Les histoires de nos gamins Un podcast inclusif et artistique créé par Audrey
O'Sseigny. Vous allez écouter la deuxième histoire de Nino, personnage mis en tableau
par Priscilla O'Sseigny.
Le petit Nino était certes petit, enfin d'après les grands, mais son nom lui était bien long.
Nino de la Vega Solola. Nino, c'était son prénom, celui que ses parents avaient choisi
lorsque Nino grandissait encore dans le ventre de sa maman, a Biola. Et de la Vega Solola,
c'était ses deux noms de famille. Et oui, vous avez bien entendu, il en avait deux pas moyens
d'en oublier. Lorsque chez le dentiste, le docteur l'avait appelé Nino de la Vega,
son père et sa mère l'avaient repris en cœur immédiatement.
Ah non, vous oubliez Solola, c'est de la Vega Solola, docteur.
Nino avait vite compris que c'était très important. De la Vega, c'était pour papa,
toute la famille de papa et tous les ancêtres portugais de papa. Solola, c'était pour maman,
toute sa famille, tous ses ancêtres du Nigeria. Et tout ça à additionner faisait que Nino,
bien qu'il était le seul enfant de ses parents, faisait partie d'une immense famille.
Ce qu'il faut savoir aussi à propos de Nino, c'est qu'il adore les princesses. Un dimanche après
midi, il jouait sur la place du village avec les copains, à se déguisler en princesse. Et alors que
tous faisaient flotter leurs cheveux au vent, alors que leurs robes tournoiaient, quelque chose qui ne
avait jamais remarqué, fera pas subitement Nino qui s'immobilisa tout net.
Si cheveux à lui ne bougeaient pas. Mais pas du tout, pas d'un Yota. Comment pouvait-il jouer
à être réponse au lot cheveux ? Si ses cheveux à lui restaient immobiles ?
Nino pretexta alors qu'il devait rentrer chez lui. Ses copains ne comprirent pas pourquoi
il rentrait si tôt, lui qui d'habitude ne voulait jamais s'arrêter de jouer.
« Non mais il va pleuvoir ! » improvisa Nino. Il savait bien que mentir n'était jamais la chose à faire,
mais il se sentait soudain, si mal à l'aise qu'il avait le besoin irrépressible d'être chez lui.
« Oh, te voilà déjà mon Nino de partout ! » c'est ainsi que l'appelait sa mère.
Sans dire un mot, Nino va se blottir au creux des bras de sa mère. Il sentait l'odeur réconfortante
et familière du café qui s'échappait d'une tasse posée sur la table.
« Maman, tu peux les détacher ? » La maman de Nino savait de quoi il parlait.
Elle leva ses mains pour retirer le chouchou qui retenait ses cheveux en chignon.
C'était un fabuleux spectacle auquel assistait alors Nino, toujours aussi émerveillé par cette vision.
L'épaisse et longue chevelure noire de sa mère retombait sur son visage,
comme un merveilleux rideau impénétrable. Là, dans l'obscurité des bras et de la chevelure crépu,
Nino se sentait à nouveau lui-même.
« Maman, je ne comprends pas pourquoi mes cheveux ne sont pas comme ceux des princesses.
Et comment sont les cheveux des princesses selon toi mon Nino de partout ? »
Nino réfléchit un moment et déclara « Mou ? Ils sont mous, maman ! »
Abiola éclata de rire « Ah, mon Nino, tu as raison, c'est vrai qu'ils sont mous les cheveux des princesses de tes livres.
Tu sais, au Nigeria, dans mon autre pays, il y a aussi des princesses et je peux te garantir qu'elles n'ont pas les cheveux mous.
Elles ont des cheveux forts et puissants comme toi. Et parfois aussi long que ceux de réponse.
Certaines aussi portent les cheveux courts, si courts que l'on peut voir comme leur crâne est moulée à la perfection.
D'autres encore portent le djélé, un magnifique foulard noué que l'on fait tour bionné autour de la tête.
« Ah, le djélé, il me faisait tellement rêver lorsque j'avais ton âge. »
Aussi, leurs robes de pâgnes sont absolument fabuleuses et on ne peut compter le nombre de leurs bijoux tellement elles en sont couvertes.
Là-bas, les hommes aussi portent de longues robes par dessus leurs pantalons.
Nino n'en croyait pas ses oreilles. Des hommes qui ont le droit de porter des robes.
Lui qui pensait que c'était seulement les enfants qui avaient le droit ?
« Toi, Nino, tu as une chance folle, tu viens de partout. »
« Du Nigeria, du Portugal, de Syrie, là où tu es né, et de France, là où tu vis. »
« Et tu sais, même ici, des hommes portent des robes, des prêtres, les avocats. »
« Dans certaines régions, ils portent même des jupes. »
« C'est quoi, un avocat ? »
C'est une personne à qui on fait appel pour nous défendre devant un tribunal et pour faire respecter nos droits.
Expliqua Abiola.
Après les mots de sa mère, Nino se sentait regonflé à bloc.
Il pu enfin sortir du rideau capillaire.
Ils font ça comme une flèche vers la place du village en espérant que ses copains y étaient toujours.
Et par chance, ils étaient là.
« Ah, Nino, on s'ennuiait sans toi. »
« On jouait à l'avocat. »
« Et en plus, vous n'allez pas le croire. On peut même garder nos robes. »
« Alors, qui défend qui ? »
Les copains de Nino sautèrent d'enthousiasme.
« On jouait à l'avocat. »
Et sa copine Théâle murmura à l'oreille.
« En plus, Nino, tu as vu. Il ne pleut pas. »
C'était « Princesse Nino, la deuxième histoire de Nino »
écrite par Audrey O'Sseigny, mis en tableau par Priscilla O'Sseigny.
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À bientôt !