
A la recherche de David Livingstone
Durée: 16m39s
Date de sortie: 06/07/2021
durée : 00:16:39 - Les Odyssées - En 1871, Henry Stanley, grand reporter au Herald Tribune, s’est mis en tête de retrouver David Livingstone, le célèbre explorateur anglais dont on est sans nouvelles depuis deux ans. Livingstone est-il mort ? S’est-il perdu en partant à la recherche des sources du Nil ? C’est ce que nous allons découvrir.
Henri Morton Stanley à la barbe qui pique et les yeux serrés.
A même pas 30 ans, notre homme est le reporter vedette du grand journal américain, The New York Herald.
Le 18 octobre 1869, il a rendez-vous avec James Gordon Bennett, le directeur du journal.
Les deux hommes s'y rotent. À ton avis?
Mais oui! Un petit whisky!
Stanley, vous connaissez Livingstone?
Il lui demande Bennett en faisant rouler les glaçons dans son verre.
Le grand explorateur anglais?
Réponds le journaliste.
Le premier européen qui a traversé le continent africain d'Est en Ouest?
L'homme qui a découvert le fleuve Zambès et les chutes Victoria?
Oui, celui-là même. Cela fait deux ans qu'il a disparu.
En 1866, il est parti chercher les sources du fleuve Nile et depuis, plus aucune nouvelle.
Beaucoup pensent qu'il est mort, mais pas moi.
Vous voyez où je veux en venir mon petit Stanley?
Je vous envoie en Afrique.
Votre mission? Retrouver la trace du plus grand explorateur de notre époque.
Imaginez un peu le scoop si vous y arrivez. Le monde entier parlera de vous.
La célébreté? La gloire?
Oh oui! Stanley l'imagine très bien.
Entre nous, il ne rêve que de ça.
Il saurait. La fère est conclue.
Peut-être! Ha ha! Tu sais ce que ça veut dire?
C'est parti pour une nouvelle odyssée. Direction l'Afrique de l'Est.
Nous partons à la recherche du grand explorateur David Livingstone.
Avant de nous lancer, je dois te prévenir.
Stanley n'est pas ce qu'on pourrait appeler un chic type.
Ventard. Manteur. Violent.
Il n'a aucune limite. Et comme beaucoup d'ambulants de son époque,
il pense qu'il est fait pour dominer le monde.
Oh, c'est vraiment le pire des aventuriers, mais...
Pinaise, on est coincés! Stanley est notre seule chance de retrouver Livingstone.
Alors, qu'est-ce qu'on fait?
On y va?
On y va pas?
Allez, on y va.
Le 6 janvier 1871, Stanley arrive à Zanzibar,
un ensemble d'îles magnifiques, tout à l'Est, de l'Afrique de l'Est.
Pourquoi notre homme commence-t-il ces recherches dans ce coin?
Eh bien, c'est ici que vit le docteur John Kark,
un ami très proche de Livingstone.
Si quelqu'un a des renseignements amusant,
ce n'est pas le cas.
Bien vu, Stanley.
Les deux hommes se rencontrent dans un café, près du Grand Marché.
Bien. Je n'irai pas par quatre chemins.
Comment se Stanley?
Pensez-vous que Livingstone soit encore vivant?
Je l'espère.
Réponds le docteur Kark.
Je continue de lui envoyer de la nourriture et des vêtements
dans le village de Bagamaio, car c'est un endroit où passent souvent les explorateurs.
Mais entre nous, je doute fort qu'il soit toujours de notre monde.
En rentrant à son hôtel, Stanley remine.
La barbe! Tu parles d'une mission.
Un vieux squelette. Voilà ce que je vais trouver.
Tout doux, Stanley.
Tout doux.
Le docteur Kark t'a donné un très bon indice.
Bagamaio.
Le village se trouve sur la côte africaine, juste en face de Zanzibar.
Cela vous peut être le coup d'aller y jeter un aïe, non?
Stanley fait ses bagages, il prend le bateau et hop!
Il traverse la mer.
Arrivée à Bagamaio, masse, zut!
Aucune trace de l'explorateur.
Assez sous un papayet, le reporter.
Réfléchis.
La dernière fois qu'on a entendu parler de cette vieille branche de Livingstone,
il cherchait les sources du fleuve Nil.
Il s'est forcément aventuré dans les terres.
Vers l'intérieur, c'est par là qu'il faut chercher.
Avec un peu de chance, je croisais en chemin des gens qui l'ont rencontré.
Un blanc perdu dans la jungle, ça ne doit pas passer inaperçu.
D'indice en indice, j'arriverai jusqu'à lui.
Enfin, s'il est encore vivant.
