
S'expatrier en Suisse avec Sylvain Leroy
Durée: 29m13s
Date de sortie: 25/04/2023
S'expatrier ? Comment trouver une opportunité et savoir rebondir en tant qu'expat ? Comment s'adapter à nouveau mode de pensée, de travail ?
Pourquoi vouloir s'expatrier ?
C'est ce qu'on voit dans l'épisode du jour avec Sylvain Leroy, développeur expatrié en Suisse.
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vivre une carrière épanouissante.
Prêt à passer au niveau supérieur ? C'est parti !
Aujourd'hui je suis avec Sylvain Lorrois, Sylvain Bonjour.
Salut !
Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?
Oui, alors je m'appelle donc Sylvain Lorrois, je suis Breton, accessoirement français et
en fait j'ai une carrière informatique, je suis passé par plein de choses et ça fait
maintenant à peu près un peu plus de cinq ans que je travaille en Suisse.
Et le thème de l'épisode d'aujourd'hui c'est l'expatriation et l'expatriation
en Suisse.
Donc ça fait cinq ans que tu bosse en Suisse, tu es de nationalité française, est-ce que
tu as une nationalité suisse ?
Pas encore, donc en fait ça fait six ans que je travaille en Suisse, c'est ça qui est
intéressant.
La première question, comment tu fais pour mettre un pied en Suisse ?
Parce que l'image que j'ai en ai c'est que c'est un marché hyper dur d'accès,
faut vraiment avoir des compétences hyper rares, recherchées pour des frontaliers,
j'ai l'impression que c'est le plus mieux toléré mais que de vraiment devenir migréant
Suisse, c'est super compliqué en fait.
C'est une question vraiment intéressante, ça fait cinq ans que j'habite en Suisse,
mais tu vois ça fait six ans que je travaille pour des entreprises suisses, c'est-à-dire
que j'ai passé un enfant talier auparavant.
D'accord.
Et comme beaucoup je pense de personnes qui ont découvert le marché Suisse, je suis
arrivé ici grâce à une entreprise qui recherchait des compétences spécifiques en informatique
et elle a fait toute la démarche de me convaincre déjà parce que j'ai une situation qui est
un peu particulière, on en reviendrait un peu dessus.
Et deuxièmement de m'aider à calmer mon stress et arriver ici pour démarrer du coup
avec des entreprises suisses, c'est un environnement très différent.
Donc d'abord frontaliers pendant un an et puis j'ai pris la décision ensuite de m'installer
en Suisse, ce que tout le monde ne fait pas, mais on peut revenir là-dessus.
Alors en quoi c'est stressant et qu'est-ce qui t'a déterminé à le faire à passer
ce cap-là ?
On pourra comparer les...
Il a commencé à changer depuis la France, mais il y a six ans, donc moi j'avais créé
une entreprise, j'étais un co-fondateur d'une start-up en fait et pendant un certain nombre
d'années avant, j'étais vraiment à fond dans mon travail et tout.
Puis un jour, à peine un mois avant que j'arrive en Suisse, je me suis retrouvé à chercher
du travail.
Quand tu as un poste de CTO, des choses comme ça, tu sais, c'est souvent les entreprises
au coût de cœur que tu en veux de rejoindre une boîte.
Et moi j'ai habité en Bretagne et très vite les postes qui m'intéressaient, c'était
assez loin de chez moi.
Et du coup au départ j'ai commencé à chercher à Nantes, sachant que j'étais pas loin de
Rennes, puis après je cherchais à Paris, puis après on m'a dit, bon t'as regardé
à Paris, t'as regardé en dehors de la frontière.
J'ai sourcé un poste intéressant dans une start-up en Belgique, ça s'est pas fait,
tout ça en moins d'un mois.
Et le chasseur de tête m'a dit, je connais des potes en Suisse, ils ont besoin de profils
comme le tien.
Je leur transmets ton CV et puis tu verras ce que ça donne.
Je fais une première entretien avec eux.
Je leur explique mes conditions financières, etc.
Pour lesquelles je serai intéressé de venir.
