Bienvenue sur le podcast Artisan Developer, l'émission pour les programmeurs qui veulent
vivre une carrière épanouissante.
Prêt à passer au niveau supérieur ? C'est parti !
Aujourd'hui je suis avec Orlando Palermo, Orlando bonjour.
Bonjour.
Ravie, t'as beau avoir sur le podcast ? Est-ce que tu pourrais te présenter en quelques
mots pour ceux qui ne te connaîtraient pas ? Alors je suis également Ravie, je suis même
très heureux de discuter avec toi aujourd'hui.
Je m'appelle Orlando Palermo et je suis enseignant dans une haute école en Belgique
à l'aéla plus exactement.
J'enseigne l'informatique de gestion moi ainsi que notre collègue à des étudiants.
C'est quoi une haute école ? Une haute école ?
C'est en gros l'équivalent du post-bac, c'est ça ?
Je pense que c'est au niveau du bac 3 chez vous Max.
Bac plus 3, d'accord.
Il me sent.
Ok, un espèce de chez nous ça doit être un...
Je m'asarde de rédire des bêtises donc je ne vais pas en dire plus.
Ok, donc dans des écoles, il y a un côté plutôt vocation professionnelle ou plutôt
universitaire quelque part dans l'enseignement que vous pratiquez ?
Alors au niveau des autres écoles chez nous généralement ça a plus une destinée pratique.
Oui, il y a de la théorie bien sûr, les étudiants doivent toujours quand même passer
par une notion théorique mais en tout cas chez nous c'est quelque chose largement plus
dans la pratique.
Donc vraiment on va d'abord leur donner des concepts de comment programmer, comment
analyser un programme, un problème et après ils vont le codifier.
Voilà, donc c'est vraiment un côté théorique et après directement on arrête de tourner
un peu plus du coup et hop on passe à la programmation.
Et quelle est la place de l'employabilité là-dedans ?
En gros est-ce que vous préoccupez de ça ?
Ça me fait penser un peu au DUT, voilà je cherchais le mot DUT qu'on a chez nous
France qui est je crois Bac Plus 2 je ne sais pas, je ne dis pas de bêtises et on a le DUT
et le DUT Pro qui va un an de plus je crois et qui a une vocation très clairement professionnalisante.
Le but c'est derrière que les gens plutôt aillent trouver un emploi plutôt que de continuer
les études.
D'accord, ok.
Donc au niveau de l'employabilité, qu'est-ce qui se passe ?
En tout cas je vais parler pour moi, je me renseigne beaucoup au niveau des milieux professionnels
et voir comment je peux réadapter ma matière pour que ça correspond au milieu professionnel.
Bon j'entends souvent, on a souvent des feedbacks au niveau des professionnels en disant il
manque ceci, il manque cela, donc on a plus une approche polyvalente sur le sujet.
Ça rolle, ça marche, ok.
Je vois, j'analyse, je regarde ce qui plaît à un maximum d'entreprises,
il y a près de go, j'adapte et je crée ma matière en fonction des deux mains.
Oui, ça fait vraiment partie du job de prof, c'est une vraie conscience que tu as de
regarder ce qui va permettre à tes élèves de trouver un taf.
Bien sûr et surtout en informatique, je pense que toi ainsi que l'audience qui nous écoute,
on est d'accord pour dire que l'informatique ça a eu lieu tout le temps.
Donc si je ne me renseigne pas, clairement il risque d'avoir un gap technologique
au niveau des étudiants et de la matière qui sont en train d'apprendre.
Donc oui, je trouve que c'est un bout de l'hôpital, il faut se renseigner.
Ça roule.
Alors le sujet du jour, c'était tout ce qui touchait à la pédagogie,
toi aujourd'hui tu es prof, tu es enseignant et je trouve intéressant de faire le parallèle
entre ton métier d'enseignant et ce qui se passe dans le monde réel de l'entreprise
où on est quand même globalement je pense en tant que développeur, souvent dans une posture
que ce soit de manière formelle, informelle, officielle, non officielle, temporaire, à longue durée,
on est souvent dans une posture d'apprendre quelque chose à quelqu'un d'autre.
Et je trouve intéressant de faire le parallèle entre les deux parce que toi finalement la
pédagogie c'est ton métier et je me dis qu'est ce qu'on peut tirer de bonne pratique ou de leçon
de quelqu'un qui est enseignant, qui est prof pour être de meilleurs pédagogues finalement
dans notre métier au quotidien.
