
Facilitation Graphique, Feat. Romain Couturier
Durée: 13m9s
Date de sortie: 04/06/2018
Le cours en ligne de Romain : https://www.supertilt.fr/cours-en-ligne
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Bienvenue sur le podcast Artisan Developer,
l'émission qui combine technique et agilité pour partager la passion du code.
Aujourd'hui, je suis avec Romain Couturier
et à l'occasion du lancement de sa formation sur la facilitation graphique,
j'avais envie de l'inviter pour qu'il vienne nous parler de
qu'est-ce que la facilitation graphique peut apporter à un développeur.
Romain, bonjour.
Bonjour, Mona.
Romain, est-ce que tu peux te présenter rapidement en une minute
qu'elle a été les grandes lignes de ton parcours,
d'où tu viens, en quoi tu es ?
Qu'est-ce que tu as fait dans le passé ?
Alors, j'ai commencé en tant que développeur en 2003.
J'ai fait tes développeurs chez un éditeur logiciel.
Pendant trois ans, je suis parti ensuite à l'étranger,
où j'étais directeur technique, développeur, admin 6, je faisais plein de choses.
On faisait du chat SMS, donc là, j'ai vraiment appris mon métier à la fois de manager,
mais aussi de gérer un environnement 24-24-77.
On faisait 500 000 SMSs jour.
Donc on montait les infras, tout ce qui était un test de non-régression.
J'ai vraiment découvert énormément de choses pendant cette période.
Ensuite, je suis revenu en France.
J'ai fait trois ans de consulting, j'étais chef de projet,
parce que j'ai changé de techno à cette époque-là,
et j'ai pas réussi à faire la bascule technologique.
Et depuis 2012, je suis à mon compte,
originellement sur Terre d'Ajil et maintenant sur Super Tilt,
en tant que coach agile et facilitateur graphique.
Et justement, tu lances donc ta formation sur la facilitation graphique.
Moi, ce qui m'a intéressé dans les échanges qu'on a pu avoir en préliminaire de ce podcast,
c'est quand je t'ai posé la question, tu m'as dit,
si la facilitation graphique, ça peut apporter même à un dev qui a priori
un métier purement technique, parce que toujours quand même une partie
de communication dans notre boulot de dev, et ça, j'en suis convaincu,
et la facilitation graphique peut aider à rendre l'invisible visible.
Est-ce que tu peux étayer un peu ce point ?
Il y a toute la partie, le métier de développement,
la transmission de la compréhension qu'on peut avoir sur un algo,
sur une architecture.
C'est un enjeu permanent, que ce soit au sein de l'équipe,
où ne serait-ce que de vulgariser un peu le discours technique
pour des populations métier qui ne comprennent pas forcément
comment fonctionnent les développeurs,
et l'utilisation de schémas, de petits dessins,
d'utiliser des métaphores pour expliquer un petit peu comment ça fonctionne à l'intérieur,
pourquoi tel ou tel choix.
C'est des choses qu'on voit assez peu,
en tout cas moi que je crois assez peu dans mes ateliers de coaching,
quand je vois les équipes, je sais qu'il y en a qui le font,
mais c'est compliqué de se faire comprendre,
et comme les concepts manipulés sont particulièrement abstraits,
et parfois assez incompréhensible, impalpable,
même au sein d'une équipe, pourtant avec des gens très compétents,
le risque, c'est de ne pas se comprendre,
donc le passage par le visuel va être un outil privilégié.
Donc ce côté rendre visible l'invisible,
c'est par exemple sur des sprints de planning pour des équipes qui fonctionneraient en Scrum,
d'avoir des séances de conception logicielle ou d'architecture logicielle,
qui soient documentées, qui soient étayées,
où les gens puissent contribuer, collaborer en même temps,
c'est ça qu'on va chercher à faire.
Ok, donc moi je partage complètement ton point,
et c'est ça qui m'a séduit,
parce que je remarque,
faire comprendre des concepts de développement sont des choses assez compliquées,
et il y a souvent un fossé qui peut séparer les techs, des non-techs,
donc c'est vrai que l'usage du dessin est peu compris,
et en même temps je vois aussi que c'est,
comme on rentre sur une zone d'expression qui n'est pas forcément au lycée,
on n'a plus trop de cours de dessin,
je crois que même si au collège on en a encore un peu,
mais est-ce qu'il n'y a pas un peu un a priori sur le fait de faire des dessins,
soit que ça pourrait manquer de sérieux,
soit que je ne sais pas dessiner,
est-ce que je peux utiliser cet outil ?
