Bienvenue sur le podcast Artisan Developer, l'émission pour les programmeurs qui veulent vivre une carrière épanouissante.
Prêt à passer au niveau supérieur ? C'est parti !
Aujourd'hui je suis avec Xavier Knoppr, Xavier bonjour.
Bonjour Benoît.
Est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots pour les auditeurs qui ne te connaîtraient pas ?
Oui, Xavier Knoppr, donc je suis développeur passionné par le développement depuis très longtemps,
passionné aussi par l'agilité, par tout ce qui est bonne pratique que j'essaye de mettre en œuvre au quotidien,
et de partager, de promouvoir notamment évidemment le TDD,
et que j'essaye de partager soit dans des conférences auxquelles je vais participer ou co-organiser,
soit dans des meet-ups, soit en intervenant auprès d'équipes qui me sollicitent.
Et aujourd'hui j'ai rejoint la start-up Vertis à côté de Grenoble, qui fait la visite virtuelle.
Et je les ai rejoints comme CTO et développeur, je les développe au quotidien.
Alors justement ce sera le sujet du jour, les développeurs, les CTO qui développent.
Tu me disais, moi je sais pas comment tu fais, moi j'ai déjà fait mon coming out, je l'ai déjà confessé,
je ne code plus beaucoup à mon grande dame, je continue, tu vois c'est très drôle,
j'ai le sentiment de continuer à développer, je développe des produits,
mais j'ai pu le sentiment, enfin dans la vraie vie je ne manipule plus de code, je ne code plus beaucoup,
je le fais toujours avec plaisir quand j'ai l'occasion de le faire avec quelqu'un ambinom en copilote.
Il peut m'arriver encore d'animer des catas, je pense à voir encore des choses à apporter,
mais par contre c'est plus mon quotidien, ça c'est clair, ça a été douloureux de m'en rendre compte,
je l'ai pas assumé pendant un bon moment, et puis à un moment donné tu es...
C'est le jour où tu sais où tu te dis mais c'est bizarre, j'essaye de lancer Rails,
ma machine ça fait 10 mois que je l'ai, et en fait il n'y a rien qui a installé dessus,
et là tu te dis, ah ouais ça fait 10 mois que j'ai pas eu besoin de lancer un bout de code,
ah ouais, c'est peut-être que ton quotidien a changé, mais toi tu me dis même,
je sais pas comment tu fais, j'ai besoin de ma dose, tu sais on dirait le camé qui a besoin de sa dose,
et du coup comment tu vois cette ambiguïté qui peut y avoir avec le rôle de CTO,
qui normalement au développement de la boîte va être appée vers autre chose,
que le code comment tu perçois les choses, comment tu perçois les choses dans ton rôle de CTO.
Déjà est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce que c'est pour toi, être CTO dans ta boîte aujourd'hui,
nous êtes combien, sur quel stack, qu'est-ce que vous faites au quotidien ?
Ouais c'est un bon point de départ, alors effectivement quand je me présente,
je me présente comme développeur et pas comme CTO en premier lieu,
parce qu'effectivement je suis dans une start-up, on est quatre,
on est quatre et avec mes collègues qui développent plus ou moins,
à temps partiel pour les uns, à temps plein pour les autres, donc c'est vraiment une toute petite équipe
et on est en plein développement applicatif de notre application, donc on code énormément, je code énormément.
CTO c'est un grand mot, il y a très peu d'aspects logistiques, managériels, planning, budget, etc.
Donc aujourd'hui je trouve que c'est un grand mot, c'est un grand mot.
Par contre ce qui est intéressant c'est que d'aller chez des clients et de se présenter comme CTO,
c'est pas comme si je venais en tant que tech lead ou développeur.
Donc c'est quand même intéressant de se présenter comme CTO dans certains cas,
même si je lutte contre mon syndrome de l'imposteur.
Oui, j'allais dire, je sens une espèce d'illigitimité, mais qui pour moi n'a aucun lieu d'être,
t'es fondateur, t'es associé, t'es impliqué dans le projet, tu t'intéresses au client, pas juste au code,
tu t'intéresses au produit, pas juste au code, donc tout ça pour moi c'est les caractéristiques d'un CTO.
Oui, alors j'ai la chance d'avoir pu échanger sur Grenoble avec un petit groupe de CTO directeur technique
depuis un an et demi, j'ai rejoint un gros slack plein de CTO sur Tech Rock,
c'est super intéressant de voir les profils des échanges qu'il y a.
Et je me rends compte qu'en fait, à creuser ce sujet qui m'intéresse,
est-ce que en tant que CTO je vais pouvoir continuer à développer,
en creusant ce sujet je m'aperçois qu'il y a différentes sortes finalement de CTO
et avec des aspects plus ou moins techniques liés aussi à la boîte,
à la taille de la boîte, au nombre de personnes dans la boîte, etc.
