Bienvenue sur le podcast Artisan Developer, l'émission pour les programmeurs qui veulent vivre une carrière épanouissante.
Prêt à passer au niveau supérieur ? C'est parti !
Aujourd'hui je suis avec Romain Fallet, Romain bonjour.
Bonjour Rebenin.
Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?
Oui, alors je suis lead developer dans une startup qui fait l'automobile sécession de la relation client.
Avant ça j'ai été pendant six ans frilence en tant que développeur et je réfléchis beaucoup en fait à l'impact de notre métier,
sur un peu la société, sur les usages quotidiens de tout à chacun.
Et je trouve qu'il y a vraiment quelque chose qui se dessine notamment vis-à-vis de la numérisation de la société
et vis-à-vis de l'impact qu'ont les éditeurs d'ogiciel et les développeurs par extension sur la société.
Moi c'est une réflexion que j'ai voulu mener, que j'ai eu envie de mener notamment dans la série Developer en 2039.
Donc cher auditeur, si tu ne l'as pas entendu, je t'invite à aller découvrir cette série, c'est une série de 20 épisodes
où justement j'ai voulu projeter à quoi pourrait ressembler notre job en 2039.
Et c'est aussi une question que je me pose beaucoup parce que j'ai l'impression, en gros la question c'est qu'est-ce qui est l'impact de notre métier,
et du coup j'ai le sentiment que l'impact est de plus en plus grand et devient vraiment énorme
et avec de grands pouvoirs, on m'a toujours expliqué, ils viennent de grandes responsabilités
et je ne suis pas sûr déjà que la société civile soit consciente de ces enjeux-là
et je ne suis pas sûr que les développeurs soient eux-mêmes conscients de ces enjeux-là.
Et je trouve ça intéressant de se questionner parce que sinon un jour on risque de faire des choses qu'on regrettera.
Moi j'ai été fasciné derrière nos écrans fumés, le reportage qui investit un petit peu sur l'impact des réseaux sociaux
dans l'avis des gens et des américains en particulier, des gens qui avaient été les inventeurs des réseaux sociaux
presque se conflétés et presque demandés pardon de ce qu'ils avaient fait.
Comment tu réfléchis une truc toi ?
Moi je vois déjà que la première grosse disparité que je vois c'est qu'en fait les susciteurs des logiciels
en fait ils ont un peu aucun moyen, si on leur dit demain on fait une mise à jour qui va rendre le logiciel 2 fois plus lent
donc le logiciel 7 heures il peut juste que soit si conformé soit arrêté de l'utiliser et c'est tout.
Donc sur des logiciels où tu as des options de la potentiellement la possibilité de changer
encore le logiciel 7 heures peut changer mais ce n'est pas le cas forcément pour tout, le changement n'est pas forcément facile.
J'ai vraiment l'impression qu'il y a vraiment une situation de force qui est vraiment disparate.
Tu me parlais d'éditeurs que tu trouvais quelque part trop puissants et parfois certains d'entre eux on prennent des décisions
qui impactent des millions d'utilisateurs ou même des milliers d'utilisateurs.
Moi je le réfléchis à différents niveaux, je le réfléchis à un niveau purement économique.
Si finalement tu fais n'importe quoi avec ta base d'utilisateur de toute façon un jour ils se casseront, ils partiront
et ça c'est le sens de l'histoire notamment avec le RGPD qui rend en théorie plus simple l'immigration en précisant que tes données t'appartiennent.
Maintenant quand ça te rentre dans la sphère politique, j'ai tendance à réfléchir les choses d'une manière assez différente.
Juste pour prendre l'exemple de Windows, quand ils ont lancé Windows 8 ils ont changé la façon de fonctionner de toute la planète.
Ils ont changé la relation avec un ordinateur de bureau de toute la planète en un coup.
Certes ça n'a pas bien plu, ils ont fait machine arrière mais en attendant ça a dérangé et ça a modifié le quotidien
de milliers voire millions de personnes qui à un moment donné n'avaient pas d'autre choix que de rétrograder
ou de changer de machine tout simplement.
Je trouve que c'est vraiment un impact qui est colossal sur la vie de toute une société, juste sur une décision unilatérale d'un élector de l'USL.
Et toi qu'est-ce que tu voudrais ? C'est quoi dans le monde idéal que tu imagines ? Qu'est-ce qu'il y aurait de différent ?
On a des ordres des médecins, des ordres des architectes, des ordres comme ça pour réglementer ou en tout cas donner des chartes
de conduite de certaines professions, pourquoi pas un ordre des éditeurs de GCL, des développeurs, je sais pas.
Je me dis qu'il y a vraiment tout à faire, tu parlais du RGPD tout à l'heure, au final le RGPD se voulait être une réglementation
qui était là pour les utilisateurs aujourd'hui, qu'est-ce qui est emmerdé avec les pop-ups incessantes qu'il faut fermer à l'ouverture de chaque site ?
Bah c'est pas les éditeurs, c'est les utilisateurs.