C'est clair, il y a un frein qui est énorme pour pas mal de personnes,
qui vont se sentir très complexés par l'exigence du dessin,
et c'est ce qu'on voit,
c'est ce qu'on aborde quand on parle de facilitation graphique,
et la réintroduction du dessin dans l'environnement professionnel,
c'est de se concentrer d'abord sur la transmission du sens de l'information,
et c'est compliqué de faire passer ça,
parce qu'il y a toujours le côté,
oui mais je vais quand même devoir savoir dessiner,
donc aujourd'hui c'est très facile de trouver des tutos,
des guides très simples pour dessiner,
des petits bonhommes patates,
mettre deux, trois coups de couleur pour faire joli,
ça c'est, on va dire, on a un niveau minimum,
mais qui est accessible partout,
parce qu'en gros il s'agit de savoir tenir un crayon ou un marqueur,
donc le message c'est vraiment de rassurer,
pour que très vite on puisse se concentrer sur le fond,
c'est-à-dire quand on veut, je ne sais pas,
basculer, alors on a un projet de migration de l'application en SASS,
qu'est-ce que ça implique derrière ?
Et donc ça implique énormément de choses,
migrer un framework,
réfactorer l'application,
de la nécessité de mettre en place des tests
ou d'investir sur une intégration de continue,
voire sur une plateforme de déploiement continue,
quand t'es non tech, c'est bien de faire,
d'avoir des petits schémas qui viennent expliquer un discours
qui peut être assez inabordable en fait,
alors que ce n'est pas très compliqué.
Après on peut aussi s'appuyer sur des langages,
si on a été éduqué à la social email,
ça peut, l'UML est quelque part déjà une forme d'usage,
du visuel, c'est juste que le langage n'est pas forcément partagé.
Parce que les langages...
Il n'est pas partagé et puis il n'est pas très esthétique non plus.
Là où on a la représentation visuelle,
je vois souvent une quête d'esthétisme quelque part.
Il y a cette quête d'esthétisme effectivement,
après il y a des petites techniques,
des petits artifices très simples,
un petit, tu prends un crayon de couleur, un feutre,
tu mets un trait de couleur sur le côté de ta forme,
tu verras tes diagrammes humaines,
ils vont prendre une autre forme, en fait, une autre tête.
Je sais juste que ce sont des loisanges et des carrés noirs, c'est tout.
Donc ce n'est pas très beau,
mais ça pourrait être beaucoup plus fun,
ça pourrait être beaucoup plus sexy d'ailleurs.
– Wow, débuter mal sexy, tu me fais rêver.
– Mais on peut, on peut, on peut.
Mais j'y crois beaucoup.
Après, l'idée c'est aussi de,
par le dessin, de pouvoir toucher un langage que les gens parlent.
Il y a un petit bonhomme qui se balade et qui évolue dans un univers,
je ne sais pas, il y a un PC, une base de données,
ça, il y a plein de gens qui vont comprendre ça.
Donc cette idée, c'est par le dessin,
au-delà du dessin, c'est d'utiliser un langage visuel
qui va interpeller le plus grand nombre dans l'équipe.
Et du coup, si tu as une personne qui ne comprend pas
ce que tu es en train de dessiner ou qui ne comprend pas le mot,
elle va réagir, elle va poser des questions,
et tu vas devoir préciser, je ne sais pas, tes flux de données,
comment est-ce qui circule, comment est-ce que tu t'intègres
avec une application tiers, qu'est-ce que ça implique,
c'est quoi une architecture ? Une architecture 3, 4, 5 tiers.
D'ailleurs, c'est quoi une architecture entière ?
Quand tu as quelqu'un qui ne connaît pas, tu mets des couches et t'expliques.
Et ça permet de comprendre en fait.
Et en fait, c'est une invitation pour les devs à la vulgarisation.
Ça permet aussi de prendre de la hauteur par rapport à son métier.
Oui, j'entends. Et en s'appuyant sur une espèce de référence
salle commun qui est le langage graphique.
C'est ça.
Moi, je t'avoue que j'avais été souvent déçu,
parce que, mais peut-être que j'avais une attente qui était mal placée,
tu vas pouvoir me répondre à cette interrogation.
Parce que souvent, quand je vois des feuilles de représentation,
des bordes de facilitation graphique où quelqu'un est venu faciliter
une réunion, j'ai souvent cette déception si je n'ai pas participé à la réunion
de me dire, OK, c'est beau.
Mais pour moi, ça n'évoque rien.
Et j'avais assisté une fois où à la fin de la facilitation,
la personne était venue, la personne avait facilité une journée entière de formation.
Et à la fin, nous avait fait une restitution.
Et là, j'ai compris, je me suis dit, OK, en fait, il faut qu'il y ait le discours
du mec pour presque expliquer le dessin.
Mais à ce moment-là, s'il y a besoin de discours qui va avec,
est-ce qu'on nota réellement l'objectif de s'en servir comme d'un outil de transmission ?
