
Les Odyssées du Louvre 10/15 : Marie de Médicis, reine de France
Durée: 16m57s
Date de sortie: 14/12/2020
durée : 00:16:57 - Les Odyssées - Ecoutons l'histoire d'une grande reine de France, qui, à la mort de son époux, le roi Henri IV, a dirigé seule le Royaume entre 1610 et 1617, en attendant la majorité de son fils Louis XIII. Elle commanda le récit de sa vie à un grand peintre Rubens.
Ce n'a pas échappé. Les relations entre parents et enfants sont parfois compliquées.
Les rois et les reines évidemment n'échappent pas à la règle.
En fait, je dirais que c'est même carrément pire.
Crois-moi, partout il y a du pouvoir, il y a jalousie, affrontement et non-parouflement,
conflits, règlements de comptes, trahison, querelles et non pas quenelles.
Ha ha, quel dommage, c'est pourtant délicieux !
Nous sommes le 14 mai 1610. Le roi Henri IV vient de mourir.
Marie de Médicis, sa femme, se retrouve toute seule.
Seule ?
Oh non, pas tout à fait. D'un coin de l'œil, elle regarde son fils aîné.
Lorsqu'il sera en âge, Louis gouvernera la France.
Génial, formidouble ! Tout cela semble sacrément bien organisé, mais...
Que deviendra-t-elle alors ?
Quelle sera sa place ?
À cette époque, les femmes n'ont pratiquement aucun droit et elles n'ont jamais le pouvoir.
Être reine ne signifie donc pas grand-chose.
Elles servent à faire des hérétiers et puis ont fini par les oublier comme de vieux meubles un peu encombrants.
Moi, je terminerais ma vie comme une tapisserie usée dont personne ne veut plus.
Fulmine la reine.
Non mais franchement, est-ce que j'ai une tête à m'écraser comme une patate au fond de sa purée ?
Marie de Médicis est furibarde !
Entre nous, je la comprends. Jusqu'à présent, le royaume de France ne lui a pas fait beaucoup de cadeaux.
Parce que sa famille est très riche, à la cour pour se moquer, on l'appelle la grosse panquette.
Quant à son roi de Marie, le bougre n'était même pas là le jour de leurs épousailles.
C'était il y a dix ans et la reine l'a encore en travers de la gorge.
Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Un roi qui envoie quelqu'un pour le représenter, se marier à sa place ?
Oui, ses débuts comme reine de France n'ont pas été faciles.
Mais maintenant qu'elle est là, et bien là, que faire ?
Rapidement, Marie de Médicis se lance dans une petite opération de calcul mentale.
Alors, Louis, habitant ennemis.
Là, je les gagne pour exercer le pouvoir royal, si à 13 ans.
Alors, 13 ans, moins, 8 et demi, ça nous fait quoi ? Ça nous fait 4 et demi.
Et voilà, pendant presque 5 ans, la couronne de France aura encore besoin de moi pour veiller sur elle.
Ces périodes un peu particulières, durant lesquelles les reines couvernent à la place de leurs fils, on appelle ça des régences.
Marie de Médicis sait qu'elle tient à sa chance.
Sa chance pour quoi ? Mais, ha ha, pour s'imposer, Barbie !
Sa décision est prise.
La reine va se métamorphoser en femme de pouvoir.
Elle devient gouvernante du royaume de France !
La tâche n'est pas aisée.
En période de régence, on croit la couronne faible, c'est la foi à recomplaut, tous les coups sont permis.
Ah oui, vraiment ?
Eh bien, c'est ce qu'on va voir.
Trois fois par semaine, Marie de Médicis assiste à la réunion des ministres.
Elle apprend à diriger et elle s'en sort, plutôt bien.
Pendant son règne, Henri IV avait pris soin de lui donner quelques bons tuyaux.
Crois-moi, elle ne les a pas oubliés.
Très vite, la reine dévoile sa personnalité.
Elle est extrêmement déterminée, mais colérique.
De temps en temps.
Oui !
Elle explose.
C'est un temps d'unies problématiques, car durant ces années, la tâche la plus importante reste de maintenir la paix.
Les guerres de religion viennent tout juste de se terminer, l'entente entre protestants et catholiques est fragile.
Elle suffirait dans tout petit rien pour remettre le feu au poudre.
Heureusement, Marie de Médicis est une femme d'expérience.
Elle sait comment marche le monde.
Pour calmer les ardeurs des deux côtés, elle inonde les chefs d'or et de diamants.
Au nom de la paix, la reine dépense sans compter.
Le 27 septembre 1614, le roi faite son 13e anniversaire.
