Bienvenue sur le podcast Artisan Developer, l'émission pour les programmeurs qui veulent vivre une carrière épanouissante.
Prêt à passer au niveau supérieur ? C'est parti !
Aujourd'hui je suis avec Julien Delange. Julien, bonjour.
Bonjour, merci de me recevoir.
Je t'en prie avec plaisir. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaiteraient pas ?
Oui, donc en fait, je m'appelle Julien, ça vous le savez déjà je pense.
J'étais en Normandie, après j'ai eu ma thèse à Telecom par ITEC, avant c'était le NST, j'ai travaillé à l'agence spatiale européenne.
Et dans le domaine de la tech, j'ai travaillé à Amazon, Web Services et Twitter.
Et maintenant j'ai ma propre compagnie qui s'appelle le Coinspector.
Et justement, le but de ce sujet de cet épisode, c'est de raconter un petit peu ton aventure entrepreneurielle.
Ça fait quoi de lancer une startup aux US ?
En fait, au début, je me suis dit que la startup, ça va être un site business.
Un truc que je vais faire à côté après que je reviens du boulot.
Et puis en fait, assez rapidement, je me suis rendu compte que c'était pas tenable.
En plus à l'époque, je travaillais à Twitter, j'étais aussi enseignant à Nord City University.
Donc j'avais déjà deux boulots et puis il y avait le boulot de la startup.
Donc au début, je bootstrape, c'était marrant.
Mais assez rapidement, si on veut vraiment faire un business qui tienne la route,
vaut mieux s'y attacher à plein temps.
Et alors justement, le fait d'être aux US, est-ce que tu as trouvé de...
Est-ce qu'il y a des choses qui te paraissent plus simples, plus faciles ?
Tu me parlais d'un site que tu n'eslevais, que tu étais en train d'envisager.
On est sur des ordres de grandeur qui sont différents.
Ouais, alors déjà, il y a une différence totale entre la France et les États-Unis.
C'est-à-dire qu'en fait, en France, si tu veux créer une boîte ou embaucher en général,
ça va te prendre des mois.
D'ailleurs, il y a un développeur qu'en France qui critiquait beaucoup l'administration française,
qui s'appelle Daniel Glassman, qui développait sur tout ce que t'es Mosey A, Xul.
Et en fait, il a complètement raison.
C'est-à-dire qu'aux États-Unis, si tu veux faire une boîte, tu payes 100 dollars,
tu as sûr un site web, c'est torché.
En France, je ne pense pas que ce soit aussi simple.
Il me semble qu'il y avait des procédures simplifiées,
mais quand je habite en France, ce n'était pas aussi simple.
Pour embaucher des gens aux US, c'est très simple.
Pour les payer, c'est aussi très simple.
C'est vraiment le processus, il est vraiment là pour faciliter la récréation d'entreprises.
Après, il y a la dimension où tu parlais.
C'est en fait l'accès au...
Au financement.
Au financement, ouais.
Et comment tu vas financer ta boîte ?
En fait, j'étais chanceux, j'étais accepté à Techstars, qui est un accélérateur,
et j'étais accepté à Techstar Boulder, qui est quand même le plus connu,
en fait, c'est un peu la maison mère Techstar.
En fait, Techstar, quand tu rejoint Techstar, il te donne 120 000 dollars.
Donc en fait, il te donne 120 000 dollars, dont 20 000 en échange de 6 % de la boîte.
Et après, il te donne 100 000, ce qu'on appelle une convertible dette,
que tu vas repérer plus tard quand tu vas lever des fonds.
En fait, Techstar, il font un pari sur toi.
C'est-à-dire qu'en fait, il te prenne, il te dise, je parie que ce mec-là,
il va faire une boîte qui va être successful.
Donc en fait, ce pari-là, c'est qu'il parie sur le profil de...
De comment dire ?
Enfin, en tout cas, c'est ma compréhension.
Il parie sur le profil de l'entrepreneur,
et derrière, il donne tous les outils et le coaching nécessaire pour réussir.
En France, on voit que ça commence à arriver.
Oui, les accélérateurs arrivent avec très exactement le même business model.
Ça fait quelques années qu'ils sont là.
Par contre, je ne pense pas qu'ils te filent un petit chec comme ça.
Et il y a assez vite, j'ai l'impression qu'en tout cas, toi,
tu as su percer, tu as su même du site, c'est-à-dire vraiment de l'une des premières levées.
Tu vas taper en millions là où en France, on est plutôt sur de la dizaine de milliers d'euros
avec des business angel ou de la centaine de milliers d'euros avec des wets et du CID.
Parce que 120 000 dollars aux US, ce n'est pas non plus de masse d'argent.
Tu ne vis pas une année avec ça, non ?
En fait, ça dépend.
Ça dépend ce que tu...
Ça dépend comment tu vois le...
Comment tu te structures.