Stanley s'apprête à traverser d'ouest en est,
le pays qu'on appelle aujourd'hui la Tanzanie.
A l'époque, il n'existe pas encore de cartes de la région.
Comment va-t-il faire pour retrouver son chemin?
Étrangement, cela n'inquiète pas notre reporter
qui ne doute pas un seul instant de la réussite de son projet.
À nous deux, cœur de l'Afrique!
Tu ne résisteras pas au grand Stanley!
Oh non, c'est pas vrai, est-ce qu'il est prétentieux?
Mais pour qui se prend-il?
Pour l'accompagner, Stanley, notre héros mégalo,
réunit une troupe de 100 personnes.
Parmi elles, 30 hommes seront armés et assureront la sécurité du gros.
Quant aux autres, ils porteront le matériel, ils seront guides ou cuisiniers.
Parce qu'ils sont tous noirs ou arabes, Stanley pense qu'ils sont à acquérir à lui.
Parce que lui est blanc, il les oblige à l'appeler maître.
Et le montage s'envole quand tout se vaut à pied,
complètement m'aboule ce Stanley, je te l'ai dit!
Le 21 mars 1871, la troupe prend la route.
À la tête de cet immense colandome qui le suive, le roi portait Reto Sanj!
Je suis un roi!
Non, mieux! Un empereur!
Ha ha ha ha ha!
Il a trop bu ou quoi?
C'est Mock Kigaru, l'un des guides.
Ouais, bref, il est temps de partir.
Dans quelques jours, ce sera la Masika.
La Masika? Oh non! C'est le nom de la terrible mousson de printemps!
Ce vent violent arrive de la mer en apportant une pluie de torrentiel!
Mais cela... Stanley l'ignore.
Pendant plusieurs jours, il suit un sentier de terre qui les amène jusqu'à la vallée du Kingani.
Au milieu de grandes montagnes blanches, cour d'une rivière transparente.
Stanley donne l'ordre de s'arrêter.
Tiens, j'irai bien chasser quelques antilopes.
À peine a-t-il sorti son fusil?
Qui le bondit de peur?
Dans son oré droit,
vient de raisonner le grognement d'un hippopotame!
Oui, bon. Tu parles d'un aventurier?
Remarque, oh oui, tant mieux pour les antilopes!
Stanley et sa troupe poursuivent leur chemin.
Ils vont de village en village en remontant vers le nord-ouest.
Ils traversent le pays des Amaro, puis ils longent les grandes steppes,
ou vivent les Maçaïs, un peuple de guerriers redoutables.
Sur la route, ils aperçoivent des lions, des léopards, des serbes,
et parfois des giraffes!
Enfin, le monde se remplit de silence.
Ils sont arrivés au porte du désert.
Stanley sort sa boussole.
Allez, ma vieille!
Lui dit-il, en l'embrassant.
Je compte sur toi, montre-nous le chemin!
Le soleil cogne, l'air est brûlant.
Mais il y a pire.
Ici vit une redoutable mouche qu'on appelle...
Cetsets!
Elle peut tuer en une seule piquure.
Enfin, c'est ce que Stanley entend du dit.
Le pauvre est en panique.
Il croit l'entendre voler un peu partout.
Il court à droite et à gauche, en faisant la moulinette avec ses bras.
C'est un spectacle, disons...
Oui...
Surprenant.
Les arbres sont de mousse.
Et les herbes si hautes qu'il faut les couper à la machette.
Au loin, ils entendent des éléphants.
Et au-dessus de leur tête, des singes et des oiseaux tropicaux.
Les arbres sont de mousse.
Les feuilles.
Les liales.
Les plantes.
Tout est vert.
D'un vert si intense que Stanley a l'impression d'avancer...
à l'intérieur...
d'une étrange émeraud.
Avant la tombée de la nuit, il s'arrête pour planter les tentes.
Stanley, sans quelques gouttes d'eau,
lui mouillait le sommet du crâne.
Tiens, mais pourquoi ça fait bloc bloc ?
Ce demande-t-il.
Malheureux, mais c'est la masica, la terrible mouchon de printemps !
Quelques secondes plus tard...
Ah ! Ça ne loupe pas !
La pliton part gros paquet, l'offraple sol en faisant tremblez la terre !
Impossible de continuer à avancer !
Que faire ?
Eh bien...
Pas grand chose. Il faut d'attendre.
Voilà-t-on.
Arrive la nuit, puis le jour.
L'expédition se transforme en cauchemar.
Il pleut des cordes chaque jour durant plusieurs heures.
La troupe patauge dans la boue, Stanley qui n'a pas l'habitude,
n'arrête pas de glisser.
