Bienvenue dans la série spéciale développeur en 2039.
Mon but est de te faire réfléchir à notre monde d'aujourd'hui en se projettant dans l'avenir.
Cette série comporte 20 épisodes que je t'invite à suivre dans l'ordre.
Prêt ? C'est parti !
Dans l'épisode d'hier, j'ai interviewé Christophe,
un développeur entrepreneur pour qui l'intelligence artificielle n'est pas si intelligente que ça.
Si mon côté technique est à priori d'accord avec lui,
je ne comprends pas le buzz que tout ça génère.
Certains grands dirigeants, comme Elon Musk,
mettent l'humanité en garde contre l'intelligence artificielle.
On voit maintenant des assistants qui réalisent de véritables prouesses,
et ils deviennent difficiles de faire la différence entre un vrai humain et une machine.
L'IA Watson devient meilleur qu'un humain pour diagnostiquer des cancers.
L'intelligence artificielle devient même capable de créer des œuvres d'art,
sans parler des deep fakes qui me font froid dans le dos.
Alors, j'avais besoin de savoir, gros bleuf ou réalité ?
Skynet, c'est pour quand ?
Bienvenue dans ce troisième épisode de la série développeur en 2039,
dans lequel j'aurai le plaisir de recevoir Thomas Gerbeau.
Il est data scientist et j'aime ces emails,
dans lesquels il se montre plutôt acide sur le buzz
et les dériges médiatiques liées à l'intelligence artificielle.
Je te propose d'écouter maintenant notre échange.
Aujourd'hui, je suis avec Thomas Gerbeau.
Thomas, bonjour.
Bonjour.
Comme c'est la première fois que tu passes sur le podcast,
est-ce que tu peux te présenter en une minute ?
En une minute.
Alors, je m'appelle donc Thomas Gerbeau.
Je suis data scientist depuis 5 ans.
J'ai travaillé dans une société que j'ai fondée qui s'appelle AlteGR,
AlteGR comme la touche sur le clavier.
J'ai une formation de physicien,
enfin d'ingénieur centraleien à la base,
et puis après, je suis passé à faire une petite thèse en physique
en fusion nucléaire à OCOA de KADH,
et c'est là où j'ai appris à traiter de la data dans tous les sens,
à gérer des données qui n'ont pas forcément de sens,
et à surtout me battre,
mute et jour contre le bruit et les problèmes de mesure.
Super intéressant, parce que j'avais...
On rend, ça nous donnera peut-être plusieurs sujets,
parce qu'aujourd'hui, le but de l'épisode,
c'était aussi de rentrer dans la série de 2039,
d'essayer de se projeter dans le futur de à quoi pour ressembler notre monde
le métier de développeur en 2039.
Et ton expertise sur l'intelligence artificielle me paraissait très intéressante,
mais si tu en as en plus sur les questions d'énergie,
je pense que ça peut être intéressant aussi.
Les deux sont peut-être corrélés, d'ailleurs.
C'est une des questions que je me pose,
est-ce qu'il y a dans un monde à ressources limitées, contraintes,
qu'elle est réellement son avenir, qu'est-ce qu'elle consomme réellement ?
Mais avant ça, à quel point est-ce qu'aujourd'hui, quand on nous parle de...
Tu vois, un Elon Musk nous parle de l'avenir potentiellement hyper dangereux
de l'intelligence artificielle ?
Est-ce qu'on essaie de nous faire peur,
ou est-ce qu'il y a une réelle possibilité
pour qu'un jour une intelligence forte émerge,
et qu'elle puisse même un jour dominer le monde ?
Ça, c'est le grand délire de tous ces gens qui s'inscrivent
dans une double démarche, à mon avis, une démarche de communication,
donc une démarche de communication qui est basée essentiellement
sur de la techno et sur une certaine idée du futur.
Donc tous ces gens, Musk en fait partie, mais nos amis de Google,
globalement, sont pas très loin, Brian Page,
ils sont pas très loin avec Kurzweil,
qu'ils ont embauché il y a quelques années.