Et ils me font dire, ok, tu démarres le 2 janvier.
Ok, on est le 11 décembre là.
Et du coup, c'était un peu ça le stress.
Il a fallu plier bagage, j'avais 2 enfants à l'époque, on a marié.
Donc ça fait beaucoup de choses à préparer en deux semaines.
Tu mets un nouvel.
Et donc tu démarres par contre la première fois que l'on te le première embauche, tu
as dit que tu es frontalier encore, c'est ça avant de rentrer sur le territoire suit ?
Oui, je suis frontalier, je suis tout naïf vers le 15 décembre, je prends l'avion.
J'arrive à Genève, je visite, j'avais pris deux jours, je visite 4, 5 à part, je fais
easy-peasy, je vais trouver un appart, je fais les visites et tout.
Dans les trois jours qui suivent mon retour, j'ai que des refus.
Non, on te loupe pas, on te loupe pas.
Ah ouais, carrément.
Et je fais mes séquences-trucs.
Après, je regarde sur Internet et ils disent non, le marché locatif, la frontière,
en Suisse, c'est hyper tendu, si tu n'as pas trois feuilles de salaire, un CDI, etc.
Les gens sont super fri-leux à te louer.
Ok.
Et là, je vous dis, c'est pas la même culture, c'est pas la même ambiance.
On va à France.
Et qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu passes le cap de venir en Suisse ?
Alors parce que le fait d'être frontalier, c'est pas mal.
Je crois que tu tires parti d'un salaire suisse qui va être plus élevé, mais en même temps,
tu vis reste en France à un niveau de vie qui est moins coûteux.
Parce que l'immobilier, l'allocation, tout ça, le coût de la vie en Suisse, c'est
pas tout à fait le même.
Alors économiquement, je vois beaucoup de choses.
Après cinq ans, sur Internet, il y a plein de jeunes qui se lancent YouTubeurs.
Comment j'ai réussi en Suisse ?
Ça gagnait 3800 balles par mois.
Alors 3800 balles par mois, c'est beaucoup en France, mais c'est moins que le Semicon
Suisse.
Donc il n'y a jamais les petites lignes derrière les vidéos.
Ouais, clairement, je pense qu'avec 3600 balles en Suisse, tu vis pas très bien.
C'est la pré-rugue.
Une question à Lidl, il gagne à peu près 4600 francs.
OK.
OK.
Relativiste.
Le Semic est à peu près un peu plus de 4000, je crois, je crois.
Donc quand tu habites frontalié, en fait, tu as les avantages d'être encore dans la culture
française, de ne pas avoir à changer tout de suite de systèmes de santé.
Parce que quand tu passes la frontière, tu n'es plus à la sécurité sociale.
Tu as tout qui change.
Tu changes ton permis de conduire, tu changes ton assurance santé, tu changes l'éducation
des enfants.
C'est plus la même, c'est plus le même système scolaire.
Il y a plein de choses qui changent.
Pour commencer, beaucoup de gens commencent à la frontière et aussi pour se rassurer,
parce que tu n'as pas forcément la sécurité de l'emploi en Suisse, on pourra en revenir
là-dessus.
Mais il y a beaucoup de gens qui quittent la Suisse après 18 mois.
Et si tu regardes 18 mois, c'est à peu près le temps de ta première mission en Suisse.
Et tu découvres que c'est hyper dur de retrouver une seconde mission.
On te fait venir par opportunité pour correspondre à un besoin, mais pour être capable de rebondir,
c'est compliqué.
C'est compliqué pour quoi ? Pour des raisons administratives ou parce que le marché, les
Suisses, ils n'aiment pas trop les étrangers ou un truc comme ça ?
La Suisse, c'est un pays qui est très multicultural.
Donc on est tous étrangers, entre guillemets.
Excuse-moi, sur le marché du travail, j'avais l'impression qu'il y avait une culture
plutôt pro-suisse et qui faisait rebondir ceux qui n'étaient pas déjà dedans dans ce marché-là.
C'était dur d'y rentrer.
