Bienvenue dans la série spéciale développeur en 2039.
Mon but est de te faire réfléchir à notre monde d'aujourd'hui en se projettant dans l'avenir.
Cette série comporte 20 épisodes que je t'invite à suivre dans l'ordre.
Prêt ? C'est parti !
Dans l'épisode d'hier avec Olivier Philippe, on a vu que LIA consommait pas mal d'énergie en apprentissage,
mais finalement assez peu en fonctionnement.
Donc on pourrait très bien avoir des IA qui tournent même en cas de limitation d'énergie.
Mais quel serait l'impact sur le métier de développeur ?
Je sais que Jean-Baptiste pose aussi des questions sur l'avenir et sur notre métier.
Du coup, j'avais envie d'échanger avec lui sur cette question.
Quel serait l'impact d'une rare effaction des ressources ?
Qu'est-ce qui changerait dans notre manière de coder ?
Bienvenue dans l'épisode 6 de la série développeur en 2039.
Je te propose d'écouter maintenant mon échange avec Jean-Baptiste.
Aujourd'hui, je suis avec Jean-Baptiste Dussault.
Jean-Baptiste, bonjour.
Bonjour.
Je te propose qu'on se projette en 2039.
Alors on va imaginer que l'humanité a encore survécu.
Il y a encore des humains et suffisamment pour que notre métier ait un sens.
Et je voulais te proposer qu'on se projette dans cet avenir,
ou je pense que malgré tout, tu me diras si t'es OK avec moi.
De toute façon, quoi qu'il arrive, on va vers une rare effaction des ressources.
Je disais encore un article qui nous expliquait que les terres rares allaient,
elles aussi, un jour, en tout cas, soit ça a devenir inaccessible,
soit en tout cas se raréfier.
On peut parler de l'énergie qui va forcément vers une forme de rare effaction.
À quoi pourrait ressembler notre métier ?
En tout cas, qu'un impact ça aurait dans notre métier
si on était dans ce contexte un petit peu de pénurie ?
Bien, on va dire déjà effectivement, c'est une grosse hypothèse.
On va partager le principe que l'humanité a encore maintenu une civilisation d'ici 20 ans.
On va dire oui.
Je sais pas par où commencer, en fait, parce que tu poses une énorme question.
C'est vrai que la première chose qui vient à l'esprit,
c'est quoi là ? Juste pour refaire le contexte,
elle était rare effectivement, on a l'impression,
ce n'est pas pour rien qu'elle s'appelle rare.
Et j'avais lu justement un article puisque tu en parles,
qui disais que par exemple, je ne sais plus de quoi c'est,
mais pour que nos écrans puissent être tactiles, en fait.
On a besoin d'une matière bien particulière
qui fait que le courant va passer quand on va mettre notre doigt sur l'écran.
Et ça a priori, en moins de 10 ans, on n'a plus.
C'est déjà une belle question.
C'est-à-dire, dans 10 ans, il faut dire au revoir,
il faudrait qu'il y ait des nouveaux iPhones et des nouveaux devices tactiles.
On peut se poser la question,
donc on se satisfait qu'on veut équiper toutes les bolangements de France
avec des écrans tactiles.
Mais du coup, cette...
Parce que les critères écologiques ne rendent pas
dans les critères de conception de ces solutions, tout simplement ?
Oui, très clairement.
Mais c'est juste qu'étant donné qu'on est équipé de toute cette connaissance,
et puis surtout que ça paraît évident,
notre Terre, on n'apporte pas de nouvelles matières tous les jours.
Donc ça paraît évident que quand on convertit des matières premières en déchets,
parce que c'est extrêmement difficile de recycler correctement ces appareils-là,
ça paraît évident qu'il y aura une fin, en fait.
Et on a les modèles.
Oui, et puis en dehors de...
Enfin, même le recyclage, il faut pas oublier que le recyclage
consomme une quantité d'énergie tout à fait non négligeable.
Donc on fait encore la hypothèse qu'on a à nouveau une source d'énergie
presque illimité, comme on dit le cas aujourd'hui.