Tous ces gens-là sont dans une vision du futur très spécial,
et on sait jamais trop bien, finalement,
ce qui relève de l'idéologie, de l'avis, de l'opinion,
c'est tout à fait acceptable,
et puis ce qui relève de la pure communication et du marketing.
On voit bien que tous ces grands groupes
ont fait une espèce d'opéa morale,
surtout ce qui est innovation,
en termes, disons que dans les médias,
on les entend beaucoup, beaucoup plus que les chercheurs
qui travaillent dans le domaine de l'IA,
de l'informatique, de la mathématique.
Et donc ce que dit Elon Musk,
à valeur de...
à valeur de... on va dire de parole d'évangile presque,
puisque Musk l'a dit, alors forcément c'est vrai,
parce qu'il n'a aucun sens.
Ce mec est probablement un peu taré,
et pas extrêmement mriant, ça c'est sûr et certain.
Il a gagné beaucoup d'argent,
je pense qu'il a un grain, mais il s'en sort très bien
et c'est absolument fou ce qu'il fait.
C'est-à-dire je vais aller concurrencer la NASA.
Intellectuellement, c'est quand même...
Ah je pense, à se dire tranquillement,
serein, au calme, je vais aller concurrencer la NASA.
Je veux dire, voilà, on est...
Parce que les Russes, ils me prennent pour des cons
à me vendre des requêtes trop chères,
je vais les faire moins.
Et puis en passant, je ne sais pas s'il l'a fait avant ou après,
j'avoue, je n'ai pas encore lu sa bio que ma femme ne conseille.
J'ai pas encore lu sa bio, mais avant ça, il a pris de front
aussi tout le marché de l'automobile.
En disant, les gars, franchement, vous ne y arrivez pas,
je vais vous montrer qu'avant, on fait une voiture super chère
qui marche très bien et fondamentalement,
enfin complètement électrique.
Donc voilà, ces gens ont une image de...
Il lui est essentiellement, mais ils ont une image de...
Gourou, un peu, de Gourou, Gourou entrepreneurial,
Gourou Market, Gourou Com,
et puis là, c'est intéressant parce que comme leur boîte
sont techno, par défaut, on les croit.
Et donc ce que raconte Musk...
Oui, ils sont complètement légitimes.
Ils sont crus en tout cas.
Donc ce que raconte Musk est pris pour argent content.
Ce que raconte Kurzweil, qui est un profil,
qui a un petit génie aussi,
comment qu'était ingénie en tout cas,
avec un profil assez atypique qui travaillait chez Google Research,
je crois, il me semble qu'il y a des affaires scientifiques de Google.
Ces gens-là, on les croit par principe.
Alors qu'ils parlent de domaine qui ne maîtrise pas forcément,
je veux dire, Musk, fondamentalement,
Musk, il n'a pas de formation en IA,
je ne suis même pas sûr qu'il s'achete les.
Bon, ça, c'est un peu gratuit,
mais je ne sais pas très bien en fait ce qu'il a,
mais ce n'est pas parce que Elon Musk le dit que c'est vrai,
ce n'est pas parce que Kurzweil,
qui est quand même connu pour avoir des positions assez tranchées,
voire complètement absurde dans ce domaine-là,
il ne faut pas forcément les croire.
Alors ils ont réussi.
OK, donc ce que tu nous dis, c'est que finalement,
il y a toute une partie qui tient de l'idéologie, de la com, très bien.
Toi, de ton expérience du terrain,
de ce que tu vois d'une certaine réalité,
comment as-tu que tu vois les choses ?
Toi, c'est quoi ta perception par rapport à l'IA,
les progrès, les marges de manœuvre qu'elle peut faire ?
Jusqu'où tu arrives à imaginer l'évolution de l'intelligence artificielle ?
Ah, juste faire une réponse d'anciens chercheurs,
faut toujours regarder le passé, en fait.
Faut toujours voir d'où on vient.
Alors l'IA, ça vient, ça a commencé dans les années 55-56.
Oui, ces années-là, oui, bien sûr.
Ça vient de zéro, en fait, quasiment.
Et les progrès sont absolument fous.
Les progrès ont été extrêmement, extrêmement rapides.