Voir même pire, parce que du coup, comme les gens ne les regardent plus, les pop-ups, les éditeurs peuvent facilement mettre un peu ce qu'ils veulent derrière
et les gens acceptent encore plus aujourd'hui n'importe quoi en fait.
C'est ça, en fait de base, 80% ou 98% des pop-ups sont illégales, on te précoge des choses comme l'intérêt légitime pour te faire accepter des choses
alors que tu n'as juste pas le droit de le faire ou l'intérêt légitime n'est pas utilisable pour ce contexte.
Mais voilà, encore une fois, l'utilisateur peut juste cliquer sur accepter, il y a certaines pop-ups où tu peux juste pas refuser facilement
ou alors faut décocher 30 trucs manuellement, ou des fois juste refuser, ça ne marche juste pas.
Tu cliques sur refuser et puis tu as un loader qui tourne.
Ok, je trouve que c'est vraiment...
Le RGBD, ça partait une bonne attention, je trouve que ça fait plus de mal que de bien, même si je suis convaincu qu'il y a de très bonnes choses.
Tu vois sur le principe, sur le texte, je trouve qu'il y a de très bonnes choses, mais l'application qui en est faite, je trouve qu'il n'est pas encore optimal.
Et alors cet ordre des développeurs, parce que moi c'est quelque chose que je pense possible et que je pense qui peut vraiment arriver un jour.
Parce que justement, il y a une responsabilité qui est engagée dans ce qu'on fait, je pense.
En tout cas pour l'instant, ce n'est pas une responsabilité légale, mais c'est une responsabilité éthique.
Et dans 2039 justement, je raconte cette histoire d'un développeur qui à un moment donné, à qui on demande de faire quelque chose.
Qui l'estime lui, pas éthique.
Et finalement aujourd'hui, quelqu'un, un développeur d'une entreprise qui ferait quelque chose même potentiellement d'illégale,
du moment qu'il le fait sur ordre de son supérieur hiérarchique, il y a un transfert de responsabilité qui s'effectue vis-à-vis du supérieur hiérarchique justement.
Il peut toujours dire, ah oui mais on me l'a demandé, c'était dans le cadre du contrat et légalement c'est comme ça.
Mais il n'y a aucune forme de contrainte en fait.
Et du coup on en arrive à des situations où on peut imaginer des développeurs qui vont faire des choses qui peuvent vraiment poser problème en fait.
Comme trafiquer une machine de vote, comme trafiquer un outil de détection, le truc de Volvagan,
trafiquer les développeurs qui vont trafiquer le truc ou d'autres ingéens.
On peut en arriver à ce genre de situation sans que les personnes soient elles-mêmes directement impliquées en fait.
Et puis là tu parles d'actions conscientes mais il y a aussi une responsabilité sur ce qu'on fait sans le vouloir.
Quand tu as une équipe qui produit un logiciel tout pourri parce qu'elles n'ont pas les bonnes pratiques parce qu'elles ne sont pas formées
ou parce qu'il y a des problèmes organisationnels, le résultat c'est un logiciel tout pourri qui a probablement des problèmes
qui ne marchent potentiellement pas bien, qui va avoir un impact.
Donc à quelle mesure il n'y a pas aussi une responsabilité là-dessus ?
Quelque part mon expert comptable a un devoir de résultat, pas juste de moyens.
Il a un devoir de... En tout cas dans sa manière, dans la diligence qu'il met à faire son métier, je pense qu'il a un devoir de résultat.
Et c'est vrai qu'on retrouve pas ça chez nous.
Mais jusqu'à maintenant, je t'avoue que moi je le voyais plutôt dans une approche d'arwinienne économique,
en disant les développeurs qui contribuent à ce genre de projet, quelque part s'enterrent un petit peu eux-mêmes
et les entreprises qui sont derrière sont condamnées à la péréclité parce qu'à un moment donné un concurrent arrivera,
n'aura pas tout le legacy qui l'empêchera d'innover et les mangera ou les mettra hors business tout simplement.
C'est une approche assez économique et d'arwinienne, mais je me rends compte qu'il y a des sujets sur lesquels
l'approche économique ne peut pas fonctionner en fait.
Et je vois notamment tous les services de l'État qui se numérisent vachement.
Donc ça c'est hyper intéressant parce que pour l'anecdote,
j'ai eu en train de refaire ma carte grise d'une des mémanuels que j'ai paumé.
Et j'ai tout pu faire en ligne.
Donc ça c'est assez gratifiant et satisfaisant.
Mais c'est vrai que l'expérience utilisateur est quand même vraiment à chier.
Mais en dehors de ça, quelle est la responsabilité ?
Je ne sais pas si je suis clair en fait.
Le fait qu'on commence vraiment à toucher à des sujets super sensibles,
moi c'est des choses qui me font peur.
Le cas le plus ultime de ça, ça a été le bannissement des réseaux sociaux
de l'ancien président américain, de Trump.
Moi j'ai été choqué par cette décision.
Non pas sur le fond parce que Trump dit quand même beaucoup de conneries dans le lot.
