600 mètres de profondeur sans lumière ?
Jusqu'à présent, on croyait le soleil absolument essentiel.
Une fois remonté à la surface, les scientifiques, tu penses bien, se sont creusés le cibouleau.
Et voici la conclusion.
Ces sources d'eau chaude sous-marine, quand l'angage savant on appelle hydrothermale,
crâche des minéraux et différents composés chimiques,
parmi lesquels du méthane et du sulfur d'hydrogène.
Grâce à des bactéries, invisible à l'œil nuévidement,
ces substances sont transformées en matière organique,
laquelle a permis le développement de la vie animale.
Ce merveilleux phénomène porte un nom, la chimio synthèse.
Incroyable, la vie peut donc se passer de lumière.
Les sources hydrothermales découvertes le long de la dorsale des Galapagos
ont complètement chamboulé notre compréhension du monde et de la vie.
Les abysses, les humains n'ont pas du tout fini de les explorer.
Imagine tous les secrets et les animaux qui nous restent encore à découvrir.
J'espère que tes palmes et ton cuban sont prêts.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
Un an après l'expédition, en avril 1979,
Alvin a découvert d'autres merveilles sur la dorsale des Galapagos.
Des sortes de cheminées dont sortent d'immenses paquets de fumée noire.
On les appelle les fumeurs noirs.
Il s'agit de sources d'eau chaude un peu particulière.
Leur température peut atteindre 370 degrés.
Oh, l'océan, oh, quel mystère !
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Lesodyssées
France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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