Donc faisons quand même l'hypothèse que, imaginons,
qu'il en reste encore un peu, mais vraiment pas beaucoup.
Ça vaut une fortune.
C'est-à-dire que ton téléphone, ton iPhone, il ne vaut plus 1000 balles,
il vaut 20 000 euros, en fait, parce que les terrains ou les composants
qui sont en intérieur, l'énergie qu'il a fallu pour le construire,
fait que ça coûte extrêmement cher.
Car l'impact, ça pourrait avoir sur notre métier.
Tu changerais quoi, toi, dans ta manière de réfléchir ?
Bon, déjà, effectivement, ça paraît un peu naïf,
mais c'est un peu ce que je disais dernière fois,
c'est que finalement, ça revient à se poser la question de...
Alors mieux coder, ce n'est pas le mot, en fait, parce que c'est un jeu de valeur,
mais comment essayer de faire plus avec moi ?
Toujours cette vieille comparaison qui est souvent utilisée,
que finalement, avec une fraction de ce qu'il y a dans un iPhone,
on a réussi à envoyer des hommes sur la lune.
Donc c'est un peu la réponse naïf,
mais peut-être que ça forcerait à travailler sous contraintes,
en manière générale.
Là, on parle de contraintes énergétiques,
il m'a fait la première, mais...
Finalement, quand on travaille sur contraintes,
ça oblige à être un peu imaginatif,
si je veux faire un génieux, voilà, effectivement.
Y'a un gars qui a inventé le concept d'innovation frugal,
par exemple, sur cette idée-là,
mais sans chercher quelque chose aussi extrême.
Par exemple, quand je bosse encore massivement
avec des startups qui n'étaient pas forcément toutes excessivement financées,
il y avait toujours cette idée de,
oui, effectivement, si vous avez un mignon sur la table,
vous pourriez faire des choses, tout ce que vous avez en tête,
mais là, vous avez que la bourse BPI avec 30 000 euros.
Qu'est-ce que vous pouvez inventer avec juste 30 000 euros ?
Et ça, j'ai l'impression, soit que ce ne serait pas une mauvaise chose,
un point de vue juste de notre métier,
parce que moi, je prends plaisir à essayer, justement,
d'inventer des solutions qui jouent plus avec moi.
Ça avait parti de mon petit plaisir de développeur, de dire,
ou j'ai réussi à faire entrer ça dans une boîte un peu plus petite
que ce que j'avais envisagé.
Et d'un point de vue du pourquoi de notre métier.
Je trouve ça assez intéressant,
parce que finalement, s'il est contraint de son limiter,
ça va peut-être forcer à se poser la question de,
qu'est-ce qui est vraiment utile à être développé ?
Est-ce que c'était bien l'application pour mettre des filtres sur un châton
et le faire danser ou chanter au son d'une musique
qu'on aurait téléchargé ?
Ça a vraiment le moindre intérêt, en fait.
Est-ce qu'on a vraiment intérêt à dépenser autant d'énergie de matière
pour faire ça ?
Et donc peut-être que ça forcera à se dire,
je ne peux pas faire du French Tech bashing ou du startup nation bashing,
mais vraiment de se reposer la question,
mais quel est l'intérêt de ce qu'on fait ?
Vraiment, fondamentalement.
Est-ce que je ne devrais pas coder pour quelque chose qui a un peu plus de sens,
un peu plus de valeur ?
Alors ça, c'est une question qui me tient particulièrement à cœur aujourd'hui,
je t'avoue, parce que finalement, tu dis,
est-ce que ça fait vraiment du sens d'avoir des applications de châts ?
Ben oui, s'il y a un circuit économique pour ça
et qu'il y a des gens qui l'utilisent et que de toute façon,
je veux dire même le circuit de financement des startups existent,
donc il faut financer des startups.
Donc j'ai envie de dire que ça existe.
Tout ça, moi, la question que j'ai envie de me poser,
c'est est-ce que c'est ça que j'ai envie de faire ?
Quelle responsabilité on joue en fait en tant que développeur
à venir cautionner ces projets qui sont tout à fait questionnables
et puis à un moment donné, quels sont les critères, en fait,
de quels sont les critères de ce qu'on considérera
comme étant un projet utile ou pas,
qui vaut le coup d'y mettre toute cette énergie ou pas ?