D'accord.
Alors la première chose c'est vraiment la première base de bien comprendre la matière.
Ça peut paraître réduit en fait.
Mais il faut faire déjà un petit entraînement en solo.
Donc par exemple on essaie de retranscrire quelque chose à quelqu'un et de lui apprendre
une nouvelle matière.
C'est d'être tout seul, donc le feu de feu vent son ordinateur ou dans une pièce et
de répéter et de faire semblant de l'enseigner à quelqu'un.
Si on y arrive facilement déjà ça c'est une bonne base.
Ensuite comment après retransmettre les informations ?
Là déjà ça dépend de qui on touche.
Est-ce que c'est un néophyte ?
Donc quelqu'un qui ne connaît pas déjà la matière.
Alors est-ce que c'est quelqu'un qui a déjà des bases ?
Là il faut faire très attention à cela.
Si c'est un néophyte il aura plutôt tendance à écouter poser des questions et réagir par
rapport à l'enseignement.
Si c'est quelqu'un qui s'y connaît là on risque de se confronter à un mur en le
temps.
Oui mais moi j'ai pas vu ça ainsi, comment ça se passe ? Non je suis pas d'accord.
Alors il y a deux optiques très très différentes.
Comment tu le gères ça toi en classe par exemple ?
Un élève qui va avoir ce genre d'attitude parce que chez les déves c'est hyper fréquent
tu tombe sur quelqu'un, tu as l'impression de connaître le sujet par coeur alors qu'il
passe un peu à côté du truc.
Ou alors moi je suis en train de passer à côté du truc.
Comment tu le gères toi ça ?
Alors pour les étudiants qui apprennent d'une manière assez dans la nouveauté la matière
je donne simplement la théorie, la pratique et la pratique qu'est ce que c'est ce sont
des exercices.
D'accord ? Et je les guide, je passe derrière eux pour voir ce qu'ils font, je regarde en
fait le code, je donne des conseils mais j'essaye de ne jamais dire tu attends, tu as mauvais.
Non je fais par exemple, si j'étais à ta place je ferai un site.
Donc là je suis plus dans l'accompagnement, je ne suis pas dans l'évaluation dans le
jugement.
C'est ça exactement, c'est qu'il faut absolument éviter.
Alors pour les étudiants qui disent oui ce ne sert à rien, je connais.
Je ne vais pas aller dans la confrontation parce que ça sert à rien mais au contraire
je vais les pousser pour les plus loin.
Donc je vais leur donner des exercices plus avancés et là je vais regarder ce qu'ils
vont faire.
Donc si je vois qu'ils galèrent un peu, je vais revoir avec eux comment je peux réadapter
le niveau et si jamais je vous vois qu'ils gèrent vraiment bien, ok, pas de soucis,
on va aller plus loin en coeur des exercices supplémentaires, des exercices avancés.
Donc le niveau il va être assez différent mais dès que je peux et dès que j'en ai
l'occasion je vais aller au cas par cas.
Donc toi tu as une problématique qu'on a peut-être moins quand on est en situation
professionnelle, c'est que tu as une classe, tu as un groupe classe, là où en situation
professionnelle on va avoir quelques collègues.
Imaginons le cas par exemple d'un Tech Lead qui accueille un junior dans son équipe et qui va
se retrouver plutôt dans la posture a priori junior de la personne qui va être motivée
pour apprendre, qui va avoir envie d'apprendre de nouvelles choses.
Tu vois il y a un truc qui revient souvent, c'est comment tu te dozes la quantité de temps
que tu passes avec ou à quel point tu la laisses la personne se débrouiller toute seule et
un peu patager dans la gadou avant de venir l'aider parce qu'il y a cette dualité pour le
Tech Lead, c'est qu'il est là certes pour aider ses collègues, d'où le nom de Lead,
mais il a aussi souvent du travail à produire lui-même.
Et donc il ne peut pas être que dans le fait de travailler avec les autres.
Moi j'ai un parti pris qui est le binommage, j'ai un outil formidable pour ça, tu fais
les deux en même temps mais bref je vois encore beaucoup de gens qui splitent ce temps-là et je
me dis comment est-ce que toi en classe tu gères entre les laissés se débrouiller par eux-mêmes
qui t'as quits se plantent un peu ou venir les aider ?