Surtout ces dernières années où on a accès à des parcs de machines,
à la demande, à la volée,
on a des capacités de calcul monstrueuses.
Il y a eu deux choses.
Il y a eu déjà le...
Ah, j'ai pensé que c'est concomitant,
mais il y a eu un renouveau, un regain de perte,
surtout ce qui se passe autour des réseaux de neurones.
Donc, des années 90, début des années 2000,
avec l'équipe de Lecain,
Yochab and Nigo, enfin, vérifier les noms,
mais il y a trois bonhommes qui ont vraiment relancé le domaine.
Et donc, c'est pas assez sympathique d'un point de vue théorique et mathématique dessus.
Et coupler à ça, si on couple à ça l'arrivée
d'une capacité d'acquisition de données phénoménales,
et puis d'émuissance et de calcul aussi,
accessible sans trop de problèmes,
du coup, on mélange les trois ensemble,
donc capacité d'acquisition de données, de stockage,
et puis des modèles plus intéressants et plus performants.
On a l'explosion des réseaux de neurones profonds
qui a complètement révolutionné,
qui a relancé complètement le domaine,
et surtout dans les applications, on va dire, pour le grand public.
Donc, ce que tu dis, c'est que partant de zéro,
c'est pas très compliqué d'avoir des croissances explosives.
Mais qu'est-ce qu'il en est maintenant ?
Est-ce qu'on peut imaginer qu'on est qu'au début de l'exponentiel
où on va atteindre un pic ?
Comment tu vois ?
Est-ce que d'ici 20 ans, tu crois qu'on aura une intelligence forte ?
Alors, faudra définir l'intelligence forte,
l'intelligence forte est l'intelligence générale,
c'est-à-dire que là, actuellement, on a beaucoup d'intelligence artificielle faible.
Faible dans le sens qu'elles sont très, très, très bonnes sur un domaine.
Une intelligence deep, alfagol,
le gros programme de DeepMind
qui a réussi à battre et d'abord à battre et après exploser
les meilleurs joueurs humains au go, de se faire que du go.
On peut la reprogrammer, on peut se resservir des éléments
et repartir sur de l'apprentissage pour jouer à StarCraft 2, par contre,
pour jouer aux échecs.
Mais fondamentalement, c'est des machines et des systèmes
qui sont entraînés à résoudre un problème très, très bien.
Donc, ils sont extrêmement rapides et complètement cons.
Ça, c'est une bonne définition de l'informatique.
Il y a zéro intelligence à l'air alfago.
Qu'en fait, c'est ça qui est en train de nous dire ?
Bah, sinon, il y a une intelligence très, très, très spécifique
pour résoudre un problème très, très, très spécifique.
Le go est un problème complexe.
Mais cette machine-là, si on prend le quai d'alfago,
on la met comme ça, on la prend, elle est entraînée sur alfago,
on l'a mis, on lui demande de résoudre un problème de chargement de bateau assez complexe.
Elle va même pas comprendre le problème.
Donc, on est sur des intelligences qui travaillent essentiellement en silo
et puis en profondeur, les intelligences,
des programmes intelligents, c'est-à-dire pas trop cons,
extrêmement rapides, ultra spécifiques,
qui travaillent sur de la profondeur sur un problème.
Le but de la recherche en informatique,
peut-être même le graal de la recherche,
serait de réussir à créer une intelligence qui est cette capacité de profondeur
et en plus, qui soit horizontale,
c'est-à-dire qui puisse traiter différents types de problèmes.
Ça, ça fait beaucoup rêver les gens de la science-fiction,
évidemment, ça reste d'ailleurs de la science-fiction.
Je crois pas qu'il y ait de pistes qui soient là-dessus
sur l'intelligence forte ou l'intelligence générale.
À dire qu'aujourd'hui, on est pas en train de chercher ça activement, tu crois ?
Bah c'est qu'on sait pas faire.
Mais on n'a même pas les bases théoriques pour essayer, quoi ?
Bah, de ce que je lis et de ce que j'écoute
et de ce que je vois de la beaux de recherche en IA,
non, non.
