Code-Garage #77 - L'histoire complète du premier emoji

Durée: 7m16s

Date de sortie: 18/10/2023

Des émoticônes, en passant par la seconde guerre mondiale et en remontant jusqu'au morse, voici l'histoire (plus que) complète du tout premier émoji !

Sources de l'épisode :

Salut et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast de Code Garage, je m'appelle Nicolas
Brondin-Bernard et aujourd'hui on va retracer l'histoire du premier emoji.
Alors d'abord, commençons par définir un petit peu ce qu'est un emoji.
D'après le Unicode Consortium, les emojis sont des pictogrammes typiquement représentés
comme des dessins colorés et utilisés dans du texte.
Ils représentent des visages, des émotions, la météo, des véhicules, des bâtiments,
des aliments ou encore de simples icônes.
Mais aujourd'hui on va se demander d'où viennent réellement ces emojis.
Alors les premiers emojis, ils apparaissent au Japon en 1999.
Ils sont créés par l'artiste Shigetaka Kurita pour une plateforme en ligne pour mobile à l'époque,
appelée E-MOD, commandée par le principal opérateur télécom de l'époque au Japon qui s'appelle Doko Mo.
On pense souvent à tort que le préfix emo dans emoji vient du mot anglais emotion,
mais c'est en réalité une belle coïncidence.
Le mot est en japonais qui s'écrit EH, en lettre romane.
Ça signifie image et emoji signifie lettre ou caractère.
Donc c'est littéralement la traduction du terme pictogramme en japonais.
Alors les 176 emoji de Kurita sont simplement des grilles de 12 par 12 pixels
et sont effectivement envoyés comme des caractères classiques sur l'interface E-MOD.
On y retrouve la météo, un cœur et d'autres symboles
qui sont désormais désormais conservés dans la collection permanente du mishomme d'armes modernes de New York, le MOMA.
À partir de 2007, des ingénieurs de chez Google et Apple qui travaillent justement sur l'internationalisation des interfaces,
notamment pour les interfaces japonaises, envoient plusieurs demandes de standardisation des emojis au unicorn consortium.
Mais ce sera qu'en 2010 que les premiers 625 emoji seront standardisés.
Mais au final, comment est-ce qu'on faisait avant les emoji ?
Avant que des pictogrammes ne soient directement introduits au standard unicode,
on avait des polices d'écriture spéciales appelés des dingbats.
En anglais, le terme dingbats a plusieurs significations, mais couramment on pourrait le traduire par un truc, un machin.
Ce genre de polices commence à devenir populaire,
notamment avec l'arrivée d'une police qui s'appelle Zapf Dingbats, créée en 1977 pour macOS, et donc ça va rapidement se propager.
Dans ces polices, on retrouvait des symboles comme des casacochés, des flèches, des cœurs et d'autres signes simplifiés,
mais ils étaient surtout utilisés pour des documents imprimés.
Et oui, comme les signes n'apparaissaient qu'en utilisant une police d'écriture spéciale,
il fallait d'une avoir la police d'écriture installée sur sa machine,
et deux changer de police en cours d'écriture de son message pour effectivement afficher des caractères,
enfin plutôt des icônes.
Donc pour les communications directes comme les messages ou les emails, on utilisait plutôt des emoticons.
Alors les emoticons, tout le monde connaît, et d'ailleurs le terme, il est bel et bien dérivé des mots emotion et icon,
parce que c'est réellement de ça qu'il s'agit.
En général, les emoticons, c'est pas vraiment la météo, pas de forme complexe,
simplement des smileys, faits avec des signes de ponctuation classiques,
les parenthèses, des virgules, des tirés, des points, etc.
Le premier emoticon, il apparaît sur le Bulltenboard System de l'université de Carnegie Mellon en Pennsylvania,
le 19 septembre 82 par Scott Falman.
Scott, il propose d'utiliser, je cite,
deux points, tirés, parenthèses fermantes, pour marquer le ton de la blague sur un message justement sur ce fameux Bulltenboard System.