En fait, moi aujourd'hui, avec 100 000, j'ai à peu près une année de runway.
Mais en fait, il faut voir que moi, je ne me paye pas aujourd'hui.
J'ai pas besoin, j'ai pas eu envie de me payer.
En fait, vraiment, ce que j'ai vraiment eu envie, c'est de construire une équipe qui va durer.
Et j'ai voulu construire une équipe qui ne soit pas typiquement l'équipe Tech Bro
où tu vas avoir deux autres développeurs qui vont être aussi français.
Je veux une équipe avec une diversité d'opinion,
avec des personnes qui savent ce que c'est que de construire une compagnie.
En fait, j'ai embauché quelqu'un en Colombie, j'ai embauché quelqu'un aux États-Unis.
Et pour le moment, ça me donne assez de...
assez de flexibilité au niveau financement.
Après, là jusqu'à présent,
enfin là, pour le moment, on va sûrement lever des fonds dans deux à trois mois.
La raison, c'est parce que maintenant, on a assez de retour.
On a des mentors qui sont là.
On a des investisseurs qui sont là qui...
qui veulent qu'on aille vers une direction
et c'est une direction que l'on veut prendre aussi.
Donc en fait, il y a une synergie sur comment on voit la société évoluer.
Et là, quand tu es d'accord sur comment on va t'aider le problème,
la seule chose que tu veux, c'est avoir des fonds
et puis commencer à embaucher pour vraiment bosser dessus.
Et c'est quoi les perspectives que tu vois ?
Tu te vois à trois à cinq ans, tu vois ça comme un gros truc,
tu vois ça comme plus une logique d'une petite équipe solide qui s'éclate.
Tu vois ça au contraire un truc plus ambitieux avec,
je ne sais pas, des agences dans le monde entier, des développeurs un peu partout.
Comment tu en visages de la suite ?
Il y a combien de zéro sur ton business plan à la fin ?
En bas à droite, il y a combien de zéro ?
En fait, la question, ce n'est pas...
Alors, il y a plusieurs questions.
Il y a, premièrement, le but, c'est quoi ?
Et ça, c'est une des questions.
Et la deuxième question, c'est comment je parviens à aller dans ce but ?
Et en fait, le but qu'on a aujourd'hui,
c'est on en parle de...
Notre slogan, c'est de dire, on va mettre le code des développeurs en autopilote.
En fait, on va résoudre les bugs et on va le faire automatiquement.
Et ça, c'est quelque chose que personne ne faut aujourd'hui.
Et on commence à le faire, on a une bêta, ça tourne,
mais on veut le faire, on veut vraiment améliorer le produit.
On va mettre du machine learning de Suillon,
on va aussi filer du feedback, période des développeurs pour améliorer leur code.
Donc ça, c'est là où on veut aller.
Si on veut fixer le code et en fait le mauvais code à fixer, il y en a des tonnes.
Donc ça, il y a vraiment une demande et il y a un marché pour ça.
Après, c'est comment on y arrive.
En fait, comment on y arrive, si tu me dis ton équipe avait été grosse ou petite,
ce n'est pas en fonction du business plan.
Je vais donner un exemple très simple.
C'est cela qu'aujourd'hui, ils ont énormément de développeurs,
Discord, ils ont beaucoup moins de développeurs.
Et pourtant Discord, ils ont plus d'utilisateurs,
enfin, ils ont plus de chats et compagnie.
Il me semble qu'il y a plus d'activité sur Discord que sur Slack.
Après, il faudrait peut-être sûrement fact checker ce truc-là.
Et je n'ai pas envie de donner de fake news.
Mais il me semble que Discord est très actif et en fait,
si tu regardes uniquement le nombre de développeurs,
c'est bien moindre que Slack.
Donc en fait, je n'ai pas envie de rossir trop vite,
parce qu'en fait, quand tu rossis trop vite,
tu vas perdre en velocité aussi et en qualité.
Je suis intimement convaincu par ça.
J'ai vu sur beaucoup d'équipes d'ingénie,
et je vais vraiment me focaliser sur la qualité et pas la quantité.
Après, on va embaucher, c'est clair.
On va sûrement embaucher et aux US, et en Colombie et en France,
parce que c'est là où tu as de très bonnes communautés.
Aux US, c'est là où je vis.
En Colombie, tu as une communauté javascript qui est énorme.
En France, tu as une qualité de développeur au niveau théorique,
au niveau machine learning, tu as des cursus qui sont excellents.
Donc c'est là où je pense que je vais me développer.
Et pas parce qu'il y a vraiment du marché,
mais parce qu'il y a des compétences.
C'est super intéressant.
Et ce que j'entends, c'est une vision de produit super forte.
Et si sur cette vision de produit super forte,
en ce moment, je l'ai les bouquins de Marty Kagan
sur justement la vision produit, que ce soit Inspired ou Empower.
Et c'est assez édifiant.