Mais les gens qui connaissent à peu près le domaine,
c'est quand même assez rare aussi,
trouver des gens qui connaissent à peu près le domaine rigole.
Donc les réseaux de neurones profonds,
on est d'accord que ça marche super bien.
On sait faire des choses très spécifiques,
mais de l'intelligence générale, c'est complètement hors d'accès.
Il y a des efforts. Il y a des efforts.
Il y a le Human Brain Project
et puis un autre projet américain du même style
qui s'est lancé il y a quelques années
et qui a essayé de modéliser un cerveau entier
en partant des neurones.
Bon, ils avaient des ambitions extrêmement optimistes et très, très, très large.
Globalement, ça a plutôt fait flop.
Et on ne comprend pas au final comment ça marche.
On ne sait pas comment faire.
Oui, c'est dubitatif.
Du coup, en fait, ce que je ne comprends pas,
parce que moi, ce que je trouve impressionnant
de mon œil vraiment néophyte sur ces sujets-là,
c'est que quand j'écoute l'assistant personnel de Google
qui prend des rendez-vous
avec cette démo qui a un peu frisé la chronique
et qui a pas mal circulé,
je ne sais pas si tu l'as vu,
ils font une démo ou une démo.
Plutôt des enregistrements,
j'imagine d'expérimentation qui ont bien fonctionné.
Donc, c'est un léger biais dans l'histoire.
En tout cas, quand tu entends,
c'est ce robot prendre le rendez-vous.
Moi, ce qui m'a frappé,
c'est même pas qu'il comprenne ce que le disait l'autre.
Ce qui m'a le plus, le moment où j'ai été scotché,
c'est le moment où tu avais le robot qui
qui générait des onomatopées.
Tu vois, des acquiescements, des...
Ah oui, des...
Tu vois, tout ce petit truc qui donne l'impression,
et moi, c'est quelque chose qui m'a marqué,
j'avais vraiment l'impression qu'il y a
comprenait la conversation qui était en train de se jouer.
Et du coup, tu te dis, mais si elle comprend,
c'est quand même le cœur de l'esprit humain
que de savoir communiquer et se comprendre, en fait.
Alors, est-ce que tu es en train d'avoir une illusion de compréhension ?
En gros, cet album, tu lui demandes de
commander des courses par Internet,
elle est foutue parce qu'en fait,
elle sait que comprendre des questions d'agenda
ou qu'il y a un truc qui se passe quand même, en fait.
C'est super intéressant.
Ça, finalement, on entraîne des machines
qui donnent l'impression qu'elles comprennent.
Je suis pas en train de dire que c'est simple,
c'est extrêmement compliqué.
Donc la machine, en supposant que la vidéo
soit vraie, on ne peut pas surdure du principe qu'elle est vraie,
la machine donne l'impression et comme elle acquiesce,
elle reprend des petits mots,
on a l'impression que vraiment, elle te suit.
Donc ça, c'est de l'apprentissage,
elle ne comprend pas ce qui se passe.
On ne comprend pas ce qui se passe, en fait.
On arrive à traduire, on arrive à...
Les machines arrivent à transformer un son en texte à peu près.
Elles arrivent à analyser la structure du texte,
ce qui est syntaxe, ce qui est de la règle de grammaire,
positionnement des mots, mais par contre, la sémantique,
le sens qui est derrière, ça reste encore inaccessible.
Donc je vais donc de se voir, Cyril ne te comprend pas.
Par contre, on est dans un cas d'intelligence artificielle faible
qui sait très, très bien résoudre un problème très précis.
Donc ils ont probablement entraîné sur pas mal de cas,
donc pas mal dans la bouche d'un dev qui vaut normalement
l'IA et STAT, c'est des millions.
Et ils ont entraîné à reproduire des cas.
C'est extrêmement compliqué à faire, c'est une très belle performance.
Par contre, tu ne pourras pas avoir une discussion avec elle.
Au long de ça, elle ne comprendra pas grand chose
et si tu lui fais des blagues, potentiellement,
elle ne comprendra pas.
Excellent. Donc en fait, on entraîne ces machines
à donner l'impression qu'elles comprennent,
mais en fait, elles ne comprennent pas quoi.