Entre les années 80 et les années 2000, les emoticons, elles font vraiment partie de la culture populaire et numérique,
notamment avec l'arrivée des SMS et des forfaits où on payait au nombre de caractères envoyés.
Il n'y a aucun débat sur le fait que les emoticons est réellement l'ancêtre de l'émodime moderne,
mais est-ce qu'il n'y a pas quelque chose d'encore un peu plus ancien ?
Est-ce que vous connaissez l'équivalent de l'émodgie aubergine pendant la Seconde Guerre mondiale ?
Entre 1939 et 1945, les soldats alliés sur le fond communiquent énormément avec leur famille, amie et épouse,
par des lettres parfois quotidiennes.
Mais il y a un problème, chaque lettre est ouverte et elue par la censure.
L'objectif, c'est d'éviter les fuites d'information capitale à propos des décisions stratégiques,
mais également parfois pour d'autres raisons politiques.
Et donc c'est pour contourner cette censure que les soldats et leurs familles utilisent des codes
et des acronymes pour y faire passer des informations et parfois très sensuelles.
Dans des lettres ou directement sur les enveloppes, on pouvait retrouver des noms de pays,
comme China par exemple, qui signifiaient comme home, I'm naked already.
Et en apprenant ça, j'ai vraiment cru que mes recherches sur les ancêtres des emojis s'arrêtaient là.
Mais est-ce que vous saviez qu'il existait des emojis en morce sur les télésgrammes ?
Évidemment, c'est pas parfaitement exact, parce qu'en morce, on ne retrouve pas de ponctuation,
mais on retrouve des abréviations et surtout des codes numériques spécifiques pour faire
passer des informations et même des sentiments. Et faire passer des sentiments à l'écrit,
c'est quand même l'utilisation principale des emojis aujourd'hui.
Alors 1879, Walter P. Phillips sort sa première version du Code Phillips,
qui regroupe ses codes spéciaux lors de l'envoi des télésgrammes.
Comme pour les SMS, l'objectif de ces codes, c'est de faire passer un maximum d'informations
de la manière la plus courte possible pour alléger la bande passante et faire que
les rapports de presse notamment s'envoient encore plus vite.
Au départ, on y trouve des codes très professionnels, comme le code 55,
qui signifie simplement que le sujet est important.
Mais dans les versions suivantes du Code Phillips, on trouve par exemple le code 88,
qui signifie love and kisses, ou encore le code 73, qui signifie cordialement.
Alors fun fact, c'est ce code, le Code Phillips, qui introduit l'acronyme potus
pour president of the United States, qui est aujourd'hui utilisé comme nom d'utilisateur
pour le compte de la Maison Blanche sur Twitter, ou X si vous préférez.
Alors on pourrait sûrement aller encore un peu plus loin dans l'histoire pour retrouver
l'histoire d'autres acronymes et tout ça, mais je trouvais que c'était intéressant
d'aller jusqu'aux formes, on va dire, de télécommunications les plus primaires
qui étaient effectivement le Morse et le Telegram.
Donc on va s'arrêter là, mais on pourrait continuer encore des heures.
Est-ce que réellement ces codes Phillips étaient l'ancêtre des emoji ?
Évidemment, on a dérivé un petit peu du concept.
Si on s'arrête au sens de pictogramme, c'est évidemment les emoticons un peu plus classiques,
mais je trouvais ça intéressant de retourner encore un peu plus en arrière dans l'histoire.
J'espère que cet épisode du podcast vous aura plu,
vous auraient été utiles ou que vous aurez appris des choses.
Moi je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un prochain épisode du podcast
ou directement sur code-garage.fr pour retrouver tous nos cours, nos formations,
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Je vous donne rendez-vous à la semaine prochaine pour un prochain épisode. Salut !

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