Et ce que tu me dis là, tu vois le fait de dire comme ça,
voilà, on a une vision produit forte qui est d'aider à résoudre
les bugs automatiquement.
Je trouve ça tellement puissant, en fait,
ça te donne un vrai pourquoi, une vraie incitation à rentrer
dans le projet et à se développer.
Je trouve ça super cool, en fait.
En fait, au niveau marché, pourquoi avoir un produit fort ?
En fait, c'est une question qui revient souvent.
C'est qu'en fait, tu as deux moyens d'adopter le logiciel.
Soit tu vas avoir un produit qui est génial,
les développeurs adorent et en fait, ils vont l'adopter dans leur boîte.
Un exemple, Slack.
Slack, les développeurs, ils ont commencé à l'utiliser.
Et en fait, organiquement, c'est venu dans les entreprises.
Ta deuxième approche, c'est d'aller voir des CEO, des CTO
et de leur vendre le produit.
Et là, l'adoption, il va se faire du haut.
C'est-à-dire que le CTO, il va arriver, il va dire aux développeurs,
tu dois utiliser ça.
Mais c'est très bien que ça ne marche pas.
Ouais, plus au monde.
C'est plutôt rare que ça marche bien.
Ça peut marcher dans certains cas.
Mais en fait, le problème avec cette approche-là,
si tu prends cette approche-là,
c'est qu'en fait, tu vas devoir payer une force de vente
pour aller prospecter chaque CEO ou CTO.
Donc, en fait, tu vas devoir payer des commerciaux
qui vont aller voir faire des démonstrations.
Et bon, ces gens-là, il faut que tu les payes
et puis il faut que tu leur donnes une commission.
Si c'est un produit qui est très fort,
tu vas avoir une adoption par les développeurs
et naturellement, ils vont venir racheter ton produit.
Et en fait, c'est quelque chose qui, au niveau produit,
il faut vraiment que tu saches comment tu vas vendre.
T'as des produits qui ne peuvent pas se vendre en attaquant par le bas.
T'as des produits, ça ne peut juste pas marcher, en fait.
Les produits HR et compagnie, par exemple,
tout ce qui va être Workday, tu vois,
rarement, les développeurs vont utiliser Workday
pour gérer leur HR, tu vois, pour...
Mais par contre, des outils comme Slack,
c'est des outils qui vont utiliser au GitHub.
Aujourd'hui, tu lances une boîte, où est-ce que je mets mon col ?
Je pense que, tu vois, en France, on dirait...
C'est vite répondu, quoi. Tout le monde a sur GitHub.
Oui, oui, je pense que GitHub a fait une belle percée
depuis leur achat par Microsoft et GitHub,
mais clairement, chez nous, ça a été un réflexe longtemps.
C'est un réflexe longtemps, c'est clair.
GitHub, il y a quelque chose qui est très fort chez GitHub
et la manière dont ils ont commencé.
J'ai une grande admiration pour GitHub.
Ils ont vraiment eu une culture du travail à distance
au début de la boîte.
Et ça, c'est quelque chose qui est resté dans la boîte
et qui est très fort.
Et en fait, développer une société,
c'est aujourd'hui aussi ce que j'essaie de faire,
qui va être à distance,
c'est quelque chose qui est extrêmement compliqué.
Mais aujourd'hui, on voit qu'avec la Covid,
ou la Covid apparemment en France,
c'est quelque chose qui va vraiment arriver.
Donc, eux, ils se sont adaptés vraiment très tôt.
Yes.
Bah écoute, tu te proposes que ce soit le mot de la fin de notre échange
si les auditeurs vont l'en savoir plus sur ce que tu fais sur ta boîte,
ils peuvent venir où ?
Donc codeinspector, code-inspector.com,
j'ai aussi publié un bouquin aux émissions MIT.pre.
Donc en fait, si vous écoutez ce podcast
et vous voulez apprendre un peu sur la dette technique,
vous tapez Technical Depth in Practice d'Amazon
et vous pouvez avoir le bouquin qui va paraître dans quelques mois.
Et sinon, surtout, le réseau sociaux,
vous pouvez me retrouver sur Twitter ou LinkedIn ou Facebook.
Merci, Julien.
Merci.
Quant à toi, cher auditeur, j'espère que tu as apprécié cet épisode.
Si tu as envie d'en savoir plus sur tes pratiques,
si tu as envie de faire un diagnostic de tes pratiques,
de voir où tu en es, de comparer ton niveau
par rapport à un pool plusieurs centaines de développeurs
et de voir un petit peu les résultats et comment tu te positionnes
et comment tu pourrais progresser surtout.
Je t'invite à venir dans la maison des compagnons.
Ah non, pas du tout, je vais la refaire.
Je t'invite à venir sur compagnons.artisandeveloper.fr
dans la rubrique Diagnostique.
Je t'en remercie et je te souhaite une bonne journée.