Alors je trouve que les deux facettes sont hyper importantes, c'est à dire que oui dans le côté
il faut les guider, il faut les guider.
C'est intéressant, c'est déjà que tu dis il y a du bien fait dans les deux en fait.
Dans les deux et les deux sont nécessaires en fait.
Ça me fait clairement penser oui mais il y a eu ongles.
Donc au côté clair et au côté sombre les deux sont nécessaires.
Les deux doivent qu'il y a existé en tout cas dans mon point de vue.
Pourquoi ? Alors je vais faire l'avocat du diable.
Imaginons que j'accompagne tout le temps et que je compagne la personne tout le temps.
Donc je suis toujours derrière et je vérifie tout le temps ce qu'il faut et le code.
Le problème c'est que la personne va être un peu dépendante de son coach ou du guide.
Et ça c'est pas une bonne chose, ça veut dire qu'elle risque de faire moins la recherche
personnelle, elle risque de dire c'est pas grave si j'ai un boy, il y a quelqu'un derrière moi.
Oui donc tu veux dire que c'est déresponsabilisant quelque part pour la personne ?
Un peu, un peu, pas totalement mais ça...
Oui oui, j'entends et je suis assez d'accord de toute façon.
Donc c'est rendre service à personne.
C'est ça exactement.
Et alors allons que dans l'autre côté c'est à dire où, pratique, pratique, pratique et débrouille toi-même.
Là les fondations risquent de ne pas être correctes.
Pourquoi ? Parce que la personne va peut-être avoir sa vision des choses qui n'est pas forcément
la vision partagée de tout le sol.
Est-ce que c'est un tort ou est-ce que c'est bien ?
C'est là où il y a une prise de risque.
Ça tombe la personne d'avoir une excellente vision, ça tombe pas du tout et elle ne va pas être en phase avec son équipe.
Et ça ça risque de poser un problème.
Donc là...
On est d'accord que les deux extrêmes sont mauvais et la question c'est comment tu doses entre les deux ?
Parce qu'on a vu qu'il fallait un peu des deux.
C'est ça, tout à fait.
Donc pour aller dans les deux il faut un accompagnement je dirais peut-être intermittent.
Donc ça veut dire qu'au début il faut être là pour la personne.
Par exemple pour le junior si je devais prendre ton exemple.
Donc on est là, on guide et on lui fait faire peut-être un peu des exercices pratiques orientées de l'entreprise pour voir comment elles sont ça.
On check mais il ne faut pas être tout le temps derrière la personne.
En tout cas selon moi, en tout cas c'est ce que je fais avec les étudiants, je leur donne un exercice et je les laisse faire 15, 20, 30 minutes et je passe derrière eux.
Je regarde, je leur pose des questions pour voir si ils ont véritablement compris ce qu'ils font ou alors s'ils ne pas t'engagent.
S'ils ne pas t'engagent, j'essaye de détecter les failles.
Donc je dis ok, ça comme de souci, il n'y a pas de souci, tu peux aller m'en reparler ou alors pose-moi des questions.
D'accord ? Prends note et tu les poses.
Voilà ou alors si justement je vois qu'ils sont coincés juste pour un petit quelque chose,
je les amène à faire en sorte qu'ils arrivent à se sauter décoincés.
En disant ah oui mais si tu fais ça comme ça, qu'est-ce qui va se passer ?
Et là j'essaye de faire en sorte que la pièce tourne et qu'ils fassent ah c'est ça.
Mais oui, c'est ça.
Pourquoi ? Parce que si je leur donne la réponse, ça ne va pas parce que ça veut dire que c'est moi qui les trouvais à leur place.
Donc il faut les amener à trouver par eux-mêmes, via une séance de questions et de réponses.
Comme ça qui le fait.
Ok, donc tu as plein d'outils qui sont très pratiques et directement transposables
encore une fois à l'écosystème, enfin l'univers de l'entreprise parce que là on parle juste de pédagogie pure en fait.
Et donc tu dis poser des questions, j'ai entendu qu'il y avait beaucoup de place à la question chez toi.
Oui.
On n'est pas dans le jugement, on n'est pas dans la directive, on est plutôt dans la question et éventuellement dans la suggestion.
C'est ça.
Et tu dis, j'ai bien aimé, tu dis je ne les laisse un peu pas loger mais tu mets une boîte de temps.
