
Quand L'état Adopte L'Open Source Avec Laurent Bossavit
Durée: 10m12s
Date de sortie: 28/11/2018
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Aujourd'hui, je suis avec Laurent Bossavi, Laurent Bonjour.
Salut Benoît.
Dans le précédent épisode, tu nous disais que tout le code que tu avais fait chez Béta Gouvre,
notamment en parler du projet sur l'inscription des collégiens en ligne,
était Open Source.
Et effectivement, je suis allé voir sur le repo GitHub,
tout ce que vous faites là-bas est Open Source.
Et avant d'en discuter avec toi,
j'avais pas pris conscience qu'une espèce de mini révolution se tramait dans l'appareil d'État.
Est-ce que tu peux nous parler en quoi est-ce que cette orientation Open Source change l'échec, change la donne ?
Oui, d'abord, pour faire un petit rappel historique,
l'Open Source, c'est la continuation de quelque chose d'autre
qui est lancé depuis quelques temps, qui s'appelle l'Open Data,
qui a eu une politique un peu générale aussi d'ouverture et de transparence de la vie publique.
Bon, voilà, c'est un peu dans l'air du temps,
démocratie, transparence, tout ça, des trucs qui vont ensemble.
Et ce qui est intéressant, c'est qu'on voit là des manifestations très concrètes.
Donc l'Open Data, c'est l'idée que tout le fonctionnement d'administration ou de services
qui sont financés par nos impôts, ça vient de t'approcher de la mienne.
Il n'y a pas de raison que les données que ça génère, évidemment, modulent le respect de la vie privée,
restent des données propriétaires.
Donc si on peut exploiter, par exemple, j'en sais rien, des données sur hydrographie,
sur l'exploitation des forêts, sur la circulation, les transports,
telle chose qui peut intéresser des chercheurs ou des citoyens ou même des développeurs
qui ont envie de faire de la date d'avise ou des trucs rigolos comme ça,
il n'y a pas de raison qu'on les garde sous le boisseau.
Mais ce qui est un peu plus intéressant à ces derniers temps, c'est que
il y a eu la loi numérique qui contenait quelques clauses qui font que
on a commencé à considérer que cette logique là s'appliquait aussi aux algorithmes.
Et c'est intéressant, ça a rencontré aussi des préoccupations citoyennes
sur la difficulté d'exister dans un monde où on va être soumis à des décisions
qui se prennent de manière totalement opaque, par des algorithmes qu'on ne peut pas connaître.
Si on veut faire appel, par exemple, on dirait que c'est l'algorithme qui a décidé.
C'est compliqué quand on est citoyen d'entendre des choses comme ça.
Donc il y a des assauts, par exemple, qui réclamaient l'ouverture du code du trop fameux APB,
admissions post-bac, que les gamins ont connu.
Est-ce que c'est le fameux parcoursup ou ça autre chose ?
Voilà, l'APB, c'est le prédécesseur de parcoursup qui avait été pas mal décrié,
mais surtout il y a des associations qui réclamaient que le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche
ouvre le code source sur la base duquel étaient fait les attributions.
Du coup, ça a été tellement décrité.
Il y a eu la petite histoire assez drôle où en guise de code source, le ministère a livré sous une forme un peu bizarre.
D'ailleurs, c'était une impression papier rescanée sous la forme d'un PDF.
C'était pas très exploitable et c'était quelque chose comme de sans ligne de SQL.
Une grosse prog-stock, un truc un peu indigeste, pas hyper documenté, pas hyper parlant.
A l'époque, ça n'avait pas vraiment impressionné les gens qui connaissaient la technique.
En matière d'ouverture des algorithmes, on n'aurait pu faire mieux.
Et puis, comme tu sais, il a été décidé par la suite de fermer APB, de faire un truc qui allait être vachement mieux,
qui s'est appelé parcoursup.
Je te rassure, je n'ai pas trompé là-dedans de près ou de loin.
Bon, ça n'a pas une super réputation, mais peut-être que c'était la première année, ça a peut-être s'amélioré.
En tout cas, il y a eu un point quand même qui était intéressant,
c'est que grâce aux travails notamment des talabes, du bureau d'en face,
le code source a tout de suite été publié.
Ça, c'est quand même énorme parce que je n'avais pas réalisé.
J'avais juste suivi ça de loin.
J'avais lu les articles qui parlaient du code source, qui avaient lu, qui disaient « pas terrible, on peut mieux faire ».
Effectivement, j'avoue que j'ai ouvert le code rapidement, j'ai fait un échantillonnage, j'ai eu des frissons partout, j'ai vite refermé.
Mais finalement, la critique est facile.
Le geste qu'ils ont eu de dire « OK, on ouvre tout, je viens juste de prendre conscience », c'est juste énorme.
Et oui, ce qu'on peut espérer, c'est que le reste suive.
Il y avait eu avant aussi une autre ouverture symbolique qui était celle du code source des impôts.