Est-ce que ce n'est pas des questions très personnelles, finalement ?
Je ne sais pas, et non, parce qu'il y a un côté très personnel,
chacun de choisir où est-ce qu'il a envie de mettre ses deux pieds.
Ça, c'est évident.
Ensuite, il n'y a qu'à me déjeuner d'influence,
c'est des jeux systémiques, je ne sais pas comment le dire, en fait.
Effectivement, si on est très, on va dire, juste vision marché de la chose,
on dit, on va là où l'argent est injecté
et c'est pas notre qui choisit, finalement, c'est l'investissement.
La main invisible.
La main invisible, la fameuse, tellement invisible
que Adam Smith lui-même ne la citait que deux fois dans tous ses ouvrages.
Voilà, ça, c'était le troll pour tous ceux qui citent la main invisible,
en disant, c'est une avance de la main Smith.
Mais comment tourner ça, on va dire ?
On a...
Enfin, effectivement, en tant que développeur,
comme on code le monde de demain,
je pense que c'est assez délicat de dire qu'on n'a pas notre, on va dire,
parfois assez flagrant, d'alfois, ça l'est moins.
Il y a le cas classique, on va dire, bien sûr,
de intelligence artificielle que je dis entre guillemets,
parce que le machine-lauréne n'en est pas vraiment,
mais qui vont quand on est à l'registrer nos propres billets,
et les automatiser.
Donc ça, de base, on a un impact
au quotidien sur le boss là-dedans, en fait,
de dire comment je fais pour ne pas intégrer
mes propres billets dans ce genre de modèle.
Et ensuite, d'un point de vue plus...
Métat, on va dire, comment moi, personnellement, je jugerai les choses.
Il y a un bouquin qui est sorti il y a pas longtemps qui s'appelle
le capitaliste de surveillance,
qui est un très, très bon bouquin du moteur,
on va dire, et là, j'oublie son nom plus ça,
tu me poses la question à chaud.
Mais qui essaie d'analyser
qu'est-ce que c'est la mutation du capitalisme
au XXIème et au XXIème siècle, justement.
Si on prend l'histoire du capitalisme
comme une histoire de l'appropriation
d'éléments, de denrées qui d'avant étaient publiques
et accessibles à tous,
et que quelqu'un se l'appropriant disant,
maintenant, ceci est à moi et je le revends.
Par exemple, c'est maintenant ce qu'a fait Christophe Colomb,
on est arrivant aux Amériques,
il a dit, bien, ceci est à moi.
Que fait Danone tous les jours
en compendiant les affraétiques ?
Exactement, ce que fait Danone tous les jours
en compendiant les affraétiques,
c'est ce qu'on fait l'émergence
des grands groupes prétroliers au XXIème siècle.
C'est avant cette idée,
une ressource qui était libre et gratuite
devient maintenant appropriée et privée.
Facebook, Google, en fait,
sont effectivement une nouvelle ère
du capitalisme dans le sens
où maintenant, c'est le capitalisme de la connaissance,
c'est-à-dire que la nouvelle,
le nouveau territoire qu'il faut maintenant conquérir,
c'est cette nouvelle source de données,
de choses qui avant étaient gratuites et publiques,
qui maintenant, il faut réussir à monétiser,
c'est vraiment l'espace des données,
de personnel, de la surveillance.
Et là, pour le coup,
je vous que quand j'ai lu le bouquin,
ça m'a forcé avant de poser beaucoup de questions
sur vraiment, est-on donné que le capitalisme,
alors désolé, ça paraît très politique,
mais on peut dire ça clairement
que la pression extra du pétrole
a mis la planète dans une situation délicate,
est-ce que vraiment, on est prêt à acter
qu'il n'y a pas de soucis ?
On va passer tout de suite à l'étape suivante.
Et l'étape suivante étant l'appropriation
de nos données personnelles et notre vie, en fait.
Donc moi, je mettrai un peu mon drapeau ici,
on va dire clairement,
et j'en reviens que d'autres gens fassent pression.