Saillé, il atteint la majorité royale, le voici, en âge de Régnet.
Marie, théoriquement, devrait lui remettre les clés du royaume.
Oui, mais voilà, le pouvoir aboître parfois mère, il ne reste pas moins délicieux.
Et renoncez, oh, que ce soit clair, la reine n'en a pas la moindre intention.
Louis XIII dirige officiellement la France.
Soit, c'était prévu.
Rien n'empêche Marie de Médicis de tirer les ficères.
Ni une ni deux, elle se fait nommer Premier ministre.
C'est un bon début, mais, ah, ce n'est pas suffisant.
Pour rester au pouvoir, il faut aussi bien s'entourer.
La reine peut compter sur deux vieux amis, très fidèles et italiens comme elle.
Le marquis Concino Concini et Leonora Galligaia, son épouse.
Pour assurer ses arrières, elle en fait de très grands personnages de la cour.
Génial ! s'oupire la reine.
Tout se déroule absolument à merveille.
Le problème, c'est que Concino et Leonora sont du genre magouilleur.
Alors, trouver un autre gentillum pour défendre ses intérêts ne serait pas de trop.
Ça tombe bien. Elle a justement quelqu'un sous la main.
Il s'appelle Richelieu, il est évêque, il est jeune, fringant, extrêmement intelligent.
La reine l'adore, c'est son petit chouchou.
Grâce à elle, il devient ministre.
Et un pion de placé est deux, un.
Jubile tel.
Pour le roi, la situation n'est pas facile facile.
Concini et Richelieu, ils ne peuvent pas les piffrer.
Et puis, petit Louis voudrait devenir grand.
Hé, pasta, ça va, j'ai 16 ans, je suis pu le fifi sur sa mamanette.
Oui, le roi Louis XIII est sacrément agacé.
Un soir, en retirant ses bottes toutes crotées à cause de la chasse, Louis XIII réfléchit.
Ma mère, c'est vraiment une finode, c'est plus approuvé.
Alors, comment la mettre de côté ?
Hum, la zigouiller ?
Bon, non, quand même pas, je vais pas zigouiller ma mère.
En revanche, peut-être zigouiller quelqu'un d'autre, quelqu'un de son entourage, quelqu'un de très proche d'elle.
Ah, voilà, la freu consignée, je vais me le faire, lui.
La scène se passe devant l'entrée du Louvre.
Consignée pressée, il ne voit pas les drôles de bonhomme en train de leur cercleer.
Cinq coups sont tirés.
Ils tombent, comme un concombre, radement.
Sur le pavé.
Aussitôt, une fenêtre s'ouvre à l'étage des appartements royaux.
Louis XIII, de loin, sa force a victoire.
Youpie, enfin, je suis le roi !
C'est ce que l'amptile avec les yeux qui brillent.
Ce jour-là, il prend le pouvoir.
Il a montré à sa mère qu'il était capable de tout !
Maintenant !
Sous-pertile !
Il faut l'éloigner à quelle part de loin.
Je dirais même plus, le plus loin possible.
Marie grince des dents, mais elle n'a pas le choix.
Elle s'installe dans un château au bord de la Loire.
Le château de Blois.
La reine s'ennuie.
Mais elle n'est pas du genre à se laisser abattre.
Elle organise de grandes fêtes et elle se fait servir.
Oh, de délicieux pâtés !
Parfois, ça leur rend un peu nostalgique.
Vous savez qui raffolait les pâtés ?
Écrite à la sonfice.
Votre père, mon mari, le trahir gréthe roi Henri IV.
Si j'ai voulu garder le pouvoir, c'est uniquement pour prolonger le grand projet
qu'il avait pour le royaume de France, pas du tout,
pour vous embêter, je vous jure.
Louis, mon fils chéri, s'il vous plaît,
laissez-moi rentrer à Paris, je vous en supplie.
La réponse du roi est non.
Marie de Medici s'est furet sa...
Puisque son fils veut la maintenir prisonnière à Blois,
elle décide de s'évader.
Il se trouve que la porte du château n'est pas très bien gardée.
C'est tantant, mais oh, trop facile.
La reine aime les défis et puis surtout le spectacle.
Elle choisit donc de passer...
Oui, par la fenêtre !
Approcher à son échelle de cordes.
Ah, c'est vrai qu'elle a l'air d'un petit saucisson qui te pendouille.
Qu'à porte, la reine réussir s'échapper.
Dans la nuit du 21 au 22 février 1619,
un carrossel emporte à toute allure.
Je suis libre !
L'enstal a tous les sangliers qu'elle croise sur la route.
Marie de Medici ne perd jamais le nord.