C'est ça.
15 minutes, 30 minutes.
Exactement.
C'est-à-dire que tu bornes quelque part le temps que tu vas leur donner pour qu'il se débrouille.
C'est exactement ça, tout à fait.
Donc si on est à l'échelle de l'entreprise, on ne va pas être tous les quart d'heure,
mais ça peut être, par exemple on peut dire, le matin je suis avec la personne, je l'accueille,
je la brife, enfin je lui explique un sujet ou un problème.
Et par exemple je vais me donner une boîte de temps, par exemple l'après-midi où là moi je vais être concentré,
tu ne me dérange pas, tu avances sur ton truc et en gros tu te débrouilles.
Et le soir ou le lendemain matin on fait le point sur comment tu as avancé et là où je peux te débloquer.
C'est ça, ça peut être une mini séance de code review et on regarde avec la personne,
ce qu'elle a réalisé et faire en sorte qu'on lui pose des questions sur pourquoi tu as fait un si,
ah c'est curieux, tiens j'aurais pas fait un si, moi j'aurais fait tout ceci,
cela et voilà c'est plutôt un apprentissage simultané, vraiment dans la construction et dans le question de mort.
Voilà, oui c'est clairement ça ce que tu as dit, c'est laisser patager un peu, pas trop,
c'est vraiment un bon dosage à s'ignorcer à ses fins, mais une fois qu'on l'a trouvé,
là je pense qu'avant de donner on peut vraiment faire des choses assez exceptionnelles.
Et tu vois je me dis, je recherche toujours comment tu trouves ce bon dosage,
c'est quoi les critères qui te font dire que tu es dans le bon dosage.
J'ai l'impression aussi, il y a une pensée qui me vient, c'est que ça dépend des personnes.
Tout à fait.
Il y a des gens qui vont avoir plus ou moins besoin de galérer, qui vont être plus ou moins autonomes,
parce qu'il y a un vrai enjeu autour de, à mon donner il ne faut pas que t'occuper de la personne,
te mange plus de temps que si tu avais fait le travail à sa place, sinon à mon donner ça devient plus,
ça fait plus tellement de sens, s'il y a deux qui avance moins vite que quand tu es tout seul,
soit il faut que ce soit transitoire temporaire, parce que ça a duré en temps et après,
sinon c'est que ça fait juste pas de sens.
Alors moi j'ai un avantage que les étudiants se trouvent juste en face de moi.
Donc du coup il y a déjà le langage verbal dans le sens, je ne vois pas.
Ah et on voit qu'ils réfléchissent et qu'ils se trompent.
Ah tu les vois galérer en fait.
Oui je les vois et je les entends aussi.
Parfois il y en a qui marmonnent des choses pas trop compréhensibles, qui se mordent les lèvres au haut.
Et aussi donc le langage normal, on voit par exemple très bien,
la jambe qui n'arrête pas de se remuer d'une manière assez vive et répétée,
là clairement il y a quelque chose, il y a un stress.
Donc là je vais voir pas spécialement directement vers eux,
parce qu'ils vont comprendre que bon bah voilà j'ai bien vu que je vais remarquer leur jambe qui tremblante,
mais je vais faire un tour, voilà tranquillement.
Et après je reviens vers eux, je dis mais il y a quelque chose qui ne va pas.
Et du coup c'est là où on engage un dialogue.
Mais comment on peut faire ça en entreprise du coup ?
Bah là j'avoue que c'est un peu plus complexe car on ne travaille pas forcément à côté de la personne.
J'imagine les open space ou parfois les bureaux privés.
Mais ça peut être à travers de questions assez...
un peu personnelles dans le sens, ça va bien.
Et alors dis-moi la tâche, ça va ?
Tu penses que tu gères bien ?
T'as pas trop de soucis et autres ?
Ça ne doit pas être des questions directes,
mais plutôt des questions qui permettent de parler de ce sujet là.
Et là on voit les mimiques de la personne.
Quand tu poses la question, ça va, je pense que c'est une question un peu directe.
Tu as un gros risque de filtre social qui est non non,
mais tout va bien alors que la personne galère.
Ou alors combien même ça va, ça se passe bien la journée ?
Ouais, là tu es plus indirect.
Et là c'est plus indirect.
Moi moi tu t'intéresses à la personne, est-ce qu'elle se sent bien ?