Mais évidemment, c'est dur d'y rester aussi, visiblement.
En fait, comment te fait venir ?
La Suisse aime les experts.
Donc ils aiment les gens qui correspondent pile-poils à la feuille d'emploi ou à l'offre d'emploi qu'ils attendent.
Et donc forcément, quand tu repostules pour un nouveau job, il faut soit tu as vraiment une case très
précise d'experts et vraiment c'est très demandé et tu peux enchaîner comme ça sans problème,
soit il va falloir que tu...
T'as une certaine compétition parce que quand il y a une offre d'emploi en Suisse,
c'est pas rare qu'il reçoive 200, 300 CV et pas que de l'Europe en fait pour le poste.
Ah oui, donc un train segment, une forte compétition.
Donc même sur des jobs de développeurs avancés, des posts comme ça,
est-ce que développeurs en Suisse par exemple, c'est un job ou tu seras sur le fait que tu vas trouver
autre chose une fois que tu es dans le pays ou même là, tu peux être...
C'est hyper compétitif.
Alors ça va dépendre de plusieurs facteurs.
Le premier facteur, c'est le géographique.
Où est-ce que tu habites ?
Si tu es frontalier par exemple à Genève, côté Anemasse, Saint-Genis, etc.,
tu vas pouvoir postuler à Genève comme boulot, tu vas les jusqu'à Nillon.
Mais après, si tu vas jusqu'à Lausanne ou un peu plus loin,
ça fait commencer à faire beaucoup de routes.
Du coup, c'est fatigant, c'est impactant si tu veux.
Donc ton marché de l'emploi, il est rétrécis aussi par le temps que tu es prêt à passer pour faire les transports.
Ça, c'est le premier point.
Le deuxième point, c'est en fonction de ta situation familiale, que tu sois célibataire, jeune,
plus ou moins expérimenté, tu n'as pas les mêmes attentes, le même salaire, etc.
Quand tu es frontalier, c'est pas rare que ton premier emploi,
tu es très largement dessous du marché de l'informatique.
Je ne sais pas, tu vas te payer une 20% moins chère que ce que tu vaux vraiment.
Et en même temps, tu es super content parce que par rapport à ce que tu es en France,
c'est beaucoup plus que 20% en mon avis que ce que tu pourras.
Bien sûr.
Donc ça, c'est le deuxième impact, c'est que quand tu as une famille, tu as des enfants, etc.,
tu ne peux pas accepter le moins dix ans pour retrouver un emploi.
Et voir que tu vas vouloir voir le même salaire, voir un peu mieux.
Et plus tu passes de temps à travailler en Suisse,
et plus ton salaire généralement, il augmente parce que tu arrives à mieux négocier.
Donc à un moment donné, plus ton salaire augmente,
et plus c'est compliqué de trouver un nouveau poste.
Et ce qui est intéressant aussi, c'est que,
c'est le dernier point, c'est que la Suisse reste un petit pays.
Et en termes d'opportunités,
on ne vient pas forcément te chercher pour,
tu sais, sur LinkedIn, tu es à Arcelée, par exemple en France,
tu reçois des offres dans quoi, tous les jours, etc.
En Suisse, c'est un peu plus rare d'en recevoir.
Et souvent, c'est un poste dans une entreprise,
et t'as dix boîtes qui te démarchent.
Donc il n'y a pas dix offres d'emplois en fait.
Il n'y a aucun seul vrai emploi derrière.
Tu as l'impression qu'il n'y a pas de jolte derrière la clé.
Du coup, il y a plein de choses comme ça.
Et puis, bon, la quatrième qui peut faire que c'est un peu compliqué de rester,
c'est la culture parce que,
quand t'es frontalié, comme je dis, tu reviens en France,
tu reviens dans...
C'est la France, mais ce n'est pas tout à fait la France
parce que quand on est aux frontières,
que ce soit à Strasbourg, avec Bal ou à côté de Genève,
c'est une ambiance différente.
C'est des gens qui viennent de travailler.
Une certaine porosité, je suppose.