Sans attendre, elle monte une armée pour défier le roi.
Les deux camps s'affrontent lors d'une bataille qui s'annonce sanglant.
Les soldats de la reine souplent plus nombreux.
Perfait.
Tôt, pense-t-elle.
Je vais en faire du gnocchi, du petit louis.
Hélas, c'est trop pour la frousse !
En quelques heures, à peine, ils prennent tous la fuite.
La reine n'a plus le choix.
Elle doit se rabis-baucher avec son fils.
Louis XIII accepte de la rencontrer.
Les retrouvailles sont...
glaciales !
Mais au bout de quelques jours, va savoir comment
la mère et le fils tombent dans les bras l'un de l'autre.
Oh, ma mamanette chérie !
C'est sclâme le roi.
Ah bah vous m'avez manqué, tiens.
Dans deux carottes qui se suivent, fatiguées mais...
Oh, heureux, les deux osiaux rentrent à Paris.
Pour calmer le jeu et rassurer son fils,
Marie ne retourne pas au Louvre.
Elle s'installe dans un palais somptueux
qu'elle a commencé à faire construire il y a quelques années,
pas très loin de l'autre côté de la Seine.
Le palais du Luxembourg.
C'est son grand retour, elle est archi ravie.
La mère et le fils se partagent, la couronne.
Des reines comme elles, c'est sûr, ça ne court pas les rues.
Pour que l'histoire n'oublie jamais son nom,
Marie de Médicis demande à Pierre-Paul Rubinze
un grand artiste à la renombre
internationale de peindre toutes ses aventures
en 24 tableaux.
La commande est très claire.
Allez-y mon vieux, mettez le paquet.
Montrez-moi entouré de grand dieu grec.
Faites ce que vous voulez, débrouillez-vous,
mais en un clin d'œil je veux qu'on comprenne ma grandeur,
ma gloire et ma puissance.
L'ambition dévorante de la reine,
tu le vois, n'a pas disparu.
Tu te souviens de Richelieu, son petit chouchou ?
Grâce à lui, elle pense arriver à grignoter
un peu plus de pouvoir.
Comment ?
Eh bien, elle compte en faire sa petite chose
et l'utiliser comme un pantin
pour faire passer ses idées et augmenter son influence.
Ni une, ni deux, elle se débrouille
pour le faire nommer Cardinal,
puis Premier ministre de son fils.
Le problème avec les petits chouchous,
c'est qu'ils ne sont pas toujours fidèles.
Richelieu à la truffe aiguisée,
il s'enleve entourné.
Tranquillement mais sûrement, il se rapproche du roi,
le Cardinal s'oppose de plus en plus à la reine.
Horreur, malheur !
Le petit pantin s'est transformé en rival.
Lorsque la reine le comprend, c'est trop tard.
Dans le duel qu'il les oppose désormais, elle perd.
En 1630, le roi choisit Richelieu.
Marie de Medici skid alors la France.
Plutôt l'exil que se traître.
Pendant 11 ans, la reine fuit à travers l'Europe.
Dès qu'elle le peut, elle tente, par mille et en complots,
de renverser Richelieu.
Elle meurt le 3 juillet 1642,
sans avoir réussi.
Marie de Medici a été une grande reine.
Pourtant, on a essayé de noircir son image.
On a dit qu'elle avait ruiné le royaume.
De mon côté, non.
Ce n'est pas ce que je retiens.
Je dirais plutôt qu'elle s'est battue comme une lyonne,
pour exister à une époque où les femmes
ne tenaient jamais le pouvoir entre leurs mains.
Entre nous, oh oui, je trouve ça...
sacrément fortiche.
Les Odyssey du Louvre est un podcast original
de France Inter et du Musée du Louvre.
Marie de Medici n'a pas seulement été une battante.
Elle a aussi été une grande protectrice des arts.
Au cours de ses années au pouvoir,
elle a fait venir de nombreux artistes étrangers
à la cour de France, dont le flamand Pierre-Paul Rubin.
Il y a pas entre 1622 et 1624
la fameuse série de 24 toiles
retrasant les grandes étapes de la vie de la reine.
L'ensemble est véritablement grandiose.
Et j'ajoute exceptionnelle.
Ce sont en effet les seules oeuvres réalisées par Rubin sans France.
N'hésite pas à aller voir toutes ces merveilles.
Elles sont exposées au Musée du Louvre
dans une salle spéciale qu'on appelle la Galerie Medicis.
Elle se trouve au deuxième étage de l'aile Richelieu.
Légèrement ironique. Tu ne trouves pas ?
Les infos glanées
Lesodyssées
France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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