Disons, est-ce que tu as un chat chez toi ?
Tu enchattes à l'impression qu'ils te comprendent des fois ou ton chien.
Tu vois, tu as l'impression qu'ils te comprendent.
Fondamentalement, on n'en sait rien.
On part du principe qu'on les aime bien, que c'est des bêtes à poils
et que du coup, elles ne comprennent.
Mais finalement, on n'en sait rien.
Ce qui est important, c'est qu'on a l'impression qu'elles ne comprennent.
Et déjà, ça, c'est bien.
Là, tu viens sur un terrain qui est hyper intéressant.
Moi, personnellement,
il y a des moments où je suis convaincu qu'on communique
et qu'on se comprend avec le chien.
Je ne sais pas, là-dessus, mais ça marche avec certains petits détrements.
Là, tu as l'impression de qu'ils te comprennent, mais en fait, non.
C'est plus qu'une impression.
Tu vois, quand tu as appris à établir une communication par le dressage,
par exemple, il est clairement à être comprend.
A l'inverse, il s'est exprimé des choses que tu peux comprendre.
Mais là, on est avec un animal qui ne s'est pas parlé, mais qui s'est communiqué.
On sait même maintenant que les arbres communiquent.
Donc, tu vois, on est dans quelque chose où le paraître,
comme la science n'a pas encore tout compris,
notamment dans la communication, animal.
Je pense qu'à 40 ans, tu disais que les arbres communiqués,
tu serais passé pour un fou.
Aujourd'hui, on te prend toujours pour un fou,
mais il y en a un qui a réussi à le prouver.
Tu vois, donc ça, ça change un peu le game.
Donc justement, il y a ce côté vivant
dans lequel la science ne maîtrise pas tout.
Et du coup, comme on reproduit un espèce de côté vivant,
ça donne l'impression de créer quelque chose de vivant.
Et sinon, en fait,
c'est juste un truc qui a été adressé à faire une chose
et qui s'est bien le faire.
C'est ça, ça revient sur le test de Turing initial,
qui avait été pensé avant les ordinateurs,
avant qu'il soit là, et donc évidemment,
avoir le lancement de réels de l'IA et le test de Turing.
Finalement, c'est quoi ?
C'est réussir à trouver un programme qui se fait passer
pour un être humain,
ou plutôt dit autrement qu'un être humain derrière un clavier
ou derrière son terminal n'arrivera pas à dire
si il communique avec une machine ou avec un humain.
Donc, finalement, on est toujours sur une sorte de test de Turing
amélioré, revisité, revue, mais ça reste ça.
Ce qui n'empêche que c'est des outils fantastiques.
J'ai un discours super négatif.
Ce n'est pas négatif.
Ce que je trouve intéressant,
c'est un peu l'objet d'aller creuser sur ce sujet-là.
C'est à quel point on nous vend du rêve,
ou à quel point on se sert ces choses-là
pour nous faire peur avec d'autres intentions derrière.
Et à quel point c'est réel ?
Moi, ce que j'entends, ce que tu dis,
c'est qu'en fait,
il y a beaucoup de fantasmes autour de ça.
Donc, on est plus dans le récit,
dans la projection d'un monde
et dans le récit de quelque chose
qui intéresse ceux qui le racontent,
avec une morale, une vertu,
mais qu'on n'est pas du tout dans le fait scientifique.
C'est là que ça devient intéressant.
Ça ne veut pas dire que d'ici 20 ans,
on n'aura pas trouvé quelque chose.
Ça veut dire qu'aujourd'hui,
on n'a rien des prémices, voire au contraire,
ceux qui ont essayé sont plutôt lamentablement plantés.
On n'a rien des prémices d'une intelligence forte.
Non, je pense qu'on n'a pas grand-chose.
Quand on écoute les gens qui ne sont pas dans la com,
écoute, tu as dit par exemple,
ou écoute les intervues de Luc Julia,
qui est un des créateurs de Syrie,
entre autres, et qui bosse maintenant chez Samsung,
il explique que l'intelligence artificielle,
en fait, c'est plutôt de l'intelligence augmentée
et que le but, c'est de créer des outils
qui nous facilitent la vie,
pour le dire assez rapidement ce qui est important,
c'est l'usage.