Il y a quand même la culture, elle se diffuse,
elle ne s'arrête pas à la frontière.
Un petit peu, mais tu vois, ce qui était intéressant quand j'ai commencé,
moi, il y a plein de choses que je comprenais pas de la culture Suisse.
Et encore, je suis le même que tu connais.
Mais même que ce soit la gastrose qui mange, etc.
Vas-y, donne-nous quelques best-ofs des trucs ou...
Moi, j'arrive en janvier, tu vois,
donc c'est la neige, là,
elle est dans les 60 cm de neige hier.
Et les gens, ils me présentent un paquet de biscuits,
quoi, ce que tu veux, dans les bureaux.
La première jour où j'arrive, ils me font dire,
« Tiens, mon chat est chêne, c'est quoi ce truc ? »
C'est des « Curly » !
Merci !
Il y en a un autre qui vient plus tard,
qui distribue des barres en chocolat,
mais qui m'a un certain nom,
et des branches, je lui fais « Ah, tu manges des branches, je me fais ».
Mais tu connais pas, mais tous les enfants mangent ça en Suisse.
Ah oui, d'accord, pardon.
En gros, c'est quoi le truc ?
C'est comme il fait très froid,
les gens ont une certaine spontanéité,
solidarité à s'offrir des choses à manger pour tenir le froid,
c'est un peu ça le dire.
C'est ma question.
Non, c'est juste que souvent dans les bureaux...
Moi, je sais pas, dans ces bureaux-là, en tout cas à l'époque,
ils bouffaient tout le temps.
C'est tout.
Quand ils aimaient des gâteaux, ils aimaient des machins,
c'était vraiment sympa comme entreprise.
Et donc, on mangeait souvent,
mais ils ont emmené souvent des choses qui étaient...
Mais pour les gens, c'était intéressant,
parce qu'il y avait peut-être 40% de frontaliers
et 60% de Suisse dans la boîte.
Et du coup,
chacun a amené ce qu'ils pouvaient acheter,
où ils l'habitaient, en fait.
Donc, les Suisses n'achetaient pas les mêmes choses
que les frontaliers,
ce qu'ils pouvaient acheter,
peut-être peut-être la frontière.
On n'a pas les mêmes produits, forcément.
Donc voilà.
Qu'est-ce qui t'a fait, sautelle, pas, de venir en Suisse
et quelles ont été les plus grands changements
que tu as perçus ?
Alors, pour moi, qui est Breton
et qui travaille surtout dans le nord de la France,
parce que pour les gens ici, c'est le Nord.
Moi, c'est l'Ouest et Paris, c'est le Nord.
Mais bon, c'est un déjà...
Quand tu arrives en Haut-de-Savoie, etc.
C'est une autre région, c'est une autre attitude, etc.
Et pour moi, c'était très différent de la France que je connais,
si tu veux.
J'étais déjà déraciné juste en étant frontalier.
C'est...
C'est pas...
Il y a des mots, le paysage...
Oui, c'est déjà différent.
Ça m'a vraiment bouleversé pour quelqu'un qui a toujours vécu à la mer.
Quand tu vis à la montagne, 24, c'est trop différent.
Et la deuxième chose, c'était pendant l'été,
je sais, le mois de mai, le mois de juin,
il faisait assez beau et on est allé du côté de Lausanne, en fait.
Et on a vu l'AC, mais dans l'autre sens,
Genève et Lausanne, c'est quasiment face-face.
Et c'est vachement plus beau.
Et je me suis dit, mais ma...
C'est super beau, le paysage vu de Lausanne et tout.
Et on se bala...
Et j'avais fait un meet-up quelques semaines avant et des entretiens,
et j'avais trouvé la ville vraiment sympa.
Et je dis à mon épouse, quand même,
c'est plus familial, c'est plus facile à vivre ici,
quand on a une famille,
qu'à Genève, que je trouvais trop épace, trop étalée,
et en fait, c'était plus compliqué.
Et du coup,
je dis à mon épouse, si on part en Suisse,
financièrement, ça va être plus compliqué, je pense.