Aujourd'hui, une chose qui est sûre c'est que j'ai dit en présentant que je t'étais passionné par le code
et en rejoignant cette startup et les associé, moi je l'aurais dit dès le début,
ok je vous rejoint comme CTO, par contre le jour où tout un tas de tâches m'éloignent au trop du code,
ça me conviendra plus. Donc ils savent, ils savent très bien, on en a parlé et ils sont ok avec ça
et ça leur convient bien parce que ce qui les intéressait c'est que je les rejoigne pour prendre en charge la technique
justement sur cet aspect-là. On en reparle de temps en temps, on en a parlé il y a quelques jours encore
et donc on sait, et ce que je vois un peu plus clairement maintenant c'est qu'au fur et à mesure que la boîte va grossir,
alors au début ça va être à l'arrivée de chaque nouveau développeur, puis tous les dix développeurs,
puis tous les cinquante développeurs peut-être, mon rôle va changer.
Et ce sera à moi, à nous, avec mes associés, de voir comment le faire évoluer
et peut-être qu'un jour, pour moi ce n'est pas exclu, qu'un jour ce rôle de CTO ne me convienne plus
et je le lâcherai pour quelqu'un d'autre, pour moi rester dans la technique, ça restera ma priorité.
Par contre je pense qu'il y a moyen en tout cas que je reste dans la technique assez longtemps,
déjà je suis passionné, j'ai envie de rester dedans, ensuite on en a parlé il y a deux jours
avec les autres co-fondateurs de la start-up, c'est que moi je suis très attaché à avoir une légitimité
et donc ce qui m'intéresse, c'est de coder et ce qui m'intéresse, ça va être de donner les grands axes,
d'aider la boîte à faire ses grands choix techniques. Et je pense que pour ça il faut avoir les mains dedans,
il faut avoir les mains dans le Camboui, moi c'est comme ça que je le vois
et de faire des choix d'architecture, plus ou moins en allant dans le détail,
pour moi ça reste légitime si je code au quotidien ou presque.
Et il n'y a pas très longtemps, j'ai vu une vidéo qui m'a beaucoup aidé sur sa conclusion
où le gars disait qu'il avait interviewé justement sur ce sujet-là, différents CTO
et il y en a un qui lui avait parlé de chemin critique et c'est quelque chose que j'ai en tête là depuis quelques jours
qui m'a bien inspiré, c'est-à-dire que ce CTO, qui lui avait répondu, lui avait dit
« Moi je continue à coder mes pus sur le chemin critique ».
Et donc ça je trouve ça intéressant à un moment et c'est l'évolution que j'entrevois,
alors peut-être on en reparlera tous les deux dans 6 mois dans un an et la situation sera complètement différente.
C'est l'évolution que j'entrevois, c'est de me dire « Petit à petit, je devrais prendre en charge peut-être d'autres choses
et je pourrais continuer à développer, mais peut-être plus sur le chemin critique ».
En tout cas il faudra que je délègue, ça c'est sûr, je délègue à l'équipe
ou peut-être à des techleads ou à d'autres gens qui prendront un peu en main certaines choses
et ne pas être sur le chemin critique parce que je pourrais être détourné par d'autres choses.
Donc ça c'est une évolution qui me semble intéressante.
Pendant que j'écoutais, je réfléchissais à pourquoi, comment je m'y prenais-moi
parce que j'assume aussi parfois des fonctions de TTO et là notamment en ce moment,
j'assume ce rôle-là dans le cas d'une boîte dans laquelle j'ai des participations aussi
et je me sens pas pour autant illégitime alors que j'ai pu forcément les mains dans le code
et ça me faisait réfléchir à quelles sont les outils, les leviers, quelles sont les procédures
que j'avais développées pour me permettre ça.
Je pense qu'avec l'expérience que tient, avec l'expérience que j'ai,
quand il y a plus de 20 ans d'expérience avant de les mains dans la tech,
ça développe des réflexes, ça développe des choses et qu'à un moment donné,
même si j'ai plus les mains dedans, je suis capable de sentir les choses
et je fais confiance à mon équipe pour prendre la décision.
Tu as raison de dire qu'il faut vendre les mains dedans pour prendre les décisions
mais moi je prends plus de décisions techniques en fait.
Je valide une décision qui a déjà été prise par l'équipe
et j'ai simplement le recul pour me dire est-ce que cette décision-là elle est conforme déjà techniquement
à ce qu'elle ne me paraît tenir la route, est-ce que le raisonnement qu'ils ont eu
pour venir à cette décision-là, il est construit, ou est-ce que c'est un délire,
ils se sont fait plaisir sur la nouvelle, le truc qui venait de sortir, qui venait de découvrir.
Et puis surtout, est-ce que c'est aligné avec les objets qui viennent d'entreprise,
est-ce que c'est aligné avec le business model, avec la vision qu'on a de l'entreprise
et parfois il y a des décisions qui sont techniquement extrêmement fondées
mais qui ne collent pas à la projection de l'entreprise
ou à certaines décisions qui ont été prises et qui n'ont rien à voir avec la tech.
Je te donne un exemple, on est sur un hébergeur, je ne vais pas donner de nom pour éviter de me faire taper sur les doigts
mais on est sur un hébergeur dont on n'est pas vraiment tout à fait content
et on aimerait passer sur un autre et il y a plein de raisons politiques qui nous échappent à la tech
qui font qu'on va rester sur ce hébergeur.