Et là elle est plus libre de dire effectivement,
oui ça va bien, c'est vrai que je galère un peu sur le sujet,
mais j'y arrive, je le sens bien ou je le sens pas bien.
C'est vraiment laisser la porte entre ouvertes.
Voilà.
Ne pas la fermer, pas dans le sens,
non tout ça il y a un bon dire ce qu'il veut,
non je dirais bien, je ne le dirais pas,
mais dans le sens où si jamais il nous dit oui ça va,
on sent qu'il y a un laps de temps.
Rien que ça, rien que ça.
Et ça donne énormément d'informations.
Là on peut dire j'ai l'impression qu'il y a un petit quelque chose,
tu es sûr ?
Si la personne dit ça va alors c'est bon,
on ne peut pas chercher à aller plus loin.
Mais si on s'est dit oui, j'ai ça,
bah voilà, là c'est parti, on en parle 5 minutes,
c'est pas obligé de prendre 10, 15, 20 minutes,
non mais genre 5 minutes,
il dit ok, essaye peut-être d'aller vers là-bas,
et au pire on en reparlera demain matin.
Voilà.
Oui, ça fait plusieurs fois que tu reviens sur le fait de dire
ce qui est important c'est de démarrer le déclencher le dialogue.
C'est ça, c'est ça.
Et en fait il faut parler déclencher d'une manière frontale.
Pourquoi ?
Parce qu'il y a des personnes qui n'aiment tout simplement pas être aidées.
Voilà.
Pas dans le sens négatif,
mais dans le sens où il y a la fierté un peu personnelle,
dans le sens je dois y arriver par moi-même,
ce qui est bien,
ce qui est bien.
Mais il faut quand même...
Ce qui est si peu devenir limitant le jour où tu es en dépassement de capacité,
et là tu te prends en général un bon gros mur.
Exactement.
Et ça c'est,
il est parfois si difficile de différencier l'obscination de la détermination.
Les deux vont bien ensemble.
Les deux vont très bien ensemble,
mais il y en a un qui est plutôt négatif,
tandis que l'autre qui est plutôt positif.
Donc il faut savoir juger.
Attends,
observation et détermination,
je suis en train de me demander,
est-ce que c'est pas les deux phases d'une même pièce en fait ?
Donc un peu de choses près,
un peu de choses près.
Moi la détermination c'est par exemple,
on met beaucoup d'énergie,
beaucoup de volonté,
et on commence à y arriver au fur et à mesure.
On va réussir à percer à force.
Et l'obscination,
ça me fait penser à un biais cognitif,
qui est plutôt le sunk cost effect.
Ça veut dire,
on met énormément de temps dans une activité,
mais,
c'est du temps perdu.
Stop ! Arrête-toi là,
arrête les frais tout de suite.
Moi je le vois plutôt comme ça en fait.
Ouais je vois.
Non mais attends,
j'ai déjà passé 4 heures,
je vais pas m'arrêter maintenant,
je vais pas perdre tout ce temps perdu.
Ouais,
qu'est-ce qui fait la différence ?
Dans le premier cas,
on fait du progrès,
on arrive à avancer malgré tout,
même si on avance lentement,
dans le deuxième pas forcément.
Ouais, c'est ça.
C'est ça.
Et donc,
vient en jeu,
du coup, la rapidité,
d'absorption des nouvelles informations.
Ouais, parce que tout à chacun est unique,
on est tous uniques,
il y en a qui vont super rapidement,
il y en a qui vont super lentement.
Et là,
j'entame ce sujet,
c'est pas un peu tout ça,
désolé.
Non, non, mais c'est bizarre.
On vient sur la question de l'étérogenéité,
qui est important quand tu es dans un groupe,
et que tu veux apporter à un groupe
une connaissance,
quelle qu'elle soit,
que tu veux faire un acte de dépénagogie,
mais tu es obligé de faire avec la disparité du groupe.
C'est ça.
Et du coup,
là,
j'avoue,
je pense que si il y a des pédagogues qui m'écoutent,
ils seraient peut-être pas spécifiquement d'accord avec moi,
mais moi,
c'est plus par expérien que je vais parler.
Il y en a peut-être qui dirait,
il faut laisser aller tout le monde à leur rythme.
Je suis d'accord,
mais...
Ce n'est pas complètement invisiblement.