On va avoir beaucoup plus de charges, de choses à dépenser, etc.
Mais on était tous les deux convaincus,
par exemple, pour nos enfants, ça va être beaucoup mieux,
parce qu'il y a quelque chose de tout bête.
Mais quand tes enfants, ils grandissent côté frontalier,
c'est l'autre savoir.
Bon courage pour me citer,
la grande université de haute savoir.
Les enfants, soit ils vont étudier en Suisse,
soit ils vont à Lyon.
Et donc du coup, ça pose des questions pour toi,
parce qu'à un moment donné, quand tes gamins,
ils vont faire des études spécifiques ou d'un bon niveau,
mais il va falloir qu'ils partent de la région.
Alors qu'à Lausanne, je crois que tu as des très bonnes universités.
En Suisse, oui, il y a un super système éducatif.
Et puis, comme ils ont fait l'éducation en Suisse,
ils peuvent très bien y aller à Jury, etc.
Il n'y a pas de souci.
Alors que la passeraille France vers Suisse,
pour accepter des étudiants venant de France,
il y a des critères qui sont assez élevés en métier.
C'est possible, mais il faudra un bon niveau.
Ok, donc le cadre de vie, dans les trucs qui t'ont motivé,
le cadre de vie, la perspective d'offrir un contexte propice pour tes enfants.
Et financièrement, si tu veux,
quand on a commencé à chercher un logement,
j'ai cherché au même prix que j'avais en France.
Ça a été la désillusion, première visite que je fais.
Il y avait 40 personnes à attendre pour faire la visite.
J'ai fait un.
Donc du coup, j'ai commencé à augmenter
le loyer que j'espérais avoir pour qu'il y ait de moins en moins de gens
pendant la file d'attente pour avoir le plus de chance.
Et malgré ça, on ne trouvait pas.
Et on a dû passer par ce qu'on appelle un chasseur d'appartement
pour qu'il connaissait les bons réseaux, les bonnes personnes pour trouver un logement.
C'est si tendu que ça que tu es même pour une loque.
Tu es obligé de faire de faire ça.
J'avais.
Je crois que le marché de l'immobilier est très particulier en Suisse.
On m'a dit que il y avait peu de.
Peu de propriétaires, ou en tout cas que l'accès à la propriété de par
le système immobilier était très compliqué.
Tu n'es pas complètement de ce que j'en ai compris.
Tu n'es pas complètement un vrai propriétaire, c'est à dire qu'en France,
tu es propriétaire de la maison.
Je mets pleinement propriétaire.
Rien que tu sois très riche et que tu as jeté ta maison de cash.
Généralement, tu vas faire une hypothèque et la banque reste
propriétaire d'une toute petite partie de la maison.
Donc, grosso modo, quand tu es puis.
Acheter en Suisse, c'est aussi.
Il faut un apport qui est considérable.
On parle entre 20 et 30% et sachant qu'en fonction de ce que tu cherches,
tu n'as pas en dessous de 800 000 à million.
En pourjeuner, mais vous, donc t'imagines l'apport qu'il faut
collecter.
C'est.
Donc oui, le marché, il est tendu.
J'ai entendu dire que cette année, il va être encore plus tendu parce que le nombre
de locations disponibles sur le marché, c'est encore rarefié.
Et puis les constructions se sont ralentis.
Une nouvelle construction.
Donc il y a beaucoup de gens qui, quand ils démarrent en Suisse,
si tu n'as pas la chance de pouvoir être frontalier, ils prennent AirBnB pendant
trois mois pour passer la période d'essai, pour ensuite pouvoir
avoir les trois fiches de paix, le CDI, etc.
Pour pouvoir demander un appartement et puis faire venir sa famille.
Ça, il y a pas mal de gens qui font ça.
Ah ouais, c'est vraiment un espèce de parcours du combattant pour aller s'implanter
là-bas. Je j'aurais tendance à dire que le plus dur, c'est de trouver le travail.
Quand quand quand quand une entreprise te dit oui et tout,
ben après, c'est à toi de faire des efforts pendant les trois premiers mois
pour t'installer et puis sécuriser ton emploi.