Ouais, le truc, c'est qu'on fait quoi ?
Tu vois, on regarde aujourd'hui,
on bosse tous les deux dans nos métiers
où on fait des choses qui consomment beaucoup d'énergie.
Il y a des jours où je me demande
si toute cette énergie est bien utilisée.
J'imagine que les gens qui travaillent chez Google
sont plutôt fiers d'y bosser
et si c'était un job qui me plaisait,
je pense que je serais fier d'y être.
Et en même temps, c'est difficile de leur...
À quel point est-ce qu'on peut leur jeter la pierre ?
Tu vois, c'est la question que je me pose individuellement.
Où est-ce qu'on met notre ligne d'éthique ?
Est-ce qu'un jour, en gros,
est-ce qu'un jour, ma fille viendra me reprocher ou pas ?
Ce que j'ai fait, tu vois.
C'est probable, les enfants, on reproche toujours des choses,
en fait.
Là, ce qui est intéressant sur leur main Google,
c'est qu'on...
Décidément, je suis très beau jour aujourd'hui
pour retrouver mes sources, je n'en ai pas l'excuse.
Mais une personne assez influente chez Google,
qui était justement, qui était là depuis dix ans d'années,
qui avait vachement bossé sur le côté, justement,
machine learning de Google,
a fini par démissionner pour aller dans sa fondation,
justement, qui est censée surveiller ce genre de choses.
Elle disait quelque chose d'intéressant en ce moment,
via le départ, qui était,
ce qu'il a plus part des Google...
Des gens travaillant chez Google étaient au courant de ceux,
pourquoi ils bosseraient,
probablement qui démissionneraient, en fait.
Mais que c'est la division du travail, pour revenir à ça,
qui permet, en tant qu'être humain et unique,
en fait, de dire, ah, mais moi, en fait, ce que je fais,
c'est...
C'est pas ça qui génère le problème, en fait.
Et donc, du coup, je ne le rends pas bien sûr,
parce qu'on se rend compte que c'est stratégique,
c'est une décision plus ou moins consciente
d'une entreprise de fouligrèques,
de réussir à découper le travail de sorte
que ses employés n'aient pas du tout l'impression
d'être en train de faire un truc de gueule à ça.
Dit autrement, si je bossais sur un système de visée laser,
pourquoi pas, je pourrais dire,
mais c'est génial, ce que je fais,
c'est un système de visée laser.
Maintenant, si je prends un système de visée laser, en fait,
en fait, embarquer dans des missiles,
ah, peut-être, comment ça est attiqué.
Mais si je ne suis jamais au courant
comme un système sera ça,
bah voilà, super, j'ai réussi à...
à, en train de dire...
Tu crois vraiment que les gars chez Google
ne sont pas conscients de l'impact qu'ils ont
et de tout ce qui se passe ?
A priori, vu ce qu'elle disait,
c'est que vu la taille de Google,
c'est difficile de réussir à la fin de compte,
quel est l'impact de ce qu'on fait
dans un projet de visée laser
au fin et au fond de chez Google.
Mais à priori, elle disait aussi que ça se voit de plus en plus,
c'est le plus en plus délicat de penser
que ce qu'on fait est vraiment là pour le bien de l'humanité.
Ouais, c'est qu'ils n'ont pas envie de voir.
Il y a un côté aussi de confort,
c'est ça que je n'enregistrerai jamais la pierre.
C'est pour ça que moi, je m'intéresse toujours d'un point de vue...
Je m'intéresse toujours au système,
plutôt qu'aux personnes dans le système
pour savoir quels sont les...
les jeux, on va dire,
et les dynamiques qui sont courtes,
ils font que les agents de ce système
agissent de telle ou telle manière, en fait.
J'ai toujours bien aimé ça.
C'est comme encore un exemple un peu bateau,
mais qui vaut ce qu'il y eut.
Quand tu es trader dans la matière première,
j'avais aimé utiliser ça à l'époque.