Et je n'ai même pas envie de rentrer dans ce débat de
est-ce que ce mec mérite ou pas d'être représenté sur les réseaux sociaux.
Mais le fait qu'une société de droit privé puisse décider de couper l'accès
à un média aussi important et influent et décisif dans les élections et dans la vie politique,
ça m'interpelle vachement.
On commence à avoir l'idée qu'aujourd'hui les grosses entreprises du numérique
deviennent plus puissantes que des États.
Mais juste pour donner un exemple aussi par les services publics tout à l'heure,
moi j'ai ma femme qui a couché il y a huit mois.
Avant elle était indépendante.
Au 1er janvier 2020, tous les indépendants sont passés sur la caisse du régime général.
Donc on est tous à la même sécurité sociale que les salariés que tout le monde.
On n'a pas les mêmes droits mais c'est eux maintenant qui régissent les contrats.
Et en fait ce qui s'est passé c'est que le logiciel qui géré la caisse des indépendants avant
n'a pas réussi à suivre.
Elle a eu son congé maternité qu'elle aurait dû avoir au 7e mois quand notre fils était né.
Nous on avait des réserves, on a réussi à survivre entre guillemets.
Mais ceux qui passaient les réserves qui étaient l'impact, c'était en plus un bureau qu'on ne pouvait pas joindre.
Parce qu'en fait derrière ils avaient gardé l'ancien logiciel qui était tenu par quelques agents
et qu'on ne pouvait pas contacter directement, que la CQ eux-mêmes ne pouvait contacter que par mail.
Et en fait ces mêmes agents là c'est juste que le logiciel ne fonctionnait pas.
Ils étaient obligés de faire des trucs où ils faisaient des versements en fait
sans avoir de validation.
Ils faisaient une avance de versement en fait.
Donc avec tous les risques et la responsabilité, leur responsabilité personnelle
qui mettait en place sur tous les dossiers.
Je trouve qu'il y a un impact sur les agents en fait
qui eux, dans les mains du CQ, qui ne marchent pas, ont des responsabilités vis-à-vis désassurées
et puis les assurées qui juste, on peut leur droit.
Dans le même truc, ce logiciel, la d'affectation des parcours supes,
la première année de mise en oeuvre qui avait été mais une catastrophe monumentale.
Et là je me suis dit merde, la première réflexion ça a été dire
je pense qu'il faudrait brûler les développeurs qui ont produit cette bouse immonde.
Et après je me suis dit non d'abord c'est pas bien de brûler les gens
et ensuite c'est peut-être pas leur faute en fait.
Ils sont peut-être dans un contexte qui est vraiment pas propice.
Mais là j'en viens à me poser, pour moi ça pose vraiment la question de la responsabilité des gens.
Merde, il y a des milliers de familles qui étaient paumées
et moi je peux le dire en tant que parent, savoir comment ton enfant va poursuivre ses études.
C'est un sujet hyper stressant, ils nous ont encore foutu en l'air là tous les programmes,
ils font encore se reformer compagnie.
C'est hyper stressant de être responsable de l'avenir de ton gamin,
alors qu'il le pilote avec toi aussi.
Mais c'est hyper stressant et là je me suis imaginé maintenant
que je vois mon fils aller bientôt à la fac.
Je me suis imaginé être parent qui est face à parcoursup,
à pas savoir où va ton gamin,
où on te dit que tu es 750e sur une liste d'attente de 300 personnes.
Je crois que je pète les plombes.
Très clairement et tu vois c'est en ça que je vois qu'il y a une notion de responsabilité
qui l'apprend, cette responsabilité, qu'est-ce qu'on fait quand ça ne marche pas ?
Comment on essaie de réagir ça ?
Et en même temps il y a un peu l'extrême où on peut rapidement toucher
aux libertés d'expression, aux libertés de la neutralité du web, etc.
parce que dès qu'on commence à réagir,
essayer de réglementer les gifères et les logiciels,
on arrive souvent dans des questions comme ça.
Je vois que la boîte de temps l'a bien mangé,
je te propose que ce soit le mot de la fin,
si les auditeurs veulent en savoir plus sur ce que tu fais, ils peuvent venir te suivre.
Ils peuvent me suivre sur Twitter, arrobasis, romanfallé.
Merci Romain d'être venu aujourd'hui.
Merci à toi.
Quand t'as toi cher auditeur, si tu as envie de réfléchir
et qu'on travaille ensemble sur la création de l'ordre de développeurs,
n'hésite pas à m'envoyer un petit email,
benoîtarrobasisandveloppeur.fr, je suis curieux de voir ce que t'en penses.
Et puis si tu as envie d'apprendre à écrire du code durable,
si tu as envie de devenir vraiment professionnel,
de prendre la responsabilité du code que tu produis
et d'être rassuré sur la qualité de ce que tu fais,
tu viens dans la maison des compagnons maison.artisandeveloppeur.fr,
il y a un cursus, le cursus artisan développeur,
qui est là pour ça, pour t'aider à apprendre à écrire du code durable.
Je t'en remercie, je t'ai dit à bientôt, tchao.