Mais pour un informaticien le plus dur, je pense, c'est un peu l'inversion
des rôles. En France, tu trouves un travail.
Enfin, pour les gens qui ont de l'expérience, moi, c'est mon cas.
Mais je peux trouver un travail en quelques jours maximum.
Je peux changer l'entreprise assez rapidement.
En Suisse, même moi,
le dernier poste où j'ai vraiment galéré, j'ai mis un mois pour trouver un boulot.
J'avais un préavis de trois mois, j'ai mis un mois et j'ai fait à peu près plus de 50
demandes.
Ah ouais, quand même.
Il a fallu 50 demandes pour 50 candidatures pour pour trouver ton job.
Ouais, et les candidatures, tu sais, parfois, on rigole qu'on a des tests techniques et tout.
En France, c'est généralisé en Suisse.
Les plus longs parcours de recrutement que j'ai fait, il y a eu ce qu'il y a huit entretiens.
Donc, ça dépend vraiment si tu préfères avoir un emploi en direct chez le client ou si tu passes
par un prestataire ou une société de service.
Et toi, comment tu vois les choses, alors comment tu vois ton avenir ?
Tu disais, je n'ai pas encore la nationalité.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tu réfléchis à la demander.
C'est quoi le cheminement pour l'obtenir ?
Si c'est seulement accessible, je ne suis même pas sûr que ce soit accessible si tu n'es pas.
Alors, la nationalité, tu l'obtiens.
Enfin, tu peux la demander et essayer de la voir via un examen, un entretien après dix ans,
dix ans de vie non interrompue dans le pays.
Donc, moi, ça fait cinq ans.
Ce qui fait que je passe en permis résident, c'est le permis-cé, après cinq ans et cinq ans plus tard,
je peux faire la demande.
Après, soit tu passes l'examen et tu y arrives, soit ça te refuser.
Ils peuvent te refuser pour plein de raisons.
Il n'y a pas de règles génériques, c'est-à-dire qu'il y a des personnes qui se sont fait refuser
leur nationalité parce qu'ils ne font jamais les courses au supermarché du village.
On suit ça en émanique.
Il y en a d'autres qui se sont fait refuser leur nationalité pour avoir fait un excès de vitesse.
Ça dépend vraiment d'où tu as dit.
Mais on se pose la question principalement parce que nos enfants grandissent en Suisse.
Il y en a même un qui est né en Suisse, donc il n'a jamais connu autre chose que la Suisse.
Et clairement, eux, reçoivent l'éducation Suisse.
Ils ont l'accent, toutes les expressions qu'on peut imaginer qui sont typiques du pays.
Aujourd'hui, ils sont plus suisses que français, en fait, dans leur développement.
Donc, si demain, tu devais revenir en France, pour eux, ça serait un dérassinement.
Probablement, oui.
Pour mon grand qui est qu'à novembre, aujourd'hui, ça fait déjà 4-5 ans qu'il est à l'école ici.
Si tu veux, quand il fait des blagues typiquement Suisse.
Tu comprends pas toi ?
Non, pas trop.
Je sais que tu n'as pas la rêve.
Du coup, comment tu te vois ? Du coup, tu te vois bien.
Ce que je commence, c'est que tu te vois bien rester là-bas et au moins faire les papiers et te projeter.
Ne serait-ce que parce que, probablement, tes enfants feront leur vie là-bas, en fait ?
C'est un milieu qui exige en professionnellement.
Donc, tant que j'ai la chance de pouvoir travailler en Suisse et trouver un travail et puis d'apporter à la communauté,
où est-ce que j'habite et tout au village ?
Parce que, même pour un français qui habite en Suisse comme moi, on participe aux réunions du village,
parce qu'il y avait la réunion sur les professeurs pour la présentation du projet éducatif.
Tu parles, comment dire, à la municipalité et tout.
Tu n'es pas complètement isolé de la société en étant pas...
La vie de village est importante là-bas, visiblement ?
Ouais.