Quand j'avais essayé de l'attaquer un petit peu sur le côté,
mais tu sais, quand tu achètes la matière première,
enfin, des banrées alimentaires dans un pays
qui prend toute sa production,
t'as peut-être en train de créer une famille.
Et en fait, c'était tellement virtuel pour lui,
cette idée qu'il avait créé une famille,
qui voulait se dire pas en disant,
non, c'est pas vrai, c'est pas moi.
Et ensuite, ils disaient, de toute façon, j'ai le bras,
et c'est ce qu'on demande de faire.
Donc il y a aussi toujours ce côté très...
Bah encore une fois, attention déjà,
on va atteindre le point Godwin,
très procédure à Bergue.
C'était pas moi, je faisais que suivre les ordres.
Oui, depuis tout à l'heure, tu me fais beaucoup penser à ça,
et je te propose que ce soit le monde de la fin,
parce qu'on vient juste d'exposer la timebox.
Encore ?
Oui, mais j'ai du mal,
quand on part sur ces terrains-là,
à tenir la timebox.
Donc...
C'est pas du tout organisé de ma part,
on part dans plein de sens, je sais pas si ça,
ce serait intéressant au final.
Écoute, on laissera les auditeurs nous le lire,
mais écoute, je pense qu'il est temps de conclure.
Je te remercie en tout cas d'être venu UGB,
si les auditeurs veulent en savoir plus,
veulent te suivre, veulent dire ce que tu crées,
si tu crées encore un peu, il peut venir où ?
Bah effectivement, en ce moment,
je suis juste avant en train de faire reculer ma présence en ligne,
parce que je réfléchis beaucoup à ce que je veux écrire,
mais le mieux, c'est encore de me suivre sur Twitter
et de voir où est-ce que j'émergerais.
Donc sur Bodysplash, mon vieux Nickname,
que j'ai depuis j'ai fait,
sinon pour faire un peu de promo à Bordeaux,
on a une peu communauté que j'apprécie beaucoup qui s'appelle OkieWee,
qui est ouvert pas qu'au bord de l'aise,
bien entendu, bord de l'aise, maintenant c'est ouvert aux France entières et plus.
Donc vous venez sur okiewee.org au cas Y-X,
et on a un Slack où nous y allons parler justement de ce genre de sujet,
de manière assez intéressante, on va dire, assez ouverte.
– Merci Jean-Bretit. – Merci à toi.
Finalement, la question de l'énergie et sa rare effacction
nous amène à se questionner.
Quel est le sens de ce qu'on fait ?
Est-ce que ça vaut le coup de dépenser cette énergie pour faire ça ?
Jean-Baptiste amène une interrogation qui vient enrichir la réflexion
et nous amène sur un nouveau plan.
Et toi, dans quelle mesure te sens-tu aligné avec le projet de ta boîte ?
Je te laisse avec cette question ouverte,
et si tu veux m'en parler, tu connais mon email,
benoîtarobaseartisandeveloper.fr,
j'aurais plaisir à échanger avec toi sur ces questions.
Mais surtout, on revient encore sur cette question des données.
Finalement, qui a nos données ? Comment sont-elles utilisées ?
Quand c'est Amazon qui me propose des produits adaptés à mes besoins, pourquoi pas ?
Mais quand c'est un gouvernement qui note ses citoyens pour conditionner leurs droits civiques,
ça devient très très chaud ça, et ça réveille de mauvais souvenirs, non ?
Est-ce que je suis le seul à me prendre la tête ?
Tu crois que c'est du délire ?
Non, non, non, ça porte un an en Chine, ça s'appelle le crédit social,
et moi, ça me fait juste flipper.
Surtout quand je vois qu'en France, je lisais un article récemment
sur l'authentification par reconnaissance faciale.
Alors chez nous, ça s'appelle Alicem,
et écoute bien les arguments qui sont en faveur de cet outil d'authentification faciale.
C'est pour le bien de tous, de notre industrie, il faut faire de la France un champion,
sinon les autres nous passeront devant, et oui,
c'est dans l'intérêt des utilisateurs, et finalement, ça ne te fait mal à personne, c'est optionnel.