Et j'ai l'impression que mon rôle est plutôt là en tant que situo, d'assurer cette cohérence,
cette cohésion et de laisser les équipes faire le taf technique et de s'éclater là-dedans.
Oui, oui, mais encore une fois, je suis vraiment dans le flou total,
j'essaye juste moi d'être au clair avec ce que je veux, ce qui m'intéresse, c'est ce qui m'intéresse moins.
Et par exemple, j'en ai pas mal discuté avec mes associés, l'aspect management, RH,
alors comme j'appelle ça RH c'est-à-dire gérer les salaires, les augmentations, les congés, toutes ces choses-là,
ça c'est clairement des choses qui m'intéressent pas, a priori qui m'intéressent pas aujourd'hui.
Et d'ailleurs ce qui est intéressant c'est qu'on va expérimenter, on est petit, donc c'est facile,
c'est possible pour l'instant d'expérimenter, on va expérimenter différentes idées qu'on a sur le management
et notamment d'essayer de voir faire du management, c'est-à-dire que les gens techniques soient manager par des gens non-techniques
et inversement, pourquoi pas moi me retrouver un jour à faire du management auprès de gens non-techniques.
En fait il y a un point qui m'intéresse aussi, je parlais de légitimité, mais j'aime bien aussi la proximité
et je l'ai connu moi par le passé en ayant des supérieurs archiques, des directeurs techniques
qui étaient nos responsables hiérarchiques et une communication qui était plus compliquée du fait de la hiérarchie.
Et moi ce que j'aimerais c'est rester proche de la technique, rester proche des équipes
et je me dis si possible éviter que la hiérarchie vienne compliquer la relation,
que la relation reste la plus simple, la plus détendue possible autour de la technique
et en évitant que la hiérarchie vienne par exemple empêcher des gens de mon équipe de me dire des choses,
de peur de me froisser, de me vexer, de me contrarier et qu'en tant que supérieur et hiérarchie, il y a des conséquences.
J'entends et là on touche à un sujet qui est un sujet que j'aime beaucoup de travail en ce moment, qui est celui de la culture en fait.
Tu associes dans ce que tu dis et dans ton expérience passé hiérarchie avec frein à la communication.
Je pense que c'est pas une fatalité loin de là, bien au contraire.
Je vois des boîtes qui arrivent à utiliser le levier managerial comme un levier favorisant la communication.
Donc on en revient à ce sujet de la culture et ce qui est top c'est que vous avez les mains libres pour créer la culture,
la culture que vous voudrez distiller à l'entreprise.
Ça c'est une super, je trouve que c'est un des trucs que j'aime dans la start-up c'est que tu as au tout début tout est possible.
Il y a tout à faire, c'est parfois un peu épuisant mais tout est possible.
Tu ne te retrouves pas avec un espèce de truc où tu as déjà des centaines de personnes,
déjà une culture présente qui a été forgée par les anciens dirigeants et là il y a tout à faire et c'est page blanche.
Et ça je trouve ça trop cool.
Oui et moi j'essaie comme je disais, à la fois ce que je trouve intéressant c'est que chacun arrive à voir et à exprimer ce qu'il a envie,
ce qu'il n'a pas envie de faire, notamment moi que j'arrive déjà à être au clair avec moi-même puis à l'exprimer avec mes associés
de ce qui m'intéresse et de ce qui m'intéresse pas en tout cas pour l'instant et qu'on puisse en discuter entre nous et qu'on puisse se répartir les rôles
justement sur base de ces aspirations de chacun en espérant que ce soit complémentaire et pour l'instant saldés.
Écoute Xamy je te propose que ce soit le mot de la fin, si les auditeurs veulent en savoir plus sur ce que tu fais ils peuvent venir où ?
Pour l'instant le mieux c'est de chercher mon nom Xavienobs sur un moteur de recherche qui permettra de me trouver sur LinkedIn,
me trouver sur Twitter, de trouver mon ancien blog qui est plus transactif malheureusement et peut-être bientôt un nouveau blog technique je l'espère.
Merci Xavi.
Merci à toi Benoît.
Quant à toi cher auditeur, cher compagnon, et bien écoute j'espère que tu as apprécié cet épisode.
Je t'invite à venir lire l'article qu'on a écrit sur justement le rôle de CTO
où on a interviewé plusieurs CTO de plusieurs boîtes à différentes tailles
et je trouve que l'article rend bien cette espèce d'évolution de carrière qui est celle du CTO
entre la mini-start-up et le grand groupe.
Donc je t'invite vraiment à venir lire cet article, te mets le lien dans la description.
Et puis sinon en dehors de ça si tu as envie de développer tes art skills, si tu as envie de développer tes compétences de craft, d'artisan développeur,
je t'invite à nous rejoindre dans la maison des compagnons, on a une formation dédiée à ça.
Le cursus artisandeveloppeur c'est sur maison.artisandeveloppeur.fr.
Je te remercie et je te souhaite une bonne journée.