Oui, c'est ça.
Mais si je vois que quelqu'un,
je donne un exercice à un groupe classe,
si je vois que la majorité termine exercice
en 4 heures de temps,
à de mes temps,
et si je vois qu'une autre personne le termine
en 12 heures de temps,
là,
je vais quand même lui dire,
il faut aller plus vite.
Clairement.
Oui.
Ça,
là, il ne faut pas dire,
non,
chacun d'un avance ne saurait pas.
Pour moi,
c'est un moment.
Il faut l'aider
pour
là,
aller plus vite.
Peut-être qu'il y a des failles,
il y a des connaissances en moins,
il faut le diriger.
C'est ça, en fait,
mon point de vue.
Ok.
Et si on fait le parallèle avec
le monde de l'entreprise,
ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que l'un qui,
par exemple,
qui va,
qui va mettre beaucoup plus de temps
que les autres à percuter,
et à digérer les trucs.
Oui.
Hum hum.
Comment est-ce que tu peux,
comment est-ce que tu peux l'accompagner ?
Mais ça doit être,
je pense que ça doit être,
tu vois,
c'est une situation qui,
à mon avis,
est hyper frustrante pour tout le monde.
Exact.
En tant pour la personne qui est à la bourre,
qui a du mal à percuter,
que le groupe qui se dit,
tard, on est ralentis,
tu vois.
Oui.
Alors moi,
je vois deux difficultés,
donc de la personne qui a du mal,
à comprendre ou plutôt,
à se diriger vers la pratique.
Déjà, la personne souffre
parce qu'à mon avis,
elle le voit.
C'est quand on le voit avec ses collègues.
Oui, ça sent.
Bien sûr.
Ça se sent,
et là,
il y a déjà un blocage.
Surtout qu'autant avec un chef de projet,
on peut lui,
le bullshitter,
lui raconter un peu ce qu'on veut,
si on s'est bien parlé.
Hum hum.
Autant de Dave Adève,
ça passe par du code,
on voit le code que la personne écrit,
et c'est,
il y a pas de bullshit possible.
Tout à fait.
Et la seconde difficulté,
c'est la personne qui,
qui le coach,
qui l'accompagne.
Là,
la personne,
elle doit trouver des bons mots.
Et c'est très compliqué.
C'est très compliqué.
Pourquoi ?
Parce que,
heu,
quand on est dans le monde du travail,
bah,
on peut dire,
oui, mais j'ai pas de temps à perdre.
Voilà,
j'ai,
j'ai ma tech,
j'ai ma future qui doit être faite
pour demain,
je dois avancer,
go.
Heu,
et du coup,
là,
heu,
il faut trouver des bons mots,
pour ne pas frustrer la personne
qui a des soucis.
Hum hum.
Donc, c'est vraiment,
heu,
il faut prendre un peu de temps,
mais je pense que,
en prenant un peu de temps,
et en plaçant les bons mots,
sans être dans le jugement,
il y a moyen de débloquer la situation
et de justement renverser la totalité
des effets négatifs,
et de les transformer en effets positifs.
Tu sais pas si t'as vu,
mais il,
ça demande quand même,
heu,
dans ce que tu me dis,
faire attention aux mots,
oui.
donner du temps,
ça demande de l'énergie,
des compétences,
de l'attention.
Merci.
C'est,
c'est,
pas un truc que tu fais sur un coin de table
entre autres de features, quoi.
Pas du tout.
Pas du tout.
Et ça,
ce sont des soft skills.
Heu,
on peut,
on peut s'imparanter à ça.
C'est vraiment des soft skills.
Ça est,
le social joue pour beaucoup, hein.
Il n'y a pas que le,
l'attaque et la formatique pure,
je pense qu'il y a vraiment aussi le côté social.
Et développeur,
si je reprends un petit peu les anciens stéréotypes,
donc celui qui est,
heu, chez soi,
qui joue au vidéo,
qui code dans son coin et autre,
je pense que c'est quelque chose
qui de nos jours est un peu...
T'attends, tu étais dans ma chambre
quand j'étais jeune, toi, ou quoi ?
Ha, ha, ha, ha.
Voilà.
Mais c'était mon cas aussi.
Donc j'en viens la voiler.
Ha, ha, ha.
Mais, heu,
maintenant, c'est quelque chose
qui est, heu, terminé.