Tu vois, c'est optionnel, quand même un petit peu la déclaration en ligne des impôts,
quand j'ai commencé à faire mes déclarations, moi, c'était optionnel,
et même tu recevais un bonus de 20 euros quand tu déclarais en ligne pour t'inciter à le faire.
20 ans plus tard, eh bien, c'est devenu obligatoire,
et tu as maintenant un malus de 20 euros si tu fais une déclaration en papier.
Sur le plan biologique, pour en revenir à ces histoires de données,
je vois des boîtes américaines qui rendent le séquençage d'ADN très abordable.
Alors oui, il y a un réel service pour les utilisateurs,
et d'ailleurs, j'ai déjà acheté ce genre de produits.
Mais que deviennent les données récoltées ?
Comment seront-elles utilisées ?
Alors oui, l'utilisateur peut récupérer ces données, peut récupérer son séquençage,
ça c'est quand même rassurant, il joue le jeu,
mais quand même, cela m'intrigue de me dire que des boîtes privées
sont en train de construire la plus grosse base de données mondiales d'ADN.
Toutes ces questions me renvoient à l'éthique des données,
et du coup en miroir, l'éthique des développeurs,
sans nous, rien de tout ça n'est possible,
car c'est bien nous qui mettons tout ça en mouvement.
Quels sont les gardefous à mettre en place ?
Sommes-nous seulement conscients de notre responsabilité ?
Et d'ailleurs, quelle est notre part de responsabilité ?
Ces questions, je les creuserai demain avec Thomas Pyrrin,
qui aiment bien ces sujets ?
D'ici là, si tu apprécies cette série, je t'invite à la partager,
évidemment, sur les réseaux sociaux,
mais comme tu veux aussi, par email,
ou en direct, de proche à proche, je dirais,
à la voix, à l'ancienne,
ou encore en parler en soirée pour la faire connaître,
oui, c'est tellement stylé.
Non, je déconne, mais au café, ça marche bien en général,
au café, à la machine à café.
Et si tu veux que ce podcast continue d'exister,
bien, j'ai besoin de toi pour le faire connaître.
Alors, merci d'avance.
Et maintenant, le moment que l'on attend tous,
la fiction de l'automne 2019,
développeur en 2039.
A demain.
Bonjour, M. Ortez.
Bonjour Benjamin, je vous en prie.
Asseyez-vous.
Si cela ne vous gêne pas, je préfère rester debout.
Je suis désolé, M. Ortez, mais je ne vais pas pouvoir participer à votre projet.
C'est contre mes principes et mon éthique.
Ah, tout de suite, les grands mots.
Qu'est-ce que l'éthique, Benjamin ?
Les limites qu'on refuse de franchir.
Ah, vous fatiguez avec votre éthique bien propre et bien pensante.
Ouvrez les yeux, Benjamin, vous êtes bourré de talent.
Ne ratez pas une si belle occasion pour quelque pommée.
Et puis, de toute façon, si ce n'est pas vous qui faites ce travail,
ce sera quelqu'un d'autre.
Ne vous gâchez pas dans une bataille perdue d'avance.
Mais vous êtes ignoble, en fait.
Vous me décevez, Benjamin.
Je vous en merde.
Hélas, j'avais peur que l'on en arrive là.
Fred, George.
Veuillez accompagner M. Oeuvre vers la sortie.
Pensez à récupérer son matériel.
Quoi ? Vous me virez ?
Sérieusement, Benjamin.
À quoi vous vous attendiez ?
Vous êtes encore plus naïf que je ne le pensais.
Vous êtes conscient que je pourrais tout balancer au journaux ?
Oula, Benjamin.
Je vous apprécie, mais en tout amitié, je vous le déconseille fortement.
Vous ne savez pas à qui vous avez affaire.
Cela pourrait bien vous supprimer.
Pas juste vous effacer, vous supprimez physiquement.
Comment croyez-vous que j'en suis arrivé là ?
En vendant votre amour diable, je suppose.
On n'a pas toujours le choix.
Si, on l'a.
On n'a juste pas toujours le courage de l'assumer.
C'est bon, messieurs. Ne vous donnez pas cette peine.
Je connais la sortie.