En fait, en Suisse, là où tu habites, si tu habites dans une grande ville, moi, j'habiterai à Lausanne avant,
tu peux être un inconnu parmi d'autres inconnus, ça passe.
Mais on a fait le pas, la dernière, de changer pour un village pas loin.
Et ça change tout.
On te dit, « Ah, tes enfants, ils sont nés ici, tu étais à quelle école avant ? »
Enfin, tout le monde se connaît entre eux, on découvre les gens.
Et c'est pareil en informatique.
J'ai évu, j'ai changé d'emploi au début janvier, là,
et j'ai une personne qui m'a fait citer sur LinkedIn, on me disait,
« Tu salueras telle personne de ma part, et cette personne que je connais, en fait,
je ne sais pas qu'elle connaisse, qui se connaisse tous. »
En Suisse, c'est incroyable.
C'est vraiment un tout petit milieu.
Et voilà, tu peux profiter de tes expériences passées
dans les autres entreprises suisses pour trouver un nouveau travail,
c'est vraiment enrichissant.
Et d'un autre côté, tes succès, tes échecs aussi forgent ta future carrière.
Comme j'ai dit, je profite tant que possible parce que on est bien ici,
on est contents ici, même si ça n'a pas été facile de s'insérer.
On dit souvent que dans les expats, tu as la lune de miel qui dure à peu près aussi 18 mois.
Tout le monde est beau, tout va bien, etc.
Et puis après, tu commences à découvrir que tout n'est pas si simple,
il y a certains papiers qui sont compliqués qui viennent de France,
qui va faire commencer à faire.
Il y a la première fois que tu as un peu à faire entre les deux pays, tu fais chouette.
Et puis après, tu commences à dire, par exemple, pour moi qui suis français,
la boue française me manque, on ne peut pas acheter tout à fait la même chose, etc.
Ici, c'est un peu différent.
Et ça a été vraiment une grande souffrance qui est partagée, pas beaucoup de français ici.
Puis au fur et à mesure que le temps passe, quand je suis rentré en Bretagne en octobre,
il y a un restaurant qui me fait, mais au restaurant, le propriétaire me fait,
mais vous êtes au restaurant une de vos enfants, vous n'êtes pas français.
Et je... Ouais, il fait, non, mais votre accent, là, c'est pas français,
ça, vous êtes doux, là, vous êtes de nos châtels.
Non, mais suisse, oui.
Et tu vois, il y a un très bon humoriste qui disait, qu'est-ce qui fait ton identité ?
Est-ce que c'est le pays où tu habites, ou le pays où tu es né, ou l'éthique culturelle,
en fait, que tu en portes avec toi ?
Et aujourd'hui, c'est ça qui est compliqué, c'est que quand je rentre chez moi,
je ne suis plus breton, soit j'ai l'accent qui est parti, soit notre niveau de vie,
notre façon de vivre est trop différente.
D'un autre côté, ensuite, je ne serai pas suisse, première génération, c'est trop compliqué.
Donc, on essaie de faire notre place ou on habite.
Si quelqu'un... C'est super, merci pour ce retour d'expérience.
Si, ici, il y a un auditeur qui se dit, tiens, la Suisse, ça me plaît, je t'entraie bien l'aventure.
Si tu avais un conseil à lui donner pour réussir le Paris, ce serait quoi ?
Pour un informaticien ou pour...
Ouais, pour un développeur qui veut travailler avec une boîte suisse et se rapprocher,
et peut-être même aller jusqu'à venir en Suisse.
Ce serait quoi le conseil que tu pourrais lui donner pour vraiment réussir à s'insérer
comme il faut, à choper son premier job, à convaincre une entreprise suisse de le prendre ?
La première chose que je dirais, c'est...
Dans ton premier emploi, tu ne vas pas forcément maximaliser le salaire que tu veux obtenir.
Il ne faut pas que tu te focalises là-dessus.
Tu commences par une société de service, parce qu'il y a une vraie mission derrière,
qui ne te recrute pas sur profil, mais sur mission, en fait.