J'ai l'impression que ça sert surtout, enfin, plutôt d'outils d'ancrage
qui est fortement aussi imprégné de l'interprétation qu'en fait le facilitateur.
Alors, qu'est-ce que tu penses de ça ?
C'est l'usage, ce que tu décris là, c'est l'usage qu'on voit partout.
C'est ce qu'on appelle du scribing, c'est-à-dire, tu interviens dans une entreprise,
dans une équipe, il se dit des choses.
Et on fait une synthèse en live visuelle de ce qu'est en train de se dire,
en fait, tu fais un compte rendu.
Donc l'idée, c'est de donner de la vie au support qui est produit.
Et donc, pour ça, on refait une lecture, on refait une lecture de ce qu'on a fait
devant le public pour faciliter la mémorisation.
Donc c'est effectivement un outil d'ancrage,
mais il y a d'autres façons d'utiliser le visuel.
Le risque, c'est de limiter l'exercice de facilitation graphique à ça.
Et c'est ce qu'on voit sur les réseaux sociaux, il y a plein de gens qui publie.
Et donc les gens, ils comprennent rien en fait.
Ce qu'ils voient, c'est normal.
Et oui, c'est ça.
Et c'est normal, d'accord, OK.
Oui, c'est normal parce qu'en fait, c'est normal pour plusieurs raisons.
La première, c'est que déjà, tu n'as pas assisté au moment, comme tu le disais.
Donc si tu n'as pas assisté au moment, il n'y a pas de lien entre le visuel et toi.
Donc il n'y a pas de rapport entre l'information et toi.
Donc après, tu vas te raccrocher à la qualité de la structuration du dessin.
Et donc si tu n'es pas sur des rendus très graphiques, synthétiques,
avec des architectures de page très faciles à lire,
tu vas vite trouver sa brouillon et complexe.
Et moi, j'ai plein de gens qui me disent, mais je ne comprends pas l'intérêt de votre métier.
Et ils ont raison de dire ça parce que c'est fouillis, parce que ça n'a pas de sens pour eux.
Et donc quand on diffuse, moi, je suis le premier à le faire,
quand je diffuse mes réalisations sur les réseaux sociaux,
c'est juste pour montrer ce que je fais, pour faire de la com et de la pub.
Mais ce n'est pas fait pour transmettre une information à des gens qui n'étaient pas là.
Si je veux vraiment le faire, je vais devoir travailler sur d'autres modalités.
Et donc je vais devoir travailler mon architecture de page de manière totalement différente.
Donc c'est pour ça qu'il y a d'autres usages.
Moi, je travaille dans des boîtes, on fait des modélisations à froid.
On peut s'en servir aussi.
Donc là, c'est quand on fait des synthèses,
je ne sais pas, d'un plan d'action, de quelque chose qu'on veut diffuser plus largement.
Donc ça prend beaucoup plus de temps.
C'est des posters où c'est autoporté.
Donc là, c'est facile à relire.
Et ça, on peut servir après comme un document d'entrée pour un autre atelier derrière.
Et c'est ça à l'intérêt, en fait.
C'est de voir que l'objectif n'est pas d'être un performer.
Et c'est le danger, je pense, qu'on a sur ce nouveau métier de la facilitation graphique.
C'est que dans le regard des gens, ça se résume à...
Il faut être un performer pour pouvoir arriver à faire l'exercice.
C'est faux.
C'est complètement faux.
Ce qui est visible aujourd'hui du grand public, c'est le côté performance.
Mais mon message, justement, il est de dire que demain, dans ta réunion avec ton équipe,
tu ne vas pas faire appel à un facilitatographique.
Tu vas expliquer des choses, tu vas utiliser le verbal,
et tu vas enrichir ta communication avec du visuel.
Et tu ne vas pas te payer un facilitatographique pour venir t'aider.
Tu n'as pas ni le temps ni les moyens de le faire.
Donc tu vas le faire en séance.
C'est une compétence, en fait.
Il faut le voir comme une compétence de communication au même titre que savoir parler.
C'est la même chose.
Eh ben écoute, Romain, c'est super.
Je te propose que ce soit le mot de la fin.
Très bien.
Merci d'être venu.
Si je veux en savoir plus sur ta formation, je vais où ?
Si tu veux en savoir plus, tu vas sur supertil.fr slash courses.
Si tu veux en savoir plus, tu vas sur supertil.fr slash boutique.
Tu cherches facilitation graphique communiquée avec le visuel.
Ou sinon, tu m'écris.
Romain, tu es supertil.fr et je réponds à tous les messages.
Ok, c'est super.
Encore merci d'être venu.
Merci Benoît.
Quant à toi, chère auditeur, j'espère que t'as kiffé ce podcast.
Si c'est le cas, je t'invite à le partager avec des compétences.
Je te remercie d'avance et je te dis à demain.
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