La jungle est désormais si dense, si tout fut,
qu'on ne voit presque plus le soleil.
L'air est irrespirable, le sol rempli d'un secteur épignant !
Ah ! Satanais pays !
Maudit Livingstone, je te retrouverai !
Morts ou vivants, j'en rêve mon scoop !
L'usique se roule dans la boue,
en plurant et en suppliant le chien.
Ouh ! Mais où se cache ce modis explorateur ?
C'est d'hier, envoyez-moi un indice,
ou même un tout petit signe !
Ma parole, mais c'est les montagnes russes et les motions !
Dis donc, mais...
Il ne serait pas en train de durer et sévère notre reporter !
Quoi qu'il en soit, Stanley semble avoir été entendu.
Le 12 avril, nous en matagnons le village de Moussoudi
au bord de la rivière, où j'ai rendu gérer.
C'est là qu'il croise,
c'est l'îme Ben Rashid, le fameux chasseur de l'Ephan.
Livingstone ? Oui, bien sûr que je l'ai vu.
Il n'y a pas si longtemps.
Cette vieille canaille se dirigeait tout à l'ouest vers le lac Tanganyka.
Ouh ! Enfin une bonne nouvelle !
Bon, euh, le lac Tanganyka, c'est encore loin,
mais au moins, on sait que Livingstone est vivant !
Stanley et ses hommes se remettent en route.
Le 30 avril, les pluie-saises.
La Masika aura duré 39 jours.
Hélas, d'autres épreuves attendent notre petite troupe.
Les hommes sont épuisés, beaucoup sont malades.
Stanley, les menaces de son fusil, il les force à continuer !
Oh, le sale type !
Mais, juin, juillet, août, septembre,
les monstres sont en train de se battre.
Moi, je succède, et toujours aucune trace de l'explorateur.
Je te trouverai, je te trouverai, explorateur de malheur.
Murmure le reporter entre ses dents.
Donc, il l'a d'ailleurs pas lavé depuis, ouh là, ha ha, très, très longtemps.
Il retrouve le désert, puis la jungle.
Pour Stanley, c'est le pompon.
La barbe !
Je n'en peux plus, des fourmilières géantes, des insectes multicolores et des lianes qui pendouillent !
Où est-il ?
Ce lac Tanganyka !
On devrait plus être très loin, pourtant, en plus, il paraît qu'il est immense !
Manquerait plus qu'on le loupe !
Nous sommes au début du mois de novembre.
Stanley vient de planter sa tante, près d'une révière.
Un groupe de voyageurs se présente à lui.
Ils arrivent du village d'Oujiji, sur les rives du fameux Tanganyka.
Évidemment, le reporter s'empresse de leur poser des questions.
Et il fait bien !
Les informations qu'il obtient sont à ses oreilles, aussi douces que le miel.
Depuis trois semaines, un vieil homme blanc se repose au village.
Il est malade et porte des vêtements.
Ha ha, d'explorateur !
Sapristi, c'est lui, c'est Livingstone !
C'est Christian Les en sautant de joie !
Le lendemain, il part avant le lever du soleil.
En début d'après-midi, le reporter aperçoit une tâche, brillée entre les arbres.
Mais, qu'est-ce que c'est ?
Il s'approche, il cligne des yeux.
Oura ! Triple Oura !
C'est le lac Tanganyka, là-bas, dans le noix-teint !
Il petit sous le soleil !
Vite, plus une seconde à perdre ! Stanley met le turbo.
Son cœur tambourine dans sa poitrine.
Il a envie de crier, de se rouler par terre, de sauter d'arbres en arbres !
Le village de Gigi n'est plus très loin à quelques mètres.
Ça y est ! Stanley entre dans le village.
Soudain, au milieu d'une foule de villageois, il le voit.
Livingstone, le fameux explorateur !
Alors, lentement, très lentement, il marche jusqu'à lui et lance cette phrase qui restera jamais célèbre.
Dr Livingstone, je présume ?
Celui-là même.
Lui répond l'explorateur en soulevant sa casquette.
Livingstone a-t-il un jour retrouvé les fameux sources à du Flavnil ?
Que s'est-il passé ensuite ?
Les deux hommes ont-ils partagé en petits saucissons ?
Tout cela ?
Mais oui, tu le sais ! Je te le raconterai, dans une autre Odyssey.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
Le voyage qu'entreprend Stanley se déroule dans l'actuel Tanzanie.
C'est un pays absolument somptueux.
On y trouve l'une des plus belles montagnes du monde, le Kilimanjaro.
C'est le sommet le plus haut d'Afrique.
Il culmine à 5 895 mètres !
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
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