C'est-à-dire que derrière, il y a un client et tu pars chez le client tout de suite,
pas intercontract, parce que moi, je suis arrivé par exemple, et j'ai eu 3 mois d'intercontract,
donc je travaille effectivement avec un vrai client.
Donc, passe pas à une société de service, parce que d'un côté, c'est plus facile d'arriver sur une marché.
Tu peux commencer à faire tes marques, à connaître un peu l'environnement, les clients et tout.
Ils te font tous les papiers, etc. C'est vraiment plus simple.
C'est vraiment le premier conseil que je fais.
Et le deuxième que je dirais, c'est 1, de passer une première année au chaud,
chez ce prestataire-là, puis après, de commencer à postuler tout doucement pour voir
quelle est l'apétence des entreprises suisses pour ton profil.
Deuxièmement, tu évalues à quel point ton profil est intéressant pour le marché suisse.
Si tu vois que ça n'accroche pas forcément ou qu'il te manque des compétences,
ça te donne une sorte de parcours professionnel pour pouvoir rester sur la durée.
Parce que l'intérêt, bien sûr, c'est de ne pas connaître le chômage,
d'éviter ça, parce que c'est faisable.
Le chômage en France, en plus, il s'entraîne encore de resserrer les règles.
Je ne sais même pas comment ça fonctionne.
En Suisse, tu as une pression de fou pour retrouver un emploi.
La première année, la deuxième année, c'est vraiment que tu découvres l'environnement,
tu découvres la Suisse, tu gardes un esprit ouvert, tu ne te juge pas,
tu acceptes tout ce qui t'arrive.
En plus, tu vas être content parce que tu as plein de bonnes choses qui arrivent,
ton salaire, l'environnement, si tu aimes la montagne, la neige, le lac, etc.
Tu gagnes plus qu'à Paris, mais en plus, tu n'as pas de bâtiments gris tous les jours.
C'est vraiment que du bonheur et du coup, faut en profiter au maximum au début.
J'ai connu beaucoup de jeunes qui ont démarré en Suisse.
C'était un plaisir de travailler à chaque fois avec eux.
Le plus dur, c'est de se dire qu'on est sous-payés par rapport à telle haute collègue
qui a peut-être la même expérience, mais qui fait 20 % plus que toi, etc.
J'ai vu tout le monde se miner la tête à cause de ça.
Quand tu arrives en Suisse, il y a deux choses qui sont dures.
Un, de se dire que quelqu'un est plus payé que toi avec la même expérience que toi.
Deuxièmement, c'est de dire que j'aimerais être en interne.
Ça, c'est le rêve de beaucoup de la informaticien, c'est d'avoir un poste en interne.
C'est-à-dire chez un client.
C'est l'éditeur, oui.
C'est l'éditeur final.
Ça, c'est compliqué à obtenir.
C'est les deux grâles que tout le monde cherche.
Merci pour ce retour d'expérience.
Si les auditeurs veulent en savoir plus sur ce que tu fais, te contacter, te suivre, ils peuvent venir où ?
On peut me contacter sur LinkedIn.
Sinon, il y a l'association des frontaliers qui apportent plein de choses intéressantes
sur la vie à la frontière, les choses à ne pas se tromper.
Il y avait aussi un blog assez connu du frontalier qui est un ancien informaticien.
Ça fait longtemps qu'il est plus informaticien, mais il écrit plein de pages sur la vie de frontalier,
comment choisir son régime social, etc.
C'est vraiment très intéressant.
Écoute, merci pour toutes ces infos.
Merci. Encore ton retour d'expérience et à bientôt.
À bientôt.
Quand t'as t'en cher aux auditeurs, j'espère comme d'habitude que tu as apprécié cet épisode.
Je t'invite à nous rejoindre sur le blog artisan-developer.fr pour voir un petit peu les news de la communauté
et de ce qui sort sur le crapt.
Je te dis à bientôt.
Episode suivant:
Les infos glanées
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Artisan Développeur est un podcast destiné aux développeurs qui veulent bâtir une carrière épanouissante. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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