Dans un langage maison qui n'était pas forcément très facile à suivre pour des développeurs comme toi et moi,
plus habitués à du Java, du Ruby ou des choses comme ça, mais c'était aussi une très grosse avancée.
Après, il y a ouverture et ouverture, c'est-à-dire que demander une fois de temps en temps le code source de quelque chose de très important
et avoir une vraie réponse officielle qui est une publication un peu solennelle à un moment dans le temps, c'est intéressant.
Mais ce qui va se passer, c'est qu'on va continuer à augmenter le niveau d'exigence.
Ce qu'on essaye de faire entre autres modestement avec Betagoove, c'est de montrer qu'on peut aussi être véritablement dans l'open source.
C'est-à-dire pas seulement la publication et la mise à disposition du code, mais aussi la transparence de tous les comites, finalement,
de partir d'une toute petite version initiale, un MVP, si tu veux, qui est plus ou moins tout pourri,
savoir qu'il a été exposé à quelques dizaines d'utilisateurs pas plus, et puis voir aussi comment au fil du temps,
il s'enrichit de contributions d'une poulre request à l'autre, voir l'architecture du code évolué,
par exemple, voir des choses comme la couverture des tests qui pourraient bouger, passer de 50% à 90%.
Je dis n'importe quoi, mais tout ça, c'est des choses qui peuvent renseigner,
non pas seulement sur les algorithmes, les calculs qui sont faits, mais aussi sur le process.
Ce que je trouve intéressant là-dedans, c'est...
Moi, je me souviens, à l'époque où je commençais à... je remontais assez loin,
mais j'avais commencé à rentrer dans l'agilité, et un ou deux ans plus tard,
j'avais eu une sorte de révélation quand on avait commencé à me parler d'open source.
Ce qu'on me disait, c'est des équipes distribuées, souvent qui ne sont pas des équipes très pléthoriques,
qui sont des équipes assez égalitaires, où ça marche beaucoup sur l'initiative individuelle,
qui partagent énormément de choses, qui travaillent beaucoup dans la transparence.
Et mais c'est marrant, vu de loin, méthodologiquement,
si tu ne veux pas sur le plan business-model ou philosophique,
l'open source, ça ressemble un petit peu à l'agilité, quoi.
Il y a des points communs, des points de convergence.
Voilà, je suis très content d'avoir enfin réunis les deux,
de travailler dans des environnements où on a toutes les pratiques agiles qui peuvent se déployer,
mais aussi où on fonctionne de manière complètement transparente.
Ce qui est intéressant, du point de vue de quelqu'un qui est extérieur,
c'est que ça te permet de voir le processus et pas seulement le résultat.
Oui, mais ça, je trouve ça juste dingue.
Je me dis, en termes d'implication citoyenne et de potentiel,
c'est excellent parce que ça veut dire qu'on donne vraiment de la visibilité sur quelque chose qui était opaque.
On donne vraiment la possibilité à chaque citoyen de contribuer.
Finalement, on nous met dans les mains la responsabilité.
C'est trop facile de me donner de juste critiquer, d'alliguer les ou quoi.
C'est, ok, prends-toi par la main et fais bouger les choses.
C'est une manière de faire bouger les choses,
et c'est peut-être une manière qui est plus de poids, même si c'est peut-être plus micro,
mais qui a au moins un impact réel et concret.
Absolument.
Je trouve ça assez dingue comme potentiel.
Et puis, si tu le prends aussi par l'autre angle,
c'est intéressant de se dire que ça donne une fenêtre dans ce que c'est que ce type de développement.
Là, on est en train d'expliquer que c'est des petites équipes très agiles,
avec des gens qui se revendient que peut-être artisans du logiciel et des choses comme ça.
On essaie de travailler avec ce type de profil.
Finalement, c'est aussi des gens qui n'ont pas peur de voir tout ce qu'ils font exposés sur la place publique,
y compris, est-ce que la qualité du code est au rendez-vous, est-ce que la mode de larité est bonne,
est-ce que c'est facile à installer, est-ce que tu peux télécharger de dépôt
et assez rapidement te retrouver en local avec une instance qui fonctionne, faire tourner les tests.
Ça, c'est des choses qui peuvent être assez intéressantes aussi, je trouve,
dire concrètement, un développement agile qui livre fréquemment,
qui essaie de maintenir un haut niveau de qualité, ça ressemble à ça.
Et c'est assez facile de venir et de voir comment ça se passe.
Excellent. Je te propose que ce soit le mot de la fin. Merci Laurent d'être venu.
Et bien merci à toi. Et une prochaine.
Si les auditeurs, si, quand t'as toi cher auditeur, si tu veux en savoir plus sur cette histoire d'open source de Betagoo et Compagnie,
je t'invite à venir sur github.com slash Betagoo,
où tu retrouveras tous les projets sur lesquels travaillent Laurent et son équipe.
Et quant à moi, je t'invite à rejoindre la communauté des artisans développeurs,
si ce n'est pas déjà fait, sur artisanddeveloppeur.fr pour partager la passion du code.
Je te dis à demain.
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