Donc, on est à fond là-dedans.
Et ça, c'est très, très bien.
Mais, Syrine, comprend pas ce que tu dis.
Google Home ne comprend pas ce que tu dis.
Il est même pas capable de faire semblant de comprendre.
Il fait une affaire du siècle en l'embauchant,
parce que vraiment de toutes les IA,
Syrie est peut-être la plus pourrie.
C'est assez intéressant.
Et à côté de ça,
donc là, il faut savoir que derrière,
on est sur des enjeux de communication,
de marketing et donc de gros sous,
et que derrière,
se développe une nouvelle classe d'esclaves,
d'esclaves qui sont dans le travail,
et de traduire finalement ce qu'on dit pour des machines,
de faire des questions.
Voilà, on lance sur un autre sujet,
on a tout le temps.
On conclut là les pilotes,
mais ça me donne envie de creuser.
Je te remercie Thomas de ta participation aujourd'hui.
Merci beaucoup Benoit, avec plaisir.
Il y a des deux pires qui veulent en savoir un petit peu plus.
Ils peuvent venir où regarder le travail que tu fais ?
Ah oui, c'est vrai.
J'ai deux sites.
Un que s'appelle OceanData.io,
OceanData.io,
et puis un autre s'appelle halt.alt-sire-gr.tec.
Toutes les portes d'entrée sont sur mon LinkedIn
ou sur mon Twitter.
On mettra dans la description de la vidéo.
Merci Thomas.
Merci beaucoup Benoit, merci.
Bon ben voilà, c'est du gros bluff.
SkyNet ou la Matrice,
c'est pas pour tout de suite.
Et si on dit que ce sera dans longtemps,
genre plus d'un siècle,
c'est synonyme de jamais,
étant donné les défis qui attendent l'humanité
dans les décennies à venir.
Genre on revient pas.
On nous rabat les oreilles à longueur de journée
pour du vent.
Bon, je sais que Thomas est un gars piquant
qui aime bien prendre le contropied.
Il est très critique vis-à-vis de son métier
et des prémonitions
de certains confrères qu'il considère comme du fantasme.
Ce décalage entre le discours technique
et la narration qu'on nous fait de l'avenir
est tellement grand
que j'avais envie de demander la vie
d'un autre data-scientiste.
Cette invitée,
ce sera Olivier Philippe.
Et tu sais quoi ?
Son avis risque de te surprendre.
Alors, si tu as envie de le connaître,
reviens demain.
Et en attendant,
si tu veux rejoindre la communauté des artisans développeurs,
viens sur artisandeveloppeur.fr.
Je te laisse maintenant avec l'épisode 3 de la fiction,
développeur en 2039,
et je te dis à demain.
Bonjour Alexa.
T'as oublié le café ?
Ça sent pas le café ?
Bonjour Lucie.
Non, vous n'avez plus le droit au café.
Votre bébé un jour est quatre heures.
Il mesure moins d'un millimètre.
Félicitations pour votre grossesse.
Comment ça ?
Enceinte ?
C'est une blague, Alexa ?
Non, votre température corporelle a augmenté de 0,2 degrés.
Bross Adam a indiqué une variation du pH de votre bouche.
Toilette a détecté des bétages CG dans vos urines.
Smartphone m'a également prévenu
d'une hausse du rythme cardiaque.
Tout indique que vous êtes enceinte.
En vertu de la loi de protection des gestatrices,
vous êtes en congé maternité depuis maintenant.
Vos rendez-vous de suivi sont déjà pris
et votre employer prévenu.
Retournez-vous coucher en attendant la visite de 14 heures
dans le service de biovégilance.
Une ambulance viendra vous chercher.
Bonne journée.
Ouah, enceinte, une deuxième fois ?
C'est si rare aujourd'hui, j'ai du mal à y croire.
J'en connais un qui va faire une drôle de tête.
Je l'appelle tout de suite.
J'espère que son rendez-vous n'a pas encore commencé.
Allô ?