Et il y a vraiment la,
la spécale sociale qui compte énormément.
J'ai juste,
je vais prendre guide.
Ah oui, non, mais le, le côté,
le côté,
solitaire,
je suis,
je suis complètement d'accord à 200%.
Aujourd'hui,
je pense que les projets qui naissent
et qui sont amenés par
une personne qui fait tout,
je pense que c'est exceptionnel
et voir,
voir inexistence,
je sais pas.
Mais c'est très, très rare.
Et en tout cas, aujourd'hui,
j'aime bien,
je crois que c'est,
je sais plus qui c'est que j'ai entendu,
dire souvent,
heu, le dev,
c'est de nuire un sport d'équipe,
je suis complètement enligné à l'attitude.
C'est un sport d'équipe.
C'est ça ?
Et la dimension,
et mais je pense qu'aujourd'hui,
d'ailleurs, la dimension sociale,
heu,
bon,
je pense que je peux l'affirmer,
prime sur le côté technique.
Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup.
Ça joue énormément.
Ça, je suis...
Ou dit différemment,
je pense qu'une équipe qui s'est bien centrédée,
gérer le côté social,
même si elle est moins bonne techniquement,
ira beaucoup plus loin
qu'une équipe de gens hyper performants techniquement,
mais qui sont très solitaires
et qui savent pas interagir efficacement,
dialoguer efficacement,
qui ira beaucoup moins loin.
Ça, j'en suis,
j'en suis extrêmement convaincu de ça,
mais c'est peut-être un stéréotype aussi,
je sais pas.
En tout cas,
moi,
je le vois avec le groupe des étudiants.
Donc,
dans la mécour,
c'est le cours de projet,
je donne un projet assez massif
à faire en équipe aux étudiants.
Donc, les étudiants forment des équipes de 4 à 5,
et ceux qui arrivent à bien dialoguer,
vraiment,
ils sont centrédés,
c'est ceux qui vont plus loin.
Et ça, c'est super important.
Il y en a qui sont très forts,
technologiquement,
je parle,
et qui dialoguent pas spécialement énormément.
Et là,
ils vont très, très, très vite au début,
mais à la fin,
c'est un peu comme le sprint.
Oui, ils vont partir un peu tout seul,
mais après,
ils vont pas tenir sur la durée,
ou quand il va falloir assembler le travail
des uns et des autres,
ça va,
ça va devenir trop compliqué.
Exactement.
Tout à fait.
Ça crée des conflits,
ça crée des tensions,
et là,
ils vont perdre peut-être plus de temps
à essayer d'arranger
les commerciations de groupe
que le code a encore pu en parler.
Et ça,
on ne le voit pas,
c'est implicite.
Et ça,
tu le vois sur des projets qui,
quand tu dis un peu massif,
c'est des projets qui citent à combien de temps ?
J'imagine plusieurs semaines,
pour voir ces phénomènes à l'oeuvre.
Un mois et demi.
Ah oui,
c'est un bon gros projet.
Oui, c'est un bon gros.
Et oui,
il a un bonhomme tout seul,
peut pas rattraper tout le truruc.
Impossible.
C'est pas possible.
Ah,
quoique,
si,
on ne me revoit que des nuits blanches
avec du café à part de la main.
Là,
il y a peut-être moyen,
mais ça,
c'est rare.
Écoute,
Orlando,
c'était top,
c'est une super conversation,
merci.
On est arrivé à la fin de la boîte de temps,
si les auditeurs veulent en savoir plus
sur ce que tu fais,
tu peux venir te suivre.
Alors,
je deviens,
oui,
je ne suis pas énormément
sur les réseaux sociaux,
néanmoins,
les auditeurs peuvent me retrouver
sur LinkedIn,
au nom de Orlando Palermo,
tout simplement.
Merci Orlando.
Avec grand plaisir,
et c'était vraiment
une super conversation.
Merci,
plaisir partagé.
Quand t'as touché à l'auditeur,
si tu as envie d'en savoir plus,
pour apprendre à écrire du code durable,
je t'invite à venir dans la,
dans la maison des compagnons,
sur compagnons.artisandeveloper.fr,
tu y trouveras le cursus
Artisan Developer,
et qui t'aidera
à apprendre à écrire du code durable.
Si tu veux en savoir plus,
bien,
y jeter un oeil.
Je te remercie